Zone Arctique

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By Nelly GuidiciNews
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Zone Arctique episodes

  • Zone arctique | Projet Narvik : un modèle prometteur de souveraineté alimentaire au Nunavut
    Dans cet épisode, j'aborde le dernier article de ma série consacrée aux fermes hydroponiques dans le Nord, en mettant l'accent sur l'exemple inspirant de l'unité hydroponique de Narvik, située à Goa Haven dans les Territoires du Nord-Ouest, au Canada. Depuis son ouverture en 2019, cette ferme fait figure de modèle en matière de sécurité alimentaire, fonctionnant toute l'année et produisant une variété de cultures respectueuses des besoins locaux.
    Le projet Narvik, qui tire son nom d'un terme inuktitut signifiant "lieu de culture", est à seulement 250 km au nord du cercle Arctique et à 15 minutes de marche du village de Goa-Evon. Collaborant étroitement avec l'Arctic Research Foundation, le ministère de l'Agriculture et Agroalimentaire Canada, l'Agence spatiale canadienne et le Conseil national de recherche du Canada, la ferme emploie une dizaine de personnes, principalement des habitants du village, qui ont été formés sur place. Depuis sa création, la ferme a produit une gamme riche incluant laitues, tomates, fraises, pommes de terre, et bien d'autres, qui sont distribuées gratuitement à des membres de la communauté, en particulier aux personnes âgées et celles dans le besoin.
    Je mets en lumière comment cette initiative est un exemple parfait de projet communautaire, où le dialogue est constamment maintenu avec le village, l'association locale des trappeurs et le conseil des personnes âgées. Lors d'événements communautaires, les récoltes de Narvik sont également mises à disposition pour soutenir des besoins collectifs, illustrant ainsi l'impact social positif du projet.
    L'unicité de Narvik se trouve également dans son approche énergétique. Tout comme d'autres fermes hydroponiques dans la région, elle fonctionne grâce à des panneaux photovoltaïques, mais son approvisionnement énergétique est renforcé par une combinaison d'énergie solaire, d'énergie éolienne et d'un générateur diesel en cas d'urgence. Je partage les visions de Tom Enf-Effer, le président de la fondation Arctic Research, qui espère que dans les années à venir, 70% de l'énergie utilisée sera d'origine renouvelable. Il souligne que l'idée selon laquelle l'énergie solaire ne serait pas efficace dans les conditions arctiques est un mythe, illustrant l'efficacité des panneaux pendant la saison printanière, lorsque la neige amplifie l'impact des rayons du soleil.
    Concluant cette réflexion, j'insiste sur la nécessité pour le gouvernement fédéral et les gouvernements territoriaux d'investir davantage dans les infrastructures afin de propager ce modèle d'hydroponie dans d'autres communautés arctiques. Le projet Narvik ne devrait pas être une exception, mais plutôt un catalyseur pour une révolution de la sécurité alimentaire dans le Nord canadien.
    4 min
  • Zone arctique | Hydroponie en Arctique : un essai qui n’a pas encore été transformé
    Dans cet épisode, nous explorons la serre communautaire d'Inuvik, un espace unique au cœur du delta du fleuve Mackenzie qui favorise le jardinage récréatif et la production alimentaire, renforçant ainsi le sentiment d'appartenance des résidents. Je m'entretiens avec M. Clarkson, maire d'Inuvik et membre du conseil d'administration de la serre, qui partage comment ce projet a évolué, notamment avec l'ajout d'une unité hydroponique en 2021, financée par l'Agence canadienne de développement économique du Nord. Cette initiative vise à étendre les activités de la serre et à permettre la culture de produits durant l'hiver, tout en contribuant à la création d'une source de financement stable.
    Nous discutons des défis auxquels fait face la serre, notamment le coût énergétique exorbitant qui entrave le fonctionnement de l'unité hydroponique. Étant donné que le coût du kilowattheure à Inuvik est le plus élevé de tout le Canada, M. Clarkson explique que des panneaux photovoltaïques ont été installés pour tenter de réduire ces frais. Cependant, des retards administratifs ont freiné leur mise en service pendant plusieurs années, limitant leur apport énergétique durant l'hiver.
    Au fil de la conversation, M. Clarkson souligne l'importance de l'énergie solaire pour rendre la ferme hydroponique viable. Sans celle-ci, il estime que le coût d'opération serait prohibitif. Nous aborderons également le problème de la formation et de la rétention du personnel, qui constitue un obstacle supplémentaire à la pérennité du projet. La rotation du personnel formé a été un défi, ce qui soulève la question de la nécessité de cultiver une main-d'œuvre stable pour accompagner ces initiatives durables.
    M. Clarkson affirme que l'agriculture estivale représente la voie la plus prometteuse pour les résidents d'Inuvik. Grâce à la serre communautaire et aux jardins individuels, les habitants peuvent cultiver une quantité suffisante de légumes pour leur consommation personnelle, contribuant ainsi à la souveraineté alimentaire. Il évoque une vision d'avenir où les initiatives communautaires, l'éducation au jardinage, des technologies adaptées au climat nordique et un soutien financier ciblé travaillent de concert pour renforcer la résilience alimentaire de la région. Cet épisode met en lumière l'importance des efforts collectifs pour améliorer la situation alimentaire dans le Grand Nord canadien, offrant un aperçu précieux de la détermination et de l'innovation des communautés locales.
    4 min
  • Zone arctique | Au Yukon, des légumes frais au cœur du Kluane

