Sounds Like Portraits

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Sounds Like Portraits episodes

  • Géraldine Saliez-Pierret, biographe hospitalière : Qu'est-ce que la biographie peut soigner, lorsque la maladie ne peut plus être guérie ?

    Aujourd'hui, je suis avec Géraldine Saliez-Pierret à l'Hôpital de Bellerive à Genève. Géraldine est infirmière, c'est aussi la première biographe hospitalière dans un service de soins palliatifs, en Suisse romande. Elle propose aux patients qui le souhaitent de raconter leur histoire, de transmettre leurs valeurs, et tout l'amour qu'ils portent à leurs enfants et à leurs petits-enfants.

    De cette parole naît un livre qui est beaucoup plus qu'un simple récit parce qu'il crée une continuité entre le passé d'avant la maladie, le présent souvent douloureux et l'avenir de ceux qui restent. Ainsi, lorsque le temps de la vie se rétrécit, la biographie ouvre une autre dimension : celle de la transmission. Qu'est-ce que le fait d'être vraiment écouté peut changer dans la période de la fin de vie ?

    Qu'est-ce que la biographie peut soigner, lorsque la maladie ne peut plus être guérie ?

    C'est la question de la semaine.

    46 min
  • Yves Dana, sculpteur : que devient ce qui disparaît ?

    Ce semaine, je suis avec le sculpteur Yves Dana.

    Yves est né en 1959 à Alexandrie. En 1961, après un exil forcé, il est arrivé en Suisse avec sa famille. Son parcours de sculpteur l'a conduit du fer au bronze, puis à la pierre, qu'il travaille depuis plus de trente ans dans ce magnifique atelier installé dans l'Orangerie du parc Mon-Repos à Lausanne.

    Mais j'ai eu l'impression que derrière ces sculptures debout, parfois monumentales, restait la trace de L'exil. Car, tout comme l'exil, la sculpture passe aussi par l'arrachement, parce qu'il faut retirer de la matière pour faire apparaître une présence. L'œuvre apparaît parce que quelque chose a été enlevé. La forme naît d'une perte. Ce qui apparaît est inséparable de ce qui a disparu.

    Mais là où l'exil impose la fuite, la sculpture d'Yves est un ancrage, une forme qui fait coexister la mémoire, la perte et la présence.

    D'où viennent les formes sculptées ? Michel-Ange disait qu'elles étaient déjà dans la pierre et qu'il suffisait d'enlever ce qui était en trop pour les faire apparaître, mais peut-être sont-elles de pures inventions du sculpteur ?

    Ecoutez la réponse d'Yves, mais pour commencer il m'a parlé de ce que toute sa vie, il a toujours cherché…

    55 min
  • Jérémie Delessert, berger : Moi, ma Solitude et mon Troupeau

    Cette semaine, je suis avec Jérémie Delessert qui est berger au chalet de la Moille Vieille près de Semsales dans les Préalpes fribourgeoises. Ce chalet qui accueille autour de 85 genisses, se trouve sur le sentier des armaillis, (c'est ainsi qu'on appelle ici les bergers), à 1230 m d'altitude.

    C'est là, dans la cuisine de son chalet, que je me suis assis avec Jérémie. Et dans le fil de notre conversation, il m'a parlé de sa solitude choisie, de cette liberté si particulière qu'offre la montagne, de ses 85 bêtes qu'il connaît chacune, mais aussi de ces rituels qui rythment sa vie de berger : la poya, la montée des troupeaux vers les alpages au printemps, et la désalpe, leur retour dans la vallée lorsque l'automne s'installe. Et même si ces traditions saisonnières sont la mémoire d'un territoire et d'un métier, elles rappellent aussi que tout est changeant, et que c'est peut-être dans cette impermanence que réside le véritable équilibre.

    Comment être heureux en solitaire ?

    C'est la question de la semaine.

    34 min
  • Jean-Jacques de Dardel, ex-diplomate : les clés pour négocier quand tout est bloqué

    Cette semaine à Fribourg, je rencontre Jean-Jacques de Dardel qui a consacré près de quarante ans de sa vie à la diplomatie suisse. De Washington à Pékin, de Paris à Canberra, de la Croix rouge à l'OTAN en passant par la Francophonie, il a représenté la Suisse sur quelques-unes des scènes du monde les plus stratégiques, et il a dirigé en Chine la plus importante des ambassades suisses à l'étranger.

    Dans cet épisode, il évoque ce qui ne s'apprend dans aucun manuel : l'art de convaincre dans un contexte où toute négociation semble bloquée.

    Quelle est la créativité du diplomate ?

    C'est la question de la semaine.

    40 min
  • Bérengère Primat, collectionneuse : "l'art aborigène a changé ma vie"

    Au cœur des Alpes valaisannes, à Lens, se trouve une façade de miroirs dans laquelle se fond le paysage. Et derrière cette architecture épurée imaginée par Jean-Pierre Emery se trouve la Fondation Opale, un lieu unique en Europe qui est dédiée à l'art aborigène contemporain.

    À l'origine de cette aventure, il y a Bérengère Primat, une passionnée qui a réuni près de 1 500 œuvres dans sa collection qu'elle fait dialoguer avec des prêts venus des plus prestigieuses institutions internationales.

    En 2026, la Fondation accueille la plus importante rétrospective européenne consacrée à Emily Kam Kngwarray, « É-mi-li Kam Koun-goua-raï » avec plus de 80 œuvres de cette figure de l'art contemporain du XXe siècle. Il s'agit de la plus importante rétrospective qui lui ait été consacrée en Europe.

