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Or


Mes bien chers Frères,
Si nous y prêtons attention, c’est une véritable retraite que Dieu nous prêche et sur laquelle il nous invite à méditer lorsqu’il nous fait le récit de la création.
Je vous conseille de lire le commentaire d’Origène :
“La terre était invisible et informe ; les ténèbres couvraient l’abîme et l’Esprit de Dieu se mouvait sur les eaux ”. La terre était invisible et informe avant que Dieu eût dit : “ Que la lumière soit ”, et avant qu’il eût séparé la lumière des ténèbres, selon que l’indique l’ordre du récit. Dans la suite, Dieu ordonne que le firmament soit, et il l’appelle “ ciel ”. Quand nous en viendrons là, nous dirons la différence qu’il y a entre ciel et firmament et pourquoi le firmament a été appelé Ciel ; mais maintenant il est dit : “ Les Ténèbres couvraient l’abîme. ” Quel est cet abîme ? C’est celui dans lequel se trouveront “ le diable et ses anges ”. Il est clairement désigné dans l’Évangile quand il est dit du Sauveur que les démons qu’il chassait “ lui demandaient de ne pas leur commander d’aller dans l’abîme ”.
Aussi Dieu dissipe les ténèbres, selon qu’il est écrit : “ Et Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Et Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Et Dieu appela la lumière Jour, et il appela les ténèbres Nuit. Et il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut un jour. ”
L’explication littérale, c’est que Dieu appelle la lumière Jour et les ténèbres Nuit.
Mais, selon le sens spirituel, voyons pourquoi Dieu, après avoir, dans ce “ commencement ” dont nous avons parlé plus haut, “ fait le ciel et la terre ”, après avoir dit : “ Que la lumière soit ”, après avoir séparé la lumière et les ténèbres, appelé la lumière Jour et les ténèbres Nuit et dit qu’il y eût un soir et qu’il y eût un matin, voyons pourquoi Dieu a dit : “Ce fut un jour” et non pas : “ Ce fut le premier jour.”
C’est parce que le temps n’existait pas avant le monde, mais qu’il a commencé à partir des jours suivants. C’est le deuxième, le troisième, le quatrième et les autres jours qui commencent à désigner le temps.
“ Et Dieu dit : Qu’il y ait un firmament entre les eaux et qu’il sépare les eaux d’avec les eaux. Et il en fut ainsi. Et Dieu fit le firmament. ”
Comme auparavant le ciel, Dieu fait maintenant le firmament. Il fit d’abord le ciel, dont il est dit : “ Le ciel est mon trône ”, et ensuite, le firmament, c’est-à-dire le ciel corporel. Un corps présente évidemment de la fermeté et de la résistance ; c’est ce qui explique que le firmament “ sépara l’eau qui est au-dessus du ciel de celle qui est au dessous.”
Comme tout ce que Dieu allait faire était constitué d’esprit et de corps, il est dit que le ciel, c’est-à-dire la substance spirituelle, où Dieu repose en quelque façon comme “ sur un trône ”, fut fait “ dans le commencement ” et “ avant toutes choses ”. Quant au firmament, c’est un ciel corporel. Le premier ciel, que nous avons qualifié de spirituel, c’est notre esprit (mens nostra) qui est essentiellement spirituel (spiritus est) ; autrement dit c’est notre homme spirituel qui voit et contemple Dieu ; et le ciel corporel ou firmament, c’est notre homme extérieur, celui qui voit avec les yeux du corps.
Et de même que le ciel a été appelé firmament parce qu’il sépare les eaux qui sont au-dessus de lui de celles qui sont au-dessous, ainsi l’homme, établi dans un corps, s’il peut réaliser une séparation entre “ les eaux supérieures qui sont au-dessus du firmament et celles qui sont au-dessous ”, sera lui aussi appelé Ciel ou “ homme céleste ”, selon la parole de l’Apôtre Paul : “ Notre demeure est dans le ciel. ”
Voilà ce que contiennent ces paroles de l’Écriture : “ Et Dieu fit le firmament, et il sépara les eaux qui sont sous le firmament de celles qui sont au-dessus. Et Dieu appela le firmament Ciel. Et Dieu vit que cela était bon ; et il y eut un soir, et il y eut un matin, ce fut le second jour. ”
Que chacun de vous prenne donc à cœur la tâche de séparer “ l’eau qui est en haut de celle qui est en bas ”, afin de comprendre et de s’assimiler cette eau spirituelle “ qui est au-dessus du firmament ” pour tirer de “ son sein des fleuves d’eau vive ” “ jaillissant jusqu’à la vie éternelle ”, loin, bien loin de l’eau d’en bas, c’est-à-dire” de l’eau de l’abîme où l’Écriture place les ténèbres et où habitent “ le prince de ce monde ” et le “ dragon ” ennemi “ avec ses anges ”, comme il a été dit plus haut.
