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By Pierre GuelffNon-Profit
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  • Covidsceptiques et les égoïstes certifiés
    Je vous suggère d’écouter attentivement cette citation :

    « Quand les nazis sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste.

    Quand ils ont enfermé les sociaux-démocrates, je n’ai rien dit, je n’étais pas social-démocrate.

    Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste.

    Quand ils sont venus me chercher, il ne restait plus personne pour protester. »

     

    Cette citation est de Martin Niemöller (1892-1984). Il fut déporté dans les camps de concentration, et à travers ses propos il dénonça la lâcheté des intellectuels allemands lors de l’accession des nazis au pouvoir et des purges qui s’en suivirent.

    Sa déclaration, parfois présentée sous forme de poème, est souvent citée pour dénoncer les dangers de l’apathie dans le monde politique, mais, également, dans la société, médias y compris.

    Justement, si je fais référence à cette citation en période de pandémie extrêmement mortelle, ce n’est pas du tout par hasard.

    En effet, il serait grand temps que des médias arrêtent de trouver mille excuses à celles et ceux qui refusent obstinément d’appliquer les gestes barrières, port du masque y compris, les mêmes qui font circuler des arguments fallacieux basés sur des statistiques sciemment manipulées, qui publient même des tracts comme celui affiché dans la capitale de l’Europe et qui dit, dessin à l’appui, « qu’une plume dans le cul est obligatoire selon un article du Code Anal ».

    Ici, il ne s’agit pas d’humour mais de dénigrer les mesures sanitaires publiques prônées pour enrayer une progression dramatique des victimes du Covid-19 et, par ricochet, inciter à la non-solidarité avec les personnes âgées et fragilisées. Il s’agit, selon ma perception, d’un véritable appel à la non-assistance à personnes en danger.

    Certes, je suis pour la liberté, mais la solidarité et la fraternité universelle n’en sont-elles pas des corollaires ?

    Les médias qui véhiculent encore des excuses pour justifier ces comportements asociaux, du genre « Il y a une profonde lassitude dans le public… », « Il y a eu tant de pagaille dans la nécessite de porter le masque… », et ceci, et cela, se rendent complices de ces dérives et feraient mieux de marteler sans relâche qu’avoir une attitude solidaire ne consiste pas à revendiquer une pseudo-liberté, qui n’est que de l’égoïsme et une potentielle conduite assassine, le terme est choisi.

    Ce mouvement dans les médias qui consiste à « ne pas faire de vagues » est indigne de la déontologie journalistique.

    Celle que défendit toute sa vie Albert Camus, journaliste engagé, épris de justice, de liberté et de vérité, et qui fut rédacteur en chef et éditorialiste du quotidien Combat.

    Un journaliste et un média qui auraient certainement montré le caractère odieux de la non-solidarité des covidsceptiques.

    Je le cite : « C’est au journaliste, mieux renseigné que le public, de lui présenter, avec le maximum de réserves, des informations dont il connaît bien la précarité. Les nouvelles fausses ou douteuses ne devraient pas être présentées comme des nouvelles vraies.

    Dans tout ce que nous écrivons, jour après jour, nous ne sommes pas oublieux du devoir de réflexion et de scrupule qui doit être celui de tous les journalistes. »

    À Fréquence Terre, on se fait fort de ne pas oublier ce devoir.



     
    4 min
  • ARRÊTÉ·E·S POUR AVOIR MANIFESTÉ
    LA LOI COMME ARME DE RÉPRESSION DES MANIFESTANT·E·S PACIFIQUES EN FRANCE, tels sont les titre et sous-titre d’un accablant rapport d’Amnesty International France, relayé par Amnesty International Belgique, là où la situation est quasiment identique, comme nous l’avons souligné à plusieurs reprises lors de reportages à l’occasion de manifestations pacifiques pour le climat, par exemple.

     

    Voici des extraits de la présentation du rapport en question :

    « De grandes manifestations réunissant des millions de personnes voulant obtenir une plus grande justice sociale et économique ont eu lieu en France à partir de 2018.

    (...) Le présent rapport montre en détail comment, face à ce mouvement, les autorités policières et le ministère public ont instrumentalisé le droit pénal et se sont appuyés sur des lois très générales pour réprimer des manifestant·e·s pacifiques.

    De nombreux manifestant·e·s ont commis des actes de violence pour lesquels ils ou elles ont fait l’objet de poursuites, mais des centaines d’autres personnes ayant manifesté pacifiquement ont été prises dans le dédale du système judiciaire et ont fait l’objet d’amendes, d’arrestations et de poursuites alors qu’elles n’avaient commis aucun acte violent.