    Je suis avec Bérengère Primat qui évoque sa toute première rencontre avec cet art aborigène qui a changé sa vie.

    Qu'est-ce qu'une véritable rencontre ? C'est la question de la semaine.

    41 min
  • Agnès Morch, artiste : que se passe-t-il dans le silence ?

    Cette semaine, je suis avec Agnès Morch, une céramiste et une peintre qui sait aimer le monde du silence. Depuis l'enfance, elle a appris à l'habiter, non pas comme une absence à combler, mais comme une plénitude sans artifice, ni prétention. C'est dans le silence qu'elle retourne à chaque fois pour créer, comme on revient à une source d'où surgissent parfois des formes inouïes.

    Le silence est antérieur au geste lui-même. C'est lui qui rend possible ce dialogue entre l'artiste et la matière. Ce dialogue peut être doux ou puissant, mais pour Agnès, il est pour elle une façon de prendre soin de ce qui cherche à naître.

    Dans cette conversation, Agnès évoque également la difficulté, commune à tout artiste, de devoir sortir du silence pour mettre des mots sur son processus créatif. Ce passage n'est jamais simple. L'artiste qui accepte de se raconter avance sur une ligne de crête : trop peu dire, et il reste incompris ; trop dire, et il court le risque de substituer le discours à l'expérience, de construire une fiction rétrospective qui lisse ce que le travail avait justement d'incertain, de tâtonnant et de vivant. Agnès en est consciente. C'est pour cela qu'elle choisit ses mots non pour séduire ou convaincre, mais pour rester juste.

    Ce que cette conversation révèle, c'est le paradoxe de tout entretien d'artiste : l'essentiel de ce qui s'est passé dans la création de l'œuvre ne peut jamais qu'être suggéré, et c'est précisément ce qui nous donne envie de continuer à regarder.

    Alors, comment parler du silence ? C'est la question de la semaine.

    31 min
  • Camila Eslava, artiste : "je me laisse faire par mon dessin"

    Cette semaine, je suis avec Camila Eslava, une artiste d'origine colombienne, qui vit et qui travaille à Paris. Pour Camila, créer n'est pas seulement produire des œuvres : c'est entrer dans un mystère, dans un processus créatif qui la traverse bien plus qu'elle ne le contrôle. Son travail est une exploration attentive et patiente, de ce qui apparaît quand on accepte de ne pas savoir à l'avance.

    Camila a beaucoup voyagé et elle a aussi beaucoup étudié : de Bogota à São Paulo, jusqu'à Paris depuis quelques années. Mais derrière ces déplacements géographiques, il y a un mouvement plus intime : un retour constant en elle-même, vers son regard d'enfant. Un regard qui ne sait pas, qui ne juge pas, qui n'attend rien — et qui, précisément pour cela, rencontre le monde comme si c'était la première fois.Le trait du dessin de Camila est la trace de cette aventure. Dessiner, pour elle, c'est découvrir le monde à mesure qu'il se forme sur la page. Mais c'est aussi en même temps, découvrir sa propre présence. Elle parle de ses œuvres comme de « méditations graphiques ». Son dessin est devenu un instrument de perception : un moyen de mesurer la qualité de sa présence, dans l'atelier comme dans la vie.

    Mais peut-on tracer une frontière entre l'œuvre et l'existence ? Peut-on vraiment séparer l'artiste de son travail ? C'est la question de la semaine.

    46 min
  • Jochen Peter Breuer, consultant : écouter ce qui ne se dit pas

    Cette semaine, je suis avec Jochen Peter Breuer, consultant en entreprise. Jochen a d'abord commencé une carrière de banquier à Paris. Originaire de Cologne, il a découvert sur le terrain, le fossé culturel existant entre Français et Allemands au travail. C'est ainsi qu'il a été sollicité pour créer des ponts entre les deux cultures. C'est cette démarche qui l'a amené ensuite à devenir consultant pour permettre aux managers Français et Allemands, notamment chez Airbus, de travailler ensemble de façon efficace en prenant conscience de leurs conditionnements. Avec le temps, Jochen a mis au point une véritable méthodologie. Que ce soit chez Air Liquide, Logitech, Pictet, Piguet-Galland ou Nestlé, il s'agit toujours pour lui de résoudre d'abord les problèmes émotionnels et les non-dits, pour que la performance arrive ensuite naturellement.

    Comment donc écouter ce qui n'est pas dit ?

    C'est la question de la semaine.

    55 min
  • Jack Capt, boulanger à Moiry : comment faire un pain vivant ?

    Cette semaine, je suis avec Jack Capt, le boulanger du village de Moiry, dans le Jura vaudois.

    Jack m'a accueilli dans son four banal qui date de 1848. Depuis une dizaine d'années, c'est désormais lui qui le fait revivre chaque semaine. Mais plus qu'un four, c'est une quête qu'il a rallumée. Car en pétrissant, Jack cherche. Il cherche à faire un pain qui lui ressemble.

    Pour cela, il utilise des farines obtenues à partir d'anciennes variétés de grains locaux retrouvés et replantés, de l'eau de source, du sel non raffiné et du levain naturel qui fait lever la pâte, sans adjonction de levure industrielle.

    C'est ainsi qu'il œuvre : avec lenteur, avec ferveur, avec cœur, avec douceur. Et déjà, en façonnant sa pâte, il se prépare à la joie de partager la saveur de son pain.

    Comment faire un pain vivant ? C'est la question de la semaine.

    37 min

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