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« Banksy. The Brussels Show » est un ensemble d’œuvres originales, parmi les plus importantes et représentatives de l’artiste de street art, exposées à la Galerie Deodato Art (www.deodato.be) située au cœur de la Capitale de l’Europe, dont le succès est tel qu’il a fallu une prolongation jusqu’à la mi-juin pour satisfaire l’engouement du public et des potentiels acheteurs.
Actif depuis les années 1990, Banksy utilise principalement le pochoir pour exprimer graphiquement sa philosophie basée sur l’anarchisme pacifique, l’antimilitarisme, l’anticapitalisme et l’antisystème.
Ses personnages emblématiques représentent souvent des rats, des singes, des forces de l’ordre, des militaires, des personnalités, mais aussi des enfants et personnages âgées, œuvres dont l’humour n’est pas toujours absent.
Mais, comment expliquer le succès mondial de Banksy ? Par l’anonymat de l’artiste ? Par ses messages hautement engagés ? Par son design ? Comment distinguer une œuvre de Banksy d’une imitation ou d’une copie ? Qui le représente dans le commerce de tableaux ou vérifie l’authenticité de ses œuvres ?
Que de mystères, donc, derrière cet artiste travaillant principalement sur des murs, dans des rames de métro, dans des enclos de zoos, sur les piliers de ponts, sur des trains…, et dont certaines réalisations sont devenues des sérigraphies d’une très grande valeur marchande. Il faut aussi savoir qu’il offre régulièrement le produit d’une vente ou l’autre à une association humanitaire.
Pour nous en parler davantage et répondre à nos questions, Mme Ginevra Andreoni, responsable de la Galerie Deodato Art, a reçu Fréquence Terre et fait visiter son exposition (podcast ci-contre).
Photos : ©Marie-Paule Peuteman/Fréquence Terre
Au cœur de Bruges dite la Venise du Nord, se dresse fièrement la tour (XIIIe-XIVe s) de 123,3 mètres, soit la plus haute construction du monde en briques, de l’église Notre-Dame située dans un quartier pittoresque du centre de la ville.
Un édifice que je considère comme un musée exceptionnel par son architecture et les œuvres qui y sont présentées de manière remarquable.
Cinq nefs et un espace lumineux grâce à de multiples vitraux « légers », ainsi que des chapelles, des transepts, le déambulatoire, le chœur… accueillent une bonne centaine de tableaux, monuments et plaques funéraires, triptyques, autels, statues, mausolées, mémoriaux, stalles, confessionnaux…
Parmi eux trône au centre de la décoration baroque d’un autel, la sculpture mondialement connue de Michel-Ange (1475-1564) la « Vierge et l’Enfant ».
Façonnée entre 1504 et 1505, cette statue en pierre de Carrare, mesurant 1,28 mètre de haut, est représentative de l’École de Florence.
Les spécialistes expliquent que Marie y est présentée comme une mère assez juvénile, l’enfant grimpant sur elle.
Le visage de la Vierge est serein, le jeu du drapé est gracieux et raffiné. Cette statue est la seule du maître qui quitta l’Italie de son vivant.
La statue fut la proie des nazis en 1944 et on la retrouva dans une mine de sel autrichienne en 1945. Elle est revenue à Bruges intacte.
On peut également admirer à Notre-Dame de Bruges des œuvres de Jacob van Oost le Jeune (1639-1713) et l’Ancien (1601-1671), Jan Maes (1620-1677), Frans Pourbus le Jeune (1659-1622) et Pieter Pourbus (1523/1524-1584), Erasmus Quellinus (1607-1678) ; Gerard Davis (1460-1523), Antoon van Dijck (1599-1641)…
Et puis, objet principal de ma visite en ce lieu chargé d’Histoire : les mausolées bourguignons.
Au cœur du chœur, quasiment côte à côte, deux tombeaux attirent l’attention de tout visiteur : celui de Marie de Bourgogne (1457-1482) et celui de Charles le Téméraire (1433-1477), son père.
