Voilà une initiative de la Fédération des Chefs d’Alsace. On en parle avec Roger BOUHASSOUN, son président et chef de cuisine à la Cheneaudière à Colroy-la-Roche au micro de Franck JEHL.
Alors vous l’aurez compris, aujourd'hui on va parler cuisine avec une fédération qui regroupe combien de chefs ?
Nous sommes 140 membres dans toute la Fédération des chefs sur tout le territoire de l’Alsace.
Des établissements que vous défendez.
Oui, nous défendons énergiquement, du mieux que nous pouvons. Ce sont des restaurants étoilés, nous avons 19 étoiles dans notre fédération mais pas uniquement : nous avons aussi des winstub, des restaurateurs qui font de la tarte flambée… Nous avons toutes sortes de restaurants.
Aujourd'hui, c’est bien sûr une profession qui est durement touchée avec cette crise et la fermeture des établissements qui dure. Est-ce qu'il y a une incompréhension de la part des membres, voire même de la colère ?
De l'incompréhension bien sûr mais de la colère aussi, sous toutes ses formes. Nous ne comprenons pas pourquoi. On entend les hola de beaucoup d'associations de chefs qui se révoltent, nous essayons de trouver des solutions. Ce n’est pas évident, nous savons que le gouvernement fait le maximum pour nous défendre.
Fermer des restaurants, c'est aussi priver d'activité tout un ensemble de filière.
Bien sûr, nous avons tout ce qui découle de notre profession comme les acteurs locaux et les agriculteurs. C'est terrible, nos partenaires qui sont des partenaires historiques souffrent comme le vin et l'alcool…
Fermé peut-être mais il faut rester visible pour ne pas être oublié…
Et oui Franck, c'est pour cela que je suis là. Pour que l’on parle le maximum de nous, en bien ou en mal mais il faut qu'on parle de nous et qu'on nous voit. Aujourd'hui nous travaillons surtout sur une visibilité des chefs, nous avons des vidéos en cours donc la visibilité est essentielle.
Alors une fédération qui est régie par un certain nombre de règles : une charte autour de différents axes, les circuits courts par exemple.
La charte est essentielle. Nous sommes aujourd'hui suivis aussi par l’ADT et l’ADIRA, nous avons cette charte et surtout nous sommes obligés de continuer à proposer des choses et être sérieux, droit dans nos bottes.
Malgré une fermeture, vous ne restez pas inactifs. Vous proposez notamment des chèques cadeaux à l'échelle de cette fédération.
Le chèque cadeau, c'est quelque chose qui donne envie. A l'heure actuelle, vous pouvez acheter ces chèques sur notre site c'est www.chef-alsace.fr
Et la particularité de ce chèque cadeau, c'est que nous pouvons les utiliser dans n'importe quel établissement.
Dans n'importe quel établissement qui fait partie des membres chefs d’Alsace. La somme que la personne achète et la personne consomme est exactement la même. C'est important pour relancer nos chefs d’Alsace et les soutenir.
Justement, nous allons parler de relance et de travail puisque à un moment donné, ces établissements vont rouvrir. Est-ce que vous avez une vision de la restauration demain ? Il y a des choses qui vont changer, aujourd'hui déjà nous avons intégré la notion de traiteur. Est-ce qu’il va falloir composer avec tous ces critères ?
La restauration d’hier n'est plus la restauration d'aujourd'hui et elle ne sera pas celle de demain. Aujourd'hui, il faut que nous trouvions des solutions et il faut que nous les trouvions ensemble, que nous nous serions les coudes encore plus. Le monde de demain, c'est fini la liberté que nous avions fût un temps…
Pour plus de sécurité pour le consommateur ? Il faudra sécuriser les chaînes ?
Beaucoup plus de sécurité au niveau des cuisines, du service et de l'ensemble de la profession.
Peut-être qu'en salle, s’il faut espacer davantage il faudra peut-être continuer cette notion d'emporter ?
Cela fera partie de la vie, apprendre à consommer autrement et différemment sans oublier tout ce patrimoine qui est autour de nous.