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By ARTE Radio
Lecture, écriture, style : Bookmakers est un podcast littéraire qui propose d’écouter les écrivains et les écrivaines détailler leurs secrets d’écriture. C’est le récit d’un récit, les couliss
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Documentation solide, tempo haletant, zéro poésie : la méthode Manotti Dans ce deuxième volet de cet interrogatoire en règle chez le R. G., nous verrons comment Dominique Manotti s’est employée à signer « la chronique noire d’un échec : celle de la génération 68 », Roman après roman, rien n’échappe à son regard laser d’historienne « enragée », prête à remonter jusqu’au sommet de l’Etat : spéculation immobilière et trafic de coke dans le monde hippique (À nos chevaux, 1997), élus corrompus dans les vestiaires de Levallois (Kop, 1998), portrait armé de la diplomatie sous Mitterrand (Nos fantastiques années fric, 2001), délocalisation sans merci d’une usine des Vosges (Lorraine Connection, 2006, vendu à treize mille exemplaires) ou flics ripoux brisés par la « politique du résultat » (Bien connu des services de police, 2010, écoulé à vingt-cinq mille copies). Avec, de nouveau, le flegme savoureux du commissaire Daquin, qui passe parfois le relais à une nouvelle héroïne, Noria Ghozali, tendue comme un schlass planté dans la cuisse des prédateurs. Son œuvre s’apparente à une version papier de la série Engrenages (Canal+, 2005-2020), souvent campée comme chez Manotti dans le nord blafard de Paris. De quelle manière alors s’articulent ses engrenages fictionnels, brefs et méchants, extrêmement documentés, dénués de poésie et de figures de style, mais riches en scènes de cul comme en règlements de compte, livrés dans un style sec, « direct », toujours écrit au présent ? Pour le savoir, poursuivons la déposition. L’autrice du mois : Dominique Manotti Née en 1942 à Paris sous le nom de Marie-Noëlle Thibault, Dominique Manotti a enseigné l’histoire au lycée puis à l’université Paris-VIII Vincennes Saint-Denis. Au milieu des années 90, cette spécialiste de l’histoire économique du XIXe siècle entame avec Sombre Sentier un cycle de treize romans noirs aux éditions Rivages ou dans la Série Noire de Gallimard, marqués par ses combats syndicaux. Elle a reçu en 2002 le grand prix du festival de Cognac pour Nos fantastiques années fric (adapté au cinéma par Éric Valette, avec André Dussollier et Rachida Brakni, sous le titre Une affaire d’État) ou, en 2011, le grand prix de littérature policière pour L’honorable société (co-écrit avec DOA). Elle vit et travaille au-dessus d’un cinéma, au bord du bassin de la Villette. Remerciements : Studio Gong, Christophe Siébert Enregistrements octobre 2025 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son Karen Beun, Mathilde Guermonprez Montage Mathilde Guermonprez, Étienne Bottini Lectures Chloé Assous-Plunian, Richard Gaitet Réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Saxophone, piano, mellotron, violon, violoncelle et trombone Xavier Thiry Illustration Sylvain Cabot Remerciements Studio Gong, Christophe Siébert

Des barricades de 68 aux premiers feux fictionnels Dans cette nouvelle affaire confiée à notre agence de détectives littéraires, la principale suspecte se nomme Dominique Manotti, 83 ans, alias « la mamie rouge du roman noir ». Une multirécidiviste en activité depuis 1995, avec à son actif treize romans violents, rapides comme une balle et froids comme un flingue, salués par la critique, traduits en allemand, en anglais, en grec ou – plus louche – en russe. L’une des (trop) rares femmes du polar français des trente dernières années, qui publia son premier bouquin aux éditions du Seuil… à 52 piges ! Quels sont les secrets de cette fille de la bourgeoisie parisienne, de cette agrégée d’histoire économique aux fortes