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Or


Sarah Bernhardt (1844-1923), a été la plus importante actrice française du XIXe siècle et début du XXe siècle, et une fabuleuse comédienne de théâtre, surnommée la « Voix d’or » ou la « Divine ». Tragédienne exceptionnelle (Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani, La Dame aux Camélias…), elle fut la muse d’artistes et habita la Pointe aux Poulains sur Belle-Île-en-Mer : « J’aime venir chaque année dans cette île pittoresque, goûter tout le charme de sa beauté sauvage et grandiose. J’y puise sous son ciel vivifiant et reposant de nouvelles forces artistiques. »
On visite son habitation sans une certaine émotion teintée de surprise et j’y ai lu ceci : « Ici commence un monde sauvage, âpre et doux : la pointe des Poulains. Vous rêviez de sensations fortes, de rochers noirs battus par les vagues et les vents ? Vous les aurez ! Vous aviez envie de pelouses fleuries comme des jardins et d’une tranquillité à peine troublée par les cris des oiseaux de mer, vous les aurez aussi ! Ici, il faut aimer les contrastes. Ici, même par temps calme, l’océan fait un bruit de tempête. Ici flotte l’âme de celle qui y trouva décor à sa mesure : la grande tragédienne Sarah Bernhardt. »
La vie privée de Sarah Bernhardt fut mouvementée, parfois tragique.
À 20 ans, elle donna naissance à son seul enfant, Maurice, qui nia sa paternité. Elle eut des amants en nombre (on parla de Victor Hugo, du Prince de Galles…), elle se maria avec un toxicomane, fut amputée d’une jambe à l’âge de 71 ans en raison d’une blessure gangrenée consécutive à un saut effectué une dizaine d’années plus tôt dans « Tosca », mais, courageusement, elle continua de jouer assise et visita même les Poilus au front lors de la Première Guerre Mondiale.
Pourtant, déjà, elle vivait depuis cinquante ans avec un seul poumon, depuis trois décennies avec un seul rein.
Une légende et une excentricité circulent à son encontre.
Cette légende, mais en est-ce vraiment une ?, prétend qu’à Champigny-sur-Marne, le Château des Tourelles fut habité par la comédienne et que le nouveau propriétaire, dès sa première nuit audit château, entendit des pas « particuliers » dans l’escalier d’honneur. Ils se décomposaient en deux temps : le bruit léger d’un pied de femme, puis le martèlement sec d’une jambe de bois. Il en déduisit que le fantôme de Sarah Bernhardt se faisait entendre, ce que Sacha Guitry et Jacques Varenne constatèrent également suite à l’invitation du nouveau propriétaire, dit-on.
Pour en revenir à Belle-Île, un Musée Sarah Bernhardt trouve très logiquement sa place à la Pointe des Poulains.
Ici, la « Bonne Dame » était très sensible aux difficultés quotidiennes des Bellilois.es et elle finança une boulangerie coopérative : « L’œuvre du pain pas cher ».
À côté de cet aspect humanitaire (elle militait aussi contre la peine de mort et l’antisémitisme), une photo montre la comédienne – lasse du monde, paraît-il ! -, de manière excentrique et quelque peu morbide, couchée dans un cercueil installé dans une chambre de son fortin. Elle y est couverte de couronnes et de fleurs, les mains croisées sur la poitrine, un cierge est allumé et un crâne repose sur le tapis pour « un adieu temporaire à la vie » !
L’une de ses devises était : « C’est en se dépensant soi-même que l’on devient riche » !
Outre Sarah Bernhardt, Belle-Île-en-Mer compta d’autres célébrités venues goûter au fantastique attrait de ce coin de Bretagne : Gustave Flaubert, Claude Monet, Arletty, Jacques Prévert, André Gide, Johnny Depp, Vanessa Paradis…
À la semaine prochaine !
« Qu’est-ce qu’on met dans un livre, si ce n’est le monde ! Dès lors, il faut des repères authentiques, sans quoi on raconte n’importe quoi ! » déclara l’auteur Jean-Christophe Rufin à « La Grande Librairie » sur France 5. Je ne peux que cautionner ce genre de propos dans la mesure où cet auteur voyage et ne reste pas scotché devant son ordinateur pour écrire ses ouvrages, selon lui.
Voici, en quelques flashes, plusieurs lieux d’un Paris insolite, mystérieux, surprenant, à découvrir au fil des promenades…
Le Boulevard du Crime : était le boulevard du Temple qui, il y a quelques décennies, comportait de nombreux théâtres où se jouaient des mélodrames.
