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By Eau – Fréquence TerreScienceNature
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  • Eau potable et assainissement : le bilan d’étape des Objectifs du Millénaire

    C’est en 2000 que les dirigeants de la planète se sont penchés sur le sort de l’Humanité. Lors de ce « Sommet du Millénaire », huit objectifs pour le développement ont été adoptés. L’un de ces objectifs était de réduire de moitié, d’ici à 2015, le pourcentage de la population qui n’a pas d’accès à un approvisionnement en eau potable ni à des services d’assainissement de base.


    Actuellement, la moitié de la population des régions en développement ne bénéficie d’aucun assainissement, et l’approvisionnement en eau salubre reste un défi dans beaucoup d’endroits du monde.

    Le combat pour une eau potable accessible par le plus grand nombre semblerait, selon l’ONU, en bonne voie. Dans la plupart des régions en développement, les objectifs pour 2015 devraient être atteints voir dépassés. Ils sont même une quasi réalité en Asie, en Amérique latine, aux Caraïbes et en Afrique du Nord.

    C’est d’ailleurs en Asie du sud-est que les progrès sont les plus nets. L’accès à l’eau potable s’y est amélioré de près de 30% pendant la période 1990-2008, pour atteindre 86% de la population. En Afrique du Nord, c’est même 90% des habitants qui ont cet accès à l’eau.


    La situation est toute autre en Afrique subsaharienne. Malgré une progression de 22% de la population couverte, sur la même période 1990-2008, seuls 60% des habitants sont desservis en eau potable.

    Un constat beaucoup moins optimiste est à déploré en revanche pour l’Océanie, qui, avec une couverture de seulement 50%, n’a enregistré aucun progrès en 20 ans.

    Il est à noter que c’est dans les zones rurales que la progression est la plus marquée. La couverture en eau potable y est passée de 60% en 1990 à 76% en 2008, comblant peu à peu l’écart avec les zones urbaines qui plafonnent depuis 20 ans à 94% de la population desservie.

    Il reste tout de même à déplorer que cet accès à l’eau potable est freiné dans de nombreuses régions par les pollutions subies par les eaux souterraines. Les contaminations à l’arsenic comme au Bangladesh, ou celle au fluor, comme en Inde ou en Chine, représentent un grave péril pour les réserves en eau.


    L’ONU souligne d’ailleurs qu’en dépit des efforts entrepris pour compiler des données mondiales sur la qualité de l’eau, il reste très difficile d’en mesurer le degré de sécurité.

    Si l’accès à l’eau potable pour tous ne semble plus être un objectif irréalisable, il en va tout autrement en ce qui concerne l’accès à l’assainissement.


    La planète n’atteindra pas la cible, en 2015, visant à diminuer de moitié le pourcentage de personnes dépourvues d’un assainissement de base.

    On estime qu’en 2008, 2,6 milliards d’individus n’avaient pas accès à des installations sanitaires améliorées. Si cette tendance se poursuit, ce chiffre passera à 2,7 milliards d’ici 2015.

    C’est en Asie du Sud et en Afrique subsaharienne où la carence est la plus criante. 64% de la population d’Asie du Sud n’a pas accès à un assainissement de base. La proportion est de 69% en Afrique subsaharienne.

    Si les plus grands progrès en termes d’assainissement ont eu lieu dans les zones rurales l’écart entre zones urbaines et rurales reste énorme dans la plupart des régions du globe.

    Au-delà des constats de l’ONU sur ces objectifs du millénaire, le Programme des Nations Unies pour le développement et le Fonds pour l’environnement mondial financent des projets pour faire aboutir ces défis…


    C’est ainsi que dans l’archipel du Vanuatu, dans l’Océan Pacifique, l’île d’Efaté a pu voir arriver l’eau courante. Jusqu’à présent, les habitants ne disposaient que de sources naturelles situées à plusieurs kilomètres du village. Mais la salinité de ces sources ne cessait d’augmenter en raison de l’augmentation du niveau de la mer. Une situation qui n’était pas sans risque pour la santé des villageois.

    Désormais, ils peuvent venir s’approvisionner à l’un des 75 points d’alimentation qui ont été installés.

    De l’eau potable et un assainissement de base pour chaque être humain : un défi que compte bien relever l’ONU comme l’ensemble de ses objectifs du millénaire pour le développement. C’est d’ailleurs le slogan de l’organisation qui scande qu’« éliminer la pauvreté d’ici 2015, c’est possible ! »

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  • De l’or bleu sous le continent africain

    Plus de 300 millions d’africains n’ont toujours pas accès à l’eau potable.