convictions marxistes anticoloniales, militante pour l’indépendance de l’Algérie ou le droit à l’avortement, cette lanceuse de pavés en mai 68 qui apprit à écrire dans « Les cahiers de mai » avant de devenir syndicaliste CFDT ? Faut-il retourner tous les tiroirs de son bureau pour comprendre comment elle s’engagea en littérature après avoir lu LA Confidential de James Ellroy ? De quelle manière a-t-elle taillé son premier diamant noir : Sombre Sentier, centré sur sa plus grande victoire syndicale dans les coulisses des ateliers textiles clandestins du centre de Paname, vendu à dix mille exemplaires et marqué par le coquin Théo Daquin, son célèbre commissaire gay à « belle gueule carrée », un poulet « chaud lapin » qui fait l’amour à ses indics et dont les bureaux se situent… passage du Désir ? C’est l’objet du premier volet de cette garde-à-vue sans menottes qui entend faire toute la lumière sur le dossier Manotti. L’autrice du mois : Dominique Manotti Née en 1942 à Paris sous le nom de Marie-Noëlle Thibault, Dominique Manotti a enseigné l’histoire au lycée puis à l’université Paris-VIII Vincennes Saint-Denis. Au milieu des années 90, cette spécialiste de l’histoire économique du XIXe siècle entame avec Sombre Sentier un cycle de treize romans noirs aux éditions Rivages ou dans la Série Noire de Gallimard, marqués par ses combats syndicaux. Elle a reçu en 2002 le grand prix du festival de Cognac pour Nos fantastiques années fric (adapté au cinéma par Éric Valette, avec André Dussollier et Rachida Brakni, sous le titre Une affaire d’État) ou, en 2011, le grand prix de littérature policière pour L’honorable société (co-écrit avec DOA). Elle vit et travaille au-dessus d’un cinéma, au bord du bassin de la Villette. Remerciements : Studio Gong, Christophe Siébert Enregistrements octobre 2025 Entretien, découpage Richard Gaitet Prise de son Karen Beun, Mathilde Guermonprez Montage Mathilde Guermonprez, Étienne Bottini Lectures Chloé Assous-Plunian, Richard Gaitet Réalisation, mixage Charlie Marcelet Musiques originales Samuel Hirsch Saxophone, piano, mellotron, violon, violoncelle et trombone Xavier Thiry Illustration Sylvain Cabot Remerciements Studio Gong, Christophe Siébert

Leurs enfants après eux : avant, pendant et après Bookmakers #8 - L’écrivain du mois : Nicolas Mathieu Né en 1978, Nicolas Mathieu vit et travaille à Nancy. Il est l’auteur de deux romans publiés aux éditions Actes Sud, « Aux animaux la guerre » (2014) et surtout « Leurs enfants après eux » (2018), écrit en dix-huit mois, et qui lui rapporte le Goncourt. Il a depuis signé deux livres : une excellente novella noire de 77 pages, « Rose Royal » (éditions In8, 2019, « histoire d’une quinqua qui boit trop et s’est jurée que plus jamais un mec ne lui mettrait la misère ») et un livre pour enfants, « La grande école », soit les drôles et tendres pensées d’un père célibataire qui regarde pousser son petit garçon, illustré par Pierre-Henry Gomont (Actes Sud, 2020). En partenariat avec Babelio (3/3) Leurs enfants après eux : avant, pendant et après C’est un livre solaire, sensuel et brutal. Une histoire de bécane volée, d’ados « jeunes à crever » et d’amour à sens unique sous l’œil de fer d’un haut-fourneau éteint des Vosges. La tentative réussie, soignée, tendue, de « restituer », dans le bain des années 90, le sentiment d’abandon d’une population de « cocus de la mondialisation » souvent au bord de l’implosion, le temps de quatre étés décisifs, entre « monde finissant de la classe ouvrière » et « vies en devenir » qui bouillonnent de désirs – et, déjà, de désillusions. « Leurs enfants après eux », second roman de Nicolas Mathieu publié à la rentrée 2018 chez Actes Sud, traverse la « malédiction lente » de ce territoire armé d’une langue rapide, impure et vénère, qui brasse avec fougue argot et verlan, références