Le kilomètre zéro des grandes routes françaises est matérialisé par une dalle de bronze fixée dans le sol en face de la cathédrale Notre-Dame.
La Sorbonne fut d’abord un haut lieu (au cœur du Quartier Latin) de la pensée religieuse. On s’y opposa aux Templiers, protestants, jésuites, jansénistes, philosophes… Ce fut Robert de Sorbon (1201-1274), pauvre fils d’un « vilain », devenu théologien et chapelain qui créa ce collège accueillant des étudiants pauvres.
Le mètre-étalon en marbre scellé au 36 de la rue de Vaugirard (la plus longue rue de Paris, puisqu’elle fait 4 km 360), près du Sénat, est visible à l’endroit où il fut exposé de février 1796 à décembre 1797, afin de familiariser les gens à ce nouveau système de mesure remplaçant les toises et les pieds ! Un deuxième, sur seize à l’origine, est visible au 13 de la place Vendôme.
Le Petit-Pont avec ses 32 mètres de long a toujours été le plus petit pont de la capitale. Il fut d’abord construit en bois à l’époque gallo-romaine, puis devint à péage, sauf pour les saltimbanques qui l’empruntaient gratuitement en « payant » en « monnaie de singe », c’est-à-dire en faisant exécuter des pitreries à leur animal savant. Depuis 2013, il est devenu le Petit-Pont-Cardinal-Lustiger.
Le Pont-Neuf : construit en 1578, c’est le plus ancien pont parisien. À l’exception de restaurations diverses, le corps de construction a résisté à toutes les crues et décrues, d’où l’expression « Se porter comme le Pont-Neuf ».
Le Pont des Arts : c’est le premier pont métallique édifié (en 1803) dans l’Hexagone.
La rue la plus courte, est celle des Degrés, elle fait 5,75 mètres de long et est constituée de 14 marches !
L’avenue la plus large est celle dédiée au maréchal Foch : 120 mètres ! la plus large au monde se situe à Buenos Aires : 140 m !
Canal Saint-Martin : long de 4,5 km, il relie le bassin de la Villette au port de plaisance « Arsenal ». Inauguré en 1825, il compte neuf écluses et deux ponts tournants. Il est inscrit comme monument historique. Les abords du canal Saint-Martin sont particulièrement prisés le dimanche lorsque la circulation automobile est interdite pour laisser la place aux joggeurs, promeneurs, marcheurs, cyclistes, badauds…, parfois aux sans abris. Prémonition ? L’inoubliable chanteuse Édith Piaf (1915-1963) avait évoqué le Canal Saint-Martin dans « Les Mômes de la Cloche » en… 1936 !
La plus petite façade, 1,20 m de large et 5 m de hauteur, se voit 39 rue du Château-d’Eau, coincée dans un quartier où prédominent certains métiers dits de beauté…
La plus ancienne place monumentale est la Place des Vosges, créée en 1605, on y trouve la maison de Victor Hugo transformée en musée.
La rue la plus étroite est celle du Chat-qui-Pêche : elle fait de 1 m 80 sur 29 m de longueur, mais, pour d’autres sources, il s’agit du Sentier des Merisiers (12e arrondissement) d’un mètre de large (sur 100 m de long).
La plus ancienne maison de Montmartre fut bâtie en 1680 et est située au 12 rue Cortot. Elle abrite le Musée de Montmartre. On évoque déjà cet immeuble au XVIIe siècle, au temps où la vigne était nombreuse sur la célèbre butte. Renoir, Friesz, Dufy, Utrillo, Poulbot… y travaillèrent.
Et, pour terminer, voici une anecdote :
À la Fontaine Médicis : le cyclope jaloux est situé dans le Jardin du Luxembourg, à la Fontaine Médicis qui a été érigée vers 1630 à la demande de Marie de Médicis, veuve d’Henri IV.
Quelque peu déplacée, des personnages ont été ajoutés au fil du temps : Polyphème, cyclope légendaire, surprenant Galatée dans les bras d’Acis. Le couple de jeune amoureux tranche par sa blancheur face à la masse sombre du cyclope, jaloux car il aime la belle déesse marine.
Particularité : ce contraste donne l’impression que le plan d’eau situé devant eux est en pente, or il n’en est rien !
