Abbé Pivert

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Abbé Pivert episodes

  • Sermon ~ L’Église à travers l’Apocalypse 221. La femme et le dragon, suite

    Mes bien chers Frères,

    Que la lecture de l’Apocalypse est rassurante quand on suit Notre Seigneur. Certes, il faut porter notre Croix chaque jour, mais elle est douce et légère, comme le Christ nous l’a garanti dans l’Evangile.

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    Texte de l’Apocalypse

    Chapitre XI. — 19. Et le temple de Dieu fut ouvert dans le ciel : et l’arche de son alliance apparut, dans son temple, et il se produisit des éclairs, des voix, des tremblements de terre, et une grêle abondante.

    Chapitre XII. — 1. Et un grand signe apparut dans le ciel : une femme revêtue du soleil, et la lune sous ses pieds, et sur sa tête une couronne de douze étoiles : — 2. et, portant [un fruit] dans son sein, elle criait dans le désir de l’enfantement, et elle souffrait pour enfanter. — 3. Et il apparut un autre signe dans le ciel ; et voici un grand dragon roux, qui avait sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes, sept diadèmes ; — 4. et sa queue entraînait la troisième partie des étoiles du ciel, et il les jeta sur la terre, et le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter : afin que, lorsqu’elle aurait enfanté, il dévorât son fils. — 5. Et elle mit au monde un fils du sexe masculin, qui devait gouverner toutes les nations avec un sceptre de fer : et son fils fut enlevé vers Dieu et vers son trône : — 6. et la femme s’enfuit dans le désert, où elle avait une place préparée par Dieu, afin d’être nourrie pendant mille deux cent soixante jours. — 7. Et un grand combat s’engagea dans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon, et le dragon combattait, et ses anges [avec lui]. — 8. Et ils furent impuissants, et il ne se trouva plus, dès lors, de place pour eux dans le ciel. — 9. Et ce grand dragon fut jeté bas, l’antique serpent qui est appelé diable, et Satan, qui séduit tout l’univers : et il fut rejeté sur la terre, et ses anges furent chassés avec lui. — 10. Et j’entendis une grande voix dans le ciel qui disait : Maintenant s’est accompli le salut, et la vertu, et le règne de notre Dieu, et la puissance de son Christ : parce que l’accu­sateur de nos frères a été rejeté, lui qui les accusait jour et nuit en présence de notre Dieu. — 11. Et eux ont triomphé de lui, à cause du sang de l’Agneau, et à cause de la parole de leur témoignage, et parce qu’ils n’ont pas aimé leurs âmes jusqu’à la mort. — 12. À cause de cela, réjouissez-vous, cieux, et vous qui habitez au milieu d’eux. Malheur à la terre et à la mer, parce que le diable descend vers vous, animé d’une grande colère, sachant qu’il a peu de temps. — 13. Et après que le dragon eut vu qu’il avait été jeté sur la terre, il poursuivit la femme, qui enfanta un fils : — 14. et à la femme furent données deux grandes ailes, pour qu’elle volât au désert, vers son lieu [de refuge], où elle est nourrie pendant un temps, et des temps, et la moitié d’un temps, hors de la face du serpent. — 15. Et le serpent envoya de sa bouche, derrière la femme, de l’eau comme un fleuve, afin de la faire emporter par le fleuve. — 16. Et la terre vint au secours de la femme, et la terre ouvrit sa bouche, et elle absorba le fleuve que le dragon avait envoyé de sa bouche. — 17. Et le dragon s’irrita contre la femme ; et il s’en alla faire la guerre contre le reste de sa descen­dance, contre ceux qui gardent les commandements de Dieu, et qui rendent témoignage à Jésus-Christ. — Et il s’établit sur le sable de la mer.

    21 min
  • Mgr Lefebvre Sermon de Pâques 1980

    Mes bien chers Frères,

    Quatre baptêmes cette nuit, de nombreux fidèles présents pour entourer les baptisés. Priez pour eux !

    De longs offices pour les trois jours saints. Il m’est impossible de vous donner un sermon. Voici donc un sermon de Mgr Lefebvre.

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    18 min
  • Sermon ~ L’Église à travers l’Apocalypse 220. La femme et le dragon

    Mes bien chers Frères,

    La femme aux douze étoiles, c’est l’Eglise. Les Pères de l’Église font des considérations très intéressantes. Elles sont actuelles, car elles sont de toutes les époques de l’histoire de l’Eglise, mais sont encore plus actuelles aujourd’hui. Je vous laisse découvrir.

    Toute la communauté sera particulièrement en union avec vous, dans l’amour du Christ, durant les jours saints.

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    21 min
  • Sermon ~ L’Église à travers l’Apocalypse 219. Les cieux fermés

    Mes bien chers Frères,

    L’Apocalypse n’est pas le journal des événements futurs, mais un avertissement divin pour nous guider dans les épreuves. Or, elle contient un avertissement terrible : les deux témoins auront le pouvoir de fermer les cieux à qui ils jugeront bon. Fermer les cieux, priver de la grâce. Que faire pour ne pas mériter un tel châtiment ?

