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Photo par Xavier Cadeau -Weelz !-
J’ai eu l’occasion de vous dire tout le bien que je pensais de cette matinée “états généraux” du vélo qui ont eu lieu le 15 novembre 2022 au ministère de l’économie. J’étais peut-être de mauvaise humeur le jour où j’ai écrit cela. Vous pouvez retrouver ce billet sur notre site partenaire weelz.fr.
Ce qui reste enthousiasmant, c’est ce constat : le Vélo est enfin pris en considération par nos hommes et femmes politiques. L’industrie du Vélo est-elle l’industrie du futur ? Ils ont envie d’y croire. Elle n’a d’intérêt d’être l’industrie du futur que si nous savons produire en France. Mais produit en France pour un vélo ça veut dire quoi ? Dessiné, conçu, soudé, moulé, peint, assemblé, expédié ? Et puis qu’est ce que cela implique de produire en France ? Quand on est chef d’entreprise, quelle que soit l’industrie, il convient d’avoir une approche globale de son métier. Recruter, former, garder ses apprentis, acheter, commercialiser, marketer… Et puis les fonctions supports on fait comment ?
Aymeric Le Brun, que nous avons au micro aujourd’hui, est à la tête de CYFAC International, depuis vingt ans. A-t-il commencé à prendre le cap proposé par Roland Lescure notre ministre actuel de l’industrie qui appelait de ses vœux le 15 novembre en ouverture de ses états généraux à proposer en Novembre 2023 des vélos “100% Made in France, 100% éco-conçus et 100% pas cher”… ? Quels sont les enjeux face à nous pour une filière économique française du vélo ? Et le futur, c’est quand ? C’est maintenant. Ecoutons donc Aymeric Le Brun, il a certainement un avis sur toutes ses questions.
Les piétons reprochent souvent aux cyclistes de ne pas respecter les feux rouges. Les cyclistes répliquent que les piétons ne le font pas plus, et ont tendance à leur demander de les respecter. Abel suggère au contraire d’étendre aux piétons la possibilité donnée aux cyclistes de passer les feux au rouge sous certaines conditions, c’est-à-dire non pas de restreindre mais d’augmenter les droits des piétons comme ceux des cyclistes.
Peggy Gou avec ce titre, Starry night
Régis Genté, journaliste, correspondant dans l’ancien espace soviétique pour RFI, mais aussi pour France 24 et Le Figaro, est installé depuis plus de vingt ans à Tbilissi, capitale de la Géorgie. Il est l’auteur pour l’IFRI (Institut français des relations internationales) du rapport: “Cercles dirigeants russes. Infaillible loyauté au système Poutine?”
En dépit des sanctions inédites décrétées contre la Russie à la suite de la décision de Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine le 24 février 2022, aucun membre important des cercles dirigeants russes n’a fait défection, constate Régis Genté. Les milieux économiques affichent la même loyauté. Personne n’a même véritablement émis des critiques publiques contre cette décision, même si, en privé et selon des fuites dans la presse russe et diverses autres sources, certains la jugent ou la jugeraient catastrophique.
Deux remarques s’imposent à ce stade. Sachant que les régimes autoritaires s’effondrent davantage en raison des conflits internes (intra-élitaires) qui les minent qu’en raison des protestations de la société civile et manifestations dans la rue, le silence des cercles dirigeants et milieux économiques signifie qu’il n’y a pas, ou pas encore, de faille (du moins menaçante) au sein de la classe dirigeante russe. Et que les dissensions, si elles existent, ne font pas le poids par rapport aux risques courus par ceux qui oseraient défier Poutine et s’opposer à la prolongation de la guerre en Ukraine. D’où la question : comment en est-on arrivé là ? Comment Poutine est parvenu à mettre au pas les élites, les milieux économiques et les services sécuritaires gravitant autour de lui ?
Que désigne l’expression « élites » russes ? Quels sont les cercles dirigeants russes, les divers groupes souvent informels qui participent au fonctionnement, à la perpétuation et au développement du pouvoir suprême en Russie et/ou l’influencent. Qui sont les hommes d’affaires, ex-oligarques redevenus simples hommes d’affaires sans pouvoir se soumettant aux règles du jeu du dirigeant russe et au service de ses ambitions ? Qui parmi les cadres de l’armée et les services de sécurité font partie de son proche entourage ?