    Une pénurie d’eau qui se fait chaque jour plus prégnante dans un continent déjà malmené, où seulement 5 % des terres arables sont irriguées, et où la famine menace… Selon l’ONU, c’est plus de 23 millions de personnes qui pourraient être touchées par cette famine….

    Pourtant, si le paysage reste aride vu du ciel, le sous sol, lui regorge d’eau. Dix-sept grands fleuves irriguent le continent auxquels s’ajoutent une centaine de grands lacs,… sans oublier de considérables nappes phréatiques.

    Ce sont ces grandes réserves souterraines qui viennent d’être mises à jour par des hydrogéologues du British Geological Survey et de l’University College de Londres dans la revue Environmental Research Letters.


    Ces chercheurs britanniques viennent de localiser d’immenses réserves d’eau… Un demi-million de km3 d’eau, équivalent à un quart de la Méditerranée, ou trois fois la Mer Rouge.

    L’évaluation des scientifiques s’appuie sur une compilation de cartes et de mesures hydrographiques et géologiques. Si, selon les chercheurs eux-mêmes, les résultats de cette étude comportent une marge d’erreur importante,… il n’en reste pas moins que le réservoir d’eau souterraine équivaut à plus de 100 fois le volume d’eau de pluie annuelle et 20 fois la réserve en eau douce des lacs africains.

    La répartition des ces réserves est assez inégale. Et ce n’est étrangement pas dans les pays les plus arides que ces eaux sont le moins présentes. La plus grande partie de ces ressources dort sous la Libye, l’Algérie, le Soudan, l’Egypte et le Tchad. A l’inverse, la région des Grands Lacs, au climat tropical, est plutôt pauvres en aquifères.

    Des réserves en quantité ne signifient toutefois pas que la résolution de la sécheresse est à portée de main. Ce n’est pas demain encore que l’on va pouvoir irriguer des surfaces nouvelles ou apporter de l’eau potable dans chaque village.


    Car il ne suffit pas de creuser pour pourvoir consommer cette eau.

    Il faut pouvoir la rendre disponible… Et le chemin est long : extraction, acheminent, potabilisation, distribution… Cela à un coût…

    Quand les réserves sont quelques mètres sous le sol, elles sont faciles à capter. Les ingénieurs peuvent aisément leur fixer un débit limité et les rendre accessibles aux populations. Mais elles sont souvent plus soumises aux pollutions liées à l’activité humaine.

    Plus en profondeur, les aquifères sont plus protégées des atteintes à leur intégrité. Mais il faut mobiliser des infrastructures lourdes et couteuses pour parvenir à les mettre à disposition. Il faut aussi veiller à ce qu’ils ne soient pas souillés par des éléments chimiques toxiques tels que l’arsenic ou le fluor.

    Enfin, si les nappes fossiles restent importantes, elles ne sont que très difficilement renouvelables. Et une extraction pour une exploitation commerciale à haut débit reste limitée, à moins d’épuiser prématurément ces ressources, comme l’a fait la Libye dans les années 90, avec un projet qui est en train d’assécher la plus importante nappe phréatique du continent…

    Si les chercheurs britanniques appellent à la prudence face à la lecture de leur étude, ils estiment toutefois qu’il y a assez d’eau pour développer, dans les zones rurales, des petits puits nécessaires aux cultures. L’installation de pompes à faible débit y serait suffisante, en principe, pour amorcer la lutte contre le changement climatique et ses effets dévastateurs.

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  • Nappes phréatiques déficitaires : une sécheresse qui s’installe

    Les records de 1973 ou 1989 ne sont encore pas atteints, mais les signaux d’alerte sont déjà visibles : la sécheresse pointe son nez progressivement.


    C’est le message lancé par la première Commission de suivi hydrologique de l’année. Elle vient de dresser le bilan météorologique et hydrologique de ces dernières semaines et de l’hiver 2012. Bassin par bassin, elle a pu faire un point très précis de l’état des cours d’eau et des nappes phréatiques.

    Et le constat est clair : les nappes phréatiques ne se sont pas assez rechargées cet hiver…

    C’est le déficit pluviométrique important constaté sur les trois premiers mois de l’année qui est en cause… une sécheresse hivernale qui fait suite à un automne 2011 déjà très sec sur la quasi totalité du territoire. Seules, les régions méditerranéennes avaient recueilli une quantité d’eau très proche de la normale, voir légèrement supérieure.