    Dans cet épisode, nous nous penchons sur un projet novateur d'agriculture nordique qui prend place sur les rives du lac Louani au Yukon, à la station de recherche Louani Lake Research Station. Ce projet, intitulé AG1054, repose sur l'utilisation d'une ferme hydroponique, installée dans un conteneur maritime réhabilité, qui vise à garantir la sécurité alimentaire dans les régions isolées du nord. En collaboration avec l'Université de Calgary et l'Institut Arctique d'Amérique du Nord, nous explorons les diverses dimensions de ce projet ambitieux.

    L'hydroponie, qui remplace la terre par de l'eau enrichie en nutriments, constitue le cœur de cette initiative. Nous discutons de la manière dont ce système permet de cultiver des plantes de façon autonome, tout en étant partiellement alimenté par l'énergie solaire, avec un générateur diesel comme source de secours. Shahid Islam, le coordinateur agricole, joue un rôle clé dans la gestion et l'automatisation des paramètres essentiels tels que la température, la lumière et le pH, permettant ainsi une optimisation des conditions de culture.


    Les détails de la production agricole sont surprenants : entre juin et début octobre, la ferme a récolté 3300 laitues, 350 plants de coriandre, 250 plants de persil, ainsi que 120 plateaux de micropousses. En parallèle, nous évoquons les autres cultures développées à l'extérieur, notamment des radis, des tomates, du brocoli et des concombres, grâce à une serre conçue pour résister à des conditions climatiques extrêmes. Cependant, nous apprenons que, malgré ces avancées considérables, la ferme fonctionne uniquement quelques mois par an.


    Au fil de la conversation, nous examinons les défis auxquels le projet est confronté, tels que le coût élevé de l'énergie, l'entretien constant nécessaire, et le manque de main-d'œuvre qualifiée dans la région. Polisias, conseillère agricole, partage son expertise sur les enseignements tirés de cette expérimentation, soulignant à quel point ces défis limitent l'exploitation pérenne de ce type de ferme. Alice Johnson, membre de la Première Nation de Kluany, apporte une perspective précieuse sur la technologie, mettant en avant sa capacité à offrir un contrôle total sur les conditions de culture, en contrastant avec les aléas des jardins extérieurs.


    Cet épisode met en lumière l'importance d'initiatives comme AG1054 pour l'autonomie alimentaire locale dans les territoires nordiques, tout en soulignant la nécessité de surmonter les obstacles logistiques et énergétiques.

