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Or


Situé dans le splendide environnement de la vallée de la Nonette, rivière d’une quarantaine de kilomètres, le Château de Chantilly est, selon l’écrivain Louis-Sébastien Mercier, « le plus beau mariage qu’aient jamais fait l’art et la nature ». La crème des châteaux, en somme !
Si le site fut occupé par une forteresse médiévale avec sept tours, les Grandes Écuries, chef-d’œuvre architectural, abritent à présent le Musée vivant du Cheval, alors que le château accueille le Musée Condé et que les jardins sont le fruit de l’admirable création d’André Le Nôtre, le courtisan et ami de Louis XIV.
Le Domaine de Chantilly, c’est, donc, la deuxième collection de peintures anciennes après Le Louvre, des animations équestres, des activités nautiques, le labyrinthe des Princes, des expositions thématiques et, bien entendu, la dégustation d’une pâtisserie avec une bonne crème fraîche, de la Chantilly, dont l’inventeur marqua l’Histoire et la gastronomie !
Avant de reparler de cette crème, il est bon de préciser aux visiteurs contemporains qu’ils mettent leurs pas dans ceux d’illustres personnages, tels La Fontaine, La Bruyère, le lieu lui inspira « Caractères », œuvre publiée en 1688, Bossuet, Madame de Sévigné et Madame de La Fayette y séjournèrent également, quant à Molière, il y créa « Les précieuses ridicules »… Aujourd’hui, quelque 450.000 visiteurs parcourent le domaine et celui-ci regorge de multiples anecdotes…
… parmi les anecdotes, citons la construction d’un jeu de l’oie géant avec ses cases disposées en spirale et ses stations (pont, puits, prison…), celle d’un grand labyrinthe, d’un Jeu de Paume, d’un jardin anglo-chinois, d’un hameau où village paysan qui inspira la reine Marie-Antoinette…
Le château de Chantilly fut confisqué comme bien national à la Révolution, envahi, pillé par des gardes nationaux, utilisé comme prison sous la Terreur, vendu en 1799, démoli pour récupérer des matériaux, seuls le Petit Château et les Grandes Écuries échappèrent à la destruction.
Henri d’Orléans fit reconstruire un château sur les anciennes fondations, y accumula des collections et légua l’ensemble à l’Institut de France en 1886. Lors de la Première Guerre mondiale, Chantilly fut le quartier général du Maréchal Joffre et le lieu de réunions entre les Alliés.
Une dernière anecdote : lorsque vous dégustez une pâtisserie à la crème Chantilly, sachez qu’il fut question d’un somptueux repas auquel participait le Roi-Soleil et, selon Madame de Sévigné, le maître d’hôtel était François Vatel, célèbre pâtissier-traiteur, inventeur de ladite crème Chantilly. Ne voyant pas arriver les poissons commandés pour le banquet, il ne supporta pas cet affront et se suicida.
Outre la gloire avec sa crème, François Vatel passa à la postérité dans la littérature grâce à Alexandre Dumas, Gérard de Nerval, Guillaume Apollinaire, et au cinéma avec Gérard Depardieu dans « Vatel », film d’ouverture à un festival de Cannes. Également, la crème de la littérature et du cinéma !
À la semaine prochaine !
Vous qui allez visiter ou séjourner à Carcassonne, ville aux deux sites classés au Patrimoine Mondial, le Canal du Midi et la Cité, la plus grande forteresse d’Europe, vous serez accueilli par une étrange statue à la Porte Narbonnaise…
Qui est-elle ?
« Au VIIIe siècle, pendant l’occupation de la Cité par les Arabes, dame Carcas, Princesse sarrasine, aurait défendu Carcassonne (qui ne s’appelait pas encore ainsi) contre un siège de Charlemagne.
Ce siège s’éternisait depuis cinq ans. Au bout de ce temps, dans la forteresse, les vivres vinrent à manquer. Dame Carcas avant de prendre une décision, fit fouiller toutes les maisons de la ville pour récupérer la nourriture qui aurait encore pu rester chez les habitants.
Les soldats ne rapportèrent au château qu’un sac de blé et… un porc qu’une vieille femme avait dissimulés au fond de sa cave.
La princesse eut tôt fait de considérer qu’il était inutile de distribuer ces provisions à la garnison et aux habitants de la Cité : il n’y en aurait pas une bouchée pour chacun, de plus, les soldats étant musulmans, ils ne mangeraient pas de cochon.
Dame Carcas fit gaver le porc avec le sac de blé et le jeta ensuite par-dessus les créneaux : l’animal vint s’écraser aux pieds de Charlemagne, libérant de ses entrailles tout le blé dont il avait été gavé.
Stupeur de Charlemagne : « Si les Arabes se permettent de jeter les vivres c’est que la ville est abondamment approvisionnée, inutile de poursuivre le siège qui a déjà bien trop duré. »
Ordre fut immédiatement donné de lever le siège.
Mais lorsqu’on était une femme, même musulmane, on résistait bien mieux à un siège qu’au charme de l’Empereur à la barbe fleurie, dit-on !
Le fait est que, Dame Carcas voyant s’éloigner Charlemagne fut prise d’une grande tristesse à l’idée de ne plus le revoir, le rappela, le sonna… et lui livra sa ville, les cloches sonnant à toute volée.
Depuis ce temps-là, Carcas… sonne (Charlemagne).
La légende ajoute que le Grand Empereur donna Dame Carcas en mariage à l’un de ses fidèles compagnons, Roger. »
Mais, il y a aussi une énigme non loin de la statue à la basilique Saint-Nazaire (XIe siècle) qui propose une énigme non résolue depuis des siècles.
Outre une jolie nef romane, une splendide rosace sud, des vitraux dont les plus anciens remontent au XIIIe siècle…, je me suis surtout attardé devant la « Pierre du siège ».
Il s’agit d’un fragment sculpté de bas-relief (XIIIe siècle) représentant un siège. Lequel ?
Certains évoquent la mort de Simon de Montfort devant les murs de Toulouse, d’autres le massacre des Cathares. À ce sujet, en parcourant la Cité et ses trente-huit tours dont une fut le siège du Tribunal de l’Inquisition, ce pan de l’Histoire et ses quelques vestiges témoignent encore des tortures subies par les « hérétiques », tels des chaînes et un cachot.
Mais, ne quittons surtout pas Carcassonne en assistant au spectacle inouï de fauconnerie, celui où vous pourrez être acteur quand un rapace apprivoisé vient se poser sur votre épaule ou manger dans votre main. Impressionnant mais inoubliable, comme Dame Carcas !
À la semaine prochaine !
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