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Or


Marius Louvet est Directeur marketing adjoint chez FFCyclisme & DG Délégué chez France Vélo Événements. A ce titre, il porte L’événement à venir le week-end du 20/22 octobre la Gravel Fever à Châtellerault.
Où est l’équilibre entre une pratique libre, parce que le vélo c’est la liberté, et une pratique encadrée ? Le gravel est à ce carrefour, il y est depuis quelques années. L’indice le plus flagrant, l’organisation d’un championnat du monde UCI -Union Cyclist International- de gravel. C’était l’année dernière, il y a un an tout pile, en Italie, en Vénétie. L’autre sujet que nous allons aborder avec Marius c’est la transformation des usages, des attentes des pratiquants. Comment (et pourquoi ?) tenter de faire venir des licenciés au sein d’une fédération. Les faire venir ou les faire rester. Nous évoquions ce sujet dans Weelz! le vélo est-il entrain de passer d’un sport de licencié à un sport de communautés ?
Le vélo un sport qui se pratique ou se regarde ? Ou les deux ? Le sport mute. Les jo qui séparent les winners des losers. C’est binaire. Les épreuves d’endurance qui glorifient les finishers. C’est communautaire. La pratique, hors compétition, qui promeut le partage, être ensemble, le together. C’est fédérateur.
N’y a t il pas un grand écart entre les pratiques et les pratiquants d’un côté. Les JO, les titres, la compétition à tout prix de l’autre ? Entre le rôle d’un fédé, distribuer des titres, organiser la compétition et les attentes des pratiquants ?
-A écouter, prenez 10×10 minutes pour écouter ce podcast “Mécanique d’un accident”… Un accident de la route arrive toujours par surprise, jamais par hasard. Et, incroyable, un accident à vélo, pareil, il arrive toujours par surprise, jamais par hasard !
Contexte
« Parlez-moi d’IA » est un programme de vulgarisation de la data et de l’IA. Les échanges sont le moins technique possible. L’émission prend la forme d’un dialogue entre Jean-Philippe CLEMENT et son invité.e, où ils cherchent à comprendre et expliquer ce qui change dans nos vies, dans nos métiers, dans notre société avec cette évolution technologique de la data et de l’IA.
En plateau
Cette semaine nous recevons Julia Zucker, cofondatrice du service Accès Libre, un outil au service d’une meilleure information sur l’accessibilité des établissements recevant du public
Pour faire de l’IA, il faut de la data et notre invitée du jour a conçu un service collaboratif qui produit de la donnée, beaucoup de données mais de la donnée de qualité. Et pour produire de la donnée de qualité, il y a quelques secrets qu’elle nous livrera peut-être.
Chère communauté de l’IA Parisienne et française n’hésitez pas à vous saisir de cette magnifique donnée en Open Data pour créer des services utiles et d’intérêt général.
Paris, EP Alors, Diane (2023)
Réalisation : Jérôme Sorrel / Montage final et mise en ligne : Olivier Grieco.
[Les références suivantes sont citées dans l’ordre dans lequel elles ont été évoquées au sein de l’émission NDLR]
La zone grise – Primo Levy
En 1983, Primo Levi s’entretient avec deux historiens, Anna Bravo et Federico Cereja, et revient sur son expérience des camps. Il se penche notamment sur la zone grise, cette bande aux contours mal définis « qui sépare et relie à la fois les deux camps des maîtres et des esclaves » et dont la classe hybride des prisonniers fonctionnaires est « l’ossature et l’élément le plus inquiétant ». Il s’agit de témoigner de cas précis pour comprendre et de comprendre pour mieux juger. Primo Levi le fait avec son style net et précis dont l’équivoque est à jamais bannie.
Précédé d’une importante préface de Carl Ginzburg, et d’une note de Federico Cereja, l’entretien de Primo Levi est suivi d’une postface d’Anna Bravo : ces textes forment un ensemble incomparable pour aborder une des questions les plus délicates de l’historiographie des camps.
Ils offrent aussi un véritable viatique pour les femmes et les hommes que ne rebute pas la complexité du mal.
Michel Foucault – Wikipedia
Le jardin noir des résistance – Taline Kortian & Gilles Bader
« Jardin Noir », c’est ainsi que se traduit Karabagh, ce territoire que se disputent Azéris et Arméniens depuis le XXème siècle. Il fut le théâtre de plusieurs guerres depuis 1992, dont la plus traumatisante, par sa démesure, reste celle des Quarante-Quatre Jours, de septembre à novembre 2020.
