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By Pierre GuelffNon-Profit
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  • Curio Guide : Les gens du Nord n’oublient pas…

    « Les gens du Nord ont dans le cœur le soleil qu’ils n’ont pas dehors… », chante Enrico Macias et c’est exactement ce que j’ai ressenti en arpentant le Pays flamand et celui des Ch’tis dans le cadre d’un Curio Guide consacré au Nord de la France.

    À Hondschoote, non loin de Bergues, région cataloguée de ch’ti par Dany Boon mais qui, en réalité ne l’est pas, le Pays Ch’ti étant situé plus bas sur la carte géographique, m’a-t-il été certifié à la mairie de Hondschoote : « Ici, les plus anciens parlent le flamand et non le ch’ti, nous n’avons pas du tout cet accent. »

    Cadeau de Lamartine à Hondschoote (Photo Marie-Paule Peuteman).

    Cette nuance étant apportée, la visite de l’hôtel de ville a confirmé que l’on est en présence d’un bâtiment de style gothique-Renaissance, que l’on y découvre l’attachement de Lamartine à cette cité et à la région dont il fut député, sous forme de cadeaux : un immense tableau représentant la bataille d’Hondschoote de 1793 qui trône dans la salle du conseil et, au dos de l’église-halle dont la tour date du XVIe siècle, une pompe à bras.

    À cinq cents mètres au nord de cet ensemble, voici le « Noord-Meulen », le plus ancien moulin à vent d’Europe, puisqu’il date de 1127.

    À gauche, Jean, chantre de la cité d’Hondschoote (Photo Marie-Paule Peuteman).

    À ses pieds, j’y ai rencontré Jean, qui avec un enthousiasme communicatif, nous partage son activité auprès de cet ensemble qui fonctionna encore jusqu’en 1959 : podcast ci-contre.

    Et, toujours en compagnie d’Enrico Macias, concluant : « Les gens du Nord ouvrent toujours leurs portes à ceux qui ont souffert. Les gens du Nord n’oublient pas qu’ils ont vécu des années d’enfer. Si leurs maisons sont alignées, c’est par souci d’égalité. »

    6 min
  • COP 26 à Glasgow : Honte de prendre l’avion
    Un tiers des émissions de gaz à effet de serre résulte des transports à énergies fossiles, tels les avions, les bateaux, les voitures, principalement les camions routiers qui totalisent à eux-seuls quelque 90% de cette pollution majeure. Si le vélo retrouve la cote, pas l’électrique qui est un leurre de modèle dit écologique et sportif, […]
    2 min
  • « Je respecte toutes les opinions… même la mienne ! »

    Quand on évoque le peintre, graveur et lithographe namurois Félicien Rops (1833-1898), d’aucuns pensent aussitôt à ses peintures érotiques qualifiées de « très osées » à l’époque. C’est réducteur par rapport à l’immense talent d’un chef de file de l’avant-garde artistique à la fin du XIXe siècle (Photos de Fréquence Terre d’œuvres de Félicien Rops exposées au Musée Rops à Namur).

    Étudiant doué fréquentant un collège des Jésuites, il dira qu’il y a appris un « tas de choses inutiles qui ont fait le charme de sa vie » et, déjà, il appréciait caricaturer ses professeurs.

    Néanmoins, il bifurqua de l’enseignement catholique à l’école laïque, puis il suivit des cours à l’académie des Beaux-Arts, s’inscrivit à l’Université Libre de Bruxelles, une fondation libre-exaministe ou, comme on dit dans l’Hexagone, libre-pensée, pour faire face à l’omnipuissante Université Catholique de Louvain.

    Très engagé dans le mouvement estudiantin et la bohème bruxelloise, il créa l’hebdomadaire Uylenspiegel, le journal des ébats artistiques et littéraires, et s’attaqua même au domaine politique en devenant un spécialiste de la lithographie avec « La comédie politique », « La politique pour rire… »

    En 1857, il épousa Charlotte Polet, fille d’un juge et deux enfants naîtront de cette union.

