Rendez-vous Condorcet

Rendez-vous Condorcet

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Rendez-vous Condorcet episodes

  • Islam et interdits alimentaires | Mohammed Hocine Benkheira
    Conférence donnée par Mohammed Hocine Benkheira (CNRS - EPHE) le 12 mai 2014 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    La loi islamique a défini un ensemble de règles concernant l’alimentation, que l’on peut répartir en trois ensembles. Un premier concerne les espèces alimentaires illicites à la consommation. Le second a trait au protocole de la mise à mort des animaux licites à la consommation, y compris concernant le gibier. Enfin le troisième et dernier ensemble précise l’échange alimentaire. Les règles qui ressortissent des deux premiers ensembles ont un caractère prescriptif plus fort et plus contraignant. C’est d’ailleurs généralement à elles que l’on pense quand il est question des tabous alimentaires de l’islam, puisque les règles du troisième type mélangent prescriptions positives et prescriptions négatives. On peut observer qu’il n’y a pas de règles concernant la cuisine stricto sensu. Il n’est pas défendu d’associer deux aliments, carnés ou non, sauf dans une perspective diététique (par exemple ne pas associer du poisson et du lait). De la même façon, la vaisselle d’un non musulman n’est pas foncièrement impure : nettoyée, elle devient utilisable. L’ensemble constitue un système cohérent.
    55 min
  • La nutrition au Paléolithique | Gilles Delluc et Brigitte Delluc
    Conférence donnée par Gilles Delluc et Brigitte Delluc (CNRS - MNHN) le 7 avril 2014 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    Dans notre imaginaire, les hommes préhistoriques sont la proie des bêtes féroces dans un désert glacé. Les préhistoriens se font pourtant aujourd’hui une idée différente de nos ancêtres, tout particulièrement des deux derniers d’entre eux, les hommes de Néandertal et de Cro-Magnon, très proches de nous sur les plans morphologique et intellectuel. On connaît mieux aussi leur mode de vie et leur alimentation. Pour l’homme d’aujourd’hui, il y a sans doute des leçons à en tirer pour lutter contre les maladies de surcharge et, notamment, l’intolérance au glucose et le diabète de l’âge mûr. La simple comparaison du régime de nos ancêtres paléolithiques avec le nôtre et avec celui que recommandent les experts plaide en faveur de la nutrition préhistorique. Il n’est, bien sûr, pas question de se priver des apports récents de l’alimentation, comme certains ont voulu le faire. Ce serait certainement un moyen pour l’homme d’aujourd’hui – et plus encore pour celui de demain – de vivre mieux et plus longtemps.
    55 min
  • Mangerons-nous encore ensemble demain ? | Claude Fischler
    Conférence donnée par Claude Fischler (CNRS - EHESS) le 17 mars 2014 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    L’homme est un mangeur social. Le plus souvent, les humains mangent en groupe, de manière commensale*. Il existe de façon quasi universelle, et dans chaque groupe humain, des règles gouvernant le partage de la nourriture et les modalités de l’alimentation en commun. Les « manières de table » sont inculquées aux enfants et, avec elles, à travers elles, les règles les plus fondamentales du rapport à autrui et aux proches, du partage, de la responsabilité et de la solidarité. Le fait de manger ensemble est réputé rapprocher : puisque manger la même chose, c’est produire la même chair, le même sang, c’est construire ou reconstruire symboliquement une communauté de destin.
    Mais la commensalité n’est pas seulement conviviale et chaleureuse. Sa fonction fondamentale, c’est aussi de marquer, de baliser la hiérarchie sociale, les distances, les proximités et surtout les relations d’obligation. Les règles qu’elle impose et sur lesquelles elle repose ont aussi un effet sur la santé : elles contribuent à régler la prise alimentaire des individus. Manger ensemble, selon les contextes et les situations, peut augmenter la consommation, la réduire ou la réguler. Or dans les pays développés ou émergents – dans certains plus que d’autres – l’alimentation devient de plus en plus individuelle, découplée des rythmes sociaux, laissée à l’initiative de chacun… Ainsi, mangerons-nous encore ensemble demain ?
    * cum : avec ; mensa : table.