Gilles Bader, photo-reporter s’en fit le témoin. Il en a immortalisé chaque séquence : la Guerre des Quarante-Quatre Jours, le cessez-le-feu du 9 novembre 2020 ainsi que ses violations azerbaïdjanaises dans les deux années qui suivirent.
Le présent ouvrage se propose de retracer ce conflit armé et son dénouement instable à travers des photographies de grand reportage, introduites et étoffées par l’analyse de Taline Kortian ; synthèse inédite ponctuée de témoignages bouleversants qu’elle a recueillis sur place.
Le Jardin Noir des Résistances se fait trait d’union entre journalisme, histoire et mémoire afin de relayer la tragédie arménienne.
Taline, revient du Haut-Karabagh en Arménie. Tandis que la guerre en Ukraine focalise toute notre attention… à quelques heures de Paris d’autres drames se jouent. Pourquoi ce conflit. Pourquoi si peu d’intérêt médiatique aujourd’hui. À l’occasion de cet entretien, nous expliquons la genèse de cette guerre.
Clôtures. Sociologie du confinement et de l’effacement
Cet ouvrage numérique est le deuxième volet d’un triptyque.
À la suite de Captures publié en 2012 qui interrogeait les politiques d’arrestation et de déportation des migrants illégalisés, il aborde différents lieux de confinement, les foyers et les camps notamment et les traces que laissent ces enclaves et leurs occupants. Il a été écrit avant la pandémie récente puisqu’il rassemble des textes rédigés entre 2006 et 2016. Il évoque le confinement des « autres » avant que celui-ci ne soit généralisé en 2020. À la fois sociohistoire de ces formes de relégations en cherchant à remonter les lignes d’une généalogie éparpillée des mises au ban contemporaines et sociopolitique des interactions des groupes relégués avec les politiques spécifiques qui leur sont appliquées, Clôtures apporte quelques pistes de réponses aux questions que posent les pratiques sécuritaires dans les sociétés libérales.
Le dernier volume, intitulé Évasions traitera prochainement des formes d’émancipations contemporaines.
Marc Bernardot est professeur de sociologie à Aix-Marseille Université et directeur de l’unité de recherche MESOPOLHIS (AMU, Science Po Aix, CNRS). Ses travaux actuels portent sur les langues de la globalisation. Auteur de plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur les politiques migratoires et urbaines, il a récemment publié en 2022, « L’architexte liquide du travail digitalisé », Rhétoriques, métaphores et technologies numériques, E. Caccamo et M. Bonenfant (dir.), Presses universitaires du Québec.
Terra-HN
Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux
Avant de devenir professeur de sociologie à l’université de Berkeley, Erving Goffman s’est fait, trois années durant, l’ethnologue scrupuleux des malades mentaux internés dans les hôpitaux psychiatriques. Il présente dans Asiles une interprétation en profondeur de la vie hospitalière qui situe les pratiques thérapeutiques quotidiennes dans leur cadre le plus objectif, celui d’une “ institution totalitaire ”, c’est-à-dire d’un établissement investi, comme la prison ou le camp de concentration par exemple, de la fonction ambiguë de neutraliser ou de réadapter à l’ordre social un type particulièrement inquiétant de déviants.
La tension, et souvent la contradiction, qui existe entre l’exigence thérapeutique et ces impératifs de sécurité et de contrôle social rend compte du mode conflictuel de l’existence asilaire et des malentendus de la vie quotidienne au sein de l’hôpital.
Par-delà les troubles de sa subjectivité, le malade mental est ainsi aliéné au second degré, parce que la maladie est institutionnalisée dans un espace social qui lui impose les déterminations majeures de la servitude.
