Depuis son élection, Donald Trump ne cesse de nous attérer par ses inconséquences. Selon ses humeurs incontrolées, il s'en prend tour à tour aux universitaires, aux scientifiques, aux migrants, aux journalistes et même à la justice. En Amérique latine, il fait enlever un dictateur et en Europe revendique la propriété du Groenland. Mais nul ne s'attendait à ce que, sans justification crédible, il bombarde l'Iran, faisant basculer le monde dans le chaos.
Cette guerre, est également l'opportunité pour Israël de tirer un trait définitif sur la question palestinienne, alors que Gaza est anéanti et la Cisjordannie terrorisée par une répression systémique et une colonisation plus violente que jamais. Au Liban, après l'attaque du Hezbollah, la riposte disproportionnée de l'Etat hébreux montre bien que le projet d'Israël est bien de dominer le Moyen-Orient par la force.
De ces attaques inconsidérées aux yeux du monde, nous voyons bien les conséquences : Des dizaines de milliers de morts et de blessés, des populations jetées sur les routes et, pour l'ensemble de la planète, une crise économique potentiellement dévastatrice.
Nous n'aurions garde aussi d'oublier que des combats tout autant meurtriers se poursuivent en Ukraine, au Yemen , au Soudan, en RDC et en bien d'autres endroits encore. Et nous savons bien qu'ailleurs, en d'autres pays du monde, des millions de personnes sont pourchassées, emprisonnées, massacrées.
Dès lors, comment ne pas désespérer, alors que nous assistons, impuissants, au mépris du droit international et, au delà, de toutes ces valeurs qui auront permis au monde depuis 1945 de connaître une paix relative?
Un lecteur du journal La Croix écrit cependant que, pour lui, « des petits riens du quotidien sont comme une embellie quand le contexte du moment paraît si morose: La jeune fille, dans un bus bondé qui vous cède sa place avec un grand sourire. Le jeune homme qui s'offre à porter votre valise dans les marches du métro. Le voisin au visage habituellement revêche qui s'éclaire à votre bonjour. La personne âgée qui n'a qu'un article en main et qui vous gratifie d'un grand sourire lorsque vous l'invitez à passer avant vous à la caisse ».
Au fracas du monde, nous ne pouvons rien opposer, mais ces petits rien du quotidien sont autant de petits bonheurs s'offrant à nous, pour peu que nous y soyons attentifs.
Comme toujours, il s'agit là du rapport que nous entretenons avec l'altérité. Puisque le dicton affirme que « le pire n'est jamais sûr », il ne tient donc qu'à nous-mêmes qu'il nous soit épargné pour peu que nous ayons à cœur de découvrir l'autre -aussi étranger soit-il- dans tout ce qui fait sa richesse.
Croyons que, toujours et partout, l'humanité n'est pas condamnée au pire et qu'au contraire, nous reconnaissant avec tout autre une communauté de destin, c'est bien la Fraternité qui est en marche.
C'est, au total, ainsi que nous pourrons éradiquer le poison de la peur et du repli sur soi, pour entrer enfin dans une dynamique d'espérance.
Chronique de Philippe Guerquin.
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