    Je fête aujourd’hui l’anniversaire liturgique de mon ordination sacerdotale et l’anniversaire de mon éviction de la Fraternité Saint Pie X pour le motif d’avoir publié le livre Nos rapports avec Rome, recueil de textes de Mgr Lefebvre.

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    Texte de l’Apocalypse

    Ils ont puissance pour fermer le ciel, de telle sorte qu’il ne pleuve plus durant les jours de leur prophétie ; et ils ont pouvoir sur les eaux, pour les changer en sang, et pour frapper la terre de toutes sortes de plaies, aussi souvent qu’ils le voudront.

    Résumé du sermon

    L’Apocalypse n’annonce pas seulement les épreuves de l’Église, mais notre réponse à ces épreuves, et ce qu’il adviendra de nous en fonction de notre attitude.

    Nous aurons deux alliés : Hénoch et Elie, mais aussi selon saint Césaire d’Arles, les deux testaments. Il peut y avoir plusieurs interprétations, parce que l’une est le support de l’autre : Elie et Hénoch mettront en valeur les deux testaments.

    Ils seront à la fois des candélabres et des oliviers. Des candélabres qui rayonnent de la lumière de la foi et de la vérité. Des oliviers qui déverseront la douceur de la charité.

    Or, ces deux témoins auront le pouvoir d’ouvrir les cieux et de les fermer.

    Ne voyons pas ce combat sous un aspect seulement extérieur du fait qu’ils pourront changer l’eau en sang, c’est à l’intérieur de l’Église, c’est-à-dire à l’intérieur des âmes que le combat se fait.

    Certains interprètes en raison de ce que ces deux témoins du Christ et de l’Église auront le pouvoir de changer l’eau en sang, pensent qu’ils feront des miracles extraordinaires. Ceux qui ne se convertiront pas à la lumière de la foi, seront d’autant plus inexcusables et il sera juste que les cieux leur soient fermés.

    D’autres interprètes pensent au contraire qu’il faut prendre les avertissements de l’Apocalypse dans un sens seulement spirituel et que les témoins ne feront pas de miracles, car le temps en sera révolu et ce sera le temps du triomphe de la foi pure.

    Mgr Lefebvre le jour des sacres : « J’ai dit à la Sainte Vierge : Vous êtes apparue à des petits enfants pour des choses bien moins importantes que les décisions que je dois prendre. Vous pourriez bien m’apparaître à moi aussi pour me dire ce que je dois faire. Mais non, elle ne m’est pas apparue. »

    Cependant, la lumière de Mgr Lefebvre fut largement suffisante pour les âmes de bonne volonté ; et ceux qui sont allés à l’opposé de Mgr Lefebvre, l’ont fait en mettant des considérations humaines avant celles de la foi. Le Ciel leur est alors fermé en sorte qu’ils ont des yeux et ne voient pas, des oreilles et n’entendent pas.

    Pour sa plus grande gloire Dieu peut offrir une grâce puissante à de grands pécheurs qui avaient cependant tout fait pour le rejeter. Tous verront alors que la grâce et le salut viennent de Dieu et non de l’homme.

    Mais pour sa plus grande gloire il peut aussi laisser à ses propres forces le pécheur qui a méprisé sa grâce et ses lumières. C’est ce qu’il fit avec Pharaon.

    Dieu dit à Moïse « J’endurcirai le cœur de Pharaon ». Non pas que Dieu ait endurci le cœur au sens propre, car Dieu ne provoque jamais le péché, mais en ce sens qu’il laissa Pharaon suivre sa révolte jusqu’au bout.

    Comment nous préparer à demeurer fidèles alors que tant de grands sont déjà tombés et tomberont ?

    La prière, mais en voulant obtenir ce que l’on demande et non en pensant que la Sainte Vierge nous dispensera de faire des efforts parce que nous avons prié. Quand un enfant demande une bicyclette à ses parents, il veut l’obtenir.

    Appuyer notre prière en plaisant à Dieu et ce qui lui plaît le plus, c’est la conversion des pécheurs. Miséricorde, attention, désintéressées. Pardon des offenses.

    Fidélité au Saint-Esprit. Ne pas se dire « demain ». exemple du sapeur Camembert. Exemple des prêtres de Hongrie dans Quatre ans avec l’Eucharistie.

    18 min
  • Sermon ~ L’Église à travers l’Apocalypse 218. Les sauterelles chevaux aux cheveux de femmes

    Mes bien chers Frères,

    L’Eglise sera ravagée – est ravagée – par des sauterelles-chevaux aux cheveux de femmes, au cœur enfermé dans une cuirasse, aux dents de lion et à la queue de serpent, se présentant avec des couronnes d’or !!!

    Rassurez-vous, ceux qui porteront la croix du Christ fièrement sur le front seront hors d’atteinte.

    Ci-dessous deux enregistrements. Le premier est pris sur le vif, il est plus vivant, je vous le conseille, même s’il est un peu plus long. Le second est enregistré dans mon bureau et fut le premier publié.

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    Apocalypse chapitre 9.