Sur Wikipedia. Asiles et Erving Goffman
Travail et travailleurs en Algérie
Ce livre initialement paru en 1963 est resté indisponible pendant plus de trente ans. Issu d’une enquête collective menée dans un contexte de guerre, il dissèque les rapports de domination propres au système colonial mis en œuvre par la France en Algérie. La déstructuration de la société traditionnelle algérienne confrontée à l’introduction de l’économie de marché ne produit pas seulement chômage et précarité parmi les sous-prolétaires, mais un bouleversement de leurs conduites économiques et de leurs repères temporels. La présentation initiale du livre questionnait ainsi :
« L’Algérie du silence a trouvé ses écrivains publics. En rapportant et en exprimant, quand il le peut, dans le langage des chiffres ce que d’autres hommes lui ont dit et ce qu’ils n’ont pas dit mais que leurs mots et leurs actions trahissaient, le sociologue s’essaie à dévoiler la vérité de ce passé, gros de la vérité du présent qui le nie, le dépasse et par là même le conserve. Peu de pays colonisés ont connu des bouleversements aussi profonds que l’Algérie, même rurale : faut-il conclure que les couches les plus ‘‘révolutionnées”, paysannerie et sous-prolétariat urbain, soient les plus révolutionnaires ? Les contradictions que le système colonial a engendrées et qui survivent à sa disparition ne sont-elles pas d’autant plus redoutables qu’elles sont plus cachées et qu’il est trop tentant de n’y voir que le fantôme du colonialisme défunt ? »
Cette nouvelle édition propose des documents complémentaires originaux, ainsi qu’un dossier éditorial (avec des articles de Claude Seibel, Pierre Vidal-Naquet, Tassadit Yacine). Elle donne ainsi à voir la portée majeure de cette enquête pionnière, indispensable à qui veut comprendre les modes de domination liés au travail et à sa précarisation.
Le Déracinement – La crise de l’agriculture traditionnelle en Algérie
L’observation statistique et ethnographique d’un des déplacements de populations rurales les plus brutaux et les plus massifs qu’ait connus l’histoire permet de saisir, au moment même où elles sont ébranlées, les structures les plus fondamentales de l’économie et de la pensée paysannes. Le déracinement, qui détruit les cadres spatiaux et temporels de l’existence ordinaire, achève ce que la généralisation des échanges monétaires avait commencé : par référence au seul travail désormais digne de ce nom, celui qui procure un revenu en argent, l’activité paysanne du passé, et toutes les valeurs qui lui étaient associées, se trouvent discréditées. Mais le “ métier ”, qui fait découvrir la vanité du travail paysan, est aussi rare que jamais et cette sorte d’urbanisation négative qu’est la “ dépaysannisation ” s’accomplit dans la “ bidonvillisation ” des campagnes que favorise la création décisoire d’agglomérations dépourvues de fonctions économiques.
Cette analyse des processus sociaux qu’engendre la prétention d’accélérer l’histoire par la violence et dans l’ignorance des mécanismes déclenchés ne serait pas tout à fait inutile si elle pouvait contribuer à éviter que l’histoire ne se répète.
Pierre Bourdieu – Le temps de l’Algérie
Talal Asad : Anthropologie et affrontement colonial
Aïssa Kadri : Pierre Bourdieu. Le temps de l’Algérie
Sayan Dey : Pedagogy of common sense
Syrie. L’État de barbarie
Michel Seurat, assassiné pendant sa captivité en 1986 à Beyrouth lorsqu’il était otage de l’« Organisation du jihad islamique », une émanation du Hezballah, fut l’un des meilleurs spécialistes du monde arabe contemporain. Arabisant hors pair, homme de terrain scrupuleux, féru de sciences sociales autant qu’islamologue érudit, ce chercheur au CNRS a fécondé les générations successives, et plus d’un quart de siècle après sa disparition, ses textes font toujours référence dans les universités du monde entier, où ils sont devenus un classique de l’école française des études du Proche-Orient.
Ses analyses du système de pouvoir syrien à l’époque de Hafez el-Assad, qu’il nomma « l’État de barbarie », nourries de la lecture du grand historien médiéval Ibn Khaldoun comme de la sociologie française, écrites à chaud dans les années 1980, sont plus que jamais d’actualité tandis que la Syrie dont Bachar el-Assad a hérité s’est enfoncée dans une violence inouïe, où s’enchevêtrent révolution et guerre civile. Ses études des clans, des villes, des milices urbaines alaouites ou islamistes, des Frères musulmans, fournissent des clefs de lecture indispensables pour comprendre les enjeux et les lignes de clivages d’aujourd’hui, à l’heure où le monde arabe est entré dans l’une des phases de bouleversements majeurs de son histoire.
