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Or


Il nous propose aujourd’hui, une lecture du Parisien début janvier. Une vérification de faits. Rouler à 30km/h dans Paris. Le résultat est-il étonnant ? Non.
Seaquence – Disco Thing ℗ 1977
L’ouvrage de l’écrivaine n’est pas qu’un roman. Il n’est pas non plus qu’un ensemble complexe mêlant biographie et fiction. Il est un support à toute réflexion politique et scientifique autour des violences subies par les femmes.
Dans l’infra-politique pourrait-on dire des dominations masculines. Le livre tire son importance de cette dissection du social, faisant émerger les mille points d’appui au machisme, du très visible au parfaitement invisible. Sorte de dictionnaire caché au cœur d’une histoire singulière, il déploie la batterie des formes et pratiques d’invalidation des femmes dans le plus insoupçonné des mondes, celui d’une famille de classe moyenne suivie depuis les années 1950.
Loin des clichés, il s’attaque au monde occidental dans son ensemble, dans les plis d’un social réactionnaire dont la surface donne l’impression de figurer la réalité de la civilisation pacifiée.
Plusieurs directions de la Mairie de Paris analysent depuis plusieurs années les pratiques et les changements induits dans les relations sociales par le numérique. Les échanges enregistrés pour la deuxième année consécutive, qui sont ici pour la radio découpés en deux émissions, sont la retranscription d’une séance qui s’est tenue le 23 novembre 2022 à la BnF – Bibliothèque Nationale de France. Au-delà des constats que tou·te·s partagent globalement sur le fait que l’accès aux droits n’est pas toujours garanti (y compris le droit à partager des savoirs, ou à pouvoir travailler), alors que les écarts n’ont cessé de s’accroître en même temps que le numérique évoluait grandement dans nos sociétés, les interventions que vous pouvez entendre ici posent les questions de ces discriminations et indiquent les réponses qui sont apportées à ce jour à destination du quart de la population parisienne (chiffres à l’appui) — et qui forment ici les cinq engagements pris collectivement :
Dans cette première partie, on entend les introductions par Géraldine DUVERNEUIL (sous-directrice à la Direction de l’insertion et de la lutte contre les exclusions) et rappels des enjeux pour la ville de Paris par Léa FILOCHE, élue en charge notamment de la lutte contre les inégalités, entourés de quelques partenaires des travaux sur le numérique, puis une séquence en regards croisés sur 4 de ces engagements, des intervenants de La Poste, Pôle Emploi, Orange, La MDPH, la CAF de Paris, la CNAM de Paris, et la Mission locale de Paris. Les différents dispositifs sont décrits, et l’on est heureuse d’entendre que sans doute faut-il respecter le “choix du canal” de contact dans les services publics à la Mairie, à la CAF, etc., et qu’on ne peut se suffire, se satisfaire, d’un tout-numérique.
La suite dans l’émission “partie 2” !
Dans cet épisode vous découvrirez le rappeur SYME, originaire de Paris 15, secteur dont il a hérité des talents lyricistes et qu’il a travaillé une majeure partie de son adolescence.
Un travail qu’il a mené en s’enrichissant du Rap old school & new school pour construire son style et son identité en parallèle des cours. Un parcours à entendre et un freestyle à savourer sur différents types de prods où SYME a su être en accord avec celles-ci.
Dans ce N°, il est question de la réforme des retraite. Le gouvernement a enfin dévoilé sa feuille de route. En gros, si ce projet est adopté, nous travaillerons jusque 64 ans à la place de 62 actuellement pour toucher une retraite à taux plein. Il faudra aussi cotiser pendant 43 annuités.
Bref, cette réforme est ultra impopulaire et avant même sa discussion au parlement, une intersyndicale annonce une première manifestation d’ampleur le 19 janvier prochain.
Olivier Grojean, maître de conférences en science politique à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne. Il est spécialiste de la question kurde, et en particulier du PKK.
Il y a dix ans, le 9 janvier 2013, trois militantes kurdes étaient assassinées dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan situé au 147 rue Lafayette dans le 10ème arrondissement de Paris. L’enquête qui avait plutôt mal démarré a finalement permis d’arrêter l’auteur présumé du triple assassinat et de souligner ses liens avec les services secrets turcs, sans toutefois pouvoir remonter jusqu’aux commanditaires de l’acte. Le meurtrier présumé, atteint d’une tumeur au cerveau, est décédé à la veille de l’ouverture du procès en assises. Il est donc mort présumé innocent. Pas de procès, des questions restées sans réponse, une enquête qui a progressé grâce aux révélations spectaculaires de la presse turque, un malaise persistant sur la nature des relations entre services turcs et français et une communauté kurde fragilisée, dont la sécurité pourrait être sacrifiée au nom d’intérêts supérieurs franco-turcs ou européo-turcs. Les familles des trois victimes n’ont jamais été reçues par les autorités françaises. Pourquoi ?