    3. Et de la fumée du puits sortirent des sauterelles sur la terre : et puissance fut donnée à celles-ci, comme ont puissance les scorpions de la terre : 4. Et il leur fut prescrit de ne pas nuire à l’herbe de la terre, ni à tout ce qui est vert, ni à tout arbre, si ce n’est seulement aux hommes qui n’ont pas le signe de Dieu sur leurs fronts. — 5. Et il leur fut donné non pas de les tuer, mais de les tourmenter pendant cinq mois : et leur tourment est sem­blable au tourment du scorpion, lorsqu’il pique un homme. — 6. Et en ces jours-là, les hommes chercheront la mort, et ils ne la trouveront point : et ils désireront mourir, et la mort s’enfuira d’eux. — 7. Et ces ressemblances de sauterelles sont semblables à des chevaux préparés pour le combat : et sur leurs têtes, il y a comme des couronnes sembla­bles à de l’or : et leurs visages sont comme des visages d’hommes. 8. Et elles avaient des cheveux comme des cheveux de femme et leurs dents étaient comme des dents de lion. — 9. Et elles avaient des cuirasses comme des cuirasses de fer et la voix de leurs ailes étaient comme une voix de chars de chevaux nombreux courants au combat ; — 10. Et elles avaient des queues pareilles à des scorpions, et il y avait des aiguillons dans leurs queues : et leur pouvoir [est] de nuire aux hommes pendant cinq mois : et elles avaient au-dessus d’elles, — 11. (comme) roi l’Ange de l’abîme, qui a nom en hébreu Abaddon, en grec Appollyon, en latin ayant le nom d’Exterminateur. —

    20 min
  • Sermon hors série pour le carême Dieu fait de nous des maîtres, non des esclaves

    « Dieu gouverne les créatures inférieures comme des esclaves, mais nous, il nous gouverne comme des maîtres. » c’est ce qu’affirme saint Thomas d’Aquin dans son explication du Pater. « Je ne vous appellerai plus mes serviteurs, mais mes amis » dit Jésus dans l’Évangile.

    Pourquoi ne prêche-t-on pas cela plus souvent ? L’Église irait certes beaucoup mieux et la chrétienté également si chaque chrétien prenait ses responsabilités de maître.

    Ce sermon est inhabituel, mais j’espère qu’il vous libérera et vous grandira. Faire un bon carême, c’est redevenir ce que Dieu attend de nous. Et, dans les épreuves actuelles, les pleutres ne font pas le travail de Dieu.

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    Explication du Pater
    par saint Thomas d’Aquin

    En latin, le premier mot de l’oraison dominicale est : Pater, Père.

    Comment Dieu est-il Père ?
    Créés à sa ressemblance

    Nous l’appelons Père à cause de la manière particulière dont il nous a créés. Il nous créa en effet à son image et à sa ressemblance, image et ressemblance qu’il n’imprima pas dans les autres créatures inférieures à l’homme. Il est lui-même notre Père, dit le Deutéronome (32, 6), lui qui nous a faits et nous a créés.

    Il nous gouverne comme des maîtres

    Il mérite aussi le nom de Père, à cause de sa sollicitude particulière, envers les hommes, dans le gouvernement de l’univers. Si rien, en effet, n’échappe à son gouvernement, celui-ci s’exerce différemment envers nous et envers les créatures inférieures à nous. Celles-ci, il les gouverne comme des esclaves, mais nous, il nous gouverne comme des maîtres. Ô Père, dit le livre de la Sagesse (14, 3), votre providence régit et conduit toutes choses ; et (Sag. 12,18) vous disposez de nous avec beaucoup d’égards.

    Il nous a adoptés

    Dieu enfin a droit au nom de Père, parce qu’il nous a adoptés. Tandis qu’aux autres créatures il n’a fait que de petits présents, il nous a fait, à nous, don de son héritage, et cela parce que nous sommes ses fils. Parce que nous sommes ses fils, dit saint Paul (Rom 8, 17), nous sommes ses héritiers, et (verset 15) : Vous n’avez pas reçu un esprit de servitude pour retomber dans la crainte, mais vous avez reçu un esprit d’adoption, qui nous fait crier : Abba, Père.

    Nos quatre devoirs envers Dieu notre Père
    L’honneur

    Nous lui devons, en premier lieu, l’honneur. Si je suis Père, dit-il par Malachie (1, 6), où est l’honneur qui m’est dû ?

    Cet honneur consiste en trois choses : la première regarde nos devoirs envers Dieu, la deuxième nos devoirs envers nous-mêmes, la troisième nos devoirs envers le prochain.

    L’honneur dû au Seigneur consiste, d’abord, à offrir à Dieu le don de la louange, suivant ce qui est écrit (Ps. 49, 23) : Le sacrifice de la louange m’honorera. Cette louange doit se trouver non seulement sur les lèvres, mais aussi dans le cœur. Il est dit en effet dans Isaïe (29, 13) : Ce peuple m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi.