    53 min
  • Famines et crises de surmortalité au XXe siècle, le cas de L'Ukraine | Jacques Vallin
    Conférence donnée par Jacques Vallin (Ined) le 10 février 2014 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    Au début des années 1930, la politique de confiscation des récoltes a causé une terrible famine dans les régions céréalières du sud de l’URSS et tout particulièrement l’Ukraine. Les conséquences démographiques – déficit de naissances, surmortalité, migrations – ont été massives. Néanmoins leur ampleur réelle a longtemps fait l’objet d’estimations contradictoires, faute d’accès à l’ensemble de l’information. Pour l’Ukraine, une réévaluation précise fondée sur toutes les sources disponibles permet aujourd’hui de fournir un ordre de grandeur à peu près fiable des pertes immédiates : 2,6 millions de morts, 1 million de naissances manquantes et presqu’autant de déportés. Soit au total 4,6 millions. Les pertes de la seconde guerre mondiale ont été encore plus lourdes : 12,5 millions. Elles ont aussi eu elles-mêmes des conséquences à long terme qui pèsent encore aujourd’hui sur l’état de la population ukrainienne. Mais pour être complet il faut aussi comparer ces pertes à celles qu’a produites la crise plus insidieuse qu’a connu le système sanitaire de ce pays depuis le milieu des années 1960.
    56 min
  • Abondance, bombance et combat chez Rabelais | Louise Millon
    Conférence donnée par Louise Millon (Université Sorbonne Nouvelle Paris 3) le 13 janvier 2014 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    « Festins pantagruéliques », « banquets gargantuesques » : les géants de Rabelais ont prêté leur nom à la langue française pour qualifier des repas de très bonne chère. Chacun a en tête les célèbres illustrations de Gustave Doré qui montrent des héros démesurés, gonflés de viandes, au visage lippu, et à la bouche dégoulinant de jus. La conférence propose de revenir sur ce mythe en montrant dans quel cadre historique, anthropologique et imaginaire s’inscrivent ces agapes. L’appétit rabelaisien comme métaphore de la curiosité humaniste sera notamment remis en question. L’alimentation s’associe à maints champs culturels. La conférence montrera l’apogée de cet entrelacs dans l’usage que Rabelais fait du symposium, genre antique qui lie en son essence les mets et les mots. Les enjeux religieux de l’alimentation sont aussi développés dans l’œuvre de Rabelais. Dans le Quart livre, l’auteur satirique invente une série d’allégories alimentaires brocardant les tenants du catholicisme romain et les partisans de la Réforme la plus stricte. Il propose en sous-main une voie médiane, la voie évangélique. Les compagnons de Pantagruel se retrouvent ainsi pris en étau entre le monstrueux Quaresmeprenant et les farouches Andouilles. Enfin la conférence montrera le fonctionnement de ces images qui animent le champ alimentaire et substituent au mort le vivant, à l’inerte l’offensif, au mangeable le délétère.
    53 min
  • Manger pour être en bonne santé | Séverine Gojard
    Conférence donnée par Séverine Gojard (Inra) le 9 décembre 2013 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    Depuis quelques années les injonctions à « bien manger » pour rester en bonne santé se font plus présentes dans l’espace public (publicité, télévision, emballages de produits alimentaires…). Les liens entre alimentation et santé sont censés être connus de tous et prendre une part importante dans les choix alimentaires. Cependant, l’alimentation recouvre de multiples significations qui s’avèrent plus ou moins compatibles avec le suivi des recommandations nutritionnelles. Les représentations de l’alimentation et les pratiques alimentaires dans la France contemporaine sont loin d’être homogènes et sont marquées par l’appartenance sociale, la génération, la position au sein du cycle de vie (selon que l’on est enfant ou adulte, en couple ou non, avec ou sans enfants, actif ou retraité, etc.). Une attention portée à ces différences dans les pratiques et les représentations permet de mieux comprendre les conditions dans lesquelles s’opère la réception des recommandations nutritionnelles et de mettre en évidence des contextes propices ou des freins à leur mise en application. Si dans certains cas on mange pour être en bonne santé, dans d’autres cas on mange pour se faire plaisir ou pour témoigner de son appartenance à une société marquée par des valeurs marchandes.
    34 min
  • Manger en Chine : de la frugalité à la gourmandise | François Sabban
    Conférence donnée par François Sabban(CNRS) le 18 novembre 2013 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    Les traits fondamentaux de la culture alimentaire et culinaire chinoise s’inscrivent dans une civilisation agraire ancienne qui était fondée sur la céréaliculture (millet au nord, riz au sud). Aujourd’hui si le système alimentaire des Chinois est encore en partie conditionné par l’opposition classique entre féculents de base et mets d’accompagnement, carnés et végétaux, la Réforme de la fin des années 1970 a conduit à des transformations sans précédent du régime alimentaire de l’ensemble de la population chinoise, les changements étant cependant beaucoup plus marqués dans les zones urbaines. La rupture est d’autant plus profonde qu’elle a remis en cause les valeurs et les représentations dominantes qui organisaient les comportements alimentaires à l’époque maoïste. Mais alors que les nouvelles générations de jeunes Chinois, qui n’ont pas connu la pénurie alimentaire et l’austérité imposées à leurs parents et grands-parents sont ignorants du passé récent, des témoins directs ou indirects de la famine des années 1958-1961 veulent aujourd’hui porter témoignage, pour qu’on n’oublie pas les millions de victimes de cette hécatombe provoquée par les errements d’une politique aujourd’hui mise à l’index. Ce retour salutaire permet en même temps d’apprécier à sa juste valeur la joyeuse fête alimentaire qui illumine aujourd’hui les grandes villes chinoises.