Le 23 décembre dernier, un homme armé a tué trois personnalités kurdes, dans le même arrondissement de Paris, cette fois dans et à l’extérieur du centre culturel kurde, situé rue d’Enghien. Coïncidence ? Dix ans plus tard ? La colère est montée dans la communauté kurde de France et d’Europe, qui se sent menacée, en sécurité nulle part, de nouveau visée et frappée, et qui a du mal à croire au mobile strictement raciste de l’acte du tireur, sans lien avec leur origine kurde, leur engagement militant dans la communauté kurde ou leur statut de sympathisant de la cause kurde. Et en effet, la presse française ne manque pas d’articles ou de reportages qui, depuis 10 ans, soulignent les opérations d’espionnage de la diaspora kurde et de fichage des opposants à la Turquie en Europe, par les services turcs ou des structures en lien avec l’État turc, l’existence de réseaux implantés, ainsi que l’apparente facilité avec laquelle ils opèrent sur le territoire de pays membres de l’UE.
Qui sont les Kurdes de France, d’où viennent-ils majoritairement ? Quelle est l’histoire de ce peuple sans État, vivant principalement en Turquie, en Irak, en Iran et en Syrie ? Quelles langues et dialectes parlent-ils ? Comment naît la conscience nationale kurde, dans quel contexte surgit le nationalisme kurde, quels sont les grandes dates, les moments phares et les symboles de cette volonté d’émancipation nationale ?
Quelles sont les principales forces politiques kurdes qui structurent les Kurdes au Moyen-Orient et en Europe ? En quoi se distinguent-elles ? Quels projets de société revendiquent-elles ? Quelles sont leurs orientations politiques respectives ? Qu’est-ce que le PKK, le Parti des Travailleurs ? Pourquoi est-il classé comme une organisation terroriste par les États-Unis et l’UE ? Et pourquoi a-t-il autant de sympathisants en Europe ? Quelles organisations structurent et organisent la diaspora kurde ?
Docteur en sociologie politique de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (2008), maître de conférences en science politique à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne, Olivier Grojean est spécialiste des mobilisations et du transnational. En s’intéressant à la question kurde, il s’intéresse notamment à l’engagement en faveur de causes distantes, à la socialisation militante au sein des organisations radicales, à la dynamique des conflits violents et à l’usage de la violence contre autrui et contre soi.
Vous pouvez retrouvez toutes les références citées pendant l’émission (vous trouverez également sur cette page les podcasts par sujet traité ainsi qu’une transcription lorsqu’elle sera disponible).
Vous pouvez nous rejoindre sur le salon de discussion de l’émission (salon #libreavous, mais nous n’y sommes pas forcément tout le temps) pour participer à notre discussion en direct, nous contacter ou nous laisser un commentaire.
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Rencontre avec Jennifer Tamas, spécialiste de la littérature française de l’ancien régime et qui l’enseigne dans une université américaine.
Elle vient de publier « Au NON des femmes » (éd. Seuil), un essai captivant qui dynamite l’idée que les héroïnes des classiques de la littérature ou des contes populaire sont des femmes passives et soumises. Pour Jennifer Tamas non seulement une grande partie de la littérature féminine a été invisibilisée, voire spoliée, mais le patriarcat a aussi colonisé les textes canoniques notamment avec cette idée du romantisme au 19ème siècle qui ferait des femmes de « belles princesses endormies ». Or les questions de consentement et de refus féminin sont au cœur des intrigues. D’abord, les femmes ont été les premières à écrire des contes de fées littéraires pour repenser leur agentivité et l’institution du mariage (La Belle et la Bête, La Belle au bois dormant) mais elles ont aussi écrit des romans pour montrer que le désir féminin ne justifiait en rien la prédation sexuelle des hommes (La Princesse de Clèves).
Jennifer Tamas interroge ainsi les modèles amoureux anciens (galanterie, préciosité, libertinage) pour comprendre les rapports de pouvoir et montrer que les femmes avaient déjà “réinventé l’amour” et même un langage “précieux” pour s’extraire de la domination masculine.