    L’honneur dû à Dieu consiste, deuxièmement, dans la pureté de notre corps, car l’Apôtre écrit (l Co 6, 20) : Glorifiez et portez Dieu dans votre corps.

    Il consiste, enfin, cet honneur, dans l’équité de nos jugements sur le prochain. Le Psaume 98 (Vers. 4) dit en effet : L’honneur du roi aime la justice.

    Nous devons l’imiter

    Nous devons, en second lieu, imiter Dieu, parce qu’il est notre Père. Vous m’appellere2. Père, dit le Seigneur en Jérémie (3, 9), et vous ne cesserez de marcher après moi.

    L’imitation de Dieu, pour être parfaite, requiert trois choses.

    • La première est l’amour. Soyez, dit saint Paul (Eph 5, 1-2), des imitateurs de Dieu, tels des enfants bien-aimés, et marchez dans l’amour. Et cet amour doit se trouver dans notre cœur.
    • La seconde, c’est la miséricorde. L’amour doit en effet s’accompagner de miséricorde, suivant cette recommandation de Jésus (Luc 6, 36) : Soyez miséricordieux. Et cette miséricorde doit se montrer par les œuvres.
    • L’imitation de Dieu requiert troisièmement la perfection, parce que dilection et perfection doivent être parfaites. C’est en effet après avoir parlé des dispositions et des œuvres serviles que le Seigneur a dit dans le sermon sur la Montagne (Mt, 5, 48) : Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait.
    • Lui obéir

      Nous devons, en troisième lieu, l’obéissance à notre Père. Nos pères selon la chair, dit saint Paul (Hebr 12, 9), nous ont corrigés et nous les respections ; à combien plus forte raison devons-nous nous soumettre au Père des esprits.

      L’obéissance est due au Père céleste à cause de son souverain domaine ; il est en effet le Seigneur par excellence. Aussi les Hébreux au pied du Sinaï déclarèrent-ils à Moïse (Ex 24, 7) : Tout ce qu’à dit le Seigneur nous le mettrons en pratique et nous obéirons.

      Notre obéissance est fondée ensuite sur l’exemple du Christ. Lui, le vrai Fils de dieu, dit saint Paul (Phil 2, 8) s’est fait obéissant à son Père jusqu’à la mort.

      Le troisième motif de notre obéissance est enfin notre intérêt. David, en effet, dit de Dieu (2 Rois 6, 21) : Je jouerai devant le Seigneur qui m’a choisi.

      Accepter ses châtiments

      En quatrième lieu, et toujours parce que Dieu est notre père, nous lui devons d’être patients,quand il nous châtie. Mon fils, disent les Proverbes (3, 11-12), ne rejette pas la correction du Seigneur ; ne faiblis pas, quand il te corrige. Le Seigneur en effet châtie celui qu’il aime et il se complaît en lui, comme un Père en son fils.

      « Et le Seigneur n’a pas seulement donné à l’homme la fécondité, mais aussi la dignité et le gouvernement. Dieu fit aussi tout cela (la grande variété des espèces) pour faire briller la noblesse et la puissance dominatrice de l’homme, ainsi que sa sagacité dans le gouvernement des choses. » Petri Johannis Olivi Postilla in libros Geneseos

      17 min
    • Sermon pour les cendres Importance de l’humilité dans les pénitences

      Mes bien chers Frères,

      Voici un sermon pour vous aider à bien accomplir le carême. L’humilité donne de la valeur aux plus petites pénitences, l’orgueil corrompt les plus grandes pénitences.

      Soyons unis dans la pratique de ce carême comme de bons amis qui se soutiennent pour avancer dans l’amour de Dieu.

      Que Dieu vous bénisse !

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      Notes pour le sermon
      La triple blessure du péché originel et du péché mortel

      Saint Jean « Chers jeunes, n’allez pas vers le monde, car vous ne savez ce qu’est le monde. Le monde n’est que concupiscence des yeux, concupiscence de la chair, orgueil de la vie. »

      Ce qui envoie le plus de monde en enfer, c’est la concupiscence de la chair, l’impureté.

      Mais le plus grave, c’est l’orgueil de la vie et c’est l’orgueil la cause de l’impureté. L’humble n’ose pas défier Dieu, quel que soit le péché, y compris ceux de la chair. C’est une preuve d’orgueil que de se croire au-dessus des lois.

      Importance de l’humilité pour un bon carême

      La mortification corporelle est nécessaire,

      Mais c’est l’humilité qui lui donne sa valeur.

      Comment pratiquer l’humilité dans la pénitence

      C’est par la seule force de Dieu que nous pouvons sortir du péché et nous sauver.

      C’est par la seule force du Christ.

      Reconnaître nos fautes et compter sur la force de Dieu non sur nos forces.

      D’où l’importance de la prière.

      Prier pour les pécheurs

      Pour cela, Notre Dame de Fátima nous demande de prier et de faire pénitence pour la conversion des pécheurs.

      17 min
    • Sermon ~ L’Église à travers l’Apocalypse 217. La prospérité de l’Église à travers les persécutions

      Mes bien chers Frères,

      Oui, saint Ambroise affirme bien que l’Église prospère et croît à travers les persécutions. Cela, grâce au Christ, bien sûr.