En participant à l’eau supérieure qui est au-dessus des cieux, le fidèle devient céleste : il s’applique aux choses supérieures et élevées, n’a aucune de ses pensées en la terre, mais toutes dans le ciel et “ cherche les choses d’en haut où le Christ se tient à la droite du Père ”. Et c’est ainsi qu’il se rend digne de cet éloge de Dieu qui se trouve dans notre texte : “ Et Dieu vit que cela était bon ”.
Mes bien chers Frères,
Durant cette nouvelle série, nous allons réviser, sous un jour nouveau, plus concret, ce que nous avons déjà étudié dans nos sermons doctrinaux. Après la méditation de la création, viendront le récit du péché originel et l’Annonce de l’Incarnation, puis la vie de ces saints modèles que sont Abraham, Isaac, Jacob, Joseph… qui vécurent à une époque où il n’y avait pas encore de sacrements, ni de structures.
N. B. Vers la fin du sermon, je donne la signification de la première lettre de la Bible en hébreu. Il s’agit de la lettre ב. Elle s’appelle beth et non aleph comme je l’ai nommée par inattention.
Résumé du sermon
Mgr Lefebvre
In principio creavit Deus cælum et terram… et spiritus Dei ferebatur super aquas.
Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. … et l’esprit de Dieu planait dessus des eaux.
On parle de commencement pour quelque chose qui va se dérouler jusqu’à atteindre son but.
Ce commencement est aussi celui de notre éternité.
Dieu a un plan et un but (une fin), et cette fin, c’est sa ressemblance dans la vie et dans l’éternité.
sens éternel dans lequel Augustin contemple l’œuvre du Verbe, 2e personne de la Trinité. Il est le divin modèle à la ressemblance de qui tout sera fait.
L’évangile de Saint Jean commence de même : au commencement était le Verbe.
C’est que, par l’Incarnation, le Verbe est venu restaurer d’une façon plus admirable ce qu’il avait créé d’une façon déjà admirable.
Par saint Jean nous savons donc que le commencement du monde s’est fait dans le Verbe.
Le Saint-Esprit, esprit d’amour.
Un sens moral, car Dieu appelle la créature à lui et l’invite à le suivre, en cela il continue son œuvre de création jusqu’à aujourd’hui ne cessant d’appeler ses créatures à lui en perpétuant sa Parole créatrice à chaque instant, maintenant l’ordre du cosmos.
Dieu est amour, il ne peut communiquer que de l’amour.
Amour inconscient chez les créatures, amour conscient chez l’homme. La perfection de l’amour est de pouvoir communiquer de l’amour. C’est ce que Dieu fait, mais c’est aussi ce qu’il donne à ses créatures : elles sont appelées à communiquer de l’amour.
Nombreuses. Se ramènent toutes à un refus de la dépendance.
Erreur la plus fondamentale qui sert de fondement à toutes les autres : aleph, lettre hébraïque par laquelle commence la Genèse : tournée vers l’avenir, fermée sur le dessus (Dieu), fermée sur le dessous (la matière), fermée sur le passé (en réalité sur la permanence de la vérité.
Il est bon de méditer sur la création, “ex nihilo sui et subjecti”, fait de rien, par la simple décision du Créateur “qui putas se esse aliquid, cum nihil sit, ipse se seducit : si quelqu’un se croit quelque chose, alors qu’il n’est rien, il se fait illusion” (Gai. VI, S).
Plus on creuse cette réalité, plus on est stupéfait de la toute-puissance de Dieu et de notre néant, de la nécessité pour toute créature d’être constamment soutenue dans cette existence, sous peine de disparition, de retour au néant. C’est bien ce que nous enseignent et la foi et la philosophie.
Rien que cette méditation et cette constatation devraient nous jeter dans l’humilité, l’adoration profonde, et mettre dans cette attitude une immutabilité semblable à Dieu lui-même immuable. Nous devrions être remplis d’une confiance sans bornes, envers Celui qui est notre Tout et qui a décidé de nous créer, et de nous sauver.
Avec quelle dévotion et sincérité nous devrions tous les matins au début des Matines, réciter le Psaume XCIV “Venite exsultemus… Venite adoremus… quoniam ipsius est mare et ipse fecit illud et aridam fundaverunt manus ejus, venue adoremus et procidamus ante Deum, ploremus coram Domino, qui fecit nos, quia ipse est Dominus Deus noster, nos autem populus ejus et oves pascuae ejus. “Venez, chantons avec allégresse… Venez, adorons le Seigneur… A Lui est la mer, c’est Lui, en effet, qui l’a faite et ses mains ont formé le continent ; venez, adorons, prosternons-nous devant Dieu, et pleurons devant le Seigneur qui nous a faits, car Lui-même est le Seigneur notre Dieu, et nous sommes son peuple et les brebis de son pâturage.”