Michel Seurat (1947-1985) était sociologue, maître de conférences détaché au Centre de recherches sur le Moyen-Orient contemporain (CERMOC) à Beyrouth. Pris en otage en 1985, il a été assassiné par le Hezbollah. Plus de trente après, ses écrits n’ont rien perdu de leur acuité et éclairent plus que jamais les soubresauts actuels du monde arabe.
La république autoproclamée du Haut-Karabakh cessera d’exister au 1er janvier 2024, annoncent les séparatistes, après l’offensive de l’Azerbaïdjan – 28/09/2023 09:39 – France Info
Une histoire du conflit politique
Qui vote pour qui et pourquoi ? Comment la structure sociale des électorats des différents courants politiques en France a-t-elle évolué de 1789 à 2022 ? En s’appuyant sur un travail inédit de numérisation des données électorales et socio-économiques des 36 000 communes de France couvrant plus de deux siècles, cet ouvrage propose une histoire du vote et des inégalités à partir du laboratoire français.
Au-delà de son intérêt historique, ce livre apporte un regard neuf sur les crises du présent et leur possible dénouement. La tripartition de la vie politique issue des élections de 2022, avec d’une part un bloc central regroupant un électorat socialement beaucoup plus favorisé que la moyenne – et réunissant d’après les sources ici rassemblées le vote le plus bourgeois de toute l’histoire de France –, et de l’autre des classes populaires urbaines et rurales divisées entre les deux autres blocs, ne peut être correctement analysée qu’en prenant le recul historique nécessaire. En particulier, ce n’est qu’en remontant à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, à une époque où l’on observait des formes similaires de tripartition avant que la bipolarisation ne l’emporte pendant la majeure partie du siècle dernier, que l’on peut comprendre les tensions à l’oeuvre aujourd’hui. La tripartition a toujours été instable alors que c’est la bipartition qui a permis le progrès économique et social. Comparer de façon minutieuse les différentes configurations permet de mieux envisager plusieurs trajectoires d’évolutions possibles pour les décennies à venir.
Une entreprise d’une ambition unique qui ouvre des perspectives nouvelles pour sortir de la crise actuelle. Toutes les données collectées au niveau des quelques 36 000 communes de France sont disponibles en ligne en accès libre sur le site unehistoireduconflitpolitique.fr, qui comprend des centaines de cartes, graphiques et tableaux interactifs auxquels le lecteur pourra se reporter afin d’approfondir ses propres analyses et hypothèses.
Julia Cagé est professeure à Sciences Po Paris et lauréate du Prix du meilleur jeune économiste (2023).
Une belle phrase de (presque) conclusion de Patrick avant la diffusion de la dernière interview : « Le véritable enjeu, c’est de reconquérir le cerveau des classes populaires » …
Dans cet épisode vous découvrirez YASTEN, rappeur originaire d’Antony qui a commencé la musique après un séjour en colonie de vacances.
Après une expérience artistique qu’il a affiné en sortant plusieurs singles, il vient nous présenter son tout premier projet « Dernière Minute » sorti le 22 Septembre.
YASTEN a été influencé par des artistes comme LA FOUINE ou encore SOPRANO, il a su développer sa capacité à écrire ses textes pour proposer sa propre musique au public, une musique que lui même aimerait entendre comme il le dit.
Chaque acteur de la scène metal a un regard qui lui est propre sur cet univers.
Cette semaine, c’est MoM (Metal on Metal) qui vous livre le sien : de la découverte du style à la création de la chaîne YouTube, ses goûts pour les débats, son envie de partage et d’écoute, et ses coups de gueule.
Ce soir, Sir MK a des choses à dire et IL ASSUME !
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
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Le cyclotourisme se transforme… Aujourd’hui porté par l’envie de dehors de nos concitoyens. Favorisé par l’arrivée des Vélos à Assistance Electrique. La prochaine petite révolution, qui est en cours, l’arrivée des vélos cargos pour l’itinérance à vélo. Entre copines, en mode ultra-distance de compétition, entre potes, avec son chien. En famille, comme nous en parlions chez weelz, en tirant le portrait de Bruno. Caroline Prigent l’a senti ce mouvement. Elle est à la tête de ses épreuves qui se nomment Poco Loco. Entre Mad Jacques et Classic Challenge. Il y a deux semaines elle organisait le premier Poco Loco Cargo. C’est quoi ? Comment voit-elle le vélo cargo ? Comment, en tant qu’organisatrice de sorties vélos, embrasse-t-elle ses enjeux sur-tourisme, tourisme lent et durable ?