      Si nous en sommes convaincus, nous ne serons plus tentés d’aller chercher des solutions humaines aux difficultés de la persécution.

      L’Église prospérera aussi dans les oppressions volontaires que vous vous imposerez pour le carême.

      Que Dieu vous bénisse !

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      Texte sacré de l’Apocalypse

      Chapitre X. Et je vis un autre ange, fort, qui descendait du ciel, revêtu d’un nuage ; et fil y avait un arc-en-ciel autour de sa tête, et son visage était comme le soleil, et ses pieds étaient comme des colonnes de feu. Et il avait dans sa main un petit livre ouvert : et il posa son pied droit sur la mer, son pied gauche sur la terre, et il cria d’une voix puissante, comme quand le lion rugit. Et lorsqu’il eut crié, les sept tonnerres firent entendre leurs voix. Et lorsque les sept tonnerres eurent fait entendre leurs voix, je me préparais à écrire : et j’entendis une voix [venue] du ciel qui me disait : Scelle ce qu’on dit les sept tonnerres ; et ne l’écris point, Et l’ange que je vis se tenant debout sur la mer et sur la terre, leva sa main vers le ciel : et il jura par Celui qui vit dans les siècles des siècles, qui a créé le ciel, et ce qu’il renferme ; la terre et ce qu’elle renferme ; la mer et ce qu’elle renferme : Qu’il n’y aura plus de temps :

      Résumé du sermon
      La prospérité

      Il s’agit ici de la prospérité de l’Église à travers les persécutions. Oui, la prospérité. Il n’y a pas un déclin de l’Église après son sommet idéal du Moyen Âge. S’il y a un sommet, c’est celui de la chrétienté plus que de l’Église, et un déclin, c’est celui de l’humanité et non de l’Église.

      L’Église marche vers le triomphe à travers les épreuves. Si Dieu permet des épreuves de plus en plus violentes ou, pire, de plus en plus insidieuses, c’est pour son triomphe à travers la vertu des bons et la sainteté de son Église. Rappelez-vous, l’Église c’est les amis de Dieu. Un petit nombre d’amis excellents porte plus de bonheur qu’un grand nombre de médiocres.

      Ce titre “de la prospérité de l’Église à travers les persécutions”, c’est saint Ambroise qui le donne. Plus l’Église est opprimée et plus elle croît, se développe. Comme le peuple d’Israël – qui est la figure de l’Église – croissait en Égypte sous l’oppression. Comme l’Église sous l’Empire romain durant les persécutions.

      Le Christ sauve son Église

      L’Ange, c’est Jésus-Christ. Il descend du Ciel. Nous savons qu’il descend pour réparer les ruines du péché.

      Fort. C’est un des noms qui lui est donné ailleurs. Fort pour soutenir et attaquer.

      Revêtu, enveloppé d’un nuage. Sa chair immaculée pour se conformer aux hommes à sauver. Mais aussi tous les chrétiens fidèles qui sont comme son habit.

      Un arc-en-ciel le nimbe. Signe de la paix, depuis Noé, et de la miséricorde. Sa divinité avait une telle miséricorde pour les pécheurs qu’elle ne dédaigna pas d’assumer l’humanité et même de souffrir la Passion et la mort ignominieuse de la Croix.

      Son visage était comme le soleil. Le soleil désigne Dieu. Ce soleil est dans le cœur des fidèles de Jésus-Christ, car ils ne cessent jamais de le contempler, d’être éclairés par lui, de se conduire sous sa lumière et d’avoir la foi et la ferme espérance de demeurer toujours dans la lumière de Dieu au Ciel.

      Ses pieds sont des colonnes de feu. C’est l’Église qui resplendit du feu du Saint-Esprit, tant par la foi que par le charité.

      Les deux pieds sont les prophètes de l’Ancien Testament et les docteurs de l’Église, appuyés un sur la terre, l’autre sur la mer. Sur les juifs et les gentils. Pour constituer l’Église chez les Juifs et chez les Gentils et en faire une seule Église.

      Au sens moral, les pieds représentent la misé­ri­corde de Notre-Seigneur. Cette miséricorde se fait sentir à nous tantôt sous la forme de consolations : c’est le pied droit ; tantôt sous forme d’épreuves, destinées à nous purifier : c’est le pied gauche. Le Sauveur pose son pied droit sur la mer quand, par la douceur de sa visite, il apaise les agitations de l’âme et lui donne la paix ; il pose son pied gauche sur la terre, quand, par les épreuves qu’il lui envoie il appuie sur les points malades, sur les affections trop terrestres dont elle est infectée et les perce comme des abcès.

      Il tient un livre dans la main, c’est évidemment la Révélation.

      Il révèle aux docteurs le sens des Écritures. Le pied droit sur la mer, c’est-à-dire les nations qui fluctuent dans les profondeurs, non de la mer, mais de l’ignorance et de l’erreur. En posant le pied dessus, elles deviennent solides. Le pied gauche sur la terre, la terre qu’on cultive pour qu’elle porte du fruit, ce sont les Juifs, cultivés par la discipline de la loi. La loi ancienne ne porte pas le fruit, elle cultive la terre qui portera le fruit.