    1 hr 4 min
  • À la recherche du sens : les pratiques alimentaires dans la tradition juive | Sophie Nizard
    Conférence donnée par Sophie Nizard (EHESS - CNRS) le 14 octobre 2013 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    Inscrites dans les textes fondateurs de la tradition juive, les prescriptions alimentaires répondent à des normes religieuses extrêmement précises. Elles ont perduré dans les pratiques des juifs, malgré leur dispersion, depuis plus de 2 000 ans. Quelles sont ces lois qui ont traversé les siècles et que respectent encore aujourd’hui, plus ou moins rigoureusement, nombre de juifs à travers le monde ? Quel sens ont-elles pris pour ceux qui les ont appliquées, interprétées, enseignées et transmises au cours de l’histoire ? Quel sens ont-elles pour ceux qui continuent de les respecter aujourd’hui dans un monde largement sécularisé où la loi religieuse ne s’impose plus comme référence centrale dans la vie quotidienne des individus modernes ? Quelles mémoires mobilisent-elles, à quelles conceptions du corps, individuel et social, renvoient-elles ? Tenter de répondre à ces questions permettra de mieux comprendre ce que « manger cacher » veut dire dans le monde contemporain.
    46 min
  • L'alimentation en eau de Paris aux 18e et 19e siècles | Frédéric Graber
    Frédéric Graber, historien, chargé de recherche au CNRS
    Au cours du 18e siècle, l’idée que Paris manque d’eau s’impose progressivement comme une évidence. Les projets qui prétendent répondre à cette question pressante proposent soit de pomper de l’eau dans la Seine, soit de dériver des eaux plus lointaines, principalement des rivières. Ces projets de canaux vont radicalement redéfinir la question de l’eau à Paris, autour de trois thèmes majeurs : la qualité d’une eau lointaine et donc inconnue, les « besoins » de la ville - qu’il faut définir à l’avance - et le statut de la ville-capitale, qui lui permet de prétendre enlever de l’eau ailleurs pour satisfaire ses « besoins ».
    47 min
  • Les banquets dans les cités grecques | Pauline Schmitt-Pantel
    Conférence donnée par Pauline Schmitt-Pantel (Paris 1 Panthéon-Sorbonne) le 23 septembre 2013 dans le cadre du Cycle 2013-2014 des Conférences Campus Condorcet : « Pourquoi manger ? Alimentation, manières de table et santé »
    Pourquoi manger en Grèce ancienne ? Cette question est posée dès les mythes qui expliquent l’origine des hommes : le héros Prométhée en instituant le sacrifice sanglant provoque la séparation entre le monde des dieux et celui des hommes et désormais les hommes se définissent comme des mangeurs de céréales et de viande. Les aliments, la diète et les manières de table sont une préoccupation constante des auteurs grecs depuis Homère jusqu’à Plutarque en passant par le recueil des livres de médecine d’Hippocrate.
    Ils permettent de définir une manière d’être grec loin de la sauvagerie des bêtes et de l’absence de civilisation des barbares. Ils sont aussi au cœur d’une réflexion éthique sur les bonnes manières du corps et de l’esprit. Les Grecs ont ainsi donné une importance particulière au mode de consommation collectif des nourritures et de la boisson : le repas. Agamemnon, le roi de Mycènes et chef de l’armée des Grecs, offre de grands banquets aux guerriers sous les murs de Troie. À Athènes au Ve siècle avant J.-C. des banquets qui rassemblent tous les citoyens ont lieu au cœur de la cité lors des grandes fêtes religieuses. Plus tard, ce sont les riches citoyens qui invitent au banquet tout ou partie de la population de leur ville. Comment expliquer la place singulière du banquet dans la civilisation grecque ? Par la commensalité se joue l’intégration aux différentes formes de communautés : familiale, sociale et politique. C’est autour d’elle que se construit l’identité civique.
    59 min

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Chaque année depuis 2010, le Campus Condorcet donne la parole à des chercheurs issus de toutes les disciplines qui composent les sciences humaines et sociales, pour éclairer les grands enjeux des sociétés contemporaines. Enregistrées à Aubervilliers, dans des lieux d’éducation populaire tels que le théâtre de la Commune, ces conférences se veulent accessibles à tous.