    La réputation de Félicien Rops atteignit Paris et il illustra de ses gravures l’ouvrage Légendes flamandes de son ami Charles De Coster et fut considéré comme un maître de l’eau-forte, mieux connue sous le nom de « gravure chimique », alors que ses œuvres érotiques suscitaient maints commentaires, parfois courroucés et indignés.

    Rops rencontra également Baudelaire et ils échangèrent sur leur, je cite, « amour de la forme cristallographique première ».

    Auteur de frontispices, c’est-à-dire des gravures placées en regard des titres de livres, il devint l’illustrateur le plus demandé dans la Ville lumière.

    Les engagements de Félicien Rops, outre son appartenance à la philosophie non dogmatique qu’est la Franc-Maçonnerie, furent basées sur des actions concrètes : fondation de la « Société libre des Beaux-Arts » s’élevant, justement, contre tout dogmatisme qui, à ses yeux, était « la négation de toute liberté et de tout progrès ».

    Il créa aussi la « Société internationale des Aquaforistes ».

    Il s’installa à Paris, eut une vie privée, disons, intense, et dans son art il eut une approche de plus en plus réaliste de la société, car, pour lui, l’emprise du sexe était une réalité humaine.

    Il se tourna également vers un art symbolique.

    Habitant près de Paris, il s’adonna à la botanique, créa une nouvelle variété de rose, collabora avec Verlaine avant de s’éteindre le 23 août 1898 dans sa propriété au bord de la Seine, non loin de la forêt de Fontainebleau.

    En arrivant au Musée Félicien Rops à Namur, la capitale de la Wallonie, des citations sont inscrites sur le sol et, bien entendu, il y a en a quelques-unes à l’intérieur des deux étages qui le composent : « Le nu absolu joue un certain rôle dans la vie et dans tous les temps », « Je veux faire des choses nouvelles, si le Diable m’en donne la force », « Notre siècle étroit et bête me pèse comme un vêtement qui n’est pas à ma taille », « Je respecte toutes les opinions… même les miennes » et sa devise : « Rops je suis. Aultre ne veulx estre ».

    Mais Félicien Rops expliqua aussi les techniques employées pour composer son art, comme cela est exposé à côté de dizaines de ses œuvres (écoutez le podcast ci-contre).

     

    Musée Félicien Rops – 12 rue Fumal – Namur

    https://www.museerops.be/

     

     

     

    5 min
  • Henri Vincenot : « Sur le chemin des étoiles, ouvrir à un humanisme plus large » (2/2)

    Henri Vincenot (1912-1985), auteur de romans de terroir, peintre, sculpteur, est considéré comme le « Père de la Bourgogne ». Pour cette deuxième chronique qui lui est consacrée, sa fille Claudine accepta encore de partager avec nous quelques pans de l’existence de l’inoubliable auteur du Pape des escargots, des Étoiles de Compostelle, du Maître des abeilles…

    « La Bourgogne d’Henri Vincenot, c’est aussi, pour la plupart de ses lecteurs, celle des fameuses émissions de Bernard Pivot « Apostrophes », qui révéla aux téléspectateurs, un beau soir, une image exacte mais partielle, voire réductrice, d’une Bourgogne représentée par un grand-père folklorique, à l’accent du terroir et un tantinet passéiste.

    Simple arrêt sur image qui enferme à la fois la Bourgogne et mon père dans le carcan d’une image d’Épinal. On a bien aimé l’émission ce soir-là : c’était facile, drôle, clair et net, sans arrière-pensée ni sens caché et pourtant, la Bourgogne de Vincenot, c’est bien autre chose, de plus subtil, de plus philosophique aussi : par elle, je l’ai compris plus tard, il cherchait à approfondir notre particularité pour nous enraciner et nous projeter en même temps sur le chemin des étoiles, nous ouvrir à un humanisme plus large.

    Meursault dessiné par Henri Vincenot.

    Cette Bourgogne-là permit à l’homme Vincenot d’y puiser, tel Antée, la force d’aller plus loin, à la rencontre de ses frères humains et à la découverte des forces cachées de Mère Nature. L’œuvre entière de Vincenot (écriture, peinture, sculpture) est la quête du sens à la fois évident et secret du langage des choses et du monde.