Comment ne pas rendre grâces à l’Église qui met ces paroles sur nos lèvres pour exprimer les sentiments les plus profonds de nos âmes de créatures !
Si la création est un grand mystère, c’est que Dieu est pour nous le grand Mystère et le demeurera éternellement même dans la vision béatifique. “Nemo Deum vidit unquam, nisi qui ex Deo est ~ seul le Verbe et l’Esprit-Saint voient Dieu, étant de Dieu et un seul Dieu avec le Père. (Jn. VI,46)
…
Si nous passons de cette Charité éternelle à la diffusion de cette Charité dans les créatures, nous aurons tôt fait de découvrir dans toutes les créatures la marque de la Charité divine. Dieu étant Charité peut-il communiquer autre chose que de la charité ?
La marque de la charité dans les créatures se découvre par la finalisation. Chaque créature est constituée en vue de sa fin ; sa fin est inscrite dans la nature et la surnature des créatures spirituelles et dans la nature des êtres corporels. Un “ordo ad finem” est inscrit dans toute créature. C’est dans cet ordre que se trouve le dynamisme de la charité, qui entraîne chaque créature vers sa fin. Évidemment ce dynamisme se trouve pleinement conscient dans les créatures spirituelles, et inconscient dans l’ordre animal, végétal, minéral.
“Homo ad Deum ordinatur” dit saint Thomas. La finalisation de l’homme, et d’ailleurs celle de l’ange, c’est Dieu.
L’Église nous enseigne dans nos catéchismes catholiques :
“Pourquoi Dieu a-t-il créé l’homme ? — Dieu a créé l’homme pour Le connaître, L’aimer et Le servir et par ce moyen obtenir la Vie éternelle.”
Cette réponse n’est que la synthèse de ce que Notre Seigneur nous enseigne dans l’Évangile : “Haec est autem vita aeterna, ut cognoscant te solum Deum verum et quem misisti Jesum Christum : la vie éternelle, c’est qu’ils Vous connaissent, Vous le seul vrai Dieu, et celui que Vous avez envoyé, Jésus-Christ” (Jn. XVII, 3)
Ce principe de finalisation, réalisant la diffusion de la charité, sera le moteur de toute activité dans la création, et l’intelligence et la volonté des esprits devront concourir à l’obtention de la fin, même par les actes libres. La liberté est elle aussi dépendante de la fin et doit concourir méritoirement à atteindre ce but. La liberté n’est donnée que pour le choix des divers moyens qui mènent à la fin, mais elle ne peut, sans entrer dans le désordre, faire le choix de moyens qui détournent de cette fin.
Ces principes sont élémentaires pour la réalisation du plan divin : répandre la charité, qui n’est autre que l’union à Dieu. Toute la Providence de Dieu a été, et est toujours, orientée en ce sens.
Le vrai sens de l’intelligence, de la volonté, de la liberté ne se comprennent qu’à cette lumière venant de Dieu “qui illumine tout homme venant en ce monde” (Jn. 1, 29), Lumière vivante et ardente de la Charité divine. Dieu est libre et communique la liberté en fonction du premier commandement d’amour, qui contient toute la loi : “un seul Dieu tu adoreras et aimeras parfaitement.”
Toute la création est en dépendance de ce premier commandement, et toutes les personnes et toutes les sociétés, créatures de Dieu, doivent s’y soumettre, même les sociétés civiles. Tout doit concourir à cet amour et rien ne doit s’y opposer. Le règne de Dieu que Notre Seigneur est venu rétablir n’est pas autre chose que ce règne d’Amour.
(C’est au niveau de ces principes fondamentaux de la Providence divine et de sa Sagesse infinie, que se situe l’erreur du libéralisme qui tend à ignorer la finalisation de la liberté, pour lui accorder une extension qu’elle n’a pas dans le plan divin, au détriment de la Loi divine et au détriment des devoirs des diverses sociétés qui laissent proliférer les péchés et les scandales. Cette erreur détruit la morale individuelle et la morale sociale. Elle s’oppose au règne d’Amour de Dieu et de Notre Seigneur.)