populaires et punchlines nonchalantes, tout en conservant l’aplomb et le tranchant de ses maîtres franco-américains, mais sans virer à l’exercice de style, sans rouler des mécaniques – l’important, c’est le récit, toujours, riche en rebondissements, de la part d’un auteur qui dit avec joie avoir appris davantage en matant « Les Soprano » qu’en étudiant Tolstoï. Cela lui vaudra l’extrême-onction : le Goncourt, couronne qui, aujourd’hui encore, lui « pèse lourd ». Mais quelle fut sa discipline, pour un tel tour de force ? Comment travaille-t-il, lui qui « n’aime pas écrire, qui préfère avoir écrit ou réécrire », qui déteste « ce moment pénible où il faut arracher de la matière au vide » ? Lui qui, comme beaucoup d’entre nous, doit maintenant gérer aussi sa dépendance aux réseaux sociaux ? « Leurs enfants après eux » : avant, pendant et après, c’est maintenant. Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement décembre 20 Entretien, découpage, lectures Richard Gaitet Prise de son, montage Sara Monimart Réalisation, musique originale et mixage Samuel Hirsch Guitare, trompette Fabien Girard Illustration Sylvain Cabot Production ARTE Radio

Greffier de guerre Bookmakers #8 - L’écrivain du mois : Nicolas Mathieu Né en 1978, Nicolas Mathieu vit et travaille à Nancy. Il est l’auteur de deux romans publiés aux éditions Actes Sud, « Aux animaux la guerre » (2014) et surtout « Leurs enfants après eux » (2018), écrit en dix-huit mois, et qui lui rapporte le Goncourt. Il a depuis signé deux livres : une excellente novella noire de 77 pages, « Rose Royal » (éditions In8, 2019, « histoire d’une quinqua qui boit trop et s’est jurée que plus jamais un mec ne lui mettrait la misère ») et un livre pour enfants, « La grande école », soit les drôles et tendres pensées d’un père célibataire qui regarde pousser son petit garçon, illustré par Pierre-Henry Gomont (Actes Sud, 2020). En partenariat avec Babelio (2/3) Greffier de guerre Entre 2005 et 2008, après une pelletée de petits boulots plus ou moins liés à l’écriture, Nicolas Mathieu devient à 27 ans une sorte de greffier industriel : son taf principal est de retranscrire tout ce qui se dit dans des réunions de comité d’entreprise au cours de liquidations ou de plans sociaux. Tôt le matin, l’auteur en devenir débarque alors – avec sa « tête de bobo » et son « petit ordi » – dans des usines du Nord de la France. « Il y avait une dramaturgie intense, les directions qui licencient et des ouvriers qui résistent. Un théâtre cruel, avec ses codes et sa langue brutale : des verbes comme “impacter”, “implémenter”, des expressions comme “je prends note”, formulées face à des mecs en bleu de travail, avec leurs grosses pognes et leurs chaussures de sécu, des braves types qui allaient peut-être perdre leur job. Je me suis vraiment plu en leur compagnie. Je retrouvais des allures, des paroles, des corps familiers : c’était mon père, mes oncles, leurs copains. » De ces retrouvailles adossées au regrettable crépuscule de la classe ouvrière, Nicolas Mathieu tire la matière d’un premier roman publié après quatre ans de travail acharné, dont il puise le titre dans une fable de La Fontaine. « Aux animaux la guerre » conte sur 450 pages la fermeture d’une usine de sous-traitance automobile des Vosges aux airs de « baleine échouée », la lassitude d’un syndicaliste pugnace en butte à de jeunes consultants parisiens aux « chaussures pointues » qui viennent « retailler l’organigramme », les combats d’une inspectrice du travail un chouïa alcoolo et les sévices d’un réseau de prostitution auquel est mêlé un ancien membre de l’OAS, qui fraye avec de violents margoulins... Dans le mille : son style ample et sombre est vite remarqué, le livre se vend au fil des années à 60 000 exemplaires et devient une série sur France 3 avec Roschdy Zem, Olivia Bonamy, Rod Paradot et Tchéky Karyo, qu’il co-écrit avec le réalisateur Alain Tasma. Ce qu’il nous raconte dans ce deuxièmle épisode en réglant son ardoise à l’un des patrons du polar français, Jean-Patrick Manchette (1942-1995), qui l’a aidé à établir « une position de tir ». Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement décembre 20 Entretien, découpage, lectures Richard Gaitet Prise de son, montage Sara Monimart Réalisation, musique originale et mixage Samuel Hirsch Guitare, trompette Fabien Girard Illustration Sylvain Cabot Production ARTE Radio