    Évident pour ceux qui se souviennent encore d’y avoir été initiés par des aïeux paysans ou artisans, Vieux Sages de rencontre. Incompréhensible pour les autres, happés par la grande Babylone impudique décérébrant les plus astucieux et gommant les plus cocasses différences. C’est à ceux-là surtout que s’adresse l’écrivain Vincenot qui a lui-même souffert de cette incarcération en notre capitale bitumée.

    Ésotérisme ? Mysticisme ? Intuition du sens caché ?

    Mais n’allons pas fantasmer sur ces fameux secrets et nous demander s’il n’y a pas là-dessous quelque société secrète.

    Secrets tout simples des grands bâtisseurs qui toujours intriguèrent les hommes et coûtèrent la vie, qu’on s’en souvienne, à Adoniram, l’architecte du temple de Salomon : personnage étrange, indépendant par nature, solitaire par vocation, indifférent aux honneurs et dont la destinée était de courir le monde, toujours appelé là où il avait le devoir de transmettre le message : la bonne formule, la Divine Proportion, clef de l’univers.

    C’est, on le voit, le portrait du « Pape des escargots », du Prophète des « Étoiles de Compostelle » et du Mage Balthazar, alias le « Maître des abeilles » …

    Tous les héros romanesques qui animent de leurs pèlerinages et autres aventures, les plus célèbres romans bourguignons de Vincenot connaissent faune et flore sauvages, savent déchiffrer les astres et expliquer les signatures des compagnons maçons qui bâtirent les plus belles églises romanes de Bourgogne et d’ailleurs : la spiraler – l’escargot – qui traduit l’ « envirotement[1] » cosmique, la patte d’oie et le triangle, signification arithmosophique du chiffre 3, le sceau de Salomon et ses deux triangles inversés  pouvant évoquer l’interpénétration du monde d’en haut et de celui d’en bas (courants cosmiques et telluriques), du passé et de l’avenir en un ici et maintenant qui seul importe :

     

    « Parlez-moi du présent, le présent doré, le présent ensoleillé qui a la figure d’aujourd’hui, et la mine du temps qu’il fait, qui a la saveur du lard qu’on mange, le bouquet du vin qu’on boit et la santé de la femme qu’on aime. »  

     C’est bien celle-là la Bourgogne de Vincenot, terreau du futur et non fief du passéisme, car la tradition, la vraie, est porteuse d’avenir et non stérile repli sur soi.

    Pour le plaisir de l’émotion écoutons le pépère Antoine, personnage d’un récit et si proche de mon père qu’il me semble l’entendre monologuer à l’approche de sa mort :

    « Je serai léger pour partir car j’ai tout donné ; je n’emporte rien avec moi, j’ai donné mon corps au contact de mes outils (…), je vais demeurer parmi les miens incrusté dans les objets ; de moi partout, de moi toujours. »

    Alors, je ne saurais parler de mon père et de sa Bourgogne, sans évoquer sa « brunette d’épouse, chaude comme une petite caille ». Remarquable femme d’artiste, elle aussi nous a tout donné.

    Pour moi, mes parents sont les piliers du Temple et la clef de toute chose.

    C’est bien cela la transmission, et c’est bien cela aussi la Bourgogne de Vincenot, celle qu’il nous a léguée dans ses écrits, ses tableaux, ses sculptures.

    Dans ce sens du dialogue et de l’art d’accoucher les esprits, qui caractérisent mon père, sa Bourgogne m’apparaît finalement et avec évidence être pour chacun de nous une questionnante métaphore.

    C’est là ce qui fit le succès littéraire d’Henri Vincenot : il sut, par une simplicité toute de malice sympathique, nous cueillir au creux de nos us et coutumes pour nous conduire plus loin, plus haut sur les chemins de belle plénitude. »

    [1] Avoir le viret en patois bourguignon, c’est-à-dire avoir le vertige, tourner comme les planètes dans le cosmos.

