Zone Arctique

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By Nelly GuidiciNews
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Zone Arctique episodes

  • Zone arctique : Redéfinir la défense du Nord avec les Premières Nations
    Le rapport récemment publié par les Premières Nations du Yukon fait ressortir des enjeux cruciaux en matière de sécurité et de défense dans le contexte canadien, surtout en ce qui concerne les territoires du Nord. Intitulé « Défense et sécurité des Premières Nations du Yukon, priorité à la souveraineté, à la préparation et aux partenariats », le document de 72 pages vise à propulser une conversation essentielle sur la redéfinition des stratégies de sécurité en incluant des perspectives et des expertises autochtones. Ce rapport souligne l'importance de travailler de concert avec les Premières Nations, qui possèdent une connaissance intime des réalités du Nord, pour garantir une défense adaptée et efficace.
    Selon Clooney et Damecq, le chef régional du Yukon à l'Assemblée des Premières Nations, il est impératif que les gouvernements du Canada et du Yukon revoient leur conception de la sécurité et de la défense, qui a longtemps été dominée par des institutions fédérales. Les Premières Nations jouent un rôle prépondérant dans la préparation aux situations d'urgence et le développement d'infrastructures durables. Ce leadership est non seulement reconnu dans le discours, mais doit également être soutenu par des actions concrètes, comme l’affirme Mme Adamek, qui voit dans cette démarche l’avenir de la défense dans le Nord.
    La mise à jour récente de la politique de défense nationale par le ministère de la Défense met l'accent sur la nécessité de protéger les régions nordiques et d'assurer la souveraineté canadienne. Bien que cette révision illustrative prenne en compte les partenariats avec les communautés autochtones, Mme Adamek insiste sur la nécessité d’un investissement substantiel et approprié dirigé par les gouvernements autochtones qui sont les plus affectés par ces décisions. Elle évoque l'importance de la co-création dans laquelle les Premières Nations doivent être intensément impliquées dès les premières étapes de la planification pour assurer l'efficacité des initiatives entreprises.
    L'implication des rangers, qui sont souvent décrits comme les yeux et les oreilles de l'armée dans les territoires éloignés, est également mise en avant. Ces individus jouent un rôle inestimable dans le maintien de la souveraineté et de la sécurité des collectivités. Mme Adamek souligne que leur expertise, tant en termes de connaissance du terrain que de culture, est irremplaçable et que ces rangers méritent une reconnaissance et un soutien adéquats pour qu’ils puissent exercer pleinement leur fonction. Elle argue que le renforcement des rangers se traduit par un double bénéfice : celui de la défense nationale et de la sécurité communautaire, soulignant ainsi la nécessité d'une approche intégrée.
    Cependant, malgré les 12 recommandations concrètes proposées dans le rapport pour les gouvernements fédéraux, du Yukon et des Premières Nations, aucune initiative officielle ni engagement gouvernemental n'a encore été annoncé. Mme Adamek considère cela comme une préoccupation majeure et souligne l'importance d'un suivi actif pour que ces recommandations ne demeurent pas lettre morte. La mobilisation des Premières Nations du Yukon pour formuler des recommandations précises témoigne de leur volonté de participer activement à l’édification d'un avenir sécurisé et respectueux dans le Nord canadien. Ce rapport ouvre des perspectives nouvelles sur la manière d'aborder la sécurité au Canada, en se basant sur le dialogue, la collaboration et la reconnaissance des compétences autochtones.
    4 min
  • Zone arctique : Pas d’accord international sur la pollution au plastique
    Les négociations sur un traité international visant à lutter contre la pollution plastique, qui se sont tenues à Genève du 5 au 14 août 2025, ont laissé de nombreux participants déçus et préoccupés. Bien qu'une proposition de texte ait été soumise, celle-ci a été largement rejetée par les délégations présentes, notamment en raison de l'absence de mentions concernant les droits des peuples autochtones. Le Conseil circumpolaire inuit, ainsi que d'autres représentants autochtones, ont exprimé leur frustration face à cet échec, dénonçant un traité qui ne prend pas en compte leurs droits inhérents et leur autodétermination. Cette situation met en lumière l'importance d'inclure les voix des peuples autochtones dans la lutte contre la pollution, qui est un problème complexe touchant non seulement les Inuits de l'Arctique, mais également des communautés autochtones à travers le monde.