    4 min
  • Zone arctique | Réconciliation : « Nous avons besoin de moins de paroles et de plus d’actions »
    L'épisode aborde la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, qui se déroule le 30 septembre 2025, marquant ainsi le dixième anniversaire de la publication du rapport de la Commission sur la vérité et la réconciliation. Ce jour est symbolique non seulement pour les survivants des pensionnats, mais également pour les femmes, les filles et les personnes aux deux esprits autochtones disparues et assassinées, soulignant l'importance de reconnaître et de traiter les injustices du passé.
    Au cœur de cette discussion, l'enquête nationale lancée en 2016 est mise en lumière. Cette initiative vise à examiner les causes systémiques de la violence sous toutes ses formes, y compris la violence sexuelle envers les femmes, les filles et les personnes aux deux esprits autochtones. Le processus a impliqué des rencontres avec divers groupes régionaux et organisations nationales, ainsi que des visites dans plusieurs communautés au Canada. Après trois années d'investigation approfondie, un rapport final a été publié, contenant 170 appels à la justice qui s'adressent à différents niveaux de gouvernance, de l fédéral au municipal.
    Monsieur Douane Gaston-Aucoin, représentant du Yukon au Conseil Spirituel de l'Assemblée des Premières Nations et récemment élu président national du Conseil 2SLGBTQQIA+, partage son point de vue sur les avancées de cette enquête. Bien qu'il considère la création de l'enquête nationale comme un pas dans la bonne direction, il critique la lenteur de la mise en œuvre des appels à l'action, notant qu'en cinq ans, peu de progrès ont été réalisés. En effet, il déplore que seulement deux des appels de justice aient été concrétisés jusqu'à présent, et aucun n’a été mis en œuvre spécifiquement pour les communautés Two-Spirit, malgré les 30 appels à la justice formulés.
    Gaston-Aucoin souligne également le manque de financement des programmes essentiels pour soutenir les autochtones et critique le traitement des communautés Bétis et Inuit, qu’il décrit comme des citoyens de seconde classe au sein même de leur gouvernement. Il affirme que la réconciliation va bien au-delà des motions procédurales et des gestes symboliques. En cette journée significative, il affirme avec force que le processus de réconciliation est fondamental pour les institutions canadiennes. Il appelle à une pression continue sur le gouvernement fédéral afin d'assurer la mise en œuvre des appels à la justice, un désir ardent pour un avenir meilleur et plus inclusif pour tous les Canadiens.
    Cette capsule d'information, présentée par Nelly Guidici dans "Zone Arctic", illustre bien le besoin urgent d'action et de changement face aux défis persistants de réconciliation au Canada.
    4 min
  • Zone arctique : Du passé au présent, la réconciliation dans le Nord
    Le 30 septembre, qui marque la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, a été l'occasion pour plusieurs acteurs clés de faire le point sur l'avancement du processus de réconciliation dans le nord canadien, particulièrement dans des régions comme le Yukon, le Nunavut et Nunavik. Le dialogue a été initié par Adeline Weber, commissaire du Yukon et membre de la Première Nation des Teslin Klingit, qui a mis en avant les progrès réalisés dans son territoire. Elle a souligné l’importance de la reconnaissance des revendications territoriales tout en appelant à une implication active de tous les acteurs dans le processus de réconciliation. Adeline a partagé son expérience personnelle en tant que survivante des pensionnats, précisant que chaque survivant vit un parcours de guérison unique.
    Eva Ariak, commissaire du Nunavut, a également pris part à cette discussion en insistant sur la nécessité de reconnaître le passé tout en se projetant vers l'avenir. Elle a plaidé pour que les communautés s’unissent afin de faire face aux défis présents, tout en maintenant l'espoir et en cherchant des solutions durables. Son appel se veut une invitation à la collaboration et à une réflexion collective pour construire un avenir meilleur. Mary Simon, gouverneure générale du Canada et originaire du Nunavik, a ajouté que la réconciliation devrait être intégrée dans la vie quotidienne des Canadiens. Elle a encouragé les individus à agir localement et à établir des relations respectueuses entre les communautés autochtones et non autochtones, inscrivant ainsi la réconciliation dans un cadre d'interactions quotidiennes.
    Le rapport annuel de l'Inuit Tapiriit Kanatami pour 2024-2025 a également inscrit des avancées notables dans le cadre de la réconciliation. Parmi ces avancées, la présentation d'excuses par le gouvernement canadien pour le massacre des chiens au Nunavik entre les années 1950 et 1960 a été particulièrement marquante. Cet épisode tragique, orchestré par le gouvernement dans une tentative de sédentariser les populations inuites, a eu des conséquences dévastatrices sur leur mode de vie et leur mobilité sur leurs territoires ancestraux. Cependant, cette avancée est contrastée par le jugement sévère de l'Assemblée des Premières Nations, qui a noté que peu d'appels à l'action ont été mis en œuvre durant l'année 2024-2025.