    S’il n’y a rien d’alarmant, le déficit pluviométrique de cet automne et de cet hiver reste préoccupant. Il est de 25% par rapport à la normale. Cela reste dans des niveaux comparables à 1990 ou 2005… Mais sans atteindre donc les records de 1973, à 28% ou de 1989 à 29%.

    Toutes les régions ne sont pas logées à la même enseigne… La moitié ouest du pays connaît la situation la plus problématique et notamment le quart sud-ouest. Le déficit pluviométrique y est proche des records des 50 dernières années. La région Midi-Pyrénées, par exemple, atteint un déficit de précipitations de 35%.

    Si rien n’est encore totalement joué pour l’été qui s’annonce, le constat dressé par la commission de suivi est préoccupant. Car, rappelons le, c’est en hiver que les nappes se rechargent. C’est à cette période que l’on recense les pluies dites « efficaces », qui permettent de remettre à flot ces réserves naturelles et de remonter le niveau des cours d’eau.


    Les nappes phréatiques qui présentent un niveau inférieur à la normale, peuvent constituer une menace pour tous les usagers : industriels, agriculteurs, collectivités, et particuliers.

    Il faudra donc suivre avec intérêt ce que nous réserve la météo pour les semaines qui viennent pour savoir si le retard pris ces derniers mois pourra être en partie comblé. Si les précipitations printanières et estivales sont suffisantes, elles pourront alors limiter les conséquences de ce déficit pluviométrique accumulé.

    La vigilance des services de l’Etat est donc mise à contribution pour les mois qui viennent. L’évolution de la situation est observée afin que soient prises toutes les mesures de restriction ou de limitation des usages de l’eau qui se révéleraient nécessaires.

    Les mesures de limitation des prélèvements sont progressives et adaptées aux différents usagers.


    Ainsi coté particuliers, ce sont les usages domestiques qui sont à surveiller : arrosage des pelouses, lavage des voitures, ou remplissage des piscines sont à limiter.

    Le monde agricole peut localement être soumis à des restrictions en diminuant la fréquence d’irrigation. L’activité des industries peut aussi être surveillée et se voir imposer une réduction progressive d’activité.

    Plusieurs départements sont déjà en état d’alerte ou de crise, comme la Vienne qui le restera jusqu’au moins de juin, ou l’Eure et Loir, jusqu’en octobre. Et cinq départements connaissent ponctuellement des zones d’arrêt des prélèvements, dernier niveau d’alerte… comme les Deux Sèvres ou les Charentes Maritimes qui le resteront jusqu’en juin.

    – Pour savoir en détail si vous êtes dans une zone soumise à une vigilance, une alerte, une crise ou sous le coup d’arrêt de prélèvements, le site Propulvia est à votre disposition… Il vous permet de consulter les différents arrêtés de restriction d’eau.

    * La commission de suivi hydrologique, qui rassemble des usagers de l’eau, des élus, des membres de comité de bassins, et des experts, se réunit dès que la situation hydrologique l’impose.

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  • La qualité de l’eau du robinet reste à améliorer

    Près de deux millions de français paieraient pour une eau polluée !


    C’est le constat dressé par l’UFC Que Choisir dans une étude sur la qualité des eaux en France.

    L’analyse, publiée par l’association de consommateurs, met en évidence la non-conformité de l’eau distribuée aux consommateurs dans certaines régions.

    Les polluants décelés, tels les pesticides, les nitrates, le sélénium, mettent en lumière les graves menaces que la pression agricole fait peser sur la ressource.

    L’étude met l’accent sur les départements où l’eau est dégradée par une agriculture intensive.

    Une partie du Bassin Parisien – l’Eure-et-Loir, le Loiret, la Seine-et-Marne et l’Yonne – ainsi que le Nord et la Champagne – le Pas-de-Calais, la Marne et l’Aube – sont particulièrement visés.

    Ce phénomène n’est pas nouveau, malheureusement. L’agriculture est montrée du doigt depuis de nombreuses années. Et la situation ne semble pas s’améliorer, si l’on en croit l’UFC Que Choisir, qui constate que l’utilisation des pesticides par le monde agricole n’a pas baissé depuis 10 ans. En cause, le fait que les pollueurs ne seraient pas les payeurs. Car si l’agriculture est responsable pour 74% de la pollution aux nitrates et 90% de la pollution aux pesticides, la « facture pollution » est supportée à 90% par les consommateurs.


    Ces dépenses supplémentaires dues aux pollutions agricoles représentent 7% à 12% de la facture des ménages, soit un coût de 640 millions à 1140 millions d’euros !