    Le Forum international des peuples autochtones sur le plastique a qualifié cette réunion de "déception" et a souligné qu'elle représentait une occasion manquée. Ce forum a affirmé que le projet de traité ressemble davantage à une concession envers l'industrie des combustibles fossiles qu'à une réelle avancée dans la protection de l'environnement. Les critiques ont souligné que le texte proposé ne contenait pas d'approche juridiquement contraignante en matière de droits de l'homme, ce qui compromettrait toute avancée significative dans la lutte contre la pollution plastique. Les participants ont clamé que sans un engagement réel en faveur des droits des peuples autochtones, les efforts pour contrer cette problématique risquent de ne pas être suffisamment efficaces.
    La délégation canadienne, conduite par Michael Bonser, sous-ministre adjoint à Environnement et Changement Climatique Canada, a qualifié cette semaine de négociations de l'une des plus difficiles auxquelles il ait jamais participé. Ils ont insisté sur la nécessité d'un traité significatif qui intégrerait des références claires aux droits des peuples autochtones et à leurs savoirs, ainsi que des mesures concernant la durabilité de la production et de la consommation. Bonser a souligné que des formulations fortes étaient essentielles pour démontrer un véritable engagement mondial face aux plastiques problématiques et aux produits chimiques nuisibles qui s'y trouvent. Il a également exprimé sa conviction que ne pas parvenir à un accord serait préférable à la signature d'un traité jugé trop faible ou inapproprié. Bien qu'aucune date n'ait été fixée pour un nouveau cycle de négociations, il a maintenu un sentiment d'espoir pour l'avenir.
    Dans l'ensemble, cette réunion à Genève a servi de rappel essentiel de l'interdépendance entre la protection de l'environnement et le respect des droits des peuples autochtones. Le manque de progrès significatif soulève des questions cruciales sur l'efficacité des négociations internationales et la capacité des gouvernements à concilier les intérêts économiques, la santé des écosystèmes et les droits humains. Ce contexte souligne l'urgente nécessité de développer des stratégies qui incluent tous les acteurs concernés, surtout ceux des communautés locales régulièrement impactées par les problèmes de pollution.
    4 min
  • Zone arctique : L’Amundsen, une expédition entre science et échanges avec les collectivités du Nord
    L'épisode du 27 juin 2025 présente une expédition unique à bord du brise-glace Amundsen, qui a quitté le port pour une aventure de 114 jours le long de la côte du Nunatsiavut, menant jusqu'à l'océan Arctique. Lors de son escale dans la collectivité de Makovik au Labrador le 16 juillet, le navire a ouvert ses portes pour accueillir les membres de la communauté locale. Cette initiative a permis d'organiser des visites guidées du navire et des présentations sur les recherches scientifiques en cours, incitant ainsi les habitants à explorer et à comprendre l'importance des travaux réalisés à bord.
    Véronique Rochefort, gestionnaire des communications au département Amundsen Sciences de l'Université Laval, a joué un rôle clé dans la facilitation de ces échanges. Elle a souligné l'importance des interactions humaines, mentionnant que ces dialogues, souvent informels, ont permis de tisser des liens solides entre l'équipage du navire et les habitants de Makovik. Plutôt que de se concentrer uniquement sur l'aspect scientifique, elle a encouragé des échanges plus personnels pour favoriser une véritable connexion humaine. Cet aspect de l'expédition a été particulièrement apprécié par la communauté, qui a montré un vif intérêt pour l'événement, ce qui incite les organisateurs à envisager d'autres initiatives similaires à l'avenir.
    L'expédition scientifique multidisciplinaire réunissant biologistes, géologues et écologistes vise à étudier les impacts du changement climatique sur les écosystèmes marins. Parmi les outils de recherche utilisés, une rosette a été employée pour effectuer des prélèvements à plus de 3000 mètres de profondeur. Barbara Neves, chef de mission pour Pêches et Océans Canada, a participé à cette expédition pour sa treizième année consécutive, soulignant le caractère unique de sa relation avec le brise-glace. Son parcours avec l'Amundsen, débuté comme étudiante et poursuivi maintenant en tant que chercheuse, témoigne de l'importance de ce navire comme plateforme de formation pour les jeunes scientifiques.