    Les autorités françaises ont déployé tout un arsenal législatif pour arrêter et déférer arbitrairement à la justice des manifestant·e·s et restreindre indûment les droits de ces personnes à la liberté de réunion, d’expression, de mouvement ainsi qu’à la sécurité.

    (...) Ces violations des droits humains ont profondément affecté les manifestant·e·s et, plus généralement, ont porté un coup au droit à la liberté de réunion pacifique en France. Amnesty International appelle les autorités françaises à protéger les droits humains de la population et à modifier de toute urgence la législation et les politiques qui ont été utilisées pour restreindre injustement les droits des manifestant·e·s pacifiques. »



    Amnisty International France et Belgique : www.amnesty.fr et amnesty.be

     

    Illustrations : prises d’écran Amnesty International France et notre partenaire POUR.

     
    3 min
  • Pour la Révolution du Sourire ! (En partenariat avec POUR)
    La Révolution du Sourire aux Éditions Frantz Fanon, est un ouvrage collectif qui évoque le hirak, ce mouvement révolutionnaire pacifique débuté le 22 février 2019 et arrêté en plein vol par la pandémie à la COVID-19.

    Gageons qu’une fois débarrassée de ce fléau, la rue algérienne bruissera à nouveau de ses revendications face à un système qu’elle décrit comme politico-militaire oligarchique qui perdure, sous diverses formules, depuis des décennies.

    Larbi Adouane (Photo D.R.)

    Larbi Adouane, auteur et ami algérien, blanchi sous le harnais, participa à toutes les marches du vendredi, les « Vendredire », et alimente encore quasi quotidiennement les réseaux sociaux de réflexions à ce sujet et concernant la Société mal en point.

    La lecture de La Révolution du Sourire s’avérait donc un complément nécessaire afin de mieux encore discerner la philosophie de ce mouvement, également qualifié « d’invention d’une nouvelle démocratie ».

    Une lecture d’une douzaine d’écrivains, femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, réunis dans un essai de 200 pages où chacun, à tour de rôle, expose sa vision des choses.

    Ce que j’ai apprécié avant toute autre considération, c’est leur présentation faite par l’éditrice Sarah Slimani : « Chez tous, l’idéal et la pratique quotidienne ne font qu’un ! »

    Assurément, une seule chronique sur Fréquence Terre (en partenariat avec POUR) ne suffira pas à répercuter ces importants témoignages mais, déjà, soulignons cette autre parole de Sarah Slimani : « Jamais nous ne nous sommes sentis aussi bien, aussi grands, aussi proches les uns des autres. »

    Effectivement, pour en avoir participé à une multitude, et ce n’est pas fini !, il y a lieu de partager l’esprit de ces moments de coude-coude fraternels et pacifiques pour défendre et revendiquer de nobles causes, clamer qu’un désert peut engendrer un rêve, ressusciter un cœur mort de mille morts, « comment le ras-le-bol d’un peuple peut se transformer en poème ».

    L’intérêt de nos prochaines chroniques sera, qu’au-delà du cas spécifique de l’Algérie, on puisse retrouver cet esprit « des révolutions possibles » pour tracer les lignes de force d’un avenir humaniste.

    Pensons à la Marche du Sel de Gandhi, au mouvement afro-américain des droits civiques et à la Marche de 1963 à laquelle participa Martin Luther King, à la Révolution des Œillets au Portugal, toutes des actions qui eurent un impact considérable. La Révolution du Sourire sera-t-elle de la même trempe ?

    En attendant de répondre à cette question avec le recul nécessaire, il me paraît donc opportun, par les temps qui courent, de réagir de manière ferme, déterminée, responsable et de manière totalement pacifique mais, aussi, avec humilité comme lu sur un slogan lors du hirak : « Pardon aux harragas (migrants clandestins) d’avoir mis autant de temps à vous défendre ».

