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  • Alex Majoli – Scene | LE BAL | Du 22 février au 28 avril 2019 [REUPLOAD]
    Teaser d'exposition réalisé en 2019
    image et musique © Matthieu Samadet

    L’Europe, l’Asie, le Brésil, le Congo. Huit ans durant, Alex Majoli a parcouru le globe pour photographier des événements et des non-événements.

    Des manifestations politiques, des urgences humanitaires ou des moments paisibles de la vie quotidienne. Bien qu’hétéroclites, ces images semblent avoir en commun le même type de lumière ainsi qu’un certain sens de la théâtralité. Le sentiment que nous sommes tous acteurs, aux prises avec les différents rôles que l’histoire et les circonstances exigent de nous.

    Les photographies de Majoli sont le résultat d’une action performée. En s’invitant dans une situation, son assistant et lui installent un appareil photographique et des lumières. Cette action est une sorte de spectacle en soi, auquel assistent ceux qui seront photographiés. Majoli se met au travail sans donner aucune consigne, ni échanger aucune parole avec ces individus qui se trouvent être en train de vivre un moment devant son objectif. La prise de vue peut durer vingt minutes, une heure, ou plus encore. Parfois, les sujets modifient leur comportement en anticipant l’image à venir et changent délibérément de posture. Il arrive souvent qu’ils soient trop occupés par l’intensité de ce qu’ils vivent pour y prêter attention. Dans les deux cas, la représentation du spectacle et le spectacle de la représentation finissent par ne faire qu’un.

    « Nous emploierons, pour mettre la réalité sous forme maîtrisable entre les mains des hommes, tous les procédés, les anciens et les nouveaux, les éprouvés et les inédits, ceux empruntés à l’art et ceux qui proviennent d’ailleurs. Notre idée du réalisme doit être large et politique, et souveraine à l’égard des conventions. » — Bertolt Brecht

    La plupart des photographies de Majoli sont prises en plein jour [...]. Le flash n’est pas ici question de nécessité ; c’est un choix, un geste à valeur interprétative, tout comme les autres paramètres photographiques que sont le point de vue, le cadrage et l’instant choisi pour le déclenchement. Ce flash très puissant illumine ce qui est proche, mais plonge les alentours dans l’obscurité ou dans un clair de lune : tout semble se passer désormais, comme magnifié, à la tombée de la nuit.

    L’approche d’Alex Majoli nourrit une réflexion profonde sur les conditions de la théâtralité en photographie, dans un monde que nous avons fini par percevoir comme étant à tout moment et sous toutes les coutures, photographiable. Si le monde s’attend à être photographié, cela sous-entend qu’il se tient perpétuellement dans un état de théâtralisation potentielle. Dans ces images, nous ne voyons pas des individus, nous voyons des individus ayant réalisé un potentiel « être photographié ». Ils nous apparaissant à la fois réels et fictifs. Réels car leur présence devant l’appareil a bien été enregistrée ; fictifs car l’appareil a créé un instant scénographié prélevé dans le continuum d’une histoire qui nous échappe.

    L’illusionnisme de la photographie est donc inséparable de la contemplation de cette illusion. Ceci ne revient pas à nier le potentiel documentaire de l’image, mais implique que le document lui-même admette la théâtralité comme une condition intrinsèque de son émergence. Loin de dissiper les tensions entre œuvre et document, les images de Majoli les dramatisent au contraire, en leur permettant de coexister. Et de s’affirmer comme deux composantes essentielles de notre expérience du monde.

    • David Campany
    • 0 min
    • Les Arpenteurs du 14ème - Livre filmé [REUPLOAD]
      Livre filmé en 2017

      Les Arpenteurs du 14ème est un projet commun LE BAL / La Fabrique du regard, Groupe RATP et Eiffage Immobilier dans le cadre du projet de transformation du centre bus RATP les Ateliers Jourdan - Corentin - Issoire, avec le soutien de la Mairie du 14ème.

      0 min
    • DIGITAL VIDEO - COURT MÉTRAGE COLLECTIF

      Tourné en deux après-midis d'avril 2023 à Aubervilliers et monté pendant les mois qui ont suivi, ce film tente de créer un lien entre les différents types d'images numériques. Qu'elles soient en déclin, celles de la caméra miniDV, ou générées directement sur un ordinateur par un procédé dit d'"intelligence artificielle". Ces deux mondes se croisent de manière parfois surprenante, parfois chaotique.

