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Or


Et si la politique de l’eau en France dépendait du Ministère de l’Ecologie ?
Alors la Cour de Justice de l’Union Européenne vient à nouveau de condamner la France pour non-respect de la directive nitrates, l’UFC Que Choisir demande que soit revu complètement le système de gestion de l’eau en France. L’association fait le constat que l’échec de la politique française de l’eau est cuisant. Selon elle, la France est incapable de respecter le droit européen de l’environnement.
L’état des zones sensibles est un révélateur. L’UFC Que Choisir souligne que la moitié du territoire agricole est classé en zone vulnérable du fait de fortes pollutions en nitrates. Nappes phréatiques, fleuves et rivières sont rongés par les pesticides. Ces polluants sont présents dans 91% des eaux de surface.
Pourtant, une gestion responsable de la ressource serait possible. Il faudrait pour cela aider le monde agricole à limiter les épandages d’engrais et de pesticides. Mais les collectivités territoriales, sous la pression de ce monde agricole, préféreraient, toujours selon l’association, une coûteuse dépollution des eaux. Un effort qui se monterait à plus d’un milliard d’euros par an, financé à 90% par le consommateur !
Pourtant, ces consommateurs sont présents dans les instances locales et nationales en charge de la protection de l’eau. Ces instances seraient à même de faire des propositions pour réformer le système. Mais les conditions de délibération de ces comités ne seraient pas propices à des débats éclairés.
Les associations de consommateurs dénoncent des parodies de concertation. Le plus souvent, les documents nécessaires à la compréhension des dossiers sont délivrés en séance, et sont très techniques. D’où une quasi impossibilité de prendre position de manière avisée. Dans un quart des structures, les décisions importantes seraient même expédiées en moins d’une heure, et même, pour un tiers d’entre elles, sans réel débat contradictoire !
Autre point qui soulignerait le simulacre de concertation : la représentativité des usagers dans ces instances. Le nombre de sièges qui leur sont dévolus reste très faible. Dans le Comité de bassin « Seine Normandie » par exemple, il n’y aurait que 10 représentants associatifs sur 180 membres, soit seulement 6% du total ! Difficile, dans ces conditions, d’avoir un poids reconnus dans les prises de décisions.
Pour faire face à cette gestion confisquée, l’UFC Que Choisir en appelle donc à une refonte du système de gestion de l’eau, et demande notamment que cette gestion soit exclusivement dirigée par les représentants du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable, que ce soit au niveau national que local. Car ce Ministère est le seul pouvoir qui soit en mesure d’imposer une gestion rigoureuse de l’eau, réellement indépendante des pressions de certains lobbys.
Reste à savoir maintenant, compte tenu des derniers rebondissements au sein de ce Ministère, si la nouvelle équipe aurait les coudées franches pour assumer une telle responsabilité, et si les moyens d’appliquer un tel contrôle leur seraient donné. Après la coupe sombre de 7% du budget du Ministère et le limogeage express de l’ancienne Ministre, Delphine Batho, il n’est que peu probable que l’environnement en général, et la gestion de l’eau en particulier, soit une préoccupation majeure du gouvernement.
– Pour aller plus loin :
Droit humain fondamental, l’accès à l’eau potable n’est pas, on le sait, une réalité partout dans le monde. Un habitant sur 5 ne peut bénéficier du précieux liquide.
Pour réussir ce défi, de nombreuses initiatives se développent un peu partout Multiplier les projets d’adduction d’eau et soutenir leur réalisation, c’est le but d’une initiative née Suisse, « Solidarit’eau Suisse ». Véritable château d’eau de l’Europe, la Suisse occupe une place privilégiée dans le monde. Ce qui fait dire aux promoteurs du projet, que la Confédération a de ce fait des obligations morales vis-à-vis des pays en voie de développement. Le mot solidarité n’est pas là part hasard
Outre le fait d’avoir de l’eau en abondance, la Suisse a aussi le savoir faire et les moyens d’offrir à chaque ménage helvétique un service de qualité constante. Un confort que les communes suisses sont invitées à partager avec des régions moins bien loties.