Un œil acéré et aguerri sur le vélo du quotidien. Ils sont fous, à Agen, notamment les militants cyclo.
Débat avec Joëlle Bordet, chercheuse et psychosociologue, Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police, Thibaut Spriet, secrétaire national du syndicat de la magistrature, Nathalie Tehio, avocate et membre de la LDH et David Dufresne, journaliste, réalisateur, écrivain et fondateur du média Au Poste
Sur la scène de l’Agora, Joëlle Bordet, membre du comité national LDH, est la première à s’exprimer. Intervenant régulièrement auprès des jeunes des quartiers populaires, la chercheuse livre un témoignage fort sur la détresse, la défiance, la paupérisation de la jeunesse «post-coloniale» et «post-ouvrière», livrée à un projet de “dressage” par le gouvernement (citant le contrat républicain, la loi séparatisme, le SNU comme outils de ce projet).
Il est important, explique-t-elle, d’inscrire la répression policière qui les touche dans un continuum de violence raciste et sociale qui s’exprime aussi dans une violence judiciaire, par exemple dans la punition des parents, jusqu’à faire pression sur leurs bailleurs sociaux pour les expulser de leur logement.
Rejoignant Joëlle Bordet, l’avocate Nathalie Tehio, également de la LDH, met en garde à son tour : qu’on ne s’y trompe pas, la loi immigration de Darmanin permettrait davantage de contrôle d’identité au faciès, avec toujours dans le viseur les mêmes populations. Rappelant l’augmentation des amendes forfaitaires délictuelles actuelles, elle pose un constat :
David Dufresne quant à lui, rappelle que la doctrine répressive dans les quartiers populaires se retrouve toujours injectée ensuite dans des opérations de maintien de l’ordre social (manifestations, etc), marquées par une intervention grandissante d’unités absolument pas formées au maintien de l’ordre (GIGN, BRI, RAID, BRAV-M), et par une “bacisation” – des interventions non-encadrées, dans une « disproportion absolument folle ».
Ses propos trouvent écho auprès d’Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT Police, avec un constat clair : « une police au service des citoyens en France, ça n’existe pas (…) elle est au service du gouvernement ». Le syndicaliste insiste sur la dégradation de l’institution, entre « une police de proximité qui appartient au passé, une embauche à la baisse, des formations trop courtes et fragiles », mais aussi sur la dérive sémantique – une police qui n’est plus « gardienne de la paix » mais « force de l’ordre », et à qui l’on demande de combattre “l’ennemi de l’intérieur ».
Thibaut Spriet, secrétaire national du Syndicat de la magistrature, pose les difficultés de la justice : si elle ne doit pas se faire le communicant du gouvernement, elle est contrainte de s’appuyer sur le travail de la police. Le magistrat appelle toutefois la justice à dénoncer les mesures illégales – prenant pour exemple les nombreux arrêtés anti-manifestations – pour rester protectrice des libertés. Selon Anthony Caillé, les pistes de changement du côté de la police commencent par sa démilitarisation et sa « débunkarisation » : il faut lui redonner du sens, recréer du lien, cesser la politique du chiffre, réformer l’IGPN, embaucher plus de policiers et renforcer leur statut de lanceur d’alerte.
Joëlle Bordet insiste quant à elle sur la nécessité de travailler localement, avec ces jeunes abandonnés par l’État : «Ils sont en danger. Si on ne peut pas travailler avec les acteurs des quartiers populaires, en politisant leur autodestruction, celle-ci va continuer».
En guise de conclusion, Nathalie Tehio exhorte le public à se rappeler de la victoire citoyenne sur l’article 24 de la loi Sécurité Globale, et à se saisir de ce droit pour filmer les violences: «Ce qui arrive dans les quartiers arrive partout après. Ne nous sentons pas à l’abri» sont les mots de David Dufresne qui résonnent également sur la scène de l’Agora. Être présent et ne rien céder. L’espoir est permis, la prise de conscience est là, et elle déborde des quartiers, puisque comme le dit Joëlle Bordet, les soulèvements de 2023 sont ceux de « la rencontre des jeunesses».
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.