    Ce défaut de qualité de l’eau distribuée n’a pas qu’un effet sur les portes monnaies… La santé des usagers est aussi concernée.


    A ce sujet, la Direction générale de la Santé indique que le risque susceptible posé par les pesticides est une exposition sur le long terme, à des doses faibles mais répétitives, et avec des interactions entre des pesticides de différentes natures.

    Cancers, troubles du système nerveux et troubles de la reproduction pourraient être générés par ces pollutions.

    Pesticides, nitrates, sélénium, aluminium ou radioactivité, les différents polluants décelés, ne sont, certes pas, la généralité.


    Selon l’UFC Que Choisir, 97,5% des Français ont accès tout au long de l’année à une eau de bonne qualité. Mais des carences restent encore à combler, notamment en terme de traitement des eaux, qui peut ne pas être irréprochable partout.

    Les pratiques agricoles doivent aussi évoluer.

    L’association de consommateur demande que des aides financières de la Politique Agricole Commune soient réservées aux modes de production s’inspirant des approches de l’agriculture intégrée et de l’agriculture biologique.

    Les aides financières de la Politique Agricole Commune doivent être réorientées vers l’agriculture biologique, ou tout du moins responsable de l’environnement, et des sanctions financières dissuasives devraient également être appliquées.

    Ces constats et ce combat sont aussi ceux du WWF qui tire la sonnette d’alarme. Face à la dégradation autorisée et généralisée des eaux potables distribuées, l’organisation demande


    que soit développée une expertise indépendante et qu’il y ait une meilleure transparence sur les données publiques. Deux impératifs nécessaires pour répondre aux exigences sanitaires et pour rassurer la population.

    Car, malgré ces dysfonctionnements, il faut rappeler que l’eau du robinet reste la plus économique et la plus respectueuse de l’environnement. A qualité équivalente, elle est jusqu’à 130 fois moins chère que l’eau en bouteille et contribue près de mille fois moins à l’effet de serre.


    L’enjeu d’une eau de qualité est donc primordial, tant du point de vue du pouvoir d’achat, que de l’environnement.

    Pour en savoir plus sur la qualité de l’eau que nous consommons, deux sites sont disponibles. Tout d’abord, l’UFC Que Choisir qui publie la carte de la qualité de l’eau dans votre commune… Elle vous permet de visualiser précisément la teneur en polluant desservis chez vous.


    Et le WWF met à votre disposition des cartes interactives pour voir l’état des eaux et son évolution partout en France.

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  • Les Forums de l’’eau : entre bien commun et marchandisation

    « Quand un bien commun est accaparé par certains, il est temps de proposer un autre monde. »


    Ce bien commun, l’eau, sera, dans une quinzaine de jours au centre du Forum Alternatif Mondial de l’Eau, à Marseille.

    Parce que l’eau ne doit pas être source de profit, mais source de vie, ce Forum Alternatif existe pour faire écho au Forum plus « institutionnel », le Forum Mondial de l’Eau, qui se tiendra en même temps, toujours à Marseille.

    Alors que d’un coté, les politiques, acteurs privés de l’eau, et dirigeants de la planète débattront de l’avenir de l’eau et de sa gestion, de l’autre, c’est l’ensemble des mouvements de la société civile qui militent pour la préservation de la ressource qui confronteront leurs initiatives et leurs actions.

    Si l’essentiel des rencontres et des conférences se tiendront du 14 au 17 mars, c’est dès le 9 que la cité phocéenne se penchera sur le sort de l’eau, bien commun de l’humanité. Une rencontre menée à l’initiative notamment de la Fondation France Libertés, aura pour thème « Eau, Planète et Peuples : pour une citoyenneté mondiale ».


    Organisée au Conseil Régional Provence Alpes Côte d’Azur, cette rencontre se veut un temps de coordination et de propositions de la société civile. Elle a pour objectif de construire et de porter un message humaniste fort des organisations et réseaux de la société civile du monde entier.

    C’est un temps d’échange sur la place de l’eau au centre de nos sociétés, de mise en commun des actions réalisées aux quatre coins du globe, de confrontations des succès obtenus et des difficultés rencontrées.

    A noter parmi les autres temps fort de ce Forum… le Festival International du film documentaire… Un Festival qui explore la thématique universelle et transversale de l’eau et « s’avance au delà des constats fatalistes, au delà des solutions toutes faites et des imaginaires contraints. » Cinq jours de projection pour partir à la découverte de l’eau dans le monde, de son état, de ses problématiques, de son partage…

    Ce Forum Alternatif défend la notion d’eau, bien commun de l’humanité, qui doit être hors de toute marchandisation. Il s’oppose en cela au Forum Mondial organisé par le Conseil Mondial de l’Eau, la ville de Marseille et le gouvernement français. Tous les trois ans, ce rendez-vous tente de résoudre les problématiques d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Mais il concentre de plus en plus de critiques des acteurs associatifs et des organisations non gouvernementales.


