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Son trait fait déjà l'admiration de quelques aînés, et non des moindres. Félix Delep a 29 ans, et déjà 3 tomes du Château des animaux à son actif (sur un scénario de Xavier Dorison - le 3e tome paraît ces jours-ci chez Casterman). Cette libre adaptation de La Ferme des animaux, de George Orwell, est comme son modèle une fable sur le pouvoir, la domination, la servitude volontaire, la non-violence. Une dimension politique qui plaît à Delep, qui répond à nos questions depuis sa grande "colocation" artistique sise dans les monts du Lyonnais. On parle virtuosité en apprentissage, enfance de l'art, "sonorité des personnages" et dessin de la nature...
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C'est un livre-somme qui nous plonge dès ses premières pages dans un rythme qui ne nous laisse pas de répit : un deuil, une visite joyeuse dans les coulisses d'un grand restaurant, la découverte d'un cancer. Plaisirs et tremblements et se succèdent. Il s'agit de La Vie gourmande, album autobiographique d'Aurélia Aurita (Fraise et Chocolat, Comme un chef...), qui relate ici un an de vie, où les émotions se succèdent. L'amour y a une place certaine, mais l'amitié plus encore, avec Jeanne Cherhal, Mona Chollet ou Maëlle Sigonneau par exemple. Pendant cette année, l'autrice a changé, son "écriture" dessinée aussi. Et la gourmandise demeure...
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Parler dessin avec Jean-Marc Rochette, c'est parler de la montagne. Omniprésente dans tous ses derniers travaux, la montagne l'habite autant que l'inverse. Depuis son atelier à proximité du massif des Ecrins, il nous répond, et refait l'histoire de son trait : plutôt burlesque et rebondissant à l'époque d'Edmond le cochon, un de ses premiers personnages, il s'assombrit avec sa série dystopique à succès Le Transperceneige (adaptée au cinéma par Bong Joon Ho ). Puis la peinture l'a accaparé. Aujourd'hui, la lumière est là, les cassures du relief, le minéral... aussi, et son prochain livre, La Dernière reine, ne fait pas exception.
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JeanLouis Tripp est libre. Une liberté qui signifie qu'il peut s'arrêter de faire de la bande dessinée si les contraintes sont trop pesantes. C'est ce qu'il a fait pendant 12 ans, avant de revenir quand il l'a voulu. Cela signifie aussi mêler son trait à celui d'un autre auteur, Régis Loisel, pour une grande saga (Magasin Général) de plus de 400 planches. Cela signifie dire "je" à travers des oeuvres singulières, comme Extases (deux tomes existant, d'autres à paraître) ou comme Le Petit frère, son nouvel album paru chez Casterman. L'histoire tragique et vraie, de son petit frère de 12 ans, fauché par une voiture sous ses yeux en 1976. La discussion n'est pas sombre, elle est pétillante, et le livre est saisissant.
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Enki Bilal, on ne le présente plus. Vraiment ? Le choc graphique Bilal fut grand, au-delà même des lecteurs de bandes dessinées. Une fois le séisme advenu, les secousses furent encore nombreuses et jusqu'à aujourd'hui, où sa méthode poursuit sa mue. Toujours en recherche, chercheur en couleurs, Bilal soigne son geste, floute le trait, et creuse ses thèmes : la mémoire, le corps, l'effondrement... Il nous reçoit dans son atelier, à l'occasion de la parution de Bug, livre 3 (éd. Casterman). Mais la conversation va au-delà.
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Johan De Moor fait danser la ligne claire. Avec son héroïne agent secret, La Vache (ou Pi 3,1416), il a assoupli, détendu, explosé ce fameux trait clair et net, à force de collages, de citations graphiques, de relief, de couleurs directes... Cette ligne claire hergéenne, il l'a dans le sang, puisque son père était Bob De Moor, auteur et fameux second de Hergé, et que lui-même a dessiné Quick et Flupke à ses débuts.
Direction éditoriale : Kathy Degreef
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François Schuiten, qui signe la saga "Les Cités obscures" avec Benoît Peeters au scénario, propose Bruxelles, un rêve capital (éd. Casterman), avec le même co-auteur. Une manière de rendre hommage à la capitale de la Belgique et de l'Europe et à certaines de ses figures les plus fascinantes (Victor Horta l'architecte, Paul Otlet, "anticipateur" du net, Magritte, Poelaert la créateur fou du Palais de Justice...). Fils et frère d'architectes, Schuiten dit son amour des bâtiments mystérieux, de la fiction qui s'y glisse, du temps nécessaire à dessiner et à aimer une ville, elle-même autodestructrice, mais en mouvement de réinvention. Entretien à distance, entre Paris et Bruxelles.
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Dans Le Poids des héros, nouveauté de la rentrée de janvier aux éditions Casterman, David Sala met son trait virtuose et son art de la couleur au service d'une histoire autobiographique bouleversante. Hommage à ses deux grands-pères, survivants de la 2e guerre mondiale après avoir fui l'Espagne franquiste, ce livre est une plongée dans son enfance, les années 70, et dans une insouciance confrontée à l'indicible et au devoir de se souvenir. David Sala transmet et nous émeut.
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C'est un des maîtres de la couleur, de la suspension, d'une certaine recherche narrative et graphique aussi : Lorenzo Mattotti. L'auteur italien publie Nell'acqua, chez Casterman. Deux corps nus dans l'eau, deux amoureux qui s'enlacent, se racontent, se perdent et se retrouvent. Mattotti est un poète qui aime (se) surprendre et qui ne déteste rien tant que l'ennui face à son carnet à dessins. Il donne à ses couleurs un volume et une matière exceptionnels, mais il excelle aussi à l'encre noire (qu'il avait pratiquée dans Guirlanda, en 2017, par exemple). Affichiste, illustrateur, il affirme que la bande dessinée, dont il aime la capacité de renouvellement et les pouvoirs de narration, est son "destin". Discutons avec cet infatigable chercheur de son art...
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Vincent Perriot publie le 2e tome de sa fresque SF Negalyod (éd. Casterman), sous-titré "Le dernier mot". Le premier tome, une histoire de vengeance qui se transforme en quête de monde meilleur et en histoire d'amour, nous permettait de suivre l'ex-berger Jarri. Le deuxième tome est nettement plus crépusculaire, sombre et surnaturel, mais laisse l'indice d'une continuation. Il partage avec nous ses convictions d'auteur de SF dans l'ère post-covid ("J'en ai marre des robots !"), sa méthode étonnante très proche de l'improvisation, son regard sur quelques grands anciens comme Moebius et Druillet. Et sur le pouvoir magique du dessin.
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Studio À Suivre, le podcast qui dessine, est un rendez-vous mensuel proposé par les éditions Casterman.
Avec Studio À Suivre, les éditions Casterman vous invitent dans les coulisses des albums, juste avant que la plume ou le pinceau se pose sur le papier.
Une production wave.audio.
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