    À mesure que l'Amundsen poursuit sa navigation vers le Nunavut, avec des escales programmées à Iqaluit et à Resolute Bay, les échanges humains et scientifiques continuent de jouer un rôle fondamental dans cette expédition. La capsule d’information "Zone Arctic", animée par Nelly Guidici, rappelle l'importance de ces interactions dans le Grand Nord canadien, illustrant comment la science et la communauté peuvent travailler de concert pour mieux comprendre et protéger les écosystèmes fragiles de l'Arctique face aux défis du changement climatique. L'épisode met en lumière non seulement les travaux scientifiques en cours, mais aussi l'impact durable que ces rencontres peuvent avoir sur les relations entre les chercheurs et les populations locales.
    4 min
  • Zone arctique : La cheffe Dawna Hope réclame des comptes après l’accident de la mine Eagle Gold
    L'entretien avec Donna Hope, cheffe de la Première Nation Nacho Myak Den, met en lumière les conséquences désastreuses d'un glissement de terrain survenu à la mine Eagle Gold, ainsi que l'indifférence apparente des autorités compétentes. Survenu sur le territoire traditionnel de sa communauté, cet événement, qualifié par Donna Hope de plus grave catastrophe minière de l’histoire du Yukon, a engendré d'innombrables souffrances, tant sur le plan environnemental qu'émotionnel pour ses concitoyens. Elle insiste sur le fait que près de 4 millions de tonnes de déchets miniers, contenant des produits toxiques, se sont déversées suite à cet incident, soulignant l'ampleur des dégâts causés et leur impact durable sur les terres ancestrales.
    Dans ses déclarations, Hope dénonce non seulement les défaillances systémiques au sein de Victoria Gold Corporation, l'entreprise exploitante de la mine, mais aussi l'inaction critique du gouvernement du Yukon. Elle rappelle la demande d'audit adressée à la vérificatrice générale du Canada en décembre 2024, qui reste à ce jour sans réponse, ce qui accroît le sentiment d'une absence de responsabilité et d'une culture d'impunité vis-à-vis des acteurs impliqués dans la gestion de la mine. À ses yeux, la lassitude et la frustration ressenties au sein de sa communauté résultent d'un manque de contrôle rigoureux sur les pratiques minières, un constat alarmant qui appelle à une réévaluation totale des réglementations en vigueur.
    Le rapport indépendant révélé en juin 2025, qui ne semble pas signifier une remise en question sérieuse de la responsabilité du gouvernement, est considéré par Hope comme une preuve de négligence. Elle critique fermement la gouvernance minière qui, selon elle, œuvre contre les intérêts environnementaux et ceux des Premières Nations. En évoquant les recommandations du rapport, notamment celles exhortant le gouvernement à engager des experts pour encadrer les projets miniers dès leur phase de planification, elle exprime son scepticisme quant à la volonté réelle des autorités de changer leur façon de gérer l'industrie minière, accusant le gouvernement d'ignorer les pratiques dangereuses qui perdurent.
    En parallèle, la Première Nation, ayant rejeté la nouvelle législation sur les minéraux proposée par le gouvernement, a pris position contre les ajustements jugés insuffisants pour véritablement transformer le régime minier du Yukon. Selon Hope, ces propositions ne constituent que des révisions superficielles d'un statu quo, laissant ainsi la porte ouverte à la poursuite d'exploitations non durables qui compromettent la sécurité et l'intégrité des terres et des ressources naturelles. Cela met en évidence le besoin urgent d'une réforme structurale, soutenue par un véritable engagement du gouvernement à rendre les exploitants responsables.
    Dans ce contexte difficile, l’appel de Donna Hope pour un changement significatif et une reconnaissance des droits des Premières Nations résonne comme une nécessité pressante pour rétablir la justice environnementale et la sécurité des communautés affectées. Son discours souligne non seulement la lutte pour la protection de leur territoire, mais aussi l'exigence d’un cadre juridique et réglementaire qui prenne en compte les voix et les préoccupations de ceux qui vivent directement les conséquences des activités minières.
    4 min
  • Zone arctique | Les glaciers du massif Kluane sous pression : entre sensibilisation et résignation
    Ce podcast traite de l'importance cruciale des glaciers dans le contexte de la préservation environnementale et des effets du réchauffement climatique, en lien avec l'année internationale de la préservation des glaciers déclarée par l'UNESCO. Au cours de conférences estivales organisées par Parc Canada, nous explorons divers sujets relatifs aux glaciers, tenant compte des observations et recherches menées par des experts dans leur domaine.