    De nombreuses voix soulignent l’échec de la démarche et l’emprise des grandes multinationales de l’eau sur l’esprit du Forum, et sur ses orientations.

    Selon le journaliste Marc Laimé, « l’eau est en manque de démocratie ». Sur son blog « Les carnets d’eau« , sur le Monde diplomatique.net, il souligne « l’échec patent de la libéralisation des services hydriques, engagée à l’orée des années 1990. Les partenariats public-privé, signés par Veolia et Suez avec des collectivités locales des cinq continents n’ont pas tenu leurs promesses. »


    Ce grand raout médiatique, toujours selon Marc Laimé, serait « piloté depuis l’Elysée, pour sauver Véolia, fortement endetté, et Suez, qui peine à s’implanter dans plusieurs grandes villes du monde. » Un patriotisme économique qui fait passer au second plan les vrais enjeux de ce genre de rencontres.

    D’où la nécessité d’une autre démarche face à la « pensée unique des marchands d’eau », plus citoyenne, privilégiant « l’échange d’expériences, l’écoute réciproque, la confrontation d’idées, et la pluralité des voix ».

    Le billet de Marc Laimé consacré à ces deux forums est à lire dans son intégralité sur le blog [« Carnets d’eau » du Monde Diplo>http://blog.mondediplo.net/2012-02-07-Marseille-2012-l-eau-a-besoin-de-democratie].

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  • Se convertir en agriculture bio pour préserver l’eau

    Direction la Basse Normandie cette semaine, et plus précisément dans le bassin de la Rouvre.


    Depuis plusieurs années, les eaux de cet affluent de l’Orne sont périodiquement affectées par des teneurs en pesticides qui dépassent les seuils de potabilité pour l’alimentation humaine. Les analyses régulières de la DDASS montrent que les taux sont particulièrement forts en période de traitement des cultures et après de fortes précipitations. Dans ce bassin faiblement peuplé et industrialisé, la pollution est d’abord d’origine agricole.

    En 2005, la Fédération Régionale des CIVAM, les Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural, a entrepris d’inciter une dizaine d’agriculteurs à changer leur système d’exploitation. En partenariat avec l’Agence de l’Eau Seine Normandie, la Fédération a proposé aux exploitants d’opter pour une mutation globale de leurs pratiques. Du diagnostic à la réalisation, les volontaires ont été accompagnés tout au long de leur démarche.



    Fabienne Bois est la directrice de la Fédération Régionale des CIVAM.

    « L’idée principale de cette action est d’avoir une approche globale de la réduction des pollutions de l’eau liées aux activités agricoles en faisant évoluer la conduite des systèmes vers des systèmes fourragers à base d’herbe économe et autonome. Pour cela, l’action mise en place consiste à faire un diagnostic de l’exploitation puis identifier des pistes d’évolutions vers un système d’agriculture durable tout en analysant la faisabilité technique et économique. Le diagnostic de l’exploitation permet de faire l’état des lieux du fonctionnement de l’exploitation et les propositions formulées concernent la conduite globale de l’exploitation en s’interrogeant sur l’assolement, les niveaux de production, les conduites des cultures… tout en préservant la rentabilité de la ferme. Il s’agit d’une première expérience dans ce domaine en Basse Normandie. En effet, les actions généralement menées pour la protection de l’eau ne ciblaient qu’une partie des pratiques des éleveurs (hormis les mises aux normes) ou une petite partie de l’exploitation (parcelles à proximité directe du captage), alors qu’ici, c’est une remise en question de la globalité du fonctionnement de l’exploitation qui est proposée »

    Sur les 10 agriculteurs « pilotes », 7ont déjà profondément modifier leurs pratiques. Une exploitation est même totalement convertie au bio.


    Ces expérimentations vont servir de référence pour permettre de développer ce type d’action sur tout le territoire bas-normand, avec, comme clef d’entrée, la protection de la ressource en eau.

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  • Mars 2012 : l’eau au cœoeur de 2 Forums à Marseille !

    2012, en France, sera un peu l’année de l’eau !


    L’évènement majeur sera le [6ème Forum Mondial de l’eau>http://www.worldwaterforum6.org/fr/accueil/] qui se tiendra du 12 au 17 mars 2012 à Marseille.