      Dans ce film, le son joue un rôle transversal, se manifestant à travers les bruitages, l'enregistrement d'un piano acoustique et une composition originale. Il vise à refléter une forme d'écriture automatique qui se développe au fil du temps.
      © Matthieu Samadet

      Avec // Eya Attia / Stan Briche / Clovis Bessières / Mathias Gontard / David Chekal

      Réalisation // Matthieu Samadet

      Production // Time Capsule DV inc.
      Image // Matthieu Samadet / Eya Attia / Stan Briche / Clovis Béssières / Mathias Gontard / Yulu et Tianqi Jin
      Son // Mathias Gontard / Yulu et Tianqi Jin / Eya Attia
      Montage // Matthieu Samadet / Eya Attia / Clovis Béssières / David Chekal
      Re-Montage // Matthieu Samadet
      Musique // Locomostiv (Matthieu Samadet) / Alix Bertrand et Camille Bonnard

      --

      Site :

      https://matthieusamadet.com/

      Bandcamp :

      https://matthieusamadet.bandcamp.com/

      La Villa mais d'ici :

      https://www.villamaisdici.org/https-vsco-co-locomostiv-gallery
      https://www.villamaisdici.org/

      0 min
    • Alex Majoli – Scene | LE BAL | Du 22 février au 28 avril 2019 [REUPLOAD]
      Teaser d'exposition réalisé en 2019

      L’Europe, l’Asie, le Brésil, le Congo. Huit ans durant, Alex Majoli a parcouru le globe pour photographier des événements et des non-événements.

      Des manifestations politiques, des urgences humanitaires ou des moments paisibles de la vie quotidienne. Bien qu’hétéroclites, ces images semblent avoir en commun le même type de lumière ainsi qu’un certain sens de la théâtralité. Le sentiment que nous sommes tous acteurs, aux prises avec les différents rôles que l’histoire et les circonstances exigent de nous.

      Les photographies de Majoli sont le résultat d’une action performée. En s’invitant dans une situation, son assistant et lui installent un appareil photographique et des lumières. Cette action est une sorte de spectacle en soi, auquel assistent ceux qui seront photographiés. Majoli se met au travail sans donner aucune consigne, ni échanger aucune parole avec ces individus qui se trouvent être en train de vivre un moment devant son objectif. La prise de vue peut durer vingt minutes, une heure, ou plus encore. Parfois, les sujets modifient leur comportement en anticipant l’image à venir et changent délibérément de posture. Il arrive souvent qu’ils soient trop occupés par l’intensité de ce qu’ils vivent pour y prêter attention. Dans les deux cas, la représentation du spectacle et le spectacle de la représentation finissent par ne faire qu’un.

      « Nous emploierons, pour mettre la réalité sous forme maîtrisable entre les mains des hommes, tous les procédés, les anciens et les nouveaux, les éprouvés et les inédits, ceux empruntés à l’art et ceux qui proviennent d’ailleurs. Notre idée du réalisme doit être large et politique, et souveraine à l’égard des conventions. » — Bertolt Brecht

      La plupart des photographies de Majoli sont prises en plein jour [...]. Le flash n’est pas ici question de nécessité ; c’est un choix, un geste à valeur interprétative, tout comme les autres paramètres photographiques que sont le point de vue, le cadrage et l’instant choisi pour le déclenchement. Ce flash très puissant illumine ce qui est proche, mais plonge les alentours dans l’obscurité ou dans un clair de lune : tout semble se passer désormais, comme magnifié, à la tombée de la nuit.

      L’approche d’Alex Majoli nourrit une réflexion profonde sur les conditions de la théâtralité en photographie, dans un monde que nous avons fini par percevoir comme étant à tout moment et sous toutes les coutures, photographiable. Si le monde s’attend à être photographié, cela sous-entend qu’il se tient perpétuellement dans un état de théâtralisation potentielle. Dans ces images, nous ne voyons pas des individus, nous voyons des individus ayant réalisé un potentiel « être photographié ». Ils nous apparaissant à la fois réels et fictifs. Réels car leur présence devant l’appareil a bien été enregistrée ; fictifs car l’appareil a créé un instant scénographié prélevé dans le continuum d’une histoire qui nous échappe.

      L’illusionnisme de la photographie est donc inséparable de la contemplation de cette illusion. Ceci ne revient pas à nier le potentiel documentaire de l’image, mais implique que le document lui-même admette la théâtralité comme une condition intrinsèque de son émergence. Loin de dissiper les tensions entre œuvre et document, les images de Majoli les dramatisent au contraire, en leur permettant de coexister. Et de s’affirmer comme deux composantes essentielles de notre expérience du monde.

      • David Campany
      • 0 min

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