    Lors de la conférence présentée par Michel Barraher, professeur à l'École de technologie supérieure de Montréal, nous découvrons les caractéristiques fondamentales des glaciers ainsi que les missions de terrain réalisées avec ses étudiants dans le parc national Clooney. Malgré l’expertise accumulée au fil des décennies sur la fonte des glaciers, M. Barraher souligne la difficulté de faire entendre ce message face à une indifférence persistante. La fonte des glaciers n'est pas un phénomène nouveau, mais les conséquences qu'elle entraîne demeurent souvent sous-estimées, rendant la sensibilisation encore plus critique aujourd'hui.
    Nous discutons également avec Katharina Walsh, coordinatrice d'interprétation pour le parc national Clooney, qui présente les efforts déployés pour éduquer le public sur l'importance des glaciers et les mesures prises pour leur préservation. Avec 80 % du parc constitué de champs de glace, il est essentiel de partager des informations sur la recherche scientifique qui y est menée et sur la collaboration avec divers partenaires. Cependant, ces initiatives se heurtent à des défis financiers découlant de coupes budgétaires, limitant les capacités des scientifiques à surveiller et à documenter les effets dévastateurs du réchauffement climatique.
    Les discussions mettent en lumière les préoccupations croissantes liées à la transformation rapide des paysages glaciaires et les implications environnementales qui en résultent. La publication d'UNESCO, « Glaciers, chronique d'une fonte annoncée », met l'accent sur la nécessité d'agir pour faire face aux dérèglements du cycle de l'eau et à l'élévation du niveau de la mer, des conséquences alarmantes de la fonte des glaciers. À travers ce podcast, nous souhaitons éveiller les consciences sur le rôle des glaciers en tant que sentinelles du changement climatique et l’urgence d’agir pour préserver ces précieux écosystèmes pour les générations futures.
    5 min
  • Zone arctique | Mine Eagle Gold : un an après, les causes de l’accident révélées
    Le dernier épisode de Zone Arctic, animé par Nelly Guidici, se concentre sur un événement environnemental tragique survenu il y a un an dans le territoire du Yukon, impliquant la mine Eagle Gold, propriété de Victoria Gold Corporation. Un déversement de 934 000 m3 de minerais et de solutions de traitement, contenant des substances toxiques telles que le cyanure, a eu des conséquences désastreuses pour l'écosystème local. L’accident a soulevé de nombreuses questions concernant la gestion et la sécurité de l'exploitation minière dans des environnements fragiles.
    Un rapport indépendant, rendu public le 30 juin, a mis en lumière les causes et les circonstances ayant conduit à cet incident. Les membres du comité d'experts ont identifié plusieurs facteurs déterminants, notamment une gestion inadéquate de la qualité du minerai, des insuffisances dans le système de collecte des solutions, ainsi qu’une accumulation d'eau due aux précipitations printanières et estivales de l'année précédente. En effet, des manquements dans la supervision des opérations de la mine ont été pointés du doigt, entraînant ce que le ministre John Stryker a qualifié de « catastrophe ».
    Le rapport souligne également des erreurs de jugement de Victoria Gold Corporation et de ses sous-traitants, qui ont contribué à cette défaillance. L'intégrité du système de collecte des solutions s'est révélée compromise, et si des mesures préventives et des contrôles adéquats avaient été en place, il est probable que l'accident aurait pu être évité. Les dégâts ne se limitent pas seulement au déversement de cyanure; le glissement de terrain a également causé des dommages majeurs aux infrastructures essentielles de la mine, y compris les systèmes de distribution et de pompage nécessaires à la gestion des solutions cyanurées.
    En conséquence, le rapport appelle à une révision approfondie des pratiques industrielles dans le secteur minier, en mettant l'accent sur l’importance de la rigueur lors de toutes les phases d’un projet minier, de sa conception à sa fermeture. Nelly Guidici a également insisté sur le fait que, bien que l'exploitation minière puisse être réalisée de manière sûre dans des climats froids comme celui du Yukon, il est crucial d'appliquer les leçons apprises de cet incident pour prévenir de futurs accidents.