    À la prochaine chronique et, en attendant, lisons aussi cet autre slogan : « Marcher c’est bon pour la santé, manifester c’est bon pour la dignité ! »

    4 min
  • Destination vacances et visites insolites : la légendaire Sarah Bernhardt à Belle-Île-en-Mer

     Sarah Bernhardt (1844-1923), a été la plus importante actrice française du XIXe siècle et début du XXe siècle, et une fabuleuse comédienne de théâtre, surnommée la « Voix d’or » ou la « Divine ». Tragédienne exceptionnelle (Le Passant, Ruy Blas, Phèdre, Hernani, La Dame aux Camélias…), elle fut la muse d’artistes et habita la Pointe aux Poulains sur Belle-Île-en-Mer : « J’aime venir chaque année dans cette île pittoresque, goûter tout le charme de sa beauté sauvage et grandiose. J’y puise sous son ciel vivifiant et reposant de nouvelles forces artistiques. »

    On visite son habitation sans une certaine émotion teintée de surprise et j’y ai lu ceci : « Ici commence un monde sauvage, âpre et doux : la pointe des Poulains. Vous rêviez de sensations fortes, de rochers noirs battus par les vagues et les vents ? Vous les aurez ! Vous aviez envie de pelouses fleuries comme des jardins et d’une tranquillité à peine troublée par les cris des oiseaux de mer, vous les aurez aussi ! Ici, il faut aimer les contrastes. Ici, même par temps calme, l’océan fait un bruit de tempête. Ici flotte l’âme de celle qui y trouva décor à sa mesure : la grande tragédienne Sarah Bernhardt. »

    La vie privée de Sarah Bernhardt fut mouvementée, parfois tragique.

    C’est ici que Sarah Bernhardt vivait à Belle-Île-en-Mer (Photo Pierre Guelff)

    À 20 ans, elle donna naissance à son seul enfant, Maurice, qui nia sa paternité. Elle eut des amants en nombre (on parla de Victor Hugo, du Prince de Galles…), elle se maria avec un toxicomane, fut amputée d’une jambe à l’âge de 71 ans en raison d’une blessure gangrenée consécutive à un saut effectué une dizaine d’années plus tôt dans « Tosca », mais, courageusement, elle continua de jouer assise et visita même les Poilus au front lors de la Première Guerre Mondiale.

    Pourtant, déjà, elle vivait depuis cinquante ans avec un seul poumon, depuis trois décennies avec un seul rein.

    Une légende et une excentricité circulent à son encontre.

    Cette légende, mais en est-ce vraiment une ?, prétend qu’à Champigny-sur-Marne, le Château des Tourelles fut habité par la comédienne et que le nouveau propriétaire, dès sa première nuit audit château, entendit des pas « particuliers » dans l’escalier d’honneur. Ils se décomposaient en deux temps : le bruit léger d’un pied de femme, puis le martèlement sec d’une jambe de bois. Il en déduisit que le fantôme de Sarah Bernhardt se faisait entendre, ce que Sacha Guitry et Jacques Varenne constatèrent également suite à l’invitation du nouveau propriétaire, dit-on.

    L’intérieur de chez Sarah Bernhardt (Photo Marie-Paule Peuteman)

    Pour en revenir à Belle-Île, un Musée Sarah Bernhardt trouve très logiquement sa place à la Pointe des Poulains.

    Ici, la « Bonne Dame » était très sensible aux difficultés quotidiennes des Bellilois.es et elle finança une boulangerie coopérative : « L’œuvre du pain pas cher ».

    À côté de cet aspect humanitaire (elle militait aussi contre la peine de mort et l’antisémitisme), une photo montre la comédienne – lasse du monde, paraît-il ! -, de manière excentrique et quelque peu morbide, couchée dans un cercueil installé dans une chambre de son fortin. Elle y est couverte de couronnes et de fleurs, les mains croisées sur la poitrine, un cierge est allumé et un crâne repose sur le tapis pour « un adieu temporaire à la vie » !

    L’une de ses devises était : « C’est en se dépensant soi-même que l’on devient riche » !

    Outre Sarah Bernhardt, Belle-Île-en-Mer compta d’autres célébrités venues goûter au fantastique attrait de ce coin de Bretagne : Gustave Flaubert, Claude Monet, Arletty, Jacques Prévert, André Gide, Johnny Depp, Vanessa Paradis…

    À la semaine prochaine !

    3 min
  • Destinations vacances et visites insolites : Paris intrigant et mystérieux

    « Qu’est-ce qu’on met dans un livre, si ce n’est le monde ! Dès lors, il faut des repères authentiques, sans quoi on raconte n’importe quoi ! » déclara l’auteur Jean-Christophe Rufin à « La Grande Librairie » sur France 5. Je ne peux que cautionner ce genre de propos dans la mesure où cet auteur voyage et ne reste pas scotché devant son ordinateur pour écrire ses ouvrages, selon lui.

    Voici, en quelques flashes, plusieurs lieux d’un Paris insolite, mystérieux, surprenant, à découvrir au fil des promenades…

    Le Boulevard du Crime : était le boulevard du Temple qui, il y a quelques décennies, comportait de nombreux théâtres où se jouaient des mélodrames.