D’où vient la résilience du système poutinien ? Quelles sont les raisons d’une telle solidité du système ? Comment fonctionne-t-il ? Quels sont les facteurs de division qui le travaillent néanmoins ?
ET
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
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Nous recevons de temps en temps au micro de cette émission des aventuriers à vélo. Aventuriers ou pas d’ailleurs, ses personnes choisissent le vélo pour comme moyen de transport, ou moyen de locomotion. Pour les vacances, comme mode de vie, pour une nuit en bivouac ou plusieurs mois. Au-delà de la façon de partir, de s’équiper, de concevoir son itinéraire et sa destination… En un mot “comment” partir avec son vélo. Il y a autant de comment que de voyageurs à vélo. Il y a aussi, autant de pourquoi partir à vélo qu’il y a des voyageurs à vélo. Pour voir du pays, pour prendre son temps, pour partir à la rencontre des autres, partir à la rencontre de soi-même. Comme un défi, comme un projet de vie. Aujourd’hui notre invité, Charles Baux, va nous raconter son voyage à vélo. Le pourquoi est aussi important que le comment. On dit souvent que le vélo c’est la santé. Charles en est un bel exemple.
Partie 2 vélo et innovation. Les talents du vélo n’y échappent pas non plus.
Too High – Gramme
Avec Pauline Schmitt, historienne et bénévole à la permanence “Accompagnement des personnes victimes de violences liées au genre” de La Cimade et Mariama Sidibé, militante du Collectif sans papier 75, nous analysons comment la migration et le non accueil sont facteurs de violences à l’égard des femmes, et comment l’impossibilité d’obtenir rapidement et durablement un titre de séjour empêche des femmes étrangères d’échapper à la violence intrafamiliale ou au travail.
Nos invitées esquissent des pistes pour aider les femmes victimes de violence, à travers l’accompagnement juridique et psychologique et aussi l’action collective et le combat politique pour des lois plus protectrices.
Avec Gianfranco Rosi, réalisateur d’ In viaggio et Mathieu Berthon, distributeur du film.
Un homme, seul, à bord d’un avion escorté par des avions de chasses, sillonne le monde pour dire aux opprimés que leurs vies comptent. Qu’ils sont victimes du capitalisme, de la colonisation, de l’impérialisme, de la guerre… mais qu’ils ont le droit de rêver d’un autre ordre du monde et le pouvoir de contribuer à le créer. Un discours que cet homme en blanc, le pape François tient également aux tribunes des organisations internationales et face aux chefs d’États des grandes puissances. Avec comme matière première les images tournées par d’autres, pour une diffusion immédiate à la télévision, à l’occasion des 37 voyages du pape en 9 ans de pontificat, le réalisateur Gianfranco Rosi fait œuvre de cinéma.
Il les magnifie en y mêlant des images d’archives et celles de ses propres films comme Fuocoammare (à propos de cette mer méditerranée transformée en cercueil pour des dizaines de milliers d’homme et de femmes, victimes de la politique de non accueil de la forteresse européenne). Rosi dresse ainsi, entre silences et effervescence, le portrait d’un homme, seul, qui semble régénéré par le contact avec les plus démunis. Un film grave et puissant, et drôle aussi, tant le pape se révèle parfois d’une ironie mordante, ou presque désarçonné par une conversation avec des astronautes, qui depuis l’espace lui tiennent un discours plain de hauteur et de spiritualité…
Un film politique, exempt de tout prosélytisme religieux, à voir absolument !
« S’il est complexe d’arrêter une définition pour ces configurations sociales en mouvement, on peut retenir a minima, en observant les tiers-lieux qui émergent dans la lignée du mouvement squat et des nouveaux territoires de l’art, ceux-ci se caractérisent par l’action d’une communauté intentionnelle inventant chemin faisant leurs modes de gouvernance et de gestion collective autour d’une ressource en commun (le lieu) afin de sortir d’une boucle de précarité (chômage, mutations des mondes du travail, manque d’espace et de temps pour la création, fracture numérique), afin de révéler le pouvoir d’agir de chacun au frottement du collectif, et de retrouver des zones de réflexivité critique sur un monde en mouvement. Qu’ils se positionnent dans des lignées issues de l’éducation populaire, du coopérativisme, du logiciel libre de l’urbanisme tactique ou de l’héritage punk du DIY, les tiers-lieux font écho à des degrés divers autant aux hétérotopies foucaldiennes, au TAZ d’Hakim Bey et sont des tentatives, situées et vécues au présent, d’utopie réalisées. »
Ce texte est issu d’une tribune intitulée « tiers-lieux, communautés situées », paru dans le manifeste des indépendants, un collectif de 1600 structures culturelles qui travaille depuis mars 2020 « pour dessiner un avenir culturel commun en phase avec les priorités et urgences de notre temps ».