    Le gouvernement du Yukon, en prenant connaissance des recommandations du rapport, a exprimé son engagement à mener des réflexions sur les améliorations nécessaires dans les régulations. Cependant, aucune échéance précise n'a été fournie pour l'implémentation des changements. Cet épisode de Zone Arctic souligne donc non seulement l'importance de la sécurité dans les opérations minières, mais également la nécessité d'une vigilance constante vis-à-vis de l'impact environnemental des projets d'extraction dans les régions vulnérables.
    4 min
  • Zone arctique | Les brise-glaces de la Garde côtière canadienne déployés pour leur saison estivale
    L'épsiode aborde les récents développements des opérations estivales de la Garde côtière canadienne dans la région du Nunavut, débutant avec le départ du brise-glace NGCC Pierre-Radisson le 11 juin. Ce déploiement signale l'engagement continu du Canada envers la sécurité maritime dans les eaux arctiques, illustré par la mobilisation de sept brise-glaces pour la saison estivale 2025. Parmi ces activités, une mention spéciale est faite du navire dégroseillé, qui a quitté Québec le 1er juillet pour des missions essentielles de déglaçage, de soutien aux recherches scientifiques, ainsi que pour le ravitaillement de la station météorologique d'Eureka.
    Le commissaire adjoint de la région arctique, M. Youssef Mani, exprime sa satisfaction face à la bonne organisation et au respect des délais pour ces déploiements. Il souligne l'importance de la Garde côtière dans la surveillance maritime, qui ne se limite pas seulement à la sécurité des opérations, mais qui joue également un rôle clé dans la réaffirmation de la souveraineté canadienne dans l'océan Arctique. Cette présence maritime est essentielle non seulement pour assurer la sécurité des navires traversant ces eaux mais également pour soutenir l'industrie du transport maritime par des services de déglaçage.
    En outre, Mani évoque les modifications proposées dans le cadre de la loi sur les océans, visant à élargir les services de la Garde côtière, renforçant ainsi la sécurité maritime et améliorant la capacité d'intervention du gouvernement canadien à travers ses vastes côtes et voies navigables, y compris les Grands Lacs et le fleuve Saint-Laurent. Cela réaffirme la volonté nationale de sécuriser ces régions, particulièrement les zones éloignées du Nord, où les défis en matière de sécurité sont uniques.
    L'entretien met également en lumière la stratégie pour l'Arctique jusqu'en 2034, dévoilée par l’ancienne ministre Diane Leboutillier, qui vise à améliorer la présence canadienne dans le Nord. Cette initiative répond aux besoins spécifiques des communautés arctiques, en mettant l'accent sur des solutions adaptées pour et par le Nord. Un projet pilote a été instauré pour favoriser le recrutement et la formation des Inuits et des populations autochtones vivant dans ces collectivités éloignées, avec un objectif de recruter dix matelots autochtones pour intégrer les effectifs de la Garde côtière canadienne. Ce projet souligne l'importance croissante de l'inclusivité et de la reconnaissance du savoir-faire local dans les opérations de la Garde côtière.
    Dans l'ensemble, l'entretien présente un tableau complet des efforts déployés pour renforcer la sécurité et la souveraineté canadienne dans les eaux arctiques, tout en soulignant le rôle central que jouent les communautés locales dans ce processus.
    4 min
  • Zone arctique : 50 ans d’histoire francophone dans le Nord
    Cette conférence aborde la lutte des communautés francophones dans les territoires canadiens, concentrant son attention sur leurs revendications pour l'accès à des services en français, notamment dans le domaine éducatif. Depuis la fin des années 1970, ces communautés minoritaires ont développé des institutions autonomes qui ont permis la création d'espaces culturels, en plus d'offrir des services de garderie et d'éducation ainsi que divers services communautaires. L'intervenant mentionne que le dynamisme des Francophones des territoires du Nord-Ouest, du Nunavut et du Yukon est palpable et s'exprime à travers l'engagement des membres et des dirigeants de ces communautés.
    Audrey Fournier, directrice générale de la Fédération francoténoise, évoque l'historique des luttes menées par les francophones des territoires du Nord-Ouest pour obtenir un accès accru à l'éducation en français. Elle illustre comment ces efforts ont abouti à des avancées significatives dans les services scolaires offerts en français, notamment au cours des décennies passées. Par ailleurs, Isabelle Salès, directrice de l'association franco-yukonaise, souligne la richesse et la diversité culturelle de la communauté du Yukon, décrivant un milieu artistique florissant et un dynamisme entrepreneurial en pleine expansion.