      Et il clama comme un lion, car on entendit sa voix dans tout l’univers. Et il fit entendre les sept tonnerre qui sont les sept vertus, selon l’explication de saint Ambroise.

      La loi disait : « Œil pour œil, dent pour dent », l’Évangile dit « donne ta tunique à celui qui te prend ton manteau ». La loi disait « aime ton ami, hais ton ennemi », l’Évangile commande de prier pour ses ennemis et de pardonner septante fois sept fois. Et de même pour toutes les vertus. La virginité que les juifs ne connaissaient pas et que, même, la plupart méprisaient. La douceur, l’humilité, et toutes les autres vertus.

      Les prophéties n’ont aucun sens si n=on ne les rapporte à Notre Seigneur. Quand Jésus clame, alors les prophéties révèlent leur signification.

      Et l’Ange que j’avais vu debout sur la terre et sur la mer leva sa main vers le ciel. C’est l’Ascension.

      Puis le Christ annonce la fin du monde.

      19 min
    • La Croix vie du chrétien Sermon pour l’inhumation de ma mère

      Mes bien chers Frères,

      Voici revenu, avec la septuagésime, le temps de nous préparer à monter au Calvaire avec Jésus.

      La valeur de la Passion de Jésus et de la Croix a été une des grandes convictions de mes parents et fut l’âme de l’éducation qu’ils nous ont donnée. Le sermon que j’ai fait sur ce sujet pour l’inhumation de ma mère est donc bien adapté au temps de la Septuagésime.

      La Croix de Jésus, loin d’être un fardeau est pour nous tous un soulagement.

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      La Croix vie du chrétien
      Sermon pour l’inhumation de ma mère

      Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, ainsi soit-il.

      Mes bien chers Frères,

      C’est une grande grâce que d’avoir des parents qui ont vécu du mystère de la Croix de Jésus et qui nous ont transmis l’amour de la Croix, à leur manière, différente pour chacun d’eux. C’est vrai aussi bien de papa que de maman. Ils nous en parlaient de façon différente l’un et l’autre, mais c’était très visible, très fort, en sorte que, lorsque je me suis retrouvé à Écône où Mgr Lefebvre nous a tenu le même discours, c’était en parfaite continuité avec l’enseignement que nous avions reçu à la maison.

      Je ne parlerai évidemment pas de maman, ce n’est pas le lieu dans un sermon, mais je crois que je lui rendrai un hommage encore plus grand en parlant du mystère de la Croix qui faisait toute sa vie.

      C’est un mystère très grand dont saint Thomas d’Aquin nous dit qu’il est un des plus surprenants, et saint Thomas confirme ce que dit saint Paul dans les Actes des Apôtres : « Je vais accomplir, dit Dieu, une œuvre en vos jours, une œuvre que vous ne croiriez pas si on vous la racontait. »

      Pour comprendre ce grand mystère de la Passion de Jésus-Christ, de sa mort sur la croix, qui se prolonge ensuite dans la vie de tout chrétien, il faut d’abord y entrer, le faire sien. Notre Seigneur nous dit « Celui qui veut être mon disciple, qu’il porte sa Croix chaque jour et qu’il me suive. » C’est tellement important qu’il le répète huit fois dans l’Évangile.

      Ce mystère est tellement opposé au désir de notre nature humaine blessée que nous avons du mal à admettre qu’il était nécessaire, nécessaire comme remède à nos péchés et comme modèle de nos actions.

      Comme remède à nos péchés, c’est probablement une des dernières paroles que Didier m’a dite sur son lit d’hôpital peu avant qu’il décède. Nous parlions ensemble et il me dit « Je vois la croix et, derrière elle, la Rédemption. »

      La Croix, modèle du chrétien
      La patience

      Pour nos parents, je pense que le modèle de la Croix a été prépondérant, non pas qu’ils évacuaient la Rédemption, loin de là, mais il faut aller plus loin. Une fois qu’on est racheté, on marche. Une fois qu’on est sauvé, on agit.

      Dans le mystère de la Croix et dans sa passion, Jésus est vraiment un modèle pour nous tous. La Passion de Jésus est un modèle tout d’abord de charité. Elle nous rappelle ce qu’est la vraie charité, l’amour de Dieu et le rayonnement de l’amour de Dieu auprès du prochain, avec le prochain..

      « Personne ne possède, dit saint Jean, personne ne possède une charité plus grande que celui qui donne sa vie pour ses amis. » C’est ce que Jésus a accompli sur la croix. Si donc il a donné sa vie pour nous, il doit ne pas nous être pénible de supporter pour lui n’importe quel mal.

      « Que rendrai-je au Seigneur pour tout ce qu’il m’a donné. » C’est évidemment le mystère de la Croix seul qui peut nourrir la vraie charité, sinon on reste dans un humanisme.