Contemplons l’acte d’amour qu’a été la création et efforçons-nous de réaliser en nous et autour de nous ce règne de Dieu et de Notre Seigneur, pour le rétablissement duquel Dieu a accepté de mourir sur la Croix, manifestant à nouveau son amour infini pour les créatures désordonnées et pécheresses. “O admirabile commercium !…“ Aimons à relire le passage admirable de l’épître de saint Paul aux Éphésiens (Eph. III, 8 sq.) que la liturgie nous présente au jour de la fête du Sacré Cœur : La création de cette nouvelle famille humaine des chrétiens est à vrai dire une nouvelle création qui prépare les prédestinés et les élus de Dieu : “Quotquot autem receperunt eum, dedit eis potestatem filios Dei fieri : à tous ceux qui L’ont reçu, Il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.” (Jn. J, 12) ; c’est la création du Corps mystique de Jésus auquel nous adhérons par un baptême valide et fructueux. “Euntes docete omnes gentes, baptizantes eos in nomine Patris et Filii et Spiritus Sancti : allez, enseignez toutes les nations, les baptisant au nom du Père et du Fils, et du Saint-Esprit” (Mt. XXVIII, 19). Cette famille est la famille catholique, et elle exclusivement, parce que seule elle possède une foi intégrale en Jésus-Christ et en son œuvre : l’Église.
(La volonté de Vatican Il de vouloir intégrer dans l’Église les non-catholiques tels qu’ils sont, est une volonté adultère et scandaleuse. Le Secrétariat pour l’Unité des Chrétiens par des concessions mutuelles — le dialogue — aboutit à la destruction de la foi catholique, la destruction du sacerdoce catholique, l’élimination du pouvoir de Pierre et des évêques, l’esprit missionnaire des apôtres, des martyrs, des saints, est éliminé ; tant que ce Secrétariat gardera le faux œcuménisme comme orientation et que les autorités romaines et ecclésiastiques l’approuveront, on peut affirmer qu’elles demeureront en rupture ouverte et officielle avec tout le passé de l’Église et avec son Magistère officiel. C’est donc un devoir strict pour tout prêtre voulant demeurer catholique de se séparer de cette Église conciliaire, tant qu’elle ne retrouvera pas la tradition du Magistère de l’Église et de la foi catholique.)
En conclusion de ces quelques considérations sur la Sagesse divine dans le plan de la Création, rappelons que l’œuvre de la sanctification des âmes ici-bas, que l’exercice de la charité s’exerçant par l’application des commandements d’amour contre l’esprit de la chair, l’esprit du monde et du démon, est attribué particulièrement à l’Esprit-Saint, Esprit d’Amour. Saint Grégoire dans les leçons de la fête de la Pentecôte exprime avec éloquence et force ce lien entre l’amour de Dieu et l’observance des commandements, s’appuyant sur les paroles de Notre Seigneur lui-même : “Si quis diligit me sermonem servabit, et Pater meus diliget eum et ad eum veniemus et mansionem apud eum faciem us” et sur celles de saint Jean dans ses épîtres : “qui dicit, diligo Deum et mandataejus non custodit, mendax est. “Si quelqu’un m’aime, fi gardera ma parole, et mon Père l’aimera, et nous viendrons en lui et nous ferons nu lui notre demeure ; Si quelqu’un dit : J’aime Dieu’, et qu’il ne garde pas les Commandements, c’est un menteur.”
O Jésus, ô Marie, aidez-nous à réaliser cette demande du “Pater” : “Que votre volonté soit faite sur la terre comme au Ciel”, afin que nos âmes deviennent le temple de la Trinité Sainte aujourd’hui et pour l’éternité !…
Puissions-nous, prêtres ou futurs prêtres du Seigneur, vivre dans cette présence active de Dieu omniprésent et tout-puissant. Puissions-nous voir dans l’Eucharistie, le Dieu créateur et rédempteur, le Jésus de la Crèche, le Jésus de Nazareth, le Jésus Prophète, Prêtre et Roi enseignant ses futurs prêtres et les ordonnant avant de monter sur la Croix, le Jésus qui ressuscite, monte au Ciel et envoie son Esprit d’Amour pour fonder son Église, son épouse, son Corps mystique et attirer ses membres au Ciel ! Puissions-nous acquérir un esprit missionnaire qui transmette ce feu divin aux âmes, par l’exemple d’une foi vive qui rapporte tout à Dieu et à Jésus-Christ, éclairant les âmes sur l’infinie sagesse de Dieu, sa bonté, sa miséricorde et habituant les âmes à l’humilité devant Dieu, à adorer sa Volonté, à se mettre en totale dépendance de Lui, associant les âmes à la conquête du règne de Notre Seigneur, de son Cœur Sacré, et au règne du Cœur Immaculé de Marie.
