DESCRIPTION DE L'ÉPISODE
L’écologie sociétale : dépasser l’utopie et la dystopie en revenant au vivant
Marie-Agnès Chauvin ouvre l’épisode en rappelant un principe fondateur : l’écologie, au sens strict, est l’étude d’un sujet dans son écosystème. C’est cette pensée du système, et non de l’individu isolé, qui permet de transcender la dualité utopie-dystopie. Après l’écologie de soi et l’écologie relationnelle, l’écologie du collectif devient l’espace où se joue la santé ou la dérive de nos organisations et de nos sociétés. Penser l’humain sans penser ses systèmes est une impasse.
L’humain, animal social traversé par des collectifs en souffrance
Pour Marie-Agnès, nul ne peut se comprendre hors du collectif : clan préhistorique, famille, équipe, entreprise, association. Nous appartenons tous à plusieurs collectifs, et chacun porte ses fractures : malaise managérial, salariés épuisés, dirigeants sous pression, familles dysfonctionnelles, tensions politiques. Le collectif est malade. Et nous vivons tous sous pression. Vouloir s’en extraire totalement est un mythe : même un individu autonome finit par être rattrapé par les effets systémiques des groupes auxquels il appartient.
Le système vertical : un modèle millénaire devenu obsolète
Marie-Agnès pointe un pilier rarement interrogé : la structure pyramidale, héritée de milliers d’années de civilisation patriarcale et hiérarchique. Ce modèle descendant constitue un tabou. Il est considéré comme naturel, donc intangible. Le remettre en question revient presque à blasphémer. Pourtant, ce modèle vertical est au cœur des blocages actuels : peur du pouvoir, luttes d’égo, croyance qu’il n’existe aucune alternative. Cette croyance paralysante est l’un des faux amis majeurs de la transformation collective.
Financiarisation, déni de l’humain et peur du groupe : les dérives du système actuel
Selon Marie-Agnès, les organisations ont « fait des euros, pas des heureux ». L’humain y est considéré comme une unité de compte et non comme une source de vitalité. La financiarisation a rendu aveugles les dirigeants au potentiel créatif et affectif des équipes. Reconnaître la puissance d’un groupe reviendrait à admettre qu’il peut s’auto-gérer. Or cela déclenche la peur ultime : perdre son statut, son utilité, son salaire. Face à cette anxiété archaïque, les organisations préfèrent museler la force collective plutôt que la laisser émerger.
La souffrance au travail : un symptôme systémique majeur
Burn-out, ennui, perte de sens, harcèlement, peur de l’exclusion, seniors invisibilisés : la souffrance au travail n’est pas un accident individuel mais un mécanisme systémique. Marie-Agnès rappelle que travailler contre ses valeurs consomme une énergie colossale. Elle dénonce les organisations qui prônent l’humanité ou l’humilité tout en pratiquant la maltraitance structurelle. Le décalage entre discours et pratiques nourrit une homéostasie puissante qui neutralise toute tentative réelle de changement.
Les ressources individuelles : atouts, vulnérabilités, besoins et incontournables
Pour transformer les collectifs, il faut d’abord se transformer soi-même. Marie-Agnès insiste sur la connaissance de ses propres atouts, de ses vulnérabilités, de ce qui se fait naturellement ou dans la douleur. Elle introduit la notion clé des incontournables : les piliers essentiels sur lesquels repose notre énergie vitale. Sans ces incontournables présents dans un collectif, la souffrance est inévitable. Clarifier ses valeurs, ses besoins, ses ambitions permet de sortir de la victimisation et d’assumer des choix pleinement consentis.
Accueillir la différence : un moteur d’innovation et un défi pour les égos
Cloner les collaborateurs tue l’innovation. Or beaucoup de managers cherchent des clones d’eux-mêmes. À l’inverse, Marie-Agnès défend la diversité radicale comme moteur de créativité. Cela suppose un travail sur les projections : ce que je juge chez l’autre parle souvent davantage de moi. Les projections deviennent alors un outil de lucidité plutôt qu’un mécanisme défensif. C’est une écologie de la différence.
Changer de posture : dépasser la peur archaïque du groupe
Le collectif active des peurs profondes : peur d’être jugé, démasqué, mis en défaut, rejeté. Les managers comme les formateurs sont traversés par la peur de « ne pas savoir ». Dans un nouveau paradigme, la figure du sachant disparaît au profit du co-sachant. Transformer un collectif exige d’abord de transformer la posture individuelle : ouverture, écoute, lucidité, accueil de la vulnérabilité. Mais cette transformation nécessite la présence d’un tiers accompagnant : coach, thérapeute, superviseur.
La sociocratie : une alternative exigeante et jubilatoire
L’un des moments forts de l’épisode est le récit par Marie-Agnès de son expérience dans l’association RAFUE, structurée en sociocratie. Pas de président, pas de bureau, mais des cercles décisionnaires, thématiques et professionnels. Le processus de décision par consentement distingue les clarifications objectives des ressentis subjectifs, une innovation structurante qui fluidifie la décision et évite les frustrations. Cette gouvernance, découverte tardivement par Marie-Agnès, est exigeante, mais génère plaisir, justice, efficacité, et surtout une jubilation collective rare.
Les faux amis de l’écologie systémique : patriarcat, peur et inertie millénaire
La croyance qu’il n’existe aucune alternative au modèle hiérarchique est l’un des plus grands verrous. S’y ajoutent la peur archaïque d’être rejeté du groupe, l’instinct grégaire, la peur de perdre du pouvoir, et l’identification à un système patriarcal omniprésent (religieux, familial, politique, organisationnel). Tant que ces tabous ne sont pas mis à jour, aucune transformation systémique profonde n’est possible.
Exercices pratiques pour coachs et accompagnants : muscler la lucidité systémique
Marie-Agnès propose plusieurs pistes concrètes : travail sur le système de valeurs, les besoins, les essentiels ; analyse des valeurs affichées vs vécues dans les organisations ; cartographie systémique des symptômes ; compréhension des rôles dans les familles et organisations ; développement du coaching d’équipe et d’organisation ; exploration des modèles de gouvernance comme la sociocratie ou l’entreprise à mission ; usage des cercles de parole pour restaurer la réflexivité. L’objectif : éveiller la lucidité, arrêter de subir, choisir en conscience.
Pour ALLER PLUS LOIN
Pour plus d'informations sur Marie-Agnès Chauvin, vous pouvez :
- visiter son profil LinkedIn : https://tinyurl.com/profile-MAC
- consulter son site internet : www.solea-conseil.com
- lui écrire via [email protected]
- vous abonner à sa lettre d'information Lunêtre - La petite lettre sous la lune
- participer à l'un de ses stages sur le Dialogue Intérieur ou la Spirale Dynamique ou weekend de supervision
- écouter son Parcours de Coachs® : https://tinyurl.com/PDC-38
- acheter l'un de ses livres qu'elle évoque dans certains épisodes
Cette série de podcast a été réalisé par le coach professionnel et superviseur David Eugène Marion, fondateur du Média des Coachs®, du cabinet YUPÏKAY et producteur de podcasts dédiés aux thématiques de l'accompagnement, aux sujets institutionnels et sociétaux. Pour toute collaboration, interview ou projet éditorial, vous pouvez le contacter via :
- son profil LinkedIn : www.linkedin.com/in/davideugenemarion
- le site du Média des Coachs® : www.lemediadescoachs.com
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