      La croix de Jésus et sa Passion sont un modèle de patience pour souffrir patiemment de grands maux, ou bien pour endurer ceux qu’on pourrait éviter et qu’on choisit de ne pas éviter.

      Notre Seigneur a  enduré de grand maux. Il aurait pu tous les éviter s’il l’avait voulu et, malgré tout, nous sauver, mais il a préféré subir ces maux. Il y a dans la patience quelque chose de merveilleux, parce qu’on est obligé de se laisser conduire par la Providence divine.

      Dans certaines situations de la vie on est aux commandes, et on se sent rassuré parce qu’on pense pouvoir maîtriser la situation. Et il y a des situations bien plus pénibles, mais bien plus riches, bien plus pleines de Dieu, dans lesquelles c’est la Providence divine qui est aux commandes et nous, nous suivons. Et quand la Providence vraiment veut nous faire gagner des mérites, elle nous ne montre pas la suite, elle nous demande simplement de suivre.  Grande leçon de Jésus.

      Grande leçon que nous avons à mettre en œuvre, surtout aujourd’hui. Le Bon Dieu aujourd’hui permet que les institutions s’écroulent pour que nous nous appuyions sur lui. Plus les institutions seront faibles, plus le Christ sera fort, et plus nous serons forts avec lui, et plus le Saint-Esprit agira dans nos âmes, et plus il nous donnera l’amour de la Croix et la patience dans les épreuves.

      L’humilité

      « Le Seigneur s’est abaissé lui-même se faisant obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. » Je n’ai pas besoin de développer.

      La croix est un secours

      Je voudrais surtout vous montrer une richesse que l’on ne regarde peut-être pas assez souvent dans la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, c’est qu’on la considère trop souvent comme un fardeau, alors qu’elle est une aide.

      Le péché nous affaiblit et l’homme, après un manquement, croit pouvoir ensuite se garder du péché, mais c’est tout le contraire qui lui arrive. L’homme est comme une poule poursuivie par le renard. Lorsque la poule, le soir, n’est pas rentrée au poulailler, voyant le renard, elle se réfugie sur un arbre, mais le renard attend au pie de l’arbre, et la poule est inquiète, alors elle volette d’arbre en arbre, et cela dure toute la nuit, et à chaque fois elle est un petit peu plus faible et le renard finit par manger la poule. C’est cela les conséquences du péché.

      Qui, alors, nous donnera la force ? La première faute affaiblit et rend plus enclin à pécher, le péché domine davantage et, sans la puissance divine, on ne peut pas se relever. C’est le Christ qui nous donnera cette puissance. Il nous la donne par la force de la Croix.

      Certes, tout en diminuant notre faiblesse et notre infirmité, le Christ ne les a pas supprimées parce qu’il veut que nous luttions avec lui. Nous ne sommes plus au paradis terrestre, et nous ne sommes pas encore au ciel, donc il faut lutter. Cependant, sa Passion a vraiment fortifié l’homme. Elle a affaibli le péché si bien que nous ne sommes plus dominés par le péché. Aidés par la grâce de Dieu que nous confèrent la prière et les sacrements, dont l’efficacité vient de la Passion du Christ, nous pouvons faire enfin des efforts efficaces pour nous dégager du péché.

      « Notre vieil homme a été crucifié avec le Christ pour que fut détruit le corps de péché. » Avant la Passion du Christ, en effet, on trouvait peu d’hommes vivant sans péché mortel, mais, après, beaucoup vécurent et vivent exempts du péché mortel.

      Et cela maman l’avait compris. Elle nous l’a fait comprendre lorsqu’elle était dans l’épreuve, et Dieu sait si cela lui est arrivé comme à tout chrétien, comme à tout chrétien. Nous avons tendance, nous, à nous dire ce n’est pas le moment de nous charger de la croix, j’en porte déjà suffisamment. Il faut au contraire que je me soulage pour la porter vaillamment.

      C’est tout le contraire. Et quand maman était dans l’épreuve, elle pratiquait cette belle dévotion du Chemin de la Croix qu’elle a fait des centaines, des milliers de fois, sans nous le dire. De temps en temps, on apprenait. C’était le Chemin de croix qui la portait. Elle ne considérait pas la Croix de Jésus comme un poids supplémentaire, elle considérait la Croix de Jésus comme une aide.

      D’ailleurs, c’est ce que Notre Seigneur dit dans l’Évangile :

      « Venez à moi vous tous qui êtes fatigués, qui êtes chargés, je vous soula­gerai. Prenez mon joug sur vous. Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. Vous trouverez le repos de vos âmes, car mon joug est doux et mon fardeau léger. »

      On retient d’habitude que ce joug, s’il est doux, demeure quand même un joug, que ce fardeau, s’il est léger, demeure quand même un fardeau.

      Il faut lire ce que proclame Notre Seigneur Jésus-Christ, il faut le lire tout entier :

      « Je vous soulagerai. Prenez mon joug sur vous et vous trouverez le repos de vos âmes. »

      « Prenez mon joug sur vous et vous trouverez le repos de vos âmes. »

      Nous ne sommes pas en paix parce que nous n’avons pas suffisamment apprécié le mystère de la Croix. Cela trouve son application dans les Béatitudes.