Elle est née à Bruxelles, lui à Dijon, elle est morte d’une chute de cheval dans le bois de Torhout (Flandre occidentale), lui à la Bataille de Nancy.
Les restes du duc furent transportés à Bruges en 1533 sur l’ordre de Charles Quint. Marie fut inhumée une semaine après son accident mortel dans un tombeau maçonné de Notre-Dame de Bruges, ensuite recouvert d’un mausolée puis doré à la demande de son fils Philippe le Bon.
Le monument funéraire de Charles le Téméraire fut réalisé en 1562.
Des plaques commémoratives, arbres généalogiques, armoiries ont été ajoutés et, selon la coutume moyenâgeuse, les souverains sont représentés en position couchée, les mains jointes.
Marie est représentée en souveraine, sa couronne est rehaussée de pierres précieuses, deux chiens sont couchés à ses pieds en tant que symbole de fidélité.
Charles le Téméraire, lui, porte la couronne de Duc de Bourgogne et la chaîne de l’Ordre de la Toison d’Or, ordre de chevalerie fondé par Philippe le Bon en 1430.
Les chapitres se tenaient dans des églises, cathédrales et collégiales de Lille, Bruges, Dijon, Bruxelles, Saint-Omer, La Haye, Valenciennes, Bois-le-Duc, Malines, Middelbourg, Barcelone, Tournai, Utrecht, Anvers et Gand.
Aux pieds de Charles le Téméraire se trouve un lion, symbole de courage et de fidélité.
Les deux mausolées ont été déplacés à l’endroit actuel bien plus tard et les fouilles (1979-1981) permirent de localiser des tombeaux décorés que l’on aperçoit à travers une vitre à quelques centimètres de Charles le Téméraire et Marie.
Pour compléter cette visite, il est bon de rappeler que le dernier Duc de Bourgogne était maître de l’État bourguignon, qu’il était fort ambitieux, selon les historiens, ce qui lui aurait coûté la vie à Nancy.
Quant à Marie, elle avait 19 ans au moment de se retrouver titulaire de cet « État fragilisé » et passa une grande partie de son règne à défendre son héritage face au roi de France.
L’empereur Charles Quint fut le petit-fils de Marie de Bourgogne.
Reportage photo graphique : Marie-Paule Peuteman.
Remerciements à l’Office de Tourisme de Bruges et au personnel de l’Église Notre-Dame.
Ce n’est pas à un « Curio guide » ordinaire que je vous invite dans cette rubrique, mais à un voyage dans une exposition[1] mais, surtout, dans les rêves d’une jeune fille de 11 ans.
À l’instigation de l’association « Entendre leurs voix » fondée par l’Union européenne, la parole est donnée à des réfugiés qui ont fui la guerre et espèrent « un avenir meilleur ».
Le témoignage d’Eesra, une jeune syrienne de 11 ans, est touchant et mérite d’être répercuté.
Eesra fuit la guerre avec sa famille alors qu’elle n’a que 4 ans et elle se retrouve en Jordanie, loin des massacres, des explosions et autres fusillades. On peut la comprendre quand elle dit : « Je suis vraiment heureuse d’avoir déménagé dans un autre pays… Bien que la Syrie soit mon pays et que je l’aimerai toujours. »
Au fil du temps, Eesra développe sa passion pour le dessin, elle apprend à peindre, participe à des peintures murales de son école en groupe : « Je n’aime pas dessiner toute seule. Ce que j’aime, c’est que nous nous amusions en dessinant et que nous apprenions de nouvelles choses ensemble. Par exemple, l’une de mes amies peut me montrer comment dessiner une fille et je peux lui montrer comment dessiner une maison. De cette manière, nous nous entraidons. Nous devenons comme les doigts d’une seule main. C’est pour cela que j’aime à ce point quand nous nous entraidons. »
Eesra rêve de devenir illustratrice professionnelle et en attendant, elle s’adonne à la poésie :
« Je dessine, je dessine avec mon cœur ouvert à tous les humains – battant avec amour, battant avec tendresse.
