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Or


Avec Pierre-Michel Menger, sociologue.
Dans notre émission, nous avons eu l’occasion de parler de compétence, de savoir-être mais jamais véritablement tout à fait du talent.
On le voit partout et pourtant on passe systématiquement à côté. On le voit partout dans les médias, dans les productions d’artistes notamment, y compris chez nous avec Paname by mic, on le voit dans le travail, dans les fiches de postes, chez les sportifs également, les joueurs de foot que l’on achète, que l’on s’échange.
Un même mot pour définir tant de situations.
Alors on le voit partout et pourtant on passe à côté. À côté de la reflexion qu’il doit susciter. On oublie de le requestionner.
Et lorsque l’on s’y attarde un peu, on se rend compte que cela peut devenir très complexe. Est-ce que c’est comme une sorte de compétence cachée ? Est-ce que ce n’est pas plutôt une combinaison de compétences, ou d’habiletés ?
Finalement on aurait pu prendre en citation introductive la fameuse réflexion de Richard Feynman
I think I can safely say that nobody understands quantum mechanics
pour faire une analogie avec le talent, c’est-à-dire que personne ne sait tout à fait ce que c’est, et pourtant on s’en sert, et ça fonctionne. Enfin ça fonctionne à peu près.
Cela sert à la fois à se différencier, à se démarquer, par rapport à un contexte, des individus, cela peut se gérer aussi, on veut détecter les talents, garder les talents, cela sert alors à gérer l’excellence.
Cela sert à mesurer, mesurer des écarts de réussite, des inégalités. Mais au final, pourquoi faire, que cherchons-nous, qu’attendons-nous du talent ?
La semaine prochaine, on consulte à domicile ! 😉 Rendez-vous à 15h, toujours sur @_CauseCommune_ 93.1 FM pic.twitter.com/QiMhE9sPVz
— Cause à Effet (@CauseaEffetCC) 18 novembre 2018
InvitéMerci à Pierre-Michel Menger, directeur de la chaire de sociologie du Collège de France, pour cette riche conversation ! 🙂
Une publication partagée par Stėphane Manet (@stephanemanet) le 19 Nov. 2018 à 2 :23 PST
Qu’est-ce que l’on engage de sa propre subjectivité au travail, qu’est-ce que les salariés investissent d’eux-mêmes, pourquoi, comment ?
Vous savez cette subjectivité, c’est cette manière que l’on a de toujours se raconter de manière différente, de toujours changer d’histoire lorsque l’on explique son parcours, cette manière de ne plus faire la différence entre son projet et soi-même. C’est aussi l’expérience, le regard que l’on porte sur son propre travail, l’approche particulière qu’on a de le faire et pas les autres.
Et concrètement, ce serait intéressant de savoir ce que le travail fait sur nous et ce que nous, nous faisons du travail. Comment il s’intègre dans notre biographie, et comment il s’intègre au groupe.
Est-ce que la subjectivité au travail se construit, ou est-ce qu’on la subit, est-ce qu’elle permet d’améliorer son cadre de vie travail, ou bien la productivité ?
InvitéeDaniel Linhart, sociologue, directrice de recherche au CNRS
MusiquesQuel est donc ce travail si particulier, si à part, qu’on en peine à décrire la fiche de poste.
Qu’elle mouche pique donc l’entrepreneur qui se lève un matin et se dit, je vais créer une entreprise, couper le lien de subordination relié par le contrat de travail pour avoir mes propres objectifs, mes propres enjeux.
On retrouve cette idée de liberté, hein, dans la démarche d’entreprendre, et en même temps, on le représente comme quelque chose de très contraignant, lié à sa propre capacité de résilience… ou de résistence. Winston Churchill dit, allez on va se refaire une petite citation – Winston Churchill dit Le succès consiste à aller d'échecs en échecs sans perdre son enthousiasme.”
On présente souvent le fait d’entreprendre comme être seul face au monde, vouloir soulever des montagnes. Est-ce qu’il y a un mythe de l’entrepreneur solitaire et conquérant ?
Et lorsque ces questions sont posées il y a aussi le travail de l’entrepreneur, son quotidien. Le moment où il confronte sa vision, sa prospective, à la réalité. Et plutôt que de faire ce qui le passionne, il le vend, ou il le compte, dans une feuille de calcul, pour permettre à ses salariés de faire ce qui l’a animé toujours et qu’il ne pratique plus jamais. Mais peut-être (je ne veux pas être trop négatif) avec la certitude que cette fois-ci, c’est fait de la bonne manière, avec la bonne vision, le bon regard sur le monde.
C’est donc la fiche de poste de l’entrepreneur que nous vous proposons de faire aujourd'hui.
InvitéeAvec Denis Maillard, Philosophe politique.
Il n’est pas de lieu plus commun dans tous les sens du terme, que le lieu de travail. Et c’est justement dans ce lieu que viennent se rencontrer les hétérogénéités de tout bord.
Le travail engage. Bien au-delà de la force de travail, il engage le temps, le corps, l’identité, la conscience, la conviction. En affirmant l’individualité dans l’organisation du travail, on affirme les manifestations identitaires qui vont avec et qui se confondent parfois dans le fait religieux.
Ainsi, le fait religieux dans le travail est une question complexe car le travail, de part la mise en commun d’un espace-temps, en dis long sur notre rapport à la confession dans notre société, tout autant que le fait religieux en dit long sur notre rapport au travail.
Une salariée chrétienne qui distribue des tracts anti avortement, un chauffeur de bus qui refuse de serrer la main d’une femme, un employé qui ne veut pas décrocher le téléphone le vendredi, un animateur de centre de loisirs qui ne va pas à la piscine pendant le ramadan. Une personne licenciée qui refuse de participer au temps de prière de l’entreprise.
Mais à l’heure où l’on revendique toujours plus d’individualité et plus d’individualisme dans l’organisation du travail, le fait religieux et les tensions qu’il peut susciter nous rappelle que le travail se fait en fait dans l’altérité, avec l’autre. On peut alors se demander : où se situe le curseur entre le travail de tous et le travail de chacun ?
Invité2,7 millions de personnes en âge de travailler déclaraient en 2015 être bénéficiaires de la reconnaissance administrative d’un handicap, ou d’une perte d’autonomie, dont 938 000 d’entre eux qui déclaraient occuper un emploi. Y a-t-il une place pour le handicap au travail, pour toutes les entreprises ou faut-il ne passer que par des entreprises spécialisées ?
Est-ce que les handicaps sont des freins, lesquels, pourquoi ?… Et puis de quoi parle-t-on finalement, quand on parle de handicap ? sommes-nous tous autonomes ?
InvitésFrom the publisher's feed
Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.