    Le kilomètre zéro des grandes routes françaises est matérialisé par une dalle de bronze fixée dans le sol en face de la cathédrale Notre-Dame.

    La Sorbonne fut d’abord un haut lieu (au cœur du Quartier Latin) de la pensée religieuse. On s’y opposa aux Templiers, protestants, jésuites, jansénistes, philosophes… Ce fut Robert de Sorbon (1201-1274), pauvre fils d’un « vilain », devenu théologien et chapelain qui créa ce collège accueillant des étudiants pauvres.

    Le mètre-étalon en marbre scellé au 36 de la rue de Vaugirard (la plus longue rue de Paris, puisqu’elle fait 4 km 360), près du Sénat, est visible à l’endroit où il fut exposé de février 1796 à décembre 1797, afin de familiariser les gens à ce nouveau système de mesure remplaçant les toises et les pieds ! Un deuxième, sur seize à l’origine, est visible au 13 de la place Vendôme.

    Le Petit-Pont  avec ses 32 mètres de long a toujours été le plus petit pont de la capitale. Il fut d’abord construit en bois à l’époque gallo-romaine, puis devint à péage, sauf pour les saltimbanques qui l’empruntaient gratuitement en « payant » en « monnaie de singe », c’est-à-dire en faisant exécuter des pitreries à leur animal savant. Depuis 2013, il est devenu le Petit-Pont-Cardinal-Lustiger.

    Le Pont-Neuf : construit en 1578, c’est le plus ancien pont parisien. À l’exception de restaurations diverses, le corps de construction a résisté à toutes les crues et décrues, d’où l’expression « Se porter comme le Pont-Neuf ».

    Le Pont des Arts : c’est le premier pont métallique édifié (en 1803) dans l’Hexagone.

    La rue la plus courte, est celle des Degrés, elle fait 5,75 mètres de long et est constituée de 14 marches !

    L’avenue la plus large est celle dédiée au maréchal Foch : 120 mètres ! la plus large au monde se situe à Buenos Aires : 140 m !

    Canal Saint-Martin : long de 4,5 km, il relie le bassin de la Villette au port de plaisance « Arsenal ». Inauguré en 1825, il compte neuf écluses et deux ponts tournants. Il est inscrit comme monument historique. Les abords du canal Saint-Martin sont particulièrement prisés le dimanche lorsque la circulation automobile est interdite pour laisser la place aux joggeurs, promeneurs, marcheurs, cyclistes, badauds…, parfois aux sans abris. Prémonition ? L’inoubliable chanteuse Édith Piaf (1915-1963) avait évoqué le Canal Saint-Martin dans « Les Mômes de la Cloche » en… 1936 !

    Écluse sur le Canal Saint-Martin (Photos Marie-Paule Peuteman)

    La plus petite façade, 1,20 m de large et 5 m de hauteur, se voit 39 rue du Château-d’Eau, coincée dans un quartier où prédominent certains métiers dits de beauté…

    La plus ancienne place monumentale est la Place des Vosges, créée en 1605, on y trouve la maison de Victor Hugo transformée en musée.

    La rue la plus étroite est celle du Chat-qui-Pêche : elle fait de 1 m 80 sur 29 m de longueur, mais, pour d’autres sources, il s’agit du Sentier des Merisiers (12e arrondissement) d’un mètre de large (sur 100 m de long).

    La plus ancienne maison de Montmartre fut bâtie en 1680 et est située au 12 rue Cortot. Elle abrite le Musée de Montmartre. On évoque déjà cet immeuble au XVIIe siècle, au temps où la vigne était nombreuse sur la célèbre butte. Renoir, Friesz, Dufy, Utrillo, Poulbot… y travaillèrent.

    Et, pour terminer, voici une anecdote :

    Fontaine Médicis (Photo Pierre Guelff)

    À la Fontaine Médicis : le cyclope jaloux est situé dans le Jardin du Luxembourg, à la Fontaine Médicis qui a été érigée vers 1630 à la demande de Marie de Médicis, veuve d’Henri IV.

    Quelque peu déplacée, des personnages ont été ajoutés au fil du temps : Polyphème, cyclope légendaire, surprenant Galatée dans les bras d’Acis. Le couple de jeune amoureux tranche par sa blancheur face à la masse sombre du cyclope, jaloux car il aime la belle déesse marine.