Mes bien chers Frères,
Voici un sermon sur la Sainte Eucharistie dans lequel nous pénétrons plus avant dans ce mystère si riche. Et nous en tirons quelques applications sur l’Eucharistie et l’Église.
Que ceux qui n’auront pas la messe en présentiel s’y unissent spirituellement. Les textes de la messe sont riches et abondants. Profitez aussi de L’Année liturgique.
Émerveillement de saint Thomas d’Aquin devant la richesse de ce sacrement
Apocalypse : nous avons vu la grande union entre l’Église de la terre et celle du Ciel. Dans les deux sens : — celle du Ciel participe à nos combats autour du Christ, l’Agneau comme immolé qui poursuit le combat avec nous, pour le salut des âmes, pour l’édification du corps du Christ, c’est-à-dire pour l’édification de la chrétienté.
— et dans le sens que les chrétiens ici-bas sont déjà au Ciel.
Ces vérités figurées par des symboles : grains de blés broyés en un, de même grains de raisin. Pain pour nourrir. Vin pour enivrer.
Importance de l’ivresse. Sagesse de Dieu folie pour les nations – et sagesse des nations folie pour Dieu. Nous ne pouvons pas être compris du monde. D’autant plus dans la crise actuelle que le bon Dieu permet pour élever ses fidèles encore plus haut, des fidèles humbles, les vagabonds des carrefour de l’Évangile – et pour humilier le monde en le laissant aller à sa folie. Qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ?
Redécouverte de la communion spirituelle et de la messe spirituelle. La Carmélite de Roumanie : je n’ai – dans les camps – jamais manqué la messe du dimanche. Structures réduites à deux fois rien à côté des “sages” structures qui se vident, hélas, de leur ivresse du Saint-Esprit.
C’est cela l’union au Christ en Croix : unir la sagesse divine du Christ sur la Croix à son humiliation moralement la plus basse qui se puisse être.
La charité du Christ est un feu brûlant qu’il a voulu communiquer à toute la terre. « Je suis venu jeter un feu sur la terre, et que désiré-je, sinon qu’il soit allumé ? »
« Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints dans l’œuvre du service pour l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus… à la mesure de la plénitude du Christ,…
Les œuvres du miséricorde spirituelle.
Mes bien chers Frères,
Léon XIV a prétendu conférer autorité à une religieuse sur toutes les congrégations et instituts religieux de l’Eglise. C’est une atteinte grave à l’autorité, une de plus dans la conspiration des ennemis de la Chrétienté contre toute autorité.
La Sainte Trinité que nous fêtons aujourd’hui est la source de toute autorité. Pourquoi Dieu transmet-il son autorité aux hommes ? Pourquoi donne-t-il aux hommes bien nés de se soumettre à l’autorité ? Comment l’autorité rend-elle l’homme à l’image de Dieu, tant chez celui qui l’exerce, que chez celui qui en reçoit l’influence ?
Qui a autorité ? Qui doit l’exercer ? Que doit-on faire quand sa voix est étouffée ?
Vous voyez que le sujet est d’actualité.
Le pape vient de nommer une religieuse secrétaire de la congrégation des religieux. Son prédécesseur avait déjà nommé une religieuse comme “préfète”.
François avait nommé cardinal un évêque coadjuteur, c’est-à-dire ayant autorité sur celui qui a autorité sur lui.
C’est une conspiration contre l’autorité.
participation à la sagesse de Dieu
Elle n’est pas le pouvoir, encore moins la contrainte.
Le pouvoir non plus n’est pas la contrainte, il est une application de l’autorité
Elle n’est pas l’homme qui l’exerce.
les hommes sont créés à l’image de Dieu,
Dieu communique sa sagesse à celui qui exerce l’autorité
Mais aussi à celui qui se soumet à l’autorité. Il se soumet de soi-même à cause de cette lumière. C’est naturel. Tout homme cherche la lumière, y compris la lumière de l’esprit et celle de l’âme.
Les mérites donnent de l’autorité, surtout en période de crise.
L’autorité s’exerce à tous les niveaux et dans tous les domaines.
Elle domine le cadre dans lequel elle s’exerce. L’autorité est au-dessus de la hiérarchie.
Le roi, l’évêque, dans le métier. Le père de famille. Même la mère de famille. Entre amis.
Les religieuses n’ont aucune autorité, surtout sur des congrégations d’hommes dont certaines ont des évêques à leur tête. Dieu ne leur communique pas la lumière pour diriger dans l’Église. Elles pourront imiter l’autorité des évêques, elle ne l’auront pas. Elles peuvent participer à la sagesse de Dieu dans d’autres domaines, pas dans celui-ci.
Puisqu’il y a une crise d’autorité, il faut la restaurer.