La Baie de Somme s’étend sur 70 km² et la Somme, fleuve côtier, se jette dans la Manche à cet endroit. Deux milieux naturels la forment : une zone de vasières recouverte par la mer deux fois quotidiennement et celle recouverte uniquement lors des grandes marées d’équinoxes. La baie est également constituée de deux estuaires qui s’emboîtent : celui de la Somme et celui de la Maye.
Haut lieu ornithologique, une partie est transformée en réserve naturelle. À marée basse, dans l’estran, on voit des moutons brouter dans la baie, ce qui leur donne une chair au goût de « pré-salé ».
Considérée comme l’une des plus belles baies du monde, elle accueille également des phoques-veaux marins, parfois des phoques gris, et, de manière régulière, des sarcelles, chipeaux, bécassines…
Au Crotoy, « La station où il fait bon vivre », c’est, aussi, celle de certains « fantômes »… En effet, ici, l’âme de Colette plane encore quand, en 1907 et 1908, elle s’imprégna des sensations de la Baie pour écrire : « Ses ciels turquoises, égyptiens, cendre verte, cendre bleue… qui se mirent dans des chenaux oblongs parmi les sables blonds… »
Ici, Seurat et Sisley, Manessier et Toulouse-Lautrec ont manié pinceaux et palettes de couleurs pour immortaliser ou s’inspirer d’un environnement exceptionnel.
Et puis, sans oublier que Victor Hugo passa en ces lieux, c’est aussi ici que Jules Verne, entre 1865 et 1870, écrivit « Vingt mille lieues sous les mers », non loin où, le 21 novembre 1430, Jeanne d’Arc fut incarcérée par les Anglais jusqu’au 20 décembre, avant de marcher dans la baie pour se rendre à Saint-Valery puis à Eu, enfin à Rouen où elle monta sur le bûcher.
Parlons-en, justement de Saint-Valery…
Dès la préhistoire, le lieu de Saint-Valery fut occupé et ensuite au moment de l’épopée de Guillaume le Conquérant, il y eut un épisode particulier puisque, en 1066, son imposante flotte attendit les vents favorables à Saint-Valery pour mettre le cap sur l’Angleterre. Il sera couronné roi d’Angleterre peu après son séjour au « Vaisseau blanc ».
Français, Anglais, Bourguignons firent la destinée de la ville, les guerres de religions s’éternisèrent, quand, au XVIIe siècle, ce fut le début de la prospérité grâce à l’activité du port et à l’épanouissement de l’abbaye.
Puis, ce fut l’édification du canal de la Somme et, après de nombreuses décennies, une source d’inspiration pour les artistes-peintres, sculpteurs et écrivains.
Aujourd’hui, on se promène avec le ravissement chevillé au cœur dans l’une des plus belles baies au monde, on découvre Saint-Valery-sur-Somme « aux mille endroits pittoresques », cité médiévale, cité des marins, cité aux charmes tranquilles où se côtoient les quais, de rares vestiges des remparts, les vieilles pierres, les ruelles fleuries, les maisons du quartier des marins « Le Courtgain », la Porte de Nevers (XIVe siècle) et la Porte Guillaume (XIIe siècle), située entre deux tours majestueuses…
Le Mont Ventoux culmine à 1 912 mètres et est surnommé le « Géant de Provence» ou « Le Mont chauve » (le sommet est dépourvu de végétation). Le climat y est particulier : méditerranéen, montagnard, d’où une flore fabuleuse (1 000 espèces de plantes), une faune inouïe (120 espèces d’oiseaux), des spéléologues ayant même retrouvé des ossements fossilisés d’ours bruns il y a une douzaine d’années.
Température caniculaire en été avec de violents orages, elle peut descendre jusqu’à -30° en hiver, la neige se maintenant en moyenne 140 jours par an.
Un dicton climatique fleurit bon sur les pentes du mont : « Quand le Ventoux a son chapeau, quand la Durance a son manteau, s’il ne pleut pas maintenant, il pleuvra bientôt. »
C’est le philosophe français Jean Buridan qui, en 1334, aurait gravi jusqu’au sommet pour la première fois la montagne et la première ascension « relatée » aurait été effectuée par le poète humaniste Pétrarque.
Ce dernier, 32 ans, habitait Avignon et décida de gravir le Ventoux, en compagnie de son frère Gherardo et de deux accompagnateurs en avril 1336, suite à une déception amoureuse. Il adressa son ouvrage intitulé, tout normalement, « L’ascension du Mont Ventoux », à son ami confesseur Dionigi, professeur de théologie à la Sorbonne. C’est l’une des plus célèbres lettres épistolaires de la tradition occidentale. Le récit de Pétrarque est une allégorie à Dieu.