    Particularité : ce contraste donne l’impression que le plan d’eau situé devant eux est en pente, or il n’en est rien !

     

     

    4 min
  • Destination vacances et visites insolites : de célèbres « fantômes » en Baie de Somme

     

    La Baie de Somme s’étend sur 70 km² et la Somme, fleuve côtier, se jette dans la Manche à cet endroit. Deux milieux naturels la forment : une zone de vasières recouverte par la mer deux fois quotidiennement et celle recouverte uniquement lors des grandes marées d’équinoxes. La baie est également constituée de deux estuaires qui s’emboîtent : celui de la Somme et celui de la Maye.

    Haut lieu ornithologique, une partie est transformée en réserve naturelle. À marée basse, dans l’estran, on voit des moutons brouter dans la baie, ce qui leur donne une chair au goût de « pré-salé ».

    Considérée comme l’une des plus belles baies du monde, elle accueille également des phoques-veaux marins, parfois des phoques gris, et, de manière régulière, des sarcelles, chipeaux, bécassines…

    Magnifique Baie de Somme (Photo Marie-Paule Peuteman)

    Au Crotoy, « La station où il fait bon vivre », c’est, aussi, celle de certains « fantômes »… En effet, ici, l’âme de Colette plane encore quand, en 1907 et 1908, elle s’imprégna des sensations de la Baie pour écrire : « Ses ciels turquoises, égyptiens, cendre verte, cendre bleue… qui se mirent dans des chenaux oblongs parmi les sables blonds… »

    Ici, Seurat et Sisley, Manessier et Toulouse-Lautrec ont manié pinceaux et palettes de couleurs pour immortaliser ou s’inspirer d’un environnement exceptionnel.

    Et puis, sans oublier que Victor Hugo passa en ces lieux, c’est aussi ici que Jules Verne, entre 1865 et 1870, écrivit « Vingt mille lieues sous les mers », non loin où, le 21 novembre 1430, Jeanne d’Arc fut incarcérée par les Anglais jusqu’au 20 décembre, avant de marcher dans la baie pour se rendre à Saint-Valery puis à Eu, enfin à Rouen où elle monta sur le bûcher.

    Parlons-en, justement de Saint-Valery…

    Par ici, Jeanne d’Arc se rendit au bûcher… (Photo Pierre Guelff)

    Dès la préhistoire, le lieu de Saint-Valery fut occupé et ensuite au moment de l’épopée de Guillaume le Conquérant, il y eut un épisode particulier puisque, en 1066, son imposante flotte attendit les vents favorables à Saint-Valery pour mettre le cap sur l’Angleterre. Il sera couronné roi d’Angleterre peu après son séjour au « Vaisseau blanc ».

    Français, Anglais, Bourguignons firent la destinée de la ville, les guerres de religions s’éternisèrent, quand, au XVIIe siècle, ce fut le début de la prospérité grâce à l’activité du port et à l’épanouissement de l’abbaye.

    Puis, ce fut l’édification du canal de la Somme et, après de nombreuses décennies, une source d’inspiration pour les artistes-peintres, sculpteurs et écrivains.

     

    Aujourd’hui, on se promène avec le ravissement chevillé au cœur dans l’une des plus belles baies au monde, on découvre Saint-Valery-sur-Somme « aux mille endroits pittoresques », cité médiévale, cité des marins, cité aux charmes tranquilles où se côtoient les quais, de rares vestiges des remparts, les vieilles pierres, les ruelles fleuries, les maisons du quartier des marins « Le Courtgain », la Porte de Nevers (XIVe siècle) et la Porte Guillaume (XIIe siècle), située entre deux tours majestueuses…

     

     

     

    3 min
  • Destination vacances et visites insolites : le Géant chauve ou mythique Mont Ventoux

    Le Mont Ventoux culmine à 1 912 mètres et est surnommé le « Géant  de Provence» ou « Le Mont chauve » (le sommet est dépourvu de végétation). Le climat y est particulier  : méditerranéen, montagnard, d’où une flore fabuleuse (1 000 espèces de plantes), une faune inouïe (120 espèces d’oiseaux), des spéléologues ayant même retrouvé des ossements fossilisés d’ours bruns il y a une douzaine d’années.

    Température caniculaire en été avec de violents orages, elle peut descendre jusqu’à -30° en hiver, la neige se maintenant en moyenne 140 jours par an.