– en acquérant et en développant la sagesse
– acquérant des mérites qui donnent du poids à l’autorité
– en éclairant ceux qui ne sont plus éclairés. C’est-à-dire en se remédiant à la défaillance de l’autorité.
– en donnant le goût de chercher l’autorité et de s’y soumettre, c’est-à-dire en formant.
– Ne pas s’attarder sur ceux qui méprisent l’autorité qu’on leur donne. La donner à ceux qui veulent la recevoir.
– Former ceux qui pourront l’exercer. Non pas « faire des chefs », mais former des sages qui seront reconnus comme tels.
Jacques Cathelineau
Mgr Lefebvre
Dominique Savio sur ses camarades
Mon histoire au Portugal
Oui, mes bien chers Frères,
Qu’elle est belle, qu’elle est forte, qu’elle est heureuse, l’Eglise militante, attaquée constamment par le démon et ses complices, et constamment enveloppée de la présence du Christ !
Tel est probablement le message essentiel de l’Apocalypse.
Mes bien chers Frères,
Rien ne pouvait arriver plus à point pour la fête de l’Ascension que ces derniers chapitres de l’Apocalypse nous décrivant l’Église comme la Jérusalem céleste.
À nous de suivre le Christ, guidés par les Apôtres, illuminés par l’or pur de la foi, semblables aux pierres précieuses ici décrites, jusqu’à la Jérusalem céleste et éternelle.
Texte sacré avec quelques observations en italique
Et je vis un ciel nouveau, et une terre nouvelle. Le premier ciel en effet, et la première terre disparurent, et il n’y a plus de mer.
Et moi, Jean, je vis la Cité sainte, la Jérusalem nouvelle, qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, Voici le tabernacle de Dieu avec les hommes, et Il habitera avec eux. Et eux seront son peuple, et Lui, Dieu [demeurant] avec eux, sera leur Dieu. C’est Moi l’Alpha et l’Oméga, le commencement et la fin. C’est Moi qui donnerai [à boire] à celui qui a soif, de la source de l’eau vive, gratuitement. Celui qui aura vaincu possédera ces choses, et je serai son Dieu, et il me sera [comme] un fils.
Elle est préparée comme une fiancée ornée pour son époux. Viens, et je te montrerai la fiancée, l’épouse de l’Agneau. Et il m’emporta en esprit sur une montagne grande et élevée, et il me montra la cité sainte, Jérusalem, descendant du ciel, par l’action de Dieu, ayant l’éclat de Dieu, et sa lumière est semblable à une pierre précieuse, comme une pierre de jaspe, comme du cristal. Et elle avait un mur = le Christ grand et élevé, ayant douze portes = Apôtres 3 portes = Trinité, et dans ces portes, douze Anges, et des noms inscrits, qui sont les noms des douze tribus des fils d’Israël. À l’Orient, trois portes ; et au Nord, trois portes ; et au Midi, trois portes ; et à l’Occident, trois portes. Et le mur de la cité a douze fondements, et dans ces douze, les noms des douze Apôtres de l’Agneau.
Et celui qui parlait avec moi avait une mesure en roseau d’or, pour mesurer la cité, et ses portes, et le mur. et il mesura la cité avec le roseau d’or, sur un espace de douze mille stades.
c’est le jugement dernier
les portes : les prélats qui seront jugés eux aussi
mais aussi les prédicateurs qui jugent ici-bas ce qui est conforme ou non à l’Évangile
Et la pierre de son mur était de la pierre de jaspe le Christ Dieu et homme ; quant à la cité elle-même, c’est de l’or =foi pur, semblable à du verre pur verre = transparence de l’âme, de la conscience. Et les fondements du mur de la cité étaient ornés de toute pierre précieuse : le premier fondement est de jaspe ; le second, de saphir ; le troisième, de calcédoine ; le quatrième, d’émeraude ; le cinquième, de sardonyx ; le sixième, de sardoine ; le septième, de chrysolithe ; le huitième, de béryl ; le neuvième, de topaze ; le dixième, de chrysoprase ; le onzième, d’hyacinthe ; le douzième, d’améthyste. Et les douze portes sont faites chacune des douze perles, et néanmoins chaque porte est d’une perle particulière : et le sol de la cité était d’or pur, comme du verre transparent.
Et je n’ai point vu de temple en elle. Le Seigneur Dieu tout-puissant en effet est son temple, et l’Agneau. Et la cité n’a besoin ni du soleil, ni de la lune, pour qu’il fasse de la lumière en elle : car la gloire de Dieu l’a illuminée, et sa lampe est l’Agneau.
application pratique la lumière de l’homme, c’est sa raison
la lumière du chrétien c’est la foi.
tout nous montre ici que l’esprit du monde n’a rien à y faire :
rien de souillé n’entrera en elle, rien de ce qui commet l’abomination et le mensonge, mais seulement ceux qui sont inscrits dans le Livre de vie de l’Agneau.