Je dessine, je dessine un jardin béni de tant de fleurs – à chaque fois plus belles.
Je dessine, je dessine un arbre si vert – dense, haut et élancé.
Je dessine, je dessine avec toutes les couleurs qui existent.
Je dessine tous mes rêves – je les dessine avec amour, je les dessine avec paix… »
[1] Exposition itinérante dans la capitale de l’Europe. Pour notre reportage : Esplanade Spaak-1150 Bruxelles jusqu’au 30 mars 2021.
Une fois n’est pas coutume, dans la chronique « Curio Guide », c’est à un voyage dans les ondes que je vous invite avec une expérience radio maison.
À ma gauche, un bon vieux poste radio portable qui capte les ondes moyennes, la fréquence modulée, la FM donc, et les Grandes Ondes, du moins les stations qui y diffusent encore.
Quand je sélectionne ce genre d’appareil, j’ai directement le programme choisi mais, depuis quelques années, les Grandes Ondes sont orphelines de stations historiques, telle France Inter depuis cinq ou six ans.
L’explication donnée à ce sujet est le fait que plus de 90% des jeunes écoutent la radio sur un smartphone, un ordinateur ou une tablette, et que l’audience internet mobile est de plus de 75% chez moins de 50 ans.
Bref, comme l’aurait dit un fondateur de NRJ à l’encontre de RTL : « Dans chaque corbillard qui passe, il y a un auditeur en ondes longues. »
Alors, à ma droite, une radio internet branchée sur wifi appelée Radio Digitale + où je peux capter un impressionnant nombre de stations et webradios, dont Fréquence Terre.
Ainsi va l’évolution du monde qui suit le mouvement des préférences des auditeurs, déclarent les responsables, sauf que, il y a une donnée supplémentaire.
À chaque fois que je sélectionne une station (par exemple, Nostalgie, radio privée française par excellence, et deux radios de l’État belge, en l’occurrence Musiq3 pour la musique classique ou Classic21 pour le rock), j’ai systématiquement droit à une pub pour telle marque de voiture, pour telle société de placement de panneaux solaires, pour une assurance, pour une grande surface, pour un produit de beauté, pour un aliment destiné à toutou. Si je passe de l’une à l’autre station en un très court laps de temps, c’est chaque fois une pub puis le programme normal. Celle-ci suit donc à la trace ma sélection.
En revanche, si, au même moment, je me branche en parallèle sur ma bonne vieille radio traditionnelle, mais en voie de disparition, rappelons-le, j’ai directement Francis Cabrel ou Mozart ou les infos de midi ou le reportage de Paris-Nice en direct ou une chronique historique.
La différence en faveur de la Radio Digitale+ est donc là. Essentielle et peut-être vitale à l’heure de l’ultraconsumérisme pour les dirigeants des radios en 2021 : asséner d’office de la publicité, quelle que soit la radio que vous sélectionnez et, de la sorte, bénéficier de rentrées financières non négligeables.
Par son indépendance, Fréquence Terre échappe à cette logique marketing, donc une raison supplémentaire de vous brancher sur elle, d’autant plus que les infos de Radio France Internationale y sont programmées régulièrement et apporte à l’auditeur une synthèse de qualité de l’actualité nationale et internationale.
Plutôt que de longues démonstrations, voici notre expérience : entre le premier et le dernier extraits musicaux de cette minute quinze d’enregistrements qui proviennent de Fréquence Terre, vous avez, donc, le passage en quelque secondes aux trois stations Nostalgie, Musiq 3 et Classic 21 sur la Radio Digitale+ et, à chaque fois, une publicité, parfois la même.