    Photo : cloître de l’abbaye de Fontenay (Photo Pierre Guelff)

    0 min
  • Exclusif : La Bourgogne d’Henri Vincenot racontée par sa fille(1/2)

    Claudine Vincenot est la fille d’Henri (1912-1985), chantre et « Père » de la Bourgogne, à qui une salle est dédiée au Musée de Dijon, ainsi qu’une rue de cette ville et un collège à Louhans.

    Elle nous a partagé quelques propos exclusifs sur cet auteur dont les ouvrages marquent encore la littérature dite de terroir : Le Pape des escargots, Les Étoiles de Compostelle, Le Maître des abeilles…

    Elle nous livra aussi une réflexion de son père :

    « Pauvre Grand-mère Bourgogne, tu es si ardemment et si fréquemment vantée par tant de conférenciers bien intentionnés, par tant d’écrivains en mal de régionalisme, que j’ai peur de parler de toi, en dépit de l’amour violent que je te porte ! (…) Ce n’est pas facile d’évoquer sa province lorsqu’elle est trop belle, trop riche, trop à l’aise dans ses vêtements de pourpre et d’or et vraiment trop semblable à l’idée que l’on s’en fait lorsqu’on prononce simplement son nom, son nom dodu, tendre et charnu : Bourgogne ! »

     Ensuite, Claudine Vincenot évoqua longuement son père :    

    « Alors, me direz-vous, la Bourgogne de Vincenot, ce n’est que cela ?

    C’est d’abord l’enfant qui répond, l’enfant que je fus, rêvant sa vie dans une Bourgogne magique, celle que mon père à longueur de balades dans les friches et de veillées au coin du feu, nous contait, nous chantait, nous découvrait

    Toute occasion était bonne pour rire et admirer notre province, jamais ronchonne, jamais grognonne :  dans ses récits, la Belle étalait sans vergogne ses côteaux vineux, les croupes dorées de ses collines, les grands bois sauvages, les friches solitaires et les grasses pâtures généreuses.

    Dijon, dessin d’Henri Vincenot (reproduction avec l’aimable autorisation de Claudine Vincenot)

    Pour moi, fille de mon père, la Bourgogne vit par son regard, cette Bourgogne multiple et secrète où « trucule » la vie et où l’amour fait loi.

    « La Vie est belle ! », nous disaient les parents. Et… c’était pourtant la deuxième guerre mondiale lors de laquelle Henri fut arrêté par la Gestapo. Geôle dont, tout blessé qu’il fût, il s’échappa par monts et friches de cette Bourgogne qu’il connaissait « par cœur » : il nous racontait cette vilaine histoire comme une aventure de Tintin et nous en redemandions chaque soir !

    Écrivain, conteur fabuleux, mais aussi peintre : la maison de mon enfance était une exposition permanente de ses tableaux, dans une senteur inoubliable d’huile de lin et de térébenthine. Tous les ocres et les pourpres des vendanges, les bleus de cobalt ou de céruléum des ciels glacés d’hiver, les verts crus ou subtils des pâturages d’Auxois, nous donnaient, à nous ses enfants, un bonheur sans faille. Une vision de notre province, certes, mais plus large aussi : une vision du monde qui nous fouettait le sang et nous forgeait un bel enthousiasme ; aide souveraine qui aidera, plus tard, à ne faire qu’une bouchée des vilénies de la vie ; vision d’artiste qui sait mettre à portée de regard un bonheur « craquant », mais d’une réalité qui n’occulte pas la mort et chante la terre nourricière, à la fois berceau et demeure ultime.

     

    Photos : Claudine Vincenot

    Chant : Ban bourguignon (Youtube)

    5 min
  • Reportage : Jean-Michel Folon, un appel à la liberté

    Jean-Michel Folon (1934-2005), aquarelliste, peintre, graveur et sculpteur fut un artiste humaniste et pacifiste dont chaque œuvre fut un appel à la liberté.

