Dans cet épisode de "Comment j'ai réussi?", Stéphane Pedrazzi reçoit Benoît Dubertret, fondateur de Nexdot et directeur de recherche au CNRS. Spécialiste des boîtes quantiques, il nous fait découvrir comment ces matériaux révolutionnaires, à l'échelle nanométrique, ouvrent la voie à des applications industrielles concrètes et durables.
Après avoir brillé pendant six ans aux États-Unis, au MIT, à Princeton et à l'université Rockefeller, Benoît Dubertret a choisi de revenir en France, porté par la conviction de contribuer au rayonnement de son pays. Il nous confie les raisons de ce choix, entre attrait pour l'équilibre de vie à la française et volonté de s'engager pour l'avenir de la recherche et de l'innovation tricolores.
Il commence par nous expliquer, avec des mots simples, ce que sont ces fameuses boîtes quantiques. Composées de semi-conducteurs à l'échelle nanométrique, elles possèdent des propriétés uniques d'interaction avec la lumière, permettant d'absorber, de transformer ou d'émettre des photons. C'est grâce à ces caractéristiques que les boîtes quantiques ont déjà révolutionné certains secteurs, comme l'éclairage avec les LED bleues, récompensées par le prix Nobel de physique en 2014.
Aujourd'hui, les boîtes quantiques sont également au cœur de l'innovation dans l'industrie des télévisions. L'invité nous révèle que les téléviseurs QLED de Samsung, désormais largement répandus, contiennent ces matériaux qui permettent d'obtenir des couleurs bien plus riches et éclatantes.
Mais les applications des boîtes quantiques ne s'arrêtent pas là. Chez Nextdot, lui et son équipe ont développé un vernis transparent, à base de ces matériaux, qui permet de protéger les parfums de la dégradation causée par les rayons UV. Alors que les parfumeurs utilisent traditionnellement des molécules chimiques potentiellement néfastes, ce filtre UV naturel offre une solution plus écologique et efficace pour préserver la qualité des parfums.
Malgré les bénéfices évidents, il déplore que l'industrie du parfum peine encore à s'emparer de cette innovation. Les changements de process et d'étiquetage qu'elle implique freinent son adoption, mais Benoît reste confiant dans la capacité de cette solution à s'imposer à terme.
L'autre application phare développée par Nextdot concerne les cellules photovoltaïques. En ajoutant une couche de boîtes quantiques au dos des panneaux solaires, l'entreprise parvient à améliorer leur rendement énergétique de 2% - un bond considérable qui se traduit par des gains de plus de 80 millions d'euros par an pour un seul de leurs clients, une entreprise américaine pionnière dans la fabrication de panneaux hors de Chine.
Benoît Dubertret souligne l'importance du soutien de la BPI et des fonds européens pour permettre à Nextdot de franchir le cap de l'industrialisation, un défi de taille pour les start-ups issues de la recherche. Il évoque également les défis liés au coût de l'électricité en Europe, qui pénalise l'industrie chimique, et plaide pour une meilleure allocation de l'électricité décarbonée au profit de secteurs stratégiques.
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