Deux manières de procéder leur sont proposées : soit choisir un projet d’adduction d’eau à soutenir selon ses souhaits, en tenant compte du pays visé, du nombre de bénéficiaires et des possibilités financières de la commune. Ou bien mettre en place une collaboration suivie avec une commune ou un service des eaux dans un pays en développement, afin de conclure un partenariat.
Des partenariats qui ont déjà permis de mener quelques expériences et d’engranger des premiers succès. Des projets d’adductions d’eau sont ainsi soutenus à Madagascar, et un partenariat fonctionne également avec une commune du Togo
Tous ces projets sont menés en collaboration avec des ONG helvétique, telle la Croix Rouge suisse, le Comité suisse de l’Unicef ou des association comme Swissaid ou Helvetas
A travers ces actions, Solidarit’eau entend établir des partenariats durables avec les communes des pays visés. Il s’agit non seulement de mener à bien un projet lié à l’eau, mais aussi d’enrichir les deux partenaires sur le plan humain et culturel. Un travail de longue haleine qui exige un investissement pérenne.
Sans eau, pas de vie La demande est grande, les projets nombreux et le besoin d’aide et de partenaires important
Solidarit’eau eau attend donc toutes les bonnes initiatives, et les soutiens des communes suisses pour l’instant . Mais pourquoi ne pas imaginer une même initiative en France
L’eau que nous consommons est de bonne qualité, mais cela va-t-il durer ?
« Trouver des micro-traces de résidus dans les eaux en bouteille est une surprise. Cela doit nous poser des questions sur nos activités humaines les médicaments, l’agriculture Il faut changer nos modes de fonctionnement pour être plus respectueux de la nature. »
Malgré les contrôles, les polluants restent présents, comme l’atrazine, un désherbant soluble dans l’eau. Très persistant dans l’environnement, il est pourtant interdit depuis 2001. Un phénomène qui doit faire prendre conscience de l’enjeu à changer nos comportements pour les générations à venir
« Le temps humain n’est pas le temps de la reconstitution de la ressource en eau. Trouver des traces de polluants plus de 10 ans après n’est pas étonnant. Il faut que l’on s’intéresse au temps long. L’engagement politique sur la protection de la ressource ne doit pas être vu comme quelque chose d’immédiat pour l’immédiat, mais comme quelque chose qui se construit maintenant pour les générations futures. C’est une réflexion sur notre société, et sur la façon dont on souhaite mettre en uvre une autre civilisation, pas seulement pour nous mais pour nos petits enfants. »
Changer nos pratiques afin de préserver la ressource, c’est l’objet du manifeste que publie France Liberté et 60 millions de Consommateurs
Le 22 mars, c’est la Journée Mondiale de l’Eau. Et comme chaque année depuis 1993, cette journée est l’occasion d’attirer l’attention sur l’importance de l’eau douce, sa gestion et son accès pour tous.
783 millions de personnes n’ont toujours pas accès à l’eau potable. 2,5 milliards ne bénéficient pas d’installations sanitaires de base. Et 2 millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de maladies dues au manque d’hygiène et à l’insalubrité de l’eau.
Pour ses 20 ans, cette [Journée Mondiale de l’Eau>http://www.pseau.org/fr/observatoire/international/grands-rdv/JME-2013] s’est donc placée sous le signe de cette coopération internationale.
Avec ces coopérations, c’est l’eau du Nord qui finance l’eau du Sud. Mais pour pouvoir agir au Sud, il faut sensibiliser au Nord.