    Organisé notamment par le Conseil Mondial de l’Eau, cette nouvelle édition se veut le « Forum des solutions et des engagements ».

    Avec plus de 180 pays représentés, 140 délégations ministérielles, 800 conférenciers et au moins 25000 participants attendus au chevet de l’eau, cette « grand messe » est présentée comme un rendez-vous privilégié de dialogues sur les défis de l’eau et de l’assainissement dans le monde.


    Dialogues entre gouvernements, parlementaires et élus locaux ou régionaux… Dialogues aussi entre entreprises du secteur de l’eau et organisations non gouvernementales. Des échanges au cours desquels de véritables engagements devront être pris…

    La France, par la voix de Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l’écologie, compte faire valoir plusieurs priorités lors de ce Forum.


    Il s’agit d’abord d’accélérer l’accès à l’eau et à l’assainissement pour tous. Alors que 8 millions de personnes, dont 2 millions d’enfants, meurent encore chaque année en raison de l’insalubrité de l’eau, il est plus que jamais urgent de rendre effectif cet accès par l’investissement dans des infrastructures durables, et par la protection des ressources…

    La France entend aussi insister sur la nécessité d’une plus grande coopération transfrontalière, afin de protéger et partager les ressources en eau au sein des Nations et entre les Nations.


    Et puis pour assurer des politiques de l’eau plus efficaces, la priorité est d’améliorer le cadre institutionnel de la gouvernance de l’eau pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement dans le domaine de l’eau et de l’assainissement.

    La résolution des Nations Unies de juillet 2010 sera dans tous les esprits et au cœur des débats de ce Forum Mondial de l’Eau de Marseille. L’ONU reconnait effectivement « le droit à une eau potable salubre et propre comme un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ».

    Cette résolution sera aussi le moteur d’un autre rendez-vous tout aussi important et qui vient en contrepoint au Forum « officiel ».


    C’est à Marseille également qu’aura lieu le Forum Alternatif Mondial de l’Eau, le FAME, du14 au 17 mars 2012. Organisé entre autres par ATTAC, et l’ACME, Association pour le Contrat Mondial de l’eau, en partenariat avec des citoyens de tous horizons et de nombreuses associations françaises et internationales, ce Forum parallèle s’appuie sur les mouvements de la société civile qui militent pour la préservation des ressources en eau et leur gestion citoyenne.

    Pour les promoteurs du Forum, il s’agit d’intégrer les citoyens et les associations à la réflexion sur l’avenir de l’eau… des citoyens exclus du Forum Mondial officiel, largement dirigé par les multinationales de l’eau qui ont fait de la ressource une marchandise. Le [Conseil Mondial de l’Eau>http://www.worldwatercouncil.org/index.php?id=964], maitre d’œuvre du Forum, est en effet constitué de membres de Veolia ou de Suez, ainsi que d’organisations financières telle que la Banque Mondiale…


    Pour les organisateurs du Forum Alternatif, le Forum mondial de l’eau, reste « une grande foire commerciale internationale, mise sur pied pour vendre les solutions des multinationales de l’eau et de leurs actionnaires. »

    Les citoyens réunis au Forum Alternatif viendront ainsi témoigner de leurs luttes contre la marchandisation de l’eau, pour la préservation quantitative et qualitative des ressources, pour leur répartition équitable au profit du vivant et leur non accaparement de manière privative. Tous militent pour un réel accès de tous les humains à l’eau potable, contre la surconsommation d’eau, et pour la maîtrise citoyenne de la gestion de l’eau.

    Le Forum Mondial de l’Eau et le Forum Alternatif Mondial de l’Eau : c’est au mois de mars 2012, à Marseille. Deux évènements dont nous reparleront sur Frequenceterre.

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  • Eau potable en Tunisie : l’’autre révolution du pays

    Il y a tout juste un an, le peuple tunisien se soulevait contre le régime de Ben Ali.


    Depuis, le processus démocratique s’est mis en marche, et ces derniers jours, c’est l’ancien opposant au régime, Moncef Marzouki, qui a été élu Président de la République tunisienne par l’Assemblée nationale constituante.

    La reconstruction du pays va prendre du temps. Reconstruction politique, sociale, démocratique, économique…

    Mais cette renaissance se veut aussi environnementale. Car dans bien des domaines, il y a urgence.

    C’est notamment le cas en ce qui concerne l’accès à l’eau potable.