Dès lors, bonne écoute de la radio… quel que soit votre choix
Pour cette ultime chronique de 2020, je vous invite à un voyage dans le futur. « Un futur fait d’une société libre d’individus libres dans laquelle il n’y aurait plus ni domination, ni exploitation, ni oppression. »[1]
Il ne s’agit ni de Jules Verne ni de science-fiction, mais d’un choix subjectif de propos émis par quatre grands pacifistes que j’ai rencontrés à plusieurs reprises:
« Dans la guerre, ce n’est pas la paix que l’on veut, c’est la victoire, ce qui est tout à fait différent. Alors ? Où frapper l’ennemi ? Au centre : à la conscience. La non-violence ne saurait se réduire à une technique. Elle est avant toute chose une manière d’être. Elle est finalement un acte de foi en la force de l’esprit. »
[1] Anarchisme non-violent et pacifisme libertaire, Sebastian Kalicha, Atelier de création libertaire, 2020.
Photos : Fréquence Terre, D.R., Association Amis de Lanza del Vasto et « Cabu, une vie de dessinateur ».
Dans de nombreux pays, la situation sur le front de la pandémie permet à nouveau la visite de musées, bien entendu en respectant les élémentaires mesures sanitaires.
Aujourd’hui, je vous invite à parcourir un impressionnant palais souterrain dans la capitale de l’Europe, dont l’origine remonte au XIIe siècle.
À vrai dire, il s’agit des vestiges d’un site archéologique exceptionnel formé d’un imposant réseau de salles et de passages souterrains qui débouche sur un musée qui présente le résultat de campagnes de fouilles.
Cependant, avant d’être sous l’actuelle place Royale où l’on entend les passages des trams quelques mètres au-dessus de vous, ce site tenait un rôle majeur dans la politique des ducs de Brabant, puis fut un haut lieu de la diplomatie, avant de devenir une résidence de plaisance.
Ainsi, au temps où cette ville fut la capitale des États bourguignons en lieu et place de Dijon, par exemple, le Palais du Coudenberg dominait Bruxelles et était une résidence princière qui accueillait les plus puissants de l’Europe jusqu’au XVIIIe siècle, plus particulièrement Philippe le Bon, duc de Bourgogne qui fonda l’ordre de chevalerie de La Toison d’or, et Charles Quint, empereur du Saint-Empire.
Une question vient rapidement à l’esprit quand on se trouve dans cet espace sous terre : pourquoi, justement, ce palais est-il devenu souterrain ?
Parce que, au XVIIIe siècle, tout le quartier fut nivelé pour aménager ladite place Royale et les pavillons qui l’entouraient.
Lors de la visite, on déambule d’ailleurs dans la rue Isabelle voûtée, alors qu’originellement elle était à ciel ouvert comme toutes les artères de la ville.
Six étapes jalonnent la visite de ce qui fut d’abord un château défensif avant de devenir un palais aux mains des ducs de Bourgogne avec, entre 1452 et 1460, l’édification de la prestigieuse salle d’apparat, l’Aula Magna.
Voici le corps de logis avec ses vestiges les plus anciens datant du XIIe siècle, mais, aussi des voûtes du XIVe et des caves du XVe.
Ensuite, la chapelle avec ses piliers octogonaux, les portes d’origine datant du XVIe, on voit des traces des techniques de taille des pierres, ensuite, remontons la rue Isabelle, et à la quatrième étape nommée « Aula Magna », on remarque une clé de voûte ornée des emblèmes de Philippe le Bon, puis direction vers le musée avec galerie gothique du XVIe, statue monumentale d’un apôtre du XVe siècle, collections de céramiques, de verres…
Terminons la visite par une anecdote : le 3 février 1731, le palais fut la proie des flammes. On prétendit que ce fut une cuisinière qui en aurait été la cause lors de la fabrication de confitures. En vérité, ce fut la sœur de l’empereur Charles VI du Saint-Empire, Marie-Élisabeth d’Autriche, qui avait omis d’éteindre les bougies dans l’appartement qu’elle occupait au palais bruxellois.
Renseignements utiles : Palais du Coudenberg : www.coudenberg.brussels
Photos : Marie-Paule Peuteman (Fréquence Terre)
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