Pour Mathieu Klein « Le Livre, a? Nancy, sous toutes ses formes, est notre passerelle vers tous les mondes, toutes les pensées.
Pour l’écoute et le dialogue, le bonheur de l’altérité et du partage. »
Du 26 au 29 mars, la 5ème éditions de Livres d’Ailleurs qui se déroulera à l’hôtel de ville de Nancy, sera notre passerelle vers le continent africain, mais aussi vers la Guadeloupe et la Martinique, liées au continent africain. Cette ouverture, le festival la doit à Ananda Devi, grande dame des lettres de l’Océan Indien, qui en assure cette année la présidence.
Pour elle « Il est temps, plus que temps, de nous rappeler que seule la littérature peut nous mener par des sentiers de traverse vers des ailleurs riches de découvertes, des ailleurs ou? il nous est possible de nous voir tels qu’en nous-mêmes, et non aveuglés par les artifices et les mensonges qui déferlent sur nous tels des tsunamis au relent de haine.
Il est temps, plus que temps, de nous ouvrir a? ces appels jaillis des pages, issus des cœurs, ces offrandes d’esprits qui interrogent le monde et ses tragédies, qui interpellent l’homme et ses colères, qui nous offrent un miroir pour comprendre que rien de tout cela n’est inévitable, et qu’il est encore temps.
Il est encore temps, oui, d’écouter les mots qui comptent. D’explorer l’humaine complexité. De nous aventurer dans des espaces qui nous semblent interdits parce qu’on nous a appris a? craindre l’autre, a? nous méfier de lui, a? ne pas entendre sa souffrance et son cri. C’est ainsi que l’on se prive de la beauté de son chant. »
Durant 3 jours, nous pourrons donc écouter des chants qui nous viennent d’Algérie, du Bénin, du Burundi, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, d’Égypte, du Gabon, du Ghana, de Guinée, de l’île Maurice, de Madagascar, du Maroc, du Nigeria, d’Ouganda, de la République du Congo Brazzaville, de la République Démocratique du Congo, du Sénégal, du Soudan, de Tunisie, du Zimbabwe
Dès jeudi 25 mars, l’historien Benjamin Stora, entamera à 20h00 dans les grands salons de l’hôtel de ville, sa complainte sur les relations entre la France et l’Algérie qui depuis plus de 60 ans oscillent entre tensions diplomatiques, mémoires a? vif et récits concurrents. Chers auditeurs, qui avez écouté, il y a quelques semaines, mes chroniques envoyés depuis Tlemcen, vous vous doutez que j’attend cette soirée avec impatience.
J’attends tout aussi impatiemment la table ronde du vendredi 27 à 18h00 sur la possibilité de réécrire l’Histoire à laquelle participera la Journaliste et historienne tunisienne Sophie Bessis. En effet, dans son essai aussi bref que percutant La civilisation judéo-chrétienne : Anatomie d’une imposture, paru en 2025 chez Les liens qui libèrent, elle a dévoilé comment ce binôme, loin d’être neutre, est utilisé partout pour rendre impossibles des convergences culturelles et politiques qui aujourd’hui, au vu de la situation dramatique au Moyen-Orient, pourraient être autant de chemins vers la paix.
Nous devrions aussi tous être interpellé par la table ronde du samedi 28 mars à 17h10 durant laquelle des écrivains nous montreront comment résister autrement, en l’occurrence par la non-violence, quand les aspirations à la justice et à la paix sont menacées.
Y sera entre autres présente la poète et romancière ivoirienne Véronique Tadjo. En 2024, elle a publié Je remercie la nuit, fable profondément humaniste qui semble vouloir montrer à tout prix la voie moyenne, celle de la fraternité qui renvoie dos-à-dos les partisans d’Alassane Ouattara comme ceux de Laurent Gabgbo, rejetant au loin toute idée révolutionnaire.
Bref, prenez le temps de vous rendre au salon Livres d’Ailleurs, car comme le dit Ananda Devi, qui en est, cette année, la présidente : « Il est temps, plus que temps, de voir, d’écouter, de comprendre, d’être, enfin, humains. »
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