En voici quelques extraits significatifs :
– « Je voulais différer la fatigue de la montée, mais la nature ne cède pas à la volonté humaine, et il est impossible pour un corps de gagner les hauteurs en descendant. »
– « La vie que nous appelons heureuse occupe les hauteurs et, comme dit le proverbe, étroite est la route qui y mène. Nombreux aussi sont les cols qu’il faut passer, de même nous devons avancer par degrés, de vertu en vertu ; sur la cime est la fin de toutes choses, le but vers lequel nous dirigeons nos pas. Tous veulent l’atteindre, mais comme dit Ovide, « vouloir est peu ; il faut, pour parvenir, désirer. »
– « Que de fois, aujourd’hui, j’ai tourné mes regards vers la cime du mont ! Et pourtant sa hauteur me semble bien petite en comparaison de celle où peut prétendre la pensée humaine, si elle ne s’enfonce pas dans la fange des turpitudes de ce monde. »
Au XVe siècle, une chapelle dédiée à la Sainte Croix fut érigée au sommet, aujourd’hui, c’est une immense antenne de télévision qui le domine…
Quant à ses pentes, leur utilisation relève de tous les domaines, parfois insolites…
Effectivement, depuis les temps les plus reculés, les pentes du Mont Ventoux sont utilisées pour faire paître les troupeaux comme l’attestent la présence de nombreuses bergeries souvent bâties en pierres sèches.
Mais, le Mont Ventoux est surtout devenu un site touristique majeur grâce au Tour de France qui l’a popularisé (surtout en 2016, lorsque le coureur Frome dut y mettre pied à terre et commença à l’escalader en… joggant !, un épisode moins dramatique que le décès de Tom Simpson dans les ultimes pentes, en 1967, victime de la conjugaison de la chaleur, du manque de ravitaillement en eau et de la prise d’amphétamines, entre autres) et c’est, aussi, un haut (!) lieu de pratique sportive : cyclisme, donc, courses motorisées, ski alpin, ski nordique, équitation, VTT, parapente, « grimpe d’arbre », cyclotourisme, randonnée et, pour quelques inconditionnels de la course à pied en montagne et du jogging – j’en fus à un récent été -, l’ascension éprouvante de pentes avec des endroits s’apparentant à un enfer terrestre !
Selon le versant, la route est plus pentue, plus longue, allant de 9,5 à 10,7 % de moyenne et de 21 à 26 kilomètres.
Cependant, cette montée mythique dans un site environnemental exceptionnel, peut s’avérer dangereuse lorsque le vent se lève, puisqu’on y a déjà relevé une vitesse de 320 km/h, il y a cinq décennies.
À la semaine prochaine !
Les Ardennes sont devenues une région privilégiée par les touristes et les vacanciers à la recherche d’une nature verdoyante et boisée propice à la randonnée, au trail, au cyclotourisme, aux produits d’un terroir authentique… À Laifour, on trouve les « …charmes situés dans une arène de verdure, que traverse la Meuse… » et son célèbre site classé des « Dames de Meuse ». Un lieu fréquenté à plusieurs reprises par le général de Gaulle.
Mais, au juste, qu’est-ce qui y attirait le président de la République française ? La beauté sauvage de l’endroit ou les légendes qui s’y rattachent ? Ou toutes à la fois ?
Les « Dames de Meuse » est un lieu habité par les dieux, clame-t-on sur place, et plusieurs légendes lui sont attribuées, c’est l’un parmi les plus impressionnants paysages de la Vallée de la Meuse, selon l’auteur Bernard Chopplet.
En 1080, le seigneur de Hierges eut trois fils, Héribrand, Geoffroy et Vauthier, qui épousèrent les filles du Seigneur de Rethel, Hodierne, Berthe et Ige.
Peu de temps après leur union, les trois jeunes mariés accompagnèrent Godefroid de Bouillon dans sa croisade (1096-1099), la première du genre sur huit sans tenir compte de la « Croisade populaire » de Pierre l’Ermite.
Alors qu’ils combattaient en Terre Sainte, les épouses commirent de conserve l’adultère en compagnie de trois chevaliers. Mais, Dieu les punit ! Ainsi, lors de l’attaque de Jérusalem, elles furent changées en trois immenses rochers noirâtres surplombant la Meuse.