    Cindy Wandhaus-Nepinek, la chef nationale de l'Assemblée des Premières Nations, a exprimé son inquiétude face aux progrès jugés trop lents. Elle a souligné la nécessité de financements fédéraux substantiels plutôt que des compressions budgétaires pour que la réconciliation puisse véritablement avancer. Selon elle, les actions gouvernementales doivent refléter un engagement réel envers les peuples autochtones, sinon les intentions déclarées de réconciliation risquent de ne rester que des promesses sans suite. Les restrictions budgétaires de 15 % sur trois ans, récemment annoncées par le gouvernement fédéral, ont également été qualifiées de menace pour la mise en œuvre des appels à l'action, alors que de nombreux programmes essentiels pour les Premières Nations souffrent déjà de sous-financement. La cheffe Woodhouse Népinac a appelé à des engagements fermes de la part du gouvernement pour créer un avenir plus prospère pour tous.
    Ce riche échange a permis de mettre en lumière les espoirs, les défis, les réussites et les obstacles rencontrés dans le processus de réconciliation au Canada, tout en encourageant le dialogue continu et la collaboration entre les diverses communautés.
    4 min
  • Zone arctique | Chasse au grizzli : un équilibre fragile dans l’Arctique canadien
    Dans cet épisode, le dernier volet de la série sur la chasse au trophée de grizzly dans les trois territoires canadiens est examiné en profondeur, en se concentrant particulièrement sur le Nunavut. Cet espace représente une opportunité unique pour les résidents et non-résidents de participer à des activités de chasse tout au long de l'année. Pour l'année 2024-2025, il a été décidé que les limites de prises annuelles seraient fixées à 10 spécimens dans la région de Kivalik et à 15 dans la région de Kitikméot. Le gouvernement du Nunavut surveille ces prises via des échantillons prélevés par les chasseurs, soulignant l'importance d'un suivi régulier des populations de grizzlies, en l'absence de recensements récents dans la région.
    Une étude menée par le ministère de l'Environnement en 2021 s’est révélée cruciale pour comprendre la répartition géographique des grizzlies chassés au Nunavut. Elle a également permis d'examiner la répartition par genre et par âge des animaux pris. Entre 2013 et 2019, la recherche a enregistré 232 grizzlies chassés, ce qui représente une moyenne annuelle de plus de 33 prises. Loin d'être uniforme, la distribution des prises a révélé que 60 % provenaient de la région de Kivalik, notamment autour des collectivités de Baker Lake et Arviat, tandis que le reste émanait de la région de Kitikméot.
    Le ministère a émis des préoccupations montantes quant à la durabilité actuelle des pratiques de chasse dans la région de Kivalik, pointant vers un potentiel déclin des populations de grizzlies si la situation actuelle persiste. En conclusion de son rapport, il a été noté que des facteurs cumulés d'origine humaine, combinés avec le développement des terres, pourraient influer négativement sur les populations de grizzlies au Nunavut. Ce constat est d'autant plus préoccupant que, comme dans le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, il manque d'estimations officielles récentes. L'estimation des populations de grizzlies au Nunavut reste à un chiffre incertain, oscillant entre 800 et 2000 individus.
    La conférence aborde également les enjeux économiques liés à la chasse au trophée de grizzly, qui est annoncée par des coûts variant de 20 000 à 35 000 dollars US dans le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest, et pouvant atteindre près de 40 000 dollars US au Nunavut. Pour Gary Adams, co-associé de Canadian High Arctic Adventure, qui organise ces expéditions de chasse, les revenus générés par cette activité sont essentiels pour les collectivités de l'Arctique canadien. Dans un contexte où le Nunavut affiche le taux de chômage le plus élevé de la région arctique, à 8,3% en 2024, la chasse sportive apparaît donc comme un levier économique fondamental, surtout comparé aux 5,8% pour les Territoires du Nord-Ouest et 4,3% pour le Yukon.
    4 min
  • Zone arctique | Dans les TNO, le grizzli demeure peu étudié
    Dans cette conférence, le sujet principal explore la situation des populations de grizzlies dans les territoires du nord-ouest du Canada, particulièrement dans les monts Mackenzie. Bien que la présence de grizzlies semble abondante dans cette région, un manque d'études régulières et d'estimations récentes soulève des inquiétudes quant à leur véritable état de conservation. Loin d'être uniforme, la législation sur la chasse aux grizzlies varie également au sein des différentes juridictions qui composent les territoires, avec une chasse autorisée uniquement dans certaines régions du nord, telles que Fort Macpherson, Aklavik, Inuvik, Tuktoyaktok et Paolatouk.