Elle a été écrite par Arnaud Idelon, l’invité de ce nouveau numéro de Ainsi va la ville.
Acteur du mouvement tiers-lieux, Arnaud Idelon accompagne avec Ancoats le développement de tiers-lieux culturels en France. Il est cofondateur du tiers-lieu Le Sample à Bagnolet, en Banlieue Parisiens. Il coordonne, avec Yes We Camp, l’Université Gustave Eiffel et Codesign-It, le Diplôme Universitaire Espaces Communs, le labo des tiers-lieux. Il programme aussi le PAM Festival.
Ces multiples casquettes et compétences font de lui un parfait maître de conférence associé à l’Université Paris 1.
Artiste pluridisciplinaire, Fabienne Gotusso est auteure, performeuse, plasticienne, metteure en scène… Elle nage, dessine et peint.
Ses œuvres questionnent les relations entre le réel et l’imaginaire, le physique et le psychique, le matériel et le virtuel, explorant la manière dont le corps et le cerveau interagissent et mettent en marche de lentes transformations qui s’opèrent et agissent sur tout un environnement…
Elle nomme son processus de création SOMA, à partir du corps en mouvement, corps augmenté, corps fragmenté, place du corps morcelé ou qui se dissout dans l’espace…
Sommes-nous à composer, décomposer, recomposer… et qu’est ce que cela pose ou suppose ?
Nous nous replongeons dans l’œuvre photographique de Francesca Woodman et commençons par parler de son travail d’auto-portraits qui n’en sont pas seulement… mise en scène et performance d’où surgit une expressivité saisissante, véritables moments de grâce.
Nous réécoutons aussi la Ursonate (1921-32, “Sonate des sons primitifs”) de Kurt Schwitters, pionnier d’une déconstruction des mots, fin du sens … Nous réfléchissons sur le rapport aux sons comme matière dans ce laboratoire qu’est notre corps, sur la poésie sonore… Et Fabienne évoque particulièrement son processus de création notamment au travers des poèmes de Ghérasim Luca, la genèse de son spectacle « Amphitrite », déesse de la mer.
Professeur de philosophie, Harold Bernat nous propose un ouvrage de philosophie politique moderne, informé par ses propres luttes politiques. Loin de la posture classique du philosophe de bureau qui refait le monde sans en connaître les mouvements humains, l’auteur prend soin de parler depuis sa position, une position de prof de lycée en butte aux assauts du démantèlement du service public.
Il tente, dans un second temps, de comprendre pourquoi la mobilisation populaire a disparu (société apraxique), ou a été sauvagement réprimée par le pouvoir (les gilets jaunes). Il en dégage notamment les failles en appelant à de nouvelles stratégies.
Harold Bernat, La défaite de la majorité, 2022, Atlantiques Déchainées
Anne de Tinguy, historienne et politologue, professeur émérite des universités à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales), chercheuse au CERI (Centre de recherches internationales) de Sciences Po et ancienne auditrice de l’IHEDN (Institut des hautes études de défense nationale), publie Le Géant empêtré. La Russie et le monde de la fin de l’URSS à l’invasion de l’Ukraine aux éditions Perrin.
Spécialiste de la Russie, en particulier de sa politique étrangère, Anne de Tinguy souligne d’emblée que la Russie est difficile à comprendre. En interrogeant le rapport de la Russie avec le monde extérieur, l’observateur est en effet confronté à une situation paradoxale. La Russie est un géant doté de formidables atouts : une profondeur stratégique grâce à l’immensité de son territoire, des richesses en matières premières, un marché du travail dynamique (du moins jusqu’à une période récente), une population bien formée, un formidable héritage culturel.