Temps de sensibilisation et pourquoi pas temps d’engagement, cette Journée peut également permettre à chaque citoyen d’agir concrètement, en faisant pression par exemple sur ses élus pour qu’ils investissent dans la coopération. Mais comme le rappelle Céline Noblot, chaque habitant peut également contribuer à des projets au Sud via sa facture d’eau et le « 1% solidaire » ou Loi Oudin-Santini qui autorise les collectivités territoriales françaises, les établissements publics intercommunaux et les syndicats des eaux et/ou d’assainissement à mobiliser jusqu’à 1% de leur budget eau et assainissement pour financer des actions de coopération internationale dans ces secteurs.
Offrir un service identique à tous, au même tarif, le plus bas possible, tel est le souhait de Christian Estrosi, le maire de Nice, qui vient d’annoncer le choix de la municipalité de reprendre dans le giron public la gestion de l’eau de l’agglomération. Un choix historique puisque Véolia, ancienne Compagnie générale des Eaux, détenait la délégation de service public depuis 1864.
Outre Nice, cette décision concerne les communes de Beaulieu-sur-Mer, Villefranche-sur-Mer, Eze, Cap-d’Ail et la station de ski d’Isola 2000.
Le changement de gestion ne changera rien pour les personnels qui, comme l’assure Christian Etrosi, « seront tous intégrés dans la nouvelle régie et bénéficieront toujours de la convention collective des métiers de l’eau à laquelle les salariés du délégataire sont actuellement soumis, afin de préserver leurs droits. »
Avec Nice, c’est un signal fort pour tous les partisans d’un retour de la gestion publique de l’eau. La cinquième ville de France montre le chemin pour toutes les municipalités désireuses de s’affranchir du privé, pour une gestion plus juste de la ressource, au bénéfice des usagers.
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Une eau publique, bien vital commun, qui sera au cur d’un colloque « Eau et Energie » le 15 mars prochain à Marseille.
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Enfin notez, si vous êtes dans la région lyonnaise cette semaine, que le 27ème Salon Primevère se tiendra au parc des expositions Eurexpo les 8, 9 et 10 mars. Le salon-rencontres de l’alter-écologie se distingue chaque année par son engagement militant pour un autre modèle de société. Au travers des exposants présents sur le salon, mais aussi par ces conférences, ateliers, débats, ou par son mode de fonctionnement, Primevère est le rendez-vous incontournable de tous ceux qui veulent donner du sens à leur quotidien.
« On est tous dans le même bateau » est le sous titre du salon cette année
Cela fait 20 ans que l’association SOS Loire Vivante bataille contre le projet d’extension portuaire de Donges-Est afin de préserver l’estuaire de la Loire.
« En 1989, l’estuaire de la Loire a le statut de « zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique ». L’Etat diligente un groupe d’experts pour produire le rapport « Les oiseaux de l’estuaire. Inventaire pour l’application de la directive CEE 79/409 », inventoriant et hiérarchisant les zones importantes pour les oiseaux sur l’estuaire de la Loire et constituant la base scientifique de la délimitation de la Zone de Protection Spéciale, L’Etat et le Port Autonome de Nantes-Saint-Nazaire perçoivent les conclusions de ce rapport comme pouvant contrecarrer les projets d’extensions portuaires. Pendant des années, l’Etat se gardera de rendre public ce rapport et même de le prendre en compte dans ses décisions estuariennes. »
Après 20 ans de bataille acharnée, entre tribunal administratif et commission européenne, SOS Loire Vivante et ses partenaires ont obtenu l’abandon du projet d’extension portuaire à Donges-Est. 2 600 m de rives naturelles de l’estuaire vont être ainsi sauvées du béton.
« Le 12 juin 2009, le conseil de surveillance du Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire a validé son nouveau plan stratégique, construit dans le dialogue avec son conseil de développement au sein duquel LPO Loire-Atlantique, Bretagne Vivante et SOS Loire Vivante ont accepté de participer. Il a décidé l’abandon du projet d’extension portuaire à Donges-Est. »
Le principe du retour à un estuaire vivant est en place avec pour but la restauration des fonctionnalités écologiques, la qualité de l’eau, et la recréation des espaces naturels inutilement remblayés.