    Les monts Mackenzie, qui marquent la frontière entre le Yukon et les territoires du Nord-Ouest, représentent une zone où la chasse est strictement interdite pour les non-résidents. Malgré les déclarations de l'Association des pourvoyeurs des monts Mackenzie sur l'abondance apparente de la population de grizzlies, il est souligné que ce prédateur particulier ne peut pas être chassé, contrairement à d'autres espèces comme l'ours noir, le glouton et le loup. Une étude récente menée en mai 2021 et soutenue par Environnement et Changement Climatique Canada, ainsi que par Nature Serve Canada, propose un état des lieux national concernant les grizzlies, indiquant que leur situation dans les territoires du Nord-Ouest ne présente pas de problèmes alarmants, avec une population jugée stable.
    Tavis Molnar, un acteur clé dans le domaine de la chasse et propriétaire de la compagnie Arctic Red River Outfitters, argumente que les grizzlies sont non seulement présents en nombre dans les montagnes Mackenzie, mais que ces animaux sont couramment observés par ses clients lors de leurs excursions. Molnar met en avant le rôle crucial des pourvoyeurs dans la collecte de données sur cette espèce, visant à soutenir les efforts du gouvernement territorial dans la surveillance des populations de grizzlies. Chaque fois qu'un grizzly est prélevé dans la région, les chasseurs doivent fournir des échantillons tels que la mâchoire inférieure ou une dent pour une analyse plus approfondie.
    Cependant, la conférence souligne également la nécessité d'un suivi plus rigoureux des populations de grizzlies dans cette zone, comme le recommande le gouvernement fédéral. Malgré les restrictions en matière de chasse pour les non-résidents et des taux de prélèvement annuels généralement faibles, la stagnation des estimations de population au fil des ans soulève des questions sur la viabilité à long terme de ces animaux dans leurs habitats. Bien que Molnar reste confiant quant à la bonne santé des populations de grizzlies, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) reconnaît que plusieurs facteurs d'anthropisation, tels que l'exploitation des ressources et les altérations rapides des habitats, pourraient constituer des menaces significatives pour ces prédateurs majestueux. Cela souligne l'importance d'une évaluation plus précise des effectifs de grizzlies et de leurs exigences écologiques.
    5 min
  • Zone arctique | Grizzli : la chasse au trophée au cœur du débat
    L'interview aborde la controversée pratique de la chasse au trophée de grizzly dans le territoire du Yukon, mettant en lumière les préoccupations de l'organisme Grizzly Bear Protection Yukon. Cette institution conteste non seulement l'éthique de la chasse au trophée, mais la qualifie également de pratique dépassée, soulignant les préoccupations relatives à la population de grizzlies et à la nécessité urgente d'une meilleure gestion de cette espèce emblématique.
    Uli Nolan, membre du conseil d'administration de Grizzly Bear Protection Yukon, exprime son indignation concernant le manque de données récentes sur la population de grizzlies dans la région. Malgré des estimations gouvernementales plaçant le nombre entre 6 000 et 7 000 individus, Nolan souligne que ces chiffres n'ont pas été mis à jour depuis les années 1980, rendant toute décision concernant la chasse totalement irresponsable. La discussion met en avant divers facteurs menaçant les grizzlies, tels que le changement climatique, la fragmentation de leur habitat et l'encroachement humain, illustrant le besoin d'une évaluation fiable et actuelle des populations.
    Le gouvernement du Yukon admet, dans son plan de conservation publié en 2019 et mis à jour en 2022, que l'absence de données actualisées empêche une gestion appropriée des populations de grizzly. Il reconnaît également que le coût et la complexité de l'étude des grizzlies rendent difficile toute initiative visant à mieux comprendre leur démographie. En parallèle, les entreprises de pourvoyeurs, qui participent à cette activité, affirment contribuer à la conservation globale des espèces dans le Yukon. Elles appellent à un respect rigoureux du Code de déontologie, qui, selon elles, établit des normes éthiques élevées.
    Nolan insiste sur l'importance cruciale de quantifier précisément la population de grizzlies pour déterminer si elle est en déclin. Elle avance que dans le contexte d'un changement climatique rapide et d'une pression humaine croissante, une telle évaluation est essentielle afin de prendre des décisions éclairées sur la chasse au trophée. L'entretien évoque également la nécessité de trouver un consensus parmi les parties prenantes sur la gestion de cette espèce, tout en affirmant que la solution ultime de l'organisation est l'interdiction totale de la chasse au trophée de grizzly au printemps.
    Ainsi, les enjeux éthiques, scientifiques et environnementaux se croisent dans cette conversation, soulignant la complexité de la gestion de la faune dans un environnement en constante mutation. Les réflexions de Nolan et les préoccupations soulevées par Grizzly Bear Protection Yukon appellent à une réévaluation des pratiques de chasse actuelles et à une attention accrue portée à la protection des grizzlies dans le Yukon et au-delà.
    4 min

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La chronique d'actualité sur les enjeux de la région Arctique. Une production de Médias ténois pour https://www.radiotaiga.com.