    Mondialement connu pour ses affiches et sculptures, si les téléspectateurs se souviennent de son générique d’Antenne 2 (devenue France 2) et des sept hommes bleus volants dans les cieux, il y a également un nombre impressionnant d’œuvres qui mettent en scène l’environnement, les Droits humains et cette liberté symbolisée par l’oiseau hors de sa cage.

    Pour cet artiste engagé, nostalgique de la nature que la folie des êtres humains détruit chaque jour, l’arbre et la Terre furent aussi des thèmes récurrents pour sensibiliser les gens, éveiller en eux la volonté de préserver nos forêts, par exemple.

    Il y a aussi son combat contre la peine de mort et le racisme et nous ne pouvons qu’apprécier sa déclaration « les couleurs sont faites pour se mélanger et s’aimer ». Il était pour l’égalité entre les êtres, quels que soient leur couleur, leur religion ou leur culture, il promut la liberté individuelle, la liberté de penser et la liberté physique.

    Tout cela se retrouve jusqu’au 7 novembre à l’exposition d’une sélection d’affiches, certaines rares, à la Fondation Folon située à La Hulpe, une commune du Brabant wallon à quelques kilomètres de la capitale de l’Europe.

    Fréquence Terre ne pouvait que la visiter pour vous.

    Photos : Fréquence Terre-RFI

    Podcast ci-contre, dont voici le résumé :

    Jean-Michel Folon marqua l’art de l’affiche et l’œil du public. Il travailla pour la mémoire de la rue et dès les années 1970, il se détacha de plus en plus des projets commerciaux pour se tourner vers ce qu’il considérait comme fondamental à promouvoir : la défense de l’environnement et les Droits humains (Greenpeace, Amnesty International, la Croix-Rouge, l’UNICEF…)

    Un exemple concret avec l’affiche du film La Spirale évoquant la situation politique chilienne sous Pinochet, soit la naissance et l’implantation d’un fascisme : « Pour notre malheur, on ne sait trop bien quelles formes prend le fascisme quand il choisit de s’installer quelque part, ce sont les plus sournoises. »

    Pour l’affiche consacrée à Amnesty International, il déclara : « On ne représentera jamais assez l’idée de liberté ».

    7 min
  • France et Belgique : pourquoi tant de haine ?
    J’aime le foot, du moins le beau jeu, j’aime le folklore bon enfant qui l’entoure parfois, en revanche, je ne m’associe absolument pas à leur transformation en une haine ou un véritable racisme dans le chef de qui que ce soit. Il faut raison garder, n’y a-t-il pas assez de problèmes climatiques et sociétaux comme cela ?

    Quand je lis le titre du quotidien belge Le Soir, qui s’est autoproclamé Le Monde belge depuis longtemps : « Pourquoi les Belges jubilent-ils quand la France perd ? », je corrige aussitôt l’amalgame « les » par « des » Belges.

    Heureusement, l’article nuance ce titre : « Le plaisir de nombreux Belges (francophones surtout) qui saluent les déboires sportifs français dévoile nos complexes, nos agacements et nos frustrations face à une certaine condescendance française qui vire parfois à l’arrogance. »

    Quand j’entends Gilles Favard, le chroniqueur de L’Équipe, clamer que « les Belges vont vite rentrer chez eux manger des frites », je me souviens des lamentables blagues racistes de Coluche qui, je pense, passeraient à la moulinette de la cancel culture qui sévit actuellement dans le monde.

    Depuis des semaines, donc, le foot, sport n°1 sur la planète, génère des comportements tellement éloignés du fair-play, du simple folklore à se brocarder, de la gouaille, pour faire place à l’insulte, à l’abaissement, à l’humiliation, qui donnent le sentiment d’un nationalisme qui, c’est son but, ne fait qu’élever des barrières entre les peuples.

    On peut supporter telle équipe, souhaiter qu’elle gagne face à telle autre équipe, sans pour cela tomber dans la haine de l’autre, et de qui que ce soit d’ailleurs.

    Comment et pourquoi en arrive-t-on à pareilles situations, si ce n’est par un nationalisme qui va à l’encontre des élémentaires relations fraternelles et qui tisse une société où l’égocentrisme est porté comme un étendard.