    Un dicton climatique fleurit bon sur les pentes du mont : « Quand le Ventoux a son chapeau, quand la Durance a son manteau, s’il ne pleut pas maintenant, il pleuvra bientôt. »

    C’est le philosophe français Jean Buridan qui, en 1334, aurait gravi jusqu’au sommet pour la première fois la montagne et la première ascension « relatée » aurait été effectuée par le poète humaniste Pétrarque.

    Ce dernier, 32 ans, habitait Avignon et décida de gravir le Ventoux, en compagnie de son frère Gherardo et de deux accompagnateurs en avril 1336, suite à une déception amoureuse. Il adressa son ouvrage intitulé, tout normalement, « L’ascension du Mont Ventoux », à son ami confesseur Dionigi, professeur de théologie à la Sorbonne. C’est l’une des plus célèbres lettres épistolaires de la tradition occidentale. Le récit de Pétrarque est une allégorie à Dieu.

    En voici quelques extraits significatifs :

    – « Je voulais différer la fatigue de la montée, mais la nature ne cède pas à la volonté humaine, et il est impossible pour un corps de gagner les hauteurs en descendant. »

    – « La vie que nous appelons heureuse occupe les hauteurs et, comme dit le proverbe, étroite est la route qui y mène. Nombreux aussi sont les cols qu’il faut passer, de même nous devons avancer par degrés, de vertu en vertu ; sur la cime est la fin de toutes choses, le but vers lequel nous dirigeons nos pas. Tous veulent l’atteindre, mais comme dit Ovide, « vouloir est peu ; il faut, pour parvenir, désirer. »

    – « Que de fois, aujourd’hui, j’ai tourné mes regards vers la cime du mont ! Et pourtant sa hauteur me semble bien petite en comparaison de celle où peut prétendre la pensée humaine, si elle ne s’enfonce pas dans la fange des turpitudes de ce monde. »

    Au XVe siècle, une chapelle dédiée à la Sainte Croix fut érigée au sommet, aujourd’hui, c’est une immense antenne de télévision qui le domine…

    Quant à ses pentes, leur utilisation relève de tous les domaines, parfois insolites…

    Le Mont Ventoux, rendez-vous des sportifs, plus particulièrement des cyclotouristes et des joggeurs,à l’image de de notre chroniqueur (Photo AD)

    Effectivement, depuis les temps les plus reculés, les pentes du Mont Ventoux sont utilisées pour faire paître les troupeaux comme l’attestent la présence de nombreuses  bergeries souvent bâties en pierres sèches.

    Mais, le Mont Ventoux est surtout devenu un site touristique majeur grâce au Tour de France qui l’a popularisé (surtout en 2016, lorsque le coureur Frome dut y mettre pied à terre et commença à l’escalader en… joggant !, un épisode moins dramatique que le décès de Tom Simpson dans les ultimes pentes, en 1967, victime de la conjugaison de la chaleur, du manque de ravitaillement en eau et de la prise d’amphétamines, entre autres) et c’est, aussi, un haut (!) lieu de pratique sportive : cyclisme, donc, courses motorisées, ski alpin, ski nordique, équitation, VTT, parapente, « grimpe d’arbre », cyclotourisme, randonnée et, pour quelques inconditionnels de la course à pied en montagne et du jogging – j’en fus à un récent été -, l’ascension éprouvante de pentes avec des endroits s’apparentant à un enfer terrestre !

    Selon le versant, la route est plus pentue, plus longue, allant de 9,5 à 10,7 % de moyenne et de 21 à 26 kilomètres.

    Cependant, cette montée mythique dans un site environnemental exceptionnel, peut s’avérer dangereuse lorsque le vent se lève, puisqu’on y a déjà relevé une vitesse de 320 km/h, il y a cinq décennies.

    À la semaine prochaine !

     

    3 min
  • Destination vacances et visites insolites : Des Dames de Meuse légendaires

     Les Ardennes sont devenues une région privilégiée par les touristes et les vacanciers à la recherche d’une nature verdoyante et boisée propice à la randonnée, au trail, au cyclotourisme, aux produits d’un terroir authentique… À Laifour, on trouve les « …charmes situés dans une arène de verdure, que traverse la Meuse… » et son célèbre site classé des « Dames de Meuse ». Un lieu fréquenté à plusieurs reprises par le général de Gaulle.

    Mais, au juste, qu’est-ce qui y attirait le président de la République française ? La beauté sauvage de l’endroit ou les légendes qui s’y rattachent ? Ou toutes à la fois ?

    Les « Dames de Meuse » est un lieu habité par les dieux, clame-t-on sur place, et plusieurs légendes lui sont attribuées, c’est l’un parmi les plus impressionnants paysages de la Vallée de la Meuse, selon l’auteur Bernard Chopplet.