      Les béatitudes, fruit de la Croix
      La miséricorde

       « Bienheureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés. »

      Notre Seigneur ne dit pas « Malheureux ceux qui ont faim et soif mais je compen­serai en les rassasiant. » Il dit « Bienheureux ceux qui ont faim et soif… »

      De même, Notre Seigneur dit « Bienheureux les miséricordieux… » ceux qui se penchent sur la misère des autres et qui en plus de porter leur Croix portent la Croix des autres.

      Porter la Croix des autres soulage l’autre et nous soulage nous, parce que c’est dans l’Évangile, parce que porter la misère d’autrui, c’est porter sa Croix et la faire nôtre. Remarquez que la Croix ce n’est pas seulement la maladie quand il faut être malade, ou la mort quand le moment est venu. La Croix, c’est tous les jours. Si nous ne la portons pas tous les jours, c’est que nous n’avons pas su la voir. Et il est facile de la voir dans les misères du prochain que nous pouvons soulager. En soulageant la misère du prochain, on soulage sa propre misère, et si je suis si ému en disant cela, c’est que cela me remémore de nombreux actes de miséricorde de maman et de papa. Je m’étais promis de ne pas parler de maman, de ne pas faire ses louanges, comme j’avais promis à papa, cependant nous ne pouvons être que dans l’action de grâce que Dieu ait inspiré à nos parents de nous former dans et par les œuvres de miséricorde.

      Un jour, j’ai appris que maman allait soigner des clochards chez l’abbé Bazire sur le boulevard en bas de la maison. Pourquoi faisait-elle cela ? Cela ne sert à rien. Elle nous racontait que le clochard, quand il est soigné, repart dans sa cloche, il ne sait vivre que dans sa vie de clochard. Pourquoi faisait-elle cela ? Tout simplement parce que, quand on n’a pas d’œuvres de miséricorde à exercer, on en trouve. Quand elles ne servent à rien, elles sont quand même du baume sur le cœur de celui qu’on soigne et elles sont aussi du baume sur le cœur de celui qui soigne. Je l’ai appris parce que maman m’en avait parlé. Cependant, elle était très discrète et même ce dont elle ne parlait pas, rayonnait la charité miséricordieuse. Il y a un rayonnement des œuvres de miséricorde qui est dans la suite directe du rayonnement de la Croix de Jésus.

      « Bienheureux les cœurs purs… »

      La persécution

      « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux. Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute, si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récom­pense est grande dans les Cieux. »

      Notre Seigneur ne dit pas « Malheureux lorsqu’on vous insulte, malheureux lors­qu’on vous persécute, mais gardez l’espérance vous serez bienheureux après cela. » Il dit « Bienheureux lorsqu’on vous insulte, bienheureux lorsqu’on vous persécute, bienheu­reux lorsque l’on dit faussement toute sorte de mal sur vous à cause de moi. »

      Insultés, nos parents l’ont été pour les positions que leur droiture leur montrait comme les seules justes, pour leur fidélité à la Tradition, à Mgr Lefebvre, à Mgr Williamson. Et ils nous ont appris, sans que cela nous coûte, au contraire, la joie de la dernière béatitude, celle qui domine toutes les autres, celle de la persécution.

      La Très Sainte Vierge Marie

      Il est évident que je ne peux pas terminer ce sermon sans parler de la Sainte Vierge, d’autant plus que Maman, comme Papa, récitait le rosaire chaque jour.

      La Sainte Vierge est la grande éducatrice de la Croix.

      Que fait une maman ? La première fois que son petit garçon tombe de bicyclette, qu’il rentre à la maison en pleurant parce qu’il s’est écorché le genou, maman souffle sur le genou qui, finalement, n’est pas tant écorché que cela. Quelquefois elle fait un baiser sur la blessure, et elle lui dit : Tu es un grand maintenant, tu ne pleures pas. Et cela commence par là : apprendre à tomber à bicyclette sans pleurer.

      Il n’y a que les mamans qui savent faire cela et la Sainte Vierge le fait mieux qu’une autre. Nous trébuchons, elle nous relève et elle ajoute : « Cela ne suffit pas, si tu veux ne plus trébucher, il faut que tu te mettes à la suite de mon Fils. Il faut que tu portes ta Croix chaque jour. »

      Lorsque ce mystère nous est révélé par Notre Seigneur Jésus-Christ, nous avons tendance à dire comme les disciples : « Oh ! ce langage est dur. » La Sainte Vierge nous dit : « Non, il est doux, c’est toi qui es dur. Assouplis-toi en étant guidé par mon Fils et tu t’apercevras que le langage tenu par mon Fils est vraiment doux. »

      C’est une des grandes leçons de la vie que nous avons reçues de nos parents, de Mgr Lefebvre, et de tous les héros que grâce à eux nous avons connus et appréciés.

      Cœur Sacré de Jésus ayez pitié de nous.

      Cœur douloureux et immaculé, priez pour nous.

      Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.

      18 min

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