    Quand j’entends retentir la Marseillaise, puisque c’est une règle qui semble immuable de débuter un match international de la sorte, une règle tellement loin de l’esprit universaliste, je me demande pourquoi elle n’a pas encore été remplacée par la Marseillaise de la Paix ?

    Vous ne connaissez pas ? Voici son refrain, et croyez-moi c’est plus agréable à fredonner que le sang qui coule dans nos sillons…

    Photos : Pierre Guelff.

    Chanson Plus Bifluorée - Marseillaise de la paix (DP/Adaptation : S.Richardot-X.Cherrier-M.Puyau )

    4 min
  • Rosa Luxemburg : femme rebelle et citoyenne du monde
    Exception faite de Greta Thunberg, il se dit que la jeunesse actuelle n’a plus de modèles à prendre en exemples pour s’engager dans des actions citoyennes au nom de la solidarité et de la fraternité, concepts qui sont quand même des piliers d’une société où le bien-vivre ensemble est tellement crucial.

    Alors, en attendant d’autres Greta, allons à la découverte de Rosa Luxemburg (1871-1919), une citoyenne du monde, grande opposante à la guerre et au militarisme, condamnée à la prison en 1914 pour son appel à la désobéissance militaire, puis assassinée par des soldats allemands le 15 janvier 1919, son cadavre étant jeté dans un canal berlinois.

    C’est elle qui dit, comme un pressentiment à son terrifiant destin, que, certes, le monde était beau mais qu’il le serait davantage s’il n’y avait pas sur terre des pleutres et des lâches.

    Et de mettre en exergue le fait qu’il y a toujours au bout de la chaîne de la répression une personne qui a le pouvoir d’accomplir l’acte qu’on lui commande ou de refuser.

    Alors, pour avoir énoncé pareille évidence et avoir eu des idées pacifiques, elle fut donc mise à mort à l’âge de quarante-huit ans. Assurément, quand elle parla de lâches et de pleutres, je pense aussitôt au gouvernement allemand d’Adenauer en 1962 qui jugea que son exécution avait été légale en accord avec la loi martiale.

    Elle qui, pourtant, toute sa vie, avait lutté pour la fraternité, dénonça le nationalisme, eut une attention indéfectible au prolétariat, fut alors rapidement fichée par la police tsariste, celle de la Russie ayant envahi la Pologne natale de Rosa.

    L’internationale était la clef de voûte de son idéal politique et elle était intransigeante dans son soutien à une organisation pacifique des travailleurs rejetant le terrorisme.

    Une de sources de la présente chronique.

    Ajoutons, qu’elle était incorruptible, ne supportait pas les compromissions, et la haine à son égard s’installa insidieusement.

    À 23 ans, elle fut traitée de rebut juif, de gredin, de brigand.

    Eh bien, malgré ce climat hostile, elle poursuivit inlassablement son idéal, jusqu’à fonder un journal, appelé La Cause ouvrière, avec Léo Jogichès, son compagnon. Dans ses écrits, elle était aussi à la pointe pour affronter ceux qui se disaient socialistes et qui n’hésitaient pas à collaborer avec la police pour se débarrasser d’adversaires politiques.

    Après avoir vécu un temps à Zurich, elle débarqua à Berlin.

    La suite de la courte vie de Rosa Luxemburg se déclinera dans une prochaine chronique…
    4 min
  • L’Homme qui marche : des petits miracles
    Ce n’est pas à un joggeur-randonneur au long cours qu’il faut apprendre que la marche et la course à pied sont souvent synonymes de réflexions, méditations, prises de décisions et, surtout, de bien-être physique et mental, voire de techniques de revalidation dans certaines maladies, surtout cardio-vasculaires.

    Qu’en est-il avec L’Homme qui marche un roman de Jean-Paul Delfino, surnommé le « conteur des petits miracles », récemment paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson ?

    D’emblée la citation de Jean Giono donne le ton : « Si tu n’arrives pas à penser : marche. Si tu penses trop : marche. Si tu penses mal : marche encore », citation qui ouvre les 270 pages de ce récit en forme de balades, de promenades, de déambulations, parfois surprenantes, d’autres fois enchanteresses, mais jamais inintéressantes sur le plan humain.