    Au Nunavut, Christian Ouaka de l'Association des francophones du Nunavut met en avant la dynamique croissante de sa communauté ainsi que la diversité qui l'accompagne. Un point crucial abordé dans la discussion est la nécessité d'infrastructures communautaires adaptées. Le cas du franco-centre d'Ikaluit, un bâtiment ancien et inadapté, est utilisé comme exemple pour illustrer les défis rencontrés. Un projet récent visant à construire une Maison de la francophonie dépend largement des financements des gouvernements, un aspect souligné par l'intervenante qui mentionne l'absence de ressources suffisantes au sein de son organisme pour mener à bien ce projet.
    La conférence met également en lumière l'absence d'un centre communautaire francophone dans les Territoires du Nord-Ouest. Malgré cela, les francophones continuent de s'organiser et de se mobiliser pour créer des projets, tels qu'une demande de financement pour un centre culturel francophone dont la conception est en cours. Les conférenciers évoquent des défis persistants, notamment la difficulté de trouver des fonds pour des projets ambitieux et la nécessité de garantir la pérennité de ces infrastructures.
    Le centre de la francophonie de Whitehorse, construit au début des années 2000, est présenté comme un modèle de guichet unique regroupant des services sociaux et culturels en français, important pour le maintien de la vitalité francophone dans la région. La discussion souligne que, malgré les avancées obtenues, des défis demeurent, y compris des coupes budgétaires et des changements de priorités gouvernementales, dont les conséquences pourraient mettre en péril les acquis des minorités. Salès rappelle que la vigilance est essentielle pour préserver les droits linguistiques des communautés francophones.
    La conférence conclut sur une note d'optimisme face aux défis futurs, exprimant le souhait d'une croissance durable pour les communautés francophones des territoires canadiens, ainsi qu'une reconnaissance complète de leurs droits linguistiques et la mise en place d'infrastructures solides pour soutenir leur évolution.
    5 min
  • Zone arctique | Montana et Delaney Prysnuk : l’art de transmettre les savoirs ancestraux
    Montana et Delany Prysnuk sont des artistes qui incarnent la richesse de leurs racines culturelles, alliant les traditions de leur côté maternel, Gwich'in, et paternel, ukrainien. Au cœur de leur existence se trouvent des matériaux symboliques comme le caribou et le cuivre, qui influencent tant leur art que leur identité personnelle. Depuis plus d'une décennie, elles consacrent leur créativité à la conception de bijoux en fil de cuivre recyclé, un matériau qui a une signification particulière pour leur famille en raison de ses liens historiques avec la communauté de Kugluktuk au Nunavut, où leur grand-mère est originaire. Le cuivre est vénéré dans de nombreuses cultures pour ses propriétés spirituelles et curatives, ce qui renforce sa place dans leur pratique artistique.
    Les sœurs ne se contentent pas d’utiliser le cuivre ; elles intègrent également le bois de caribou dans leurs créations, rendant hommage à la culture Gwich'in, souvent appelée « le peuple du caribou ». Cet animal revêt une importance capitale pour leur nation, en tant que source de nourriture et de matériaux pour la fabrication d'outils et de vêtements depuis des temps immémoriaux. Les motifs perlés qu'elles créent sont inspirés des formes et couleurs du bois de caribou, un hommage à l'héritage que leur grand-mère leur a transmis. Le matériau lui-même joue un rôle crucial dans leur processus créatif, dictant souvent les formes et choix artistiques à travers leur manipulation.
    Leur parcours dans le monde du perlage a été semé d'embûches. Lorsqu'elles étaient plus jeunes, elles n'étaient pas particulièrement attentives aux leçons de leur mère, ce qui les a amenées à devoir réapprendre ces gestes fondamentaux en 2013, avec le soutien de proches et d'amis de la famille. Leur technique actuelle est le fruit d'un mariage entre le savoir traditionnel et leurs interprétations personnelles, enrichies d’échanges avec d’autres artistes autochtones, notamment des membres des Premières Nations de Whitehorse et du Yukon. En mars 2020, en pleine pandémie, elles ont pris la décision d'approfondir leur lien avec leur culture en apprenant le tannage traditionnel des pots de caribou, un savoir-faire qui leur est cher.