    En 1080, le seigneur de Hierges eut trois fils, Héribrand, Geoffroy et Vauthier, qui épousèrent les filles du Seigneur de Rethel, Hodierne, Berthe et Ige.

    Peu de temps après leur union, les trois jeunes mariés accompagnèrent Godefroid de Bouillon dans sa croisade (1096-1099), la première du genre sur huit sans tenir compte de la « Croisade populaire » de Pierre l’Ermite.

    Les Dames de Meuse, que des personnes prétendent voir pleurer certains jours…(Photo Marie-Paule Peuteman)

    Alors qu’ils combattaient en Terre Sainte, les épouses commirent de conserve l’adultère en compagnie de trois chevaliers. Mais, Dieu les punit ! Ainsi, lors de l’attaque de Jérusalem, elles furent changées en trois immenses rochers noirâtres surplombant la Meuse.

    Il y a une deuxième légende, selon le « Guide de la France Mystérieuse », sous le titre des « Pierres Infidèles » : « Le seigneur de Montcornet, en partant pour la croisade, laissa son château à la garde de sa femme et de ses deux nièces. Un seigneur du voisinage, du nom de Neyrac, voulut s’emparer des biens de Montcornet et déclencha un conflit. (…) La dame de Montcornet alla au-devant de son mari qui revenait de Terre Sainte et Neyrac se sentant en danger réclama l’aide du diable. Celui-ci provoqua un séisme qui ensevelit la dame et sa suite. Arrivé à l’endroit du drame, le seigneur de Montcornet reçut des explications de la part d’un berger et Neyrac eut la tête tranchée ! Après une prière au divin, la dame et sa suite sortirent vivants du sol. Le rocher en forme de têtes perpétuerait le souvenir de la dame de Montcornet et des deux nièces. »

    La troisième légende concernant les « Dames de Meuse » émane de Hierges.

    Hierges est une cité médiévale, distante de Laifour d’une vingtaine de kilomètres, considérée comme l’un des plus beaux villages de France, dont le château aurait été bâti en 882 en une nuit par la fée Mélusine. Il est question des trois épouses infidèles transformées en rochers juste avant qu’elles n’aient eu le temps de se jeter dans la Meuse au retour de leurs maris afin d’échapper à leur colère.

     

     

     

    2 min
  • Destination vacances et visites insolites : Paris-Village, Paris bucolique

    « Paris, Ville Lumière », la citation paraît galvaudée et, pourtant, cette mégapole ne reste-t-elle pas immortelle ? Ville considérée comme la plus romantique au monde, elle se distingue aussi par ses grands monuments, son histoire millénaire, son fabuleux héritage artistique et littéraire.

    Plutôt que de longs discours, voici deux citations – parmi des centaines ! – qui rendent hommage à la capitale française : « Creuset des passions, tu m’as donné la boue et j’en ai fait de l’or », clama Baudelaire au sujet de Paris, puis, voici quelques propos d’Honoré de Balzac, dont un musée lui est consacré dans son ancienne demeure : « Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur… Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un autre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï oublié par les plongeurs littéraires » .

    Effectivement, exemple parmi des dizaines,  il est très agréable de déambuler dans le Parc Montsouris : 1 400 arbres, dont plusieurs centenaires, avec observation du tulipier de Virginie, du cèdre du Liban, de l’hêtre tortueux, et rencontre avec un héron cendré, une oie à tête barrée, un canard colvert, un troglodyte mignon, une corneille noire ou un gobe-mouches, le tout sous l’œil de statues dues à Etex, Lipsi, Desca, Valsenis…

    Mais, peu de touristes, voire d’habitants de la capitale, connaissent Paris-Village…

    Ainsi, en poursuivant la promenade du Parc Montsouris vers l’ouest, on pénètre dans un monde à part, un « autre » Paris : Paris-Village !

    Des demeures pleines de charme dans des ruelles en pente et des impasses, véritable cité fleurie et conviviale.

    Ici, square de Montsouris, rue du Parc-de-Montsouris, impasse Nansouty…, ou dans les environs immédiats du Réservoir de la Vanne, habitèrent ou érigèrent leur lieu de travail (souvent des ateliers de peintres) le Douanier Rousseau (Henri Rousseau), Foujita, André Derain, Georges Braque, Ozenfant, Gromaire…

    Mais, au juste, pourquoi Henri Rousseau fut-il surnommé le « Douanier Rousseau » ? Parce que ce digne représentant de l’art naïf travailla dans sa jeunesse à l’octroi de Paris, c’est-à-dire à un bureau où était perçu un droit sur certaines denrées à leur entrée dans les villes.