Les zones humides protègent notre eau.
Cela fait maintenant 40 ans que la France s’est engagée à préserver ces zones en signant la Convention Internationale de Ramsar, du nom de la ville d’Iran où elle a été signée le 2 février 1971.
2013 étant l’Année Internationale de la coopération dans le domaine de l’eau, cette journée doit permettre à tous de travailler pour les zones humides afin de convaincre ceux qui gèrent l’eau que ces zones ne sont pas des concurrentes pour l’eau
La gestion de l’eau dans les zones humides est une problématique tant pour les usagers que pour les espèces animales et végétales qui dépendent de la ressource en eau.
En quoi les zones humides protègent-elles l’eau ? Quelle est la place de l’eau et des milieux aquatiques dans notre société ? Qui sont les acteurs de la gestion de l’eau ? Quelles sont les clefs d’une gestion durable de l’eau et des zones humides en France ? Autant d’énigmes pour le grand public que cette journée va tenter d’éclairer au travers d’innombrables animations, un peu partout sur le territoire.
Dans le Rhône, vous pourrez par exemple débattre de la gestion de l’eau dans le Beaujolais, à Poule-lès-Echarmeaux, découvrir ces zones au détour d’une exposition à Lyon ou partir à la rencontre des oiseaux d’eau hivernants à Décines-Charpieu.
Pour découvrir ces zones humides, prendre conscience de leur rôle primordial dans notre environnement et participer à leur préservation, rendez-vous sur le site des Zones Humides ou sur le site de la Convention de Ramsar.
Une nouvelle année est souvent le moment de prendre de bonnes résolutions.
Mais comme souvent, ces bonnes résolutions n’ont qu’un temps on y pense les 15 premiers jours de l’année, et puis l’habitude reprend le dessus, on cède à la facilité Alors face à cette routine du quotidien, il est peut-être bon de rappeler quelques gestes responsables pour préserver la nature en général, et notre ressource en eau en particulier.
Rappelons déjà que nous consommons en moyenne 137 litres d’eau par jour, soit l’équivalent d’une baignoire entière ! Sur ces 137 litres, 40 % sont utilisés pour notre toilette, 20% partent dans les sanitaires et 13% servent à laver notre linge.
Dans les WC, la chasse d’eau à double débit s’impose. De 12 litres, ce ne seront que 3 ou 6 litres qui seront consommés.
Dans la cuisine, pour faire la vaisselle, il faut une certaine dose d’organisation. A la main, mieux vaut remplir les bacs méthodiquement pour le lavage et le rinçage au lieu de laisser se déverser ce gros filet d’eau
La vaisselle n’en sera pas moins propre.
Si la voiture nécessite un coup de frais, mieux vaut lui faire sa toilette dans les stations de lavage. Ce ne sont que 60 à 110 litres d’eau qui seront utilisés contre 200 litres pour un lavage maison, à moins d’être très doué. Mais là, il y a le risque de déverser les produits lessiviels dans les égouts. Ce qui n’est pas du meilleur effet !
La consommation d’eau est maintenant contrôlée ? Reste à faire attention à ce qui se déverse dans les canalisations ou les égouts. Les produits toxiques, phytosanitaires, les restes de peinture ou de vernis ou les huiles de vidange sont un poison pour l’environnement.
Enfin prenons garde à ce que nous jetons et où nous le jetons. Ne pas se débarrasser des médicaments n’importe où. Relâchés dans la nature sans traitement, les médicaments bouleversent l’écosystème. Rapportons-les plutôt chez le pharmacien.
Voilà donc pour ces quelques bonnes résolutions à tenir tout au long de l’année, à la maison, comme en vacances
Une très bonne année 2013 à tous Une année éco-responsable !
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