    Montana et Delany ont amassé des pots de caribou pendant plusieurs années avant de construire un poste de tannage dans leur jardin, facilitant ce travail grâce aux conseils de femmes expertes, telles que Margaret Douville de la Première Nation de Teslin et Mary Jane Mouzis. Leur apprentissage a été enrichi par des vidéos qui leur ont permis de maîtriser les termes en Gwich'in, tout en apprenant les étapes et outils associés au tannage. Cette passion pour la transmission de savoirs ancestraux ne s'arrête pas à leur propre pratique : elles s'engagent activement dans l'éducation des jeunes générations à travers des camps culturels, offrant un espace de reconnection, d'apprentissage et de guérison.
    Pour Montana et Delany, cette démarche est essentielle pour faire vivre et partager leur héritage culturel au sein des Premières Nations du Yukon. En ancrant leur pratique artistique dans les traditions de leurs ancêtres et en la transmettant, elles perpétuent non seulement des savoirs instinctifs, mais contribuent également à renforcer l’identité culturelle et à promouvoir une forme de guérison communautaire. Leur travail représente, à bien des égards, une célébration et une affirmation de leur identité culturelle, faisant écho à l'importance de la connexion avec leurs racines dans un monde en perpétuelle évolution.
    4 min
  • Zone arctique : La flore arctique en transition
    Cette étude internationale, publiée en avril 2025 dans la revue Nature, explore en profondeur l'évolution de la flore dans l'Arctique circumpolaire à travers une analyse minutieuse de 45 sites distincts. La recherche, qui a impliqué 55 chercheurs provenant de divers pays, dont le Canada, les États-Unis, le Danemark, la Finlande et la Norvège, a porté sur 2174 parcelles échantillonnées. En examinant les données recueillies sur ces parcelles entre 1981 et 2022, les auteurs ont pu obtenir un aperçu des transformations à long terme de la végétation arctique.
    L'un des résultats notables de cette étude est qu'il n'y a pas eu de perte nette de diversité végétale dans l'Arctique. Ce constat est particulièrement significatif dans un contexte où le réchauffement climatique est souvent associé à une diminution de la biodiversité. Cependant, il est crucial de souligner que bien qu'il n'y ait pas de perte de diversité au sens strict, la composition des espèces a subi d'importants changements. Par exemple, des espèces boréales ont commencé à migrer vers le nord, prenant la place de certaines espèces arctiques. Cela pourrait donner l'illusion d'une diversité stable en apparence, mais ces changements témoignent d'une transformation radicale de l'écosystème.
    Marc Vellan, co-auteur de l'étude et professeur en écologie à l'Université de Sherbrooke, insiste sur le fait que les effets du réchauffement climatique entraînent des modifications écologiques considérables. Bien que le nombre d'espèces dans certaines parcelles soit resté constant, les espèces présentes sont en train de changer progressivement. Au fil du temps, certaines espèces disparaissent, tandis que d'autres prennent leur place. Ce phénomène est illustré par l'augmentation de la taille et de l'importance des arbustes dans ces zones.
    Noémie Boulanger-Lapointe, professeure de géographie à l'Université de Victoria et co-autrice de l'étude, souligne qu'il n'existe pas de tendance unique au sein des différents sites étudiés. Tandis que certains endroits montrent une diminution du nombre d'espèces, d'autres affichent une certaine stabilité. Globalement, les résultats indiquent que les paysages arctiques deviennent plus homogènes et moins variés, en raison de la dominance accrue des arbustes. Ce changement végétal n'est pas anodin, car il a des répercussions sur la biodiversité, les cycles de nutriments, la faune et même sur les conditions de vie des collectivités nordiques.
    Enfin, un des principales contributions de cette étude réside dans l'application de protocoles standardisés sur une période de plus de 30 ans. Cette approche a permis aux chercheurs de comparer fiablement les différents sites, malgré les défis liés à leur éloignement géographique. En conclusion, la flore arctique ne disparaît pas, mais se redéfinit dans un contexte d'accélération du changement climatique. Ce bouleversement, bien qu'inaperçu, reflète l'un des aspects les plus critiques des transformations environnementales en cours dans cette région sensible de la planète.
    4 min

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