Autant d’atouts qui font d’elle un acteur incontournable des relations internationales, d’autant plus qu’elle a une ambition de puissance séculaire, datant de l’époque tsariste, qui a perduré durant l’époque soviétique et à laquelle elle n’a pas renoncé à la fin de la Guerre froide et lors de l’implosion de l’Union soviétique. Qu’il s’agisse des élites ou bien des Russes en général, les uns et les autres considèrent que leur pays est voué à être une grande puissance du fait de son histoire et de sa géographie. Telle est la carte mentale imprimant leur vision pérenne du monde. Cette puissance peut être momentanément affaiblie (comme à la fin de l’Union soviétique), mais est appelée à se redresser. Mais, cette ambition de puissance est devenue chez Vladimir Poutine une obsession, depuis son arrivée au pouvoir, il y a 20 ans déjà.
Comment en est-on arrivé là où nous en sommes aujourd’hui, avec l’invasion de l’Ukraine le 24 février 2022 et la guerre qui fait rage depuis ? Anne de Tinguy s’interroge : Poutine représente-t-il une parenthèse ou bien, au contraire, l’époque de la Perestroïka et de la Glasnostinitiée par Gorbatchev, et poursuivie par Eltsine, est-elle une parenthèse ? Comment la Russie est-elle un géant empêtré ayant du mal à transformer ses atouts et rentabiliser son potentiel à son avantage ? Quel rôle joue dans l’histoire russe sa préoccupation identitaire (une constante) caractérisée notamment par une tension durable entre pro-européens et pro-eurasiatiques, tropisme eurasien ou tropisme occidental et la question de savoir qui sont les alliés « naturels » de la Russie ?
Anne de Tinguy rappelle que le choix du recours à la force, effectué par Poutine, marque une rupture par rapport à la décision historique de Gorbatchev de ne pas envoyer l’armée réprimer les désirs de liberté et la volonté d’indépendance des peuples d’Europe centrale et orientale, soviétisés ou satellisés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque ces derniers ont voulu faire sécession de l’Union soviétique. C’est aussi une rupture nette avec la décision de mettre fin à la course aux armements et de s’engager dans des processus de désarmement nucléaire et conventionnel, prise par Gorbatchev. Décision non remise en cause par Eltsine, mais par l’actuel dirigeant russe lorsqu’il donne la priorité à l’outil militaire et à la conflictualité, convaincu que la Russie ne sera respectée que si elle est forte militairement. La guerre de 2008 qui opposa la Géorgie et la Russie, où des avions russes furent abattus par erreur par des tirs amis (russes), cette guerre de 5 jours, révélant de nombreux dysfonctionnements et la faiblesse de l’armée russe, conduisit Poutine à lancer une grande réforme des forces armées. Ce privilège accordé à l’outil militaire et à des leviers non militaires (tels que la propagande, la cyber-attaque, etc.) se manifesta sur le terrain en Syrie, en Afrique, en Amérique latine, aux dépens du développement interne, économique du pays et de sa modernisation. L’annexion de la Crimée en 2014 est un prélude au changement de paradigme.
Comment la Russie sortira-t-elle de ce conflit dont on ignore quand il prendra fin ? Tragédie pour l’Ukraine, pour la Russie, et pour l’Europe qui se retrouve divisée. En voulant récupérer l’Ukraine dans le giron russe, Poutine l’a perdue. La fracture est profonde et durable. Comment Poutine a-t-il pu sous-évaluer à ce point la situation, le rapport de forces, la détermination des Ukrainiens à défendre leur indépendance et intégrité territoriale ? Aujourd’hui, la Russie isolée n’a que la Biélorussie comme allié. L’alliance de revers que pourrait constituer son partenariat avec la Chine tourne progressivement à son désavantage conduisant à sa vassalisation.
Quant à la question de l’humiliation de la Russie, Anne de Tinguy rappelle que si humiliation il y a eu, on aurait tort d’en imputer la seule responsabilité aux occidentaux. La Russie fut humiliée lorsque ses nations satellisées d’Europe centrale et orientale, ainsi que les 14 Républiques soviétisées de l’Union soviétique la lâchèrent du jour au lendemain en proclamant toutes leur indépendance en 1991, sans jamais depuis remettre en cause depuis 30 ans leur volonté de se séparer de la Russie.
Anne de Tinguy, Le Géant empêtré. La Russie et le monde de la fin de l’URSS à l’invasion de l’Ukraine, éditions Perrin
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.