    Le nouveau gouvernement tunisien et la Banque africaine de développement ont ainsi officiellement lancé, le 14 décembre 2011, le programme national d’alimentation en eau potable en milieu rural en Tunisie. D’un montant de 183 millions de dinars tunisiens (95 millions d’euros), ce programme vise à soutenir la stratégie d’accès à l’eau potable dans les zones rurales, l’une des priorités du pays.

    Le programme mis en œuvre se décompose en plusieurs points.


    De nouveaux systèmes d’alimentation en eau potable vont être réalisés avec l’aménagement et l’équipement de points d’eau.

    Les conditions de desserte autour des axes vont être améliorées.

    Les anciens systèmes d’alimentation en eau potable seront réhabilités.

    Et puis l’amélioration de la qualité de l’eau, la normalisation des équipements de pompage et de régulation, l’intensification des points de desserte et la remise en état des ouvrages de génie civil seront également nécessaires.

    A l’achèvement du programme, en 2016, ce sont 350000 habitants de plus qui devraient ainsi avoir accès à l’eau potable. Le projet permettra d’augmenter le taux de desserte, le faisant passer à 98 pour cent de la population. Un objectif fixé par le XIIe plan de développement économique et social de la Tunisie.


    Le gouvernement s’attaque ainsi à un fléau qui touche essentiellement les populations les plus déshéritées du pays.

    Les aspirations des populations rurales en matière d’amélioration de leurs conditions de vie, de création d’emplois, de réduction des inégalités et de développement régional, passe entre autres par cet accès vital à l’eau potable.

    L’ensemble de ce programme est financé par la BAD, la Banque africaine de développement qui a également pris part à plusieurs opérations pour aider la Tunisie à réussir sa transition économique et sociale depuis janvier 2011. Elle est notamment venue en aide aux personnes réfugiées et déplacées à la frontière tuniso-libyenne, et a soutenu le comité tunisien chargé du recouvrement des avoirs détournés par l’ancien régime.

    Ce grand chantier d’amélioration de l’accès à l’eau potable en Tunisie est donc vital.


    La réussite du changement politique du pays passe aussi par çà.

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  • La Bretagne manque d’’eau !

    Deux mois de réserves dans les Côtes d’Armor, un peu moins en Ile et Vilaine, le constat à l’entrée de l’hiver est préoccupant.


    Les gestionnaires des syndicats d’eau potable de la région estiment que s’il ne pleut pas cet hiver, l’alimentation en eau potable deviendra problématique en Bretagne l’été prochain.

    Les préfectures du Finistère, de Côtes d’Armor et d’Ile et Vilaine ont ainsi appelé l’ensemble des usagers à une utilisation économe de l’eau. Les particuliers, les collectivités, mais aussi les artisans, industriels, et agriculteurs devront faire preuve de vigilance et lutter contre tout gaspillage.

    C’est le déficit pluviométrique de ces dernières semaines qui a rendu cette mobilisation nécessaire. Le déficit cumulé sur l’année est de 30%, ce qui fait craindre à la Préfecture d’Ile et Vilaine, notamment, que pour certaines retenues, la couverture des besoins d’alimentation en eau potable ne dépasse pas le 20 décembre.


    C’est la conséquence d’une sécheresse qui a débuté en février. Et malgré un été pluvieux, le niveau des barrages reste bas, et le débit des cours d’eau assez faible. La température estivale n’a pas permis aux nappes phréatiques de retenir ces précipitations.

    La Bretagne attend donc avec impatience des pluies efficaces pour reconstituer les stocks.

    Les préfectures invitent donc chaque usager à quelques gestes simples : limiter les arrosages, éviter le lavage des voitures ou des bateaux, s’assurer de la fermeture de ses robinets, surveiller les fuites d’eau sur ses canalisations…

    Mais il ne suffira pas de bonnes pratiques pour préserver les réserves d’eau. Il faut aussi surveiller le niveau des retenues d’eau de la Région.


    Une douzaine d’étangs privés viennent ainsi d’être réquisitionnés dans le pays de Saint-Malo pour réalimenter deux barrages dont les niveaux sont très bas. Il s’agit du barrage de Beaufort et de celui de Mirloup, situés en amont de Dol de Bretagne. Des lâchers d’eau vont ainsi permettre de sécuriser l’alimentation en eau potable du secteur et prolonger de trois à quatre semaines l’autonomie des retenues d’eau… En attendant que le ciel soit un peu plus généreux d’ici février afin de reconstituer les réserves en vue de l’été.

    Autre région, autre problématique… Il s’agit cette fois de pollution.


