Écoutez comment la rampe en spirale affecte les mouvements des visiteurs, leur relation à l’art et notre expérience de l’espace.
Transcript
Female Narrator: Faire l’expérience d’une architecture, c'est autant de se déplacer dans l’espace que de contempler cet espace. Le flux continu de la rampe en spirale invite à découvrir les œuvres d'art dans un ordre précis [airy string music begins]. On s’y déplace en cercles, à l’allure dictée par l’architecture.
Les œuvres installées dans la rotonde peuvent être vues de façon linéaire, mais aussi sous différents angles, de loin, de dessus ou de dessous. On peut venir à leur rencontre, ou les regarder depuis le côté opposé de la rampe. La vue restreinte quand on se tient face aux murs de la galerie [murmuring voices amid music] se juxtapose avec une vue bien plus étendue quand on tourne simplement la tête.
À tout moment, on peut être absorbé par les œuvres d'art, tandis que nos sens captent les sons, la luminosité et les mouvements environnants. Quand on regarde de l’autre côté de la rotonde, on peut même voir simultanément les œuvres exposées à différents niveaux.
Quand on se tient à la base de chaque niveau de la rampe, on a l’impression d’être sur une mezzanine ou une plateforme d’observation. On peut suivre la trajectoire déjà empruntée. Rien à voir ici avec le trajet quotidien à son lieu de travail ou aller faire les courses ; la possibilité de suivre ses pas révèle une dimension poétique. La spirale est une ligne temporelle qui suit la présence des visiteurs sur les plans visuel et spatial. On peut revenir sur ses pas en laissant glisser sa main sur le petit parapet tout au long des quatre cents mètres de la rampe [music fades out].
En évoluant autour de l’espace, on arrive toujours à un point d’ancrage. Deux grandes colonnes, qui abritent les toilettes, font saillie dans les rampes, formant des épines dorsales verticales traversant chaque étage. Elles ralentissent notre mouvement. Quand on observe les gens s’approcher des colonnes, on remarque que certains marquent une sorte de pause, comme s’ils passaient le seuil d’une porte, avant d’aborder une nouvelle boucle.
Chacune forme un carrefour où l’on peut choisir de rompre la spirale pour entrer dans l’une des galeries latérales. À chaque étage, on doit traverser cette zone très fréquentée où se trouvent les colonnes des toilettes, l’ascenseur, la jardinière, la fontaine à eau, l’escalier et des bancs. Cette transition donne une impression de familiarité et constitue une pause naturelle, un bref repos avant de reprendre l’ascension de la spirale.
[Light music resumes] Ce motif répété constitue le fil d’Ariane de l’énergie de la spirale. À la base, l’ascension en colimaçon est interrompue par les colonnes, ces barrières dont il faut contourner le périmètre. Plus haut, on prend conscience de l’élargissement de la rampe quand on se retrouve face aux allées qui s’ouvrent de chaque côté de la colonne Est. Les colonnes sont garantes de stabilité au gré des variations dans les spires de la rampe.
Tout l’espace a été bâti autour du concept de circulation. En période d’affluence, la foule circule en continu le long des rampes pour voir les expositions. Les silhouettes des visiteurs forment un mouvement frénétique encadré par les superpositions de la rampe, comme une pellicule de film qui défile. À la vue d’autres personnes circulant dans l’espace, on comprend que le bâtiment a été conçu autour du mouvement, de l’intérieur vers l’extérieur [music picks up then stops].