Et les nations marcheront à sa lumière, et c’est à elle que les rois = pasteurs ou bien chrétiens (vous êtes race royale) de la terre porteront leur gloire et leur honneur. Et ses portes ne seront point fermées durant le jour, et il n’y aura point là de nuit. Et ils lui apporteront la gloire et l’honneur des nations.
Chapitre XXII. Et l’Ange me fit voir un fleuve d’eau vive, étincelant comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l’Agneau. Au milieu de sa place publique, et de part et d’autre du fleuve de part et d’autre = Église militante et triomphante, se trouvait un arbre de vie, portant douze fruits, rendant son fruit pour chacun des mois, et les feuilles de [cet] arbre [sont] pour la guérison des nations.
c’est le Saint-Esprit
Et il n’y aura plus [là] aucune malédiction : mais Dieu et l’Agneau y auront leur siège et ses serviteurs le serviront. Et ils verront son visage, et son nom [sera écrit] sur leurs fronts. Et il n’y aura plus de nuit, et ils n’auront plus besoin de la lumière d’un flambeau, ni de la lumière du soleil, parce que le Seigneur Dieu les illuminera, et ils régneront dans les siècles des siècles.
= vision béatifique
Mes bien chers Frères,
Je suspends provisoirement mes sermons sur l’Eglise à travers l’Apocalypse, je dois encore les faire mûrir. Il y aura un ou deux sermons sur l’Eglise triomphante, puis un dernier sermon qui reprendra les enseignements principaux qui se dégagent de l’Apocalypse. Et après, surprise !
Voici donc un sermon sur l’épître de ce cinquième dimanche après Pâques, épître de saint Jacques.
Mes bien chers Frères,
Après nous avoir montré l’Eglise dans la lutte et les terribles défaillances de ceux qui veulent acheter et vendre, l’Apocalypse nous montre les cent quarante-quatre mille qui suivent l’Agneau jusqu’au Ciel.
Apocalypse Chapitre XIV. — 1. Et je vis : et voici que l’agneau se tenait debout sur la montagne de Sion, et avec lui cent quarante-quatre mille, qui avaient son nom, et le nom de son Père écrit sur leurs fronts. — 2. Et j’entendis une voix [qui venait] du ciel, semblable à la voix des grandes eaux et semblable à la voix d’un grand tonnerre : et la voix que j’entendis [était] comme [le son] de joueurs de cithare jouant sur leurs cithares. — 3. Et ils chantaient comme un cantique nouveau devant le trône, et devant les quatre animaux, et les vieillards : et personne ne pouvait dire le cantique, sinon ces cent quarante-quatre mille qui ont été rachetés de la terre. — 4. Ceux-là sont ceux qui ne se sont point souillés avec les femmes : ils sont vierges, en effet. Ceux-là suivent l’Agneau partout où il va. Ceux-là ont été rachetés d’entre les hommes [comme] prémices pour Dieu et pour l’Agneau. — 5. Et dans leur bouche, il ne s’est point trouvé de mensonge : car ils sont sans tache devant le trône de Dieu. — 6. Et je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, tenant l’Évangile éternel, pour évangéliser ceux qui siègent au-dessus de la terre et au-dessus de toute race, tribu, langue et peuple, — 7. disant d’une voix forte : Craignez le Seigneur, et rendez-lui honneur, parce que voici venir l’heure de son jugement, et adorez celui qui a fait le ciel et la terre, la mer et les sources des eaux.
Mes bien chers Frères,
L’Apocalypse est la parole de Dieu. Plus on la lit, plus elle nous parle.
Le chapitre que nous étudions est certainement un chapitre central, celui qui nous donne de choisir notre camp.
Contenu du sermon : 1. Les vices capitaux, marques de la bête. 2. Le fruits du Saint Esprit, marque du chrétien. 3. Pourquoi de bons chrétiens acceptent-ils de porter les marques de la bête. 4. Avertissements concrets.
la vaine gloire quant à louange et honneurs, l’envie du bien des autres, la colère, l’avarice, la tristesse = acédie, la gourmandise, la luxure. Et l’orgueil qui est la tête première de ces sept têtes secondaires. (saint Thomas d’Aquin 1-2 q. 84)
Primum namque vitium posuit culturam idolorum, secundum libidinem = envie, désir déréglé, tertium iram, quartum superbiam, quintum luxuriam. Quamvis enim libido ita inserta sit luxuriae, sicut aliquod membrum corpori: pro qua re a Patribus pro libidine saepe luxuria ponebatur; tamen inter libidinem et luxuriam distantia est. Sextum posuit avaritiam, septimum blasphemiam, sive discordiam. 1. Culte des idoles – 2. Désirs déréglés – 3. Colère – 4. Orgueil – 5. Luxure – 6. Avarice – 7. Discorde, médisance, calomnie, diffamation.