Quand on y pense, nous sommes tous influencés par notre éducation. Par le modèle que nous ont montré, ou pas, nos parents. Par ce que notre expérience, nos expériences nous ont apporté. On se construit en opposition ou dans la ligne de ce qui nous a été transmis. D’ailleurs ce n’est ni tout noir, ni tout blanc. Lors d’une petite enquête que j’avais effectué, il y a quelques années auprès d’une 40 aines de personnes, à la question “pourquoi vous êtes-vous mis au vélotaf ?“, une seule personne m’avait répondu à peu près en ces termes “mais je ne m’y suis pas mise, un jour, par besoin de changement d’une situation. Je me suis toujours déplacée à vélo, depuis toute petite. Et quand je suis partie de chez mes parents, j’ai continué“. Comme si pour cette personne, se servir de son vélo comme outil de transport était aussi naturel, aussi évident que nombre de nos concitoyens se mettent derrière leur volant, tous les jours, sans questionnement.
Mauve Leroy était venu nous voir et nous évoquer sa vie de cycliste, enceinte. En novembre 2021 elle nous parlait au studio, Louison est arrivé quelques semaines après. Est-ce que Mauve a mis son enfant dans une remorque derrière son vélo naturellement ? Emmène-t-elle naturellement son fils à la crèche, à droite, à gauche à vélo ? Et les vacances, c’est à vélo, naturellement ?
Le débat acquis / inné est vieux comme le monde, Louison n’est pas assez vieux, il est certainement trop tôt pour savoir si Louison aura un vélo, comme une extension de son corps ou si au contraire il en aura tellement bouffé du vélo dans son enfance et sa jeunesse qu’il en fera un rejet. En attendant d’inviter Louison, parlons avec Mauve de sa vie de maman à vélo.
Il nous amène de la Place Beauveau…à pied vers l’Elysée. Ici le lien évoqué par Abel.
Baxter Dury – Miami
Contexte
Un coup porté déjà en 2020 par le député Kasbarian, avait modifié la loi de 2007 sur le DALO (Droit Au Logement Opposable) en étendant la notion de ‘domicile’ aux résidences secondaires — permettant ainsi à des propriétaires de demander manu militari l’expulsion de personnes se logeant dans des demeures vacantes en attendant de bénéficier d’un logement.
Ce même député a fait voter une nouvelle proposition de loi à l’Assemblée Nationale en décembre 2022 (qui sera discutée au Sénat le 31/01/2023) et qui a pour ambition de traquer et expulser plus vite et sans recours les squatteur.euses, les personnes sans bail, hébergées contre services, ET les locataires en retard de paiement de loyer. Les grandes lignes de ce projet sont expliquées et décortiquées ici par l’avocat Matteo BONAGLIA — grand spécialiste des questions de logement, de droit à être sous un toit et habitué des actions de soutiens avec l’association du DAL .
En synthèse, ce texte — très mal écrit et mélangeant beaucoup de choses — aurait pour conséquence s’il est voté de permettre que des décisions judiciaires soient prises en fait par un procureur de la république et un préfet, sans passer par des juges, sans donner de délai, sans prendre le temps d’apprécier la situation des personnes mises en cause, et sans procédure contradictoire. La justice poussée à n’être qu’une chambre d’enregistrement de ceux ou celles ayant un pouvoir — ici sur la vie d’autres : criminaliser des personnes déjà en difficultés, les expulser ET les emprisonner durant 3 années et les contraindre à une amende de 45000 euros. Trente ans d’évolution législative mise à bas, nous ferait retourner à des exécutions policières d’expulsion, dans les 72 heures après la décision d’un ou deux, sans autre forme …
Mais aussi, est ajoutée discrètement dans le texte la même criminalisation de toute occupation de fait de locaux à caractère économique ….. que ce soit pour se loger ou pour faire grève, occuper un site privé ou public lors d’un conflit …
Cette émission a été enregistrée dans une salle de réunion (dans des conditions peu propices et vous entendrez beaucoup de bruits de chaises !!), en présence de nombreuses associations mais aussi de citoyen·nes concernées et prêtes à lutter et manifester le 28 janvier !
Pauses musicales
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Un vendredi par mois, de 14h à 15h, Stéphane Manet invite des experts et des penseurs pour débattre et échanger autour des questions du travail,…
Entouré d’une équipe de professionnels du secteur, il décortique les problématiques quotidiennes des travailleurs, des demandeurs d’emploi, des jeunes en insertion, pour tenter d'y donner des éléments de compréhension différents.
Stéphane reçoit chaque semaine des invités, bien souvent des chercheurs du monde des sciences humaines et sociales, tels que Didier Demazière, mais également des autres sciences ou de la philosophie, comme Étienne Klein, des politiques comme Benoît Hamon ou encore des invités de témoignage.