Il y a une deuxième légende, selon le « Guide de la France Mystérieuse », sous le titre des « Pierres Infidèles » : « Le seigneur de Montcornet, en partant pour la croisade, laissa son château à la garde de sa femme et de ses deux nièces. Un seigneur du voisinage, du nom de Neyrac, voulut s’emparer des biens de Montcornet et déclencha un conflit. (…) La dame de Montcornet alla au-devant de son mari qui revenait de Terre Sainte et Neyrac se sentant en danger réclama l’aide du diable. Celui-ci provoqua un séisme qui ensevelit la dame et sa suite. Arrivé à l’endroit du drame, le seigneur de Montcornet reçut des explications de la part d’un berger et Neyrac eut la tête tranchée ! Après une prière au divin, la dame et sa suite sortirent vivants du sol. Le rocher en forme de têtes perpétuerait le souvenir de la dame de Montcornet et des deux nièces. »
La troisième légende concernant les « Dames de Meuse » émane de Hierges.
Hierges est une cité médiévale, distante de Laifour d’une vingtaine de kilomètres, considérée comme l’un des plus beaux villages de France, dont le château aurait été bâti en 882 en une nuit par la fée Mélusine. Il est question des trois épouses infidèles transformées en rochers juste avant qu’elles n’aient eu le temps de se jeter dans la Meuse au retour de leurs maris afin d’échapper à leur colère.
« Paris, Ville Lumière », la citation paraît galvaudée et, pourtant, cette mégapole ne reste-t-elle pas immortelle ? Ville considérée comme la plus romantique au monde, elle se distingue aussi par ses grands monuments, son histoire millénaire, son fabuleux héritage artistique et littéraire.
Plutôt que de longs discours, voici deux citations – parmi des centaines ! – qui rendent hommage à la capitale française : « Creuset des passions, tu m’as donné la boue et j’en ai fait de l’or », clama Baudelaire au sujet de Paris, puis, voici quelques propos d’Honoré de Balzac, dont un musée lui est consacré dans son ancienne demeure : « Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur… Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un autre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï oublié par les plongeurs littéraires » .
Effectivement, exemple parmi des dizaines, il est très agréable de déambuler dans le Parc Montsouris : 1 400 arbres, dont plusieurs centenaires, avec observation du tulipier de Virginie, du cèdre du Liban, de l’hêtre tortueux, et rencontre avec un héron cendré, une oie à tête barrée, un canard colvert, un troglodyte mignon, une corneille noire ou un gobe-mouches, le tout sous l’œil de statues dues à Etex, Lipsi, Desca, Valsenis…
Mais, peu de touristes, voire d’habitants de la capitale, connaissent Paris-Village…
Ainsi, en poursuivant la promenade du Parc Montsouris vers l’ouest, on pénètre dans un monde à part, un « autre » Paris : Paris-Village !
Des demeures pleines de charme dans des ruelles en pente et des impasses, véritable cité fleurie et conviviale.
Ici, square de Montsouris, rue du Parc-de-Montsouris, impasse Nansouty…, ou dans les environs immédiats du Réservoir de la Vanne, habitèrent ou érigèrent leur lieu de travail (souvent des ateliers de peintres) le Douanier Rousseau (Henri Rousseau), Foujita, André Derain, Georges Braque, Ozenfant, Gromaire…
Mais, au juste, pourquoi Henri Rousseau fut-il surnommé le « Douanier Rousseau » ? Parce que ce digne représentant de l’art naïf travailla dans sa jeunesse à l’octroi de Paris, c’est-à-dire à un bureau où était perçu un droit sur certaines denrées à leur entrée dans les villes.
Poursuivons notre balade en signalant quand même que cette taxe n’est plus d’application depuis 1948, et dirigeons-nous vers le Réservoir de Montsouris qui alimente 20% de la capitale. Particularité : des truites en aquarium témoignaient de la pureté de l’eau, m’affirma-t-on sur place… tout en précisant qu’aujourd’hui, pour contrôler la qualité de l’eau, ce sont des tests en laboratoire qui sont effectués.
Un peu plus loin, voici la Cité Fleurie qui accueillit Paul Gauguin, Modigliani, Eugène Grasset (le créateur de la « Semeuse » chère au Larousse), Laurens, Jean Boucher, Domela, alors que, non loin de là, la Cité Florale est un spectacle ravissant avec ses rues des Glycines, des Volubilis, des Mimosas, des Orchidées…
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