    Noël : c’est l’anniversaire de Théophraste Sentiero, 41 ans, et, bien entendu, le pantagruélique repas du jour dédié à la naissance de Jésus, celui qui, pourtant, paradoxe de la Nativité, prêcha la sobriété.

    Soudain, les jambes de Théo se mirent à trembler sous la table. Des secousses qui perdurèrent le lendemain, et encore le surlendemain.

    La médecine y perdait son latin et même pied, si j’ose dire, au contraire d’un vieux libraire qui, lui, avec une sagesse probablement puisée dans de vieux manuscrits ou grimoires, allez savoir, conseilla à Théo de marcher. Oui, tout simplement mettre un pied devant l’autre, de se laisser aller au rythme de ses saccades et au gré du vent.

    Ainsi, Théo déambula à travers rues et quartiers de Paris, parfois en banlieue, avec la marche comme un remède ou une thérapie à son trouble moteur. Et, là, visiblement, il y avait quelque espoir de canaliser ces tremblements intempestifs.

    Bien sûr, quand il s’arrêtait pour s’hydrater dans un bistrot et glissait ses jambes sous la table, eh bien, « Dame tremblote » reprenait sa danse au point qu’au Gay-Lu, madame Jouve, tenancière du bistrot, crut faire de l’humour en lui demandant s’il avait attrapé la danse Saint-Guy, une infection qui touche le système nerveux, et lui indiqua les toilettes !

    Ainsi, dans ce roman écrit par celui qui collectionne les prix littéraires, vous allez suivre les pérégrinations de Théo. Vont-elles les mener à la guérison ? Je peux seulement vous dire, sans risque de divulguer la réponse à cette question, qu’elles lui feront découvrir quelques personnages lui ouvrant « un horizon insoupçonné », comme l’indique Jean-Paul Delfino.

    4 min
  • Un nouveau héros pour Dame Nature
    On ne peut qu’être admiratif en ces temps particulièrement difficiles pour l’édition, qu’un éditeur, Evalou, lance une toute nouvelle collection, a fortiori s’il s’agit de bandes dessinées pour les plus jeunes et, qu’en plus sur le prix de vente unique de 12 euros l’album, un euro est reversé à une association philanthropique de sauvegarde de la Nature.

    Cette collection, titrée « Captain Paul » invite à découvrir les aventures de Paul Watson, fondateur de la remarquable ONG de lutte pour la protection des océans, plus particulièrement contre le braconnage.

    Les auditeurs de Fréquence Terre se souviennent certainement, que cet activiste chevronné, donna de longues interviews à notre chroniqueur Daniel Krupka, le spécialiste de la défense du milieu marin dans sa rubrique  Longitude 121.

    Ici, quel plaisir de retrouver cet homme, fondateur en 1977 de l’association Sea Sheeperd (si chéfeurde) ce qui signifie « Berger des mers », c’est-à-dire, tout simplement, quelqu’un qui protège des animaux.

    Paul Watson, est entouré de très nombreux bénévoles dans le monde, des membres de l’association, bénévoles, partent à l’assaut des vagues et des étendues marines avec un courage hors pair, parfois durant des mois, pour protéger ce qui peut encore l’être face au massacre planétaire des mers et océans.

    Son bateau porte le drapeau des pirates, symbole qui faisait peur au temps des corsaires, mais, ici, qui est le symbole d’un combat pour la vie face à des braconniers sans le moindre scrupule qui pêchent et chassent des animaux, alors que certains sont protégés par des quotas rigoureux et parfaitement légitimes dans le cadre de la protection de la Nature.

    Quatre albums viennent déjà d’être publiés et évoquent les baleines, les tortues, les phoques et les requins.

    Ce support ludique, et magnifiquement illustré pour des enfants de 3 à 8 ans, avec des histoires « vraies » à leur portée, est certainement appelé à devenir   un succès amplement mérité.

    3 min

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