    L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée et Corse vient de publier un rapport sur l’état écologique des eaux du bassin. Et le constat n’est guère réjouissant : la moitié des eaux sont en mauvais état écologique en raison de la pollution par les pesticides et de l’aménagement excessif des rivières. Si 51% des cours d’eau du bassin affichent un bon état écologique permettant le maintien de la faune et de la flore, on est encore loin des 66% fixés par le Grenelle de l’Environnement, un objectif à atteindre à l’horizon 2015.

    L’Agence note toutefois une réduction significative de la pollution organique d’origine domestique et industrielle. En 20 ans, les rivières sont passées d’une qualité médiocre à bonne qualité grâce à la modernisation des stations dépuration. Les concentrations en ammonium ont été divisées par 10.


    En parallèle, l’interdiction des phosphates dans les lessives a divisé par 10, en 20 ans, la concentration en phosphate dans les cours d’eau.

    Des progrès qui ont permis une amélioration du peuplement des fonds des rivières en invertébrés.

    Pour finir, notez sur vos agendas, si vous habiter en région parisienne… un débat public sur le coût de l’eau…


    « L’eau coute cher aux usagers de nos communes », c’est l’antienne lancée par les organisateurs de cette soirée qui se tiendra le vendredi 16 décembre, à 20h30, à l’Espace Saint-Jean de Melun, en Seine et Marne. Une soirée organisée par Europe Ecologie Les Verts de Melun Val de Seine et l’ACME, Association pour le Contrat Mondial de l’Eau.

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  • Les Français sensibles aux enjeux écologiques de l’’eau

    Quel regard portent les Français sur l’eau ? C’est l’objet du tout premier baromètre d’opinion dressé par l’institut IFOP pour le Ministère du développement durable et les Agences de l’eau.


    Ce nouvel outil, présenté lors du Congrès de Maires de France, permettra de recueillir chaque année le ressenti des français sur la gestion de la ressource.

    Ce premier baromètre montre l’intérêt et les attentes fortes des français pour la préservation des ressources en eau et des milieux aquatiques.


    Bien avant la question du prix de l’eau, quatre enjeux écologiques majeurs sont placés en tête des préoccupations. Une bonne gestion de l’eau de la planète, la préservation de tous les milieux aquatiques, la qualité de l’eau du robinet, et la réduction de la pollution de l’eau des rivières.

    Les Français établissent une relation directe entre les activités humaines, la dégradation des milieux aquatiques et les risques liés à l’eau. Ils pointent ainsi les pesticides utilisés dans les champs et dans nos jardins, responsables, selon eux, des trois quart des dégradations. Les produits dangereux, utilisés en bricolage et jardinage sont aussi mis en cause.


    Les constructions dans les zones à risques ainsi que l’urbanisation et l’imperméabilisation des sols sont à leurs yeux les principales causes d’inondation.

    Contre ces nuisances, les grands remèdes plébiscités sont en particulier de traiter les eaux usées et de réduire les substances dangereuses. Mais il faut aussi mieux gérer les usages de l’eau, et mieux gérer les eaux de pluie en ville. Au-delà de ces aspects pratiques, les cours d’eau font aussi l’objet de l’attention des Français qui estiment qu’il faut réduire les obstacles sur les cours d’eau et redonner à la rivière son cours naturel.

    Dans ce baromètre, le lien entre l’eau potable et la qualité des ressources en eau dans le milieu naturel n’est pas véritablement fait. Ainsi, les Français sont fortement préoccupés par la qualité de l’eau potable mais nettement moins par l’état des rivières, des lacs et du littoral.

    De cette étude ressort également la bonne confiance faite aux maires et présidents d’intercommunalités en matière de gestion de l’eau. D’ailleurs, à 74%, les Français sont majoritairement satisfaits de la gestion de l’eau dans leur région.


    Une confiance qui incite nos concitoyens à souscrire aux solutions novatrices qui sont proposées : entretien des espaces verts sans pesticides, effacement de barrages ou modification d’un méandre d’une rivière. Les Français sont également prêts à modifier leurs habitudes personnelles en limitant leur consommation d’eau ou en achetant des produits bios.

    A noter également qu’au-delà de la sphère franco-française, 70% des sondés approuvent les actions de solidarité Nord-Sud des agences de l’eau et des collectivités.

    Forts des résultats de cette première enquête, les élus, investis des dossiers environnementaux, doivent pouvoir impulser des changements de pratiques dans leur commune et sur leur territoire.

    Ce baromètre d’opinion des Français sur l’eau, qui est appelé à être publié chaque année, est à retrouver en intégralité sur le site des Agences de l’eau.

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