Le petit bleu du Grand-Est Bookmakers #8 - L’écrivain du mois : Nicolas Mathieu Né en 1978, Nicolas Mathieu vit et travaille à Nancy. Il est l’auteur de deux romans publiés aux éditions Actes Sud, « Aux animaux la guerre » (2014) et surtout « Leurs enfants après eux » (2018), écrit en dix-huit mois, et qui lui rapporte le Goncourt. Il a depuis signé deux livres : une excellente novella noire de 77 pages, « Rose Royal » (éditions In8, 2019, « histoire d’une quinqua qui boit trop et s’est jurée que plus jamais un mec ne lui mettrait la misère ») et un livre pour enfants, « La grande école », soit les drôles et tendres pensées d’un père célibataire qui regarde pousser son petit garçon, illustré par Pierre-Henry Gomont (Actes Sud, 2020). En partenariat avec Babelio (1/3) Le petit bleu du Grand-Est « C’est très intimidant d’écrire quand on vient d’un milieu modeste », rappelle, souvent, Nicolas Mathieu. On peut considérer sans se gourer que le petit bleu du Grand-Est a vaincu sa timidité. Deux romans, une novella, quelques nouvelles ici ou là et un récent livre illustré pour enfants : en seulement six ans, ce fils d’une comptable et d’un réparateur d’ascenseur syndiqué CFDT a su amorcer une œuvre reconnaissable au premier regard, à la jonction de sa passion libératrice pour le roman noir et des observations sociologiques « au couteau » d’Annie Ernaux. Après « Aux animaux la guerre », écrit au prix d’un burn-out et publié aux éditions Actes Sud en 2014, Nicolas Mathieu fait dévisser l’ascenseur social en remportant le Goncourt à 40 ans pour « Leurs enfants après eux », traduit en vingt langues et écoulé à 530 000 exemplaires. « J’écris à la place de mon père. J’écris pour celui que j’étais à chaque fois qu’on m’a humilié. J’écris pour les esclaves dont je suis et qu’on trouve dans le RER, les usines, les open spaces, ceux dont le temps est dévoré par une mécanique sans queue ni tête qui produit de la bêtise et dévore la terre sous nos pieds. J’écris pour tous ceux qui pourraient se dire en contemplant leur vie : est-ce tout ? », confie aussi celui dont la colère reste l’un des carburants. La colère contre « les mensonges, le tout falsifié », contre « ce que la vie fait à nos corps », mais aussi contre lui-même ; longtemps, Nicolas Mathieu a eu honte de ses origines sociales, puis il a eu honte d’avoir eu honte. Dans ce premier épisode, penchons-nous sur ses années lycée, en Lorraine, à Epinal, où tant de choses se sont cristallisées. Il l’avoue désormais avec fierté : « Tout ce que j’ai détesté pendant des années, eh bien, aujourd’hui, je l’ai dans la peau. Mon métier, c’est de montrer cette ambivalence. » Le podcast Bookmakers devient une collection de livres ! Nicolas Mathieu, Alice Zeniter et Maria Pourchet nous dévoilent les coulisses de la fabrication de leurs œuvres. Comment travaillent-ils leur plume ? Ils nous détaillent leurs secrets d'écriture, de leur discipline, à leur rythme de travail. Une coédition ARTE Éditions / Points. Enregistrement décembre 20 Entretien, découpage, lectures Richard Gaitet Prise de son, montage Sara Monimart Réalisation, musique originale et mixage Samuel Hirsch Guitare, trompette Fabien Girard Illustration Sylvain Cabot Production ARTE Radio
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