    Poursuivons notre balade en signalant quand même que cette taxe n’est plus d’application depuis 1948, et dirigeons-nous vers le Réservoir de Montsouris qui alimente 20% de la capitale. Particularité : des truites en aquarium témoignaient de la pureté de l’eau, m’affirma-t-on sur place… tout en précisant qu’aujourd’hui, pour contrôler la qualité de l’eau, ce sont des tests en laboratoire qui sont effectués.

    Un peu plus loin, voici la Cité Fleurie qui accueillit Paul Gauguin, Modigliani, Eugène Grasset (le créateur de la « Semeuse » chère au Larousse), Laurens, Jean Boucher, Domela, alors que, non loin de là, la Cité Florale est un spectacle ravissant avec ses rues des Glycines, des Volubilis, des Mimosas, des Orchidées…

     

     

    3 min
  • Destination vacances et visites insolites : Paris-Village, Paris bucolique
    « Paris, Ville Lumière », la citation paraît galvaudée et, pourtant, cette mégapole ne reste-t-elle pas immortelle ? Ville considérée comme la plus romantique au monde, elle se distingue aussi par ses grands monuments, son histoire millénaire, son fabuleux héritage artistique et littéraire.

    Plutôt que de longs discours, voici deux citations – parmi des centaines ! – qui rendent hommage à la capitale française : « Creuset des passions, tu m’as donné la boue et j’en ai fait de l’or », clama Baudelaire au sujet de Paris, puis, voici quelques propos d’Honoré de Balzac, dont un musée lui est consacré dans son ancienne demeure : « Paris est un véritable océan. Jetez-y la sonde, vous n’en connaîtrez jamais la profondeur… Quelque soin que vous mettiez à le parcourir, à le décrire, quelques nombreux et intéressés que soient les explorateurs de cette mer, il s’y rencontrera toujours un lieu vierge, un autre inconnu, des fleurs, des perles, des monstres, quelque chose d’inouï oublié par les plongeurs littéraires » .

    Effectivement, exemple parmi des dizaines,  il est très agréable de déambuler dans le Parc Montsouris : 1 400 arbres, dont plusieurs centenaires, avec observation du tulipier de Virginie, du cèdre du Liban, de l’hêtre tortueux, et rencontre avec un héron cendré, une oie à tête barrée, un canard colvert, un troglodyte mignon, une corneille noire ou un gobe-mouches, le tout sous l’œil de statues dues à Etex, Lipsi, Desca, Valsenis…

    Mais, peu de touristes, voire d’habitants de la capitale, connaissent Paris-Village…

    Ainsi, en poursuivant la promenade du Parc Montsouris vers l’ouest, on pénètre dans un monde à part, un « autre » Paris : Paris-Village !

    Des demeures pleines de charme dans des ruelles en pente et des impasses, véritable cité fleurie et conviviale.

    Ici, square de Montsouris, rue du Parc-de-Montsouris, impasse Nansouty…, ou dans les environs immédiats du Réservoir de la Vanne, habitèrent ou érigèrent leur lieu de travail (souvent des ateliers de peintres) le Douanier Rousseau (Henri Rousseau), Foujita, André Derain, Georges Braque, Ozenfant, Gromaire…

    Mais, au juste, pourquoi Henri Rousseau fut-il surnommé le « Douanier Rousseau » ? Parce que ce digne représentant de l’art naïf travailla dans sa jeunesse à l’octroi de Paris, c’est-à-dire à un bureau où était perçu un droit sur certaines denrées à leur entrée dans les villes.

    Poursuivons notre balade en signalant quand même que cette taxe n’est plus d’application depuis 1948, et dirigeons-nous vers le Réservoir de Montsouris qui alimente 20% de la capitale. Particularité : des truites en aquarium témoignaient de la pureté de l’eau, m’affirma-t-on sur place… tout en précisant qu’aujourd’hui, pour contrôler la qualité de l’eau, ce sont des tests en laboratoire qui sont effectués.

    Un peu plus loin, voici la Cité Fleurie qui accueillit Paul Gauguin, Modigliani, Eugène Grasset (le créateur de la « Semeuse » chère au Larousse), Laurens, Jean Boucher, Domela, alors que, non loin de là, la Cité Florale est un spectacle ravissant avec ses rues des Glycines, des Volubilis, des Mimosas, des Orchidées…



     

     
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