N. B. La deuxième bête a deux petites cornes comme l’agneau, c’est-à-dire ressemble au Christ.
Le summum de la tromperie, c’est donc les vices capitaux chez ceux qui se croient ou se prétendent bons chrétiens et imitateurs du Christ.
humilité, miséricorde, douze fruits du Saint-Esprit : Charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté
Il faut donc comparer.
Le culte des idoles : 1er signe de l’Antéchrist… et de Vatican II
…
Au sens matériel. Celui qui ne peut acheter ni vendre peut difficilement survivre.
Au sens spirituel : acheter et vendre de l’amitié, des honneurs, etc. on retombe sur les vices capitaux. La vaine gloire : les libéraux
Mes bien chers Frères,
Voici un sermon que vous attendez sur la marque de la bête sans laquelle nous ne pourrons ni acheter ni vendre et sur le nombre 666.
Nous trouvons dans ce chapitre de l’Apocalypse un grand réconfort et des encouragements de vie chrétienne.
Chapitre XIII. — 1. Et je vis une bête qui montait de la mer, ayant sept têtes, et dix cornes, et sur ses cornes, dix diadèmes, et sur ses têtes des noms de blasphème. — 2. Et la bête que je vis était semblable à une panthère, et ses pieds [étaient] comme les pieds d’un ours, et sa bouche, comme une bouche de lion. Et le dragon lui donna sa force et une grande puissance. — 3. Et je vis l’une de ses têtes comme frappée à mort : et la blessure de sa mort fut guérie. Et toute la terre fut remplie d’admiration derrière la bête. — 4. Et ils adorèrent le dragon, qui a donné puissance à la bête : et ils adorèrent la bête, disant : Qui est semblable à la bête ? et qui pourra lutter avec elle ? — 5. Et il lui fut donné une bouche qui disait de grandes choses, et des blasphèmes : et il lui fut donné pouvoir de faire [le mal] pendant quarante-deux mois. — 6. Et elle ouvrit sa bouche en blasphèmes contre Dieu pour blasphémer son nom, et son tabernacle, et ceux qui habitent dans le ciel. — 7. Et il lui fut donné de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné puissance sur toute tribu, peuple, langue et nation : — 8. et tous ceux qui habitent la terre l’adorèrent : [ceux] dont les noms ne sont pas écrits dans le Livre de vie de l’Agneau, qui a été mis à mort, dès l’origine du monde. — 9. Si quelqu’un a une oreille, qu’il entende. — 10. Celui qui aura mené [les autres] en captivité ira en captivité : celui qui aura tué avec le glaive, il faut qu’il périsse par le glaive. C’est là que se trouve la patience et la foi des saints. — 11. Et je vis une autre bête qui montait de la terre, et elle avait deux cornes semblables à [celles] de l’Agneau, et elle parlait comme le dragon. — 12. Et toutes les [œuvres] puissantes [qu’accomplissait] la première bête, elle [les] accomplissait en sa présence : et elle amena la terre, et ceux qui l’habitent, à adorer la première bête, dont la blessure de la mort a été guérie. — 13. Et elle accomplit de grands prodiges, au point même qu’elle faisait descendre du feu du ciel sur la terre en présence des hommes. — 14. Et elle séduisit ceux qui habitent sur la terre, par le moyen des signes qu’il lui fut donné de faire en présence de la bête, disant aux habitants de la terre de faire une image de la bête, qui porte la trace [du coup] d’épée [qui l’a tuée] et qui est ressuscitée. — 15. Et il lui fut donnée d’insuffler la vie à l’image de la bête, et de faire parler l’image de la bête : et de faire que quiconque n’aura pas adoré l’image de la bête soit mis à mort. — 16. Et elle fera que tous, les petits, et les grands, et les riches, et les pauvres, et les [hommes] libres, et les esclaves, porteront le caractère [de la bête] sur leur main droite ou sur leur front. — 17. Et que personne ne pourra acheter ni vendre, à moins qu’il ne porte le caractère ou le nom de la bête, ou le nombre de son nom. — 18. Voici [maintenant en quoi] consiste la sagesse. Que celui qui a l’intelligence suppute le nombre de la bête. Car ce nombre est [un nombre] d’homme et son nombre est de six cent soixante-six.
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