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By Eau – Fréquence TerreScienceNature
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  • La Journée Mondiale de l’Eau 2011 face au défi urbain

    Le 22 mars est l’occasion, comme tous les ans, de mettre en lumière, s’il en était encore besoin, l’urgence de donner accès à l’eau potable sur toute la planète.

    Pour la première fois dans l’histoire de l’humanité la majorité de la population vit dans les villes : 3,3 milliards d’êtres humains sont ainsi concentrer dans les métropoles… D’année en année, cet étalement urbain progresse.


    38% de cette population vit dans des bidonvilles qui sont toujours en extension. La croissance de la population urbaine prend de vitesse le développement des infrastructures.

    Il y a là un défi urbain auquel il est urgent de répondre.


    C’est donc pour donner un coup de projecteur à cette problématique que les Nations Unies ont donné pour thème à la Journée Mondiale de l’Eau 2011, « L’eau pour les villes : répondre au défi urbain ».

    Cette journée du 22 mars a pour but de mobiliser et d’encourager les gouvernements, les organisations, les communautés et les individus à s’engager activement pour relever le défi de la gestion urbaine de l’eau. Il s’agit de braquer l’attention internationale sur les impacts de cette croissance urbaine rapide sur les réseaux d’eau urbains.


    L’industrialisation, les incertitudes liées au changement climatique, aux conflits et aux catastrophes naturelles, pèsent durablement sur la gestion de la ressource.

    Des manifestations officielles, des colloques internationaux, des rencontres, des débats… Les initiatives ne manquent…


    Soulignons donc ici quelques évènements qui, localement, ont pour but de faire de la pédagogie.

    Du 18 au 23 mars, « Eau de Paris », le service public de l’eau de la capitale, organise les deuxièmes « Rencontres parisiennes Eau et Cinéma ».


    Ces rencontres proposent une sélection de films, de fictions, documentaires et courts métrages de tous horizons, autour des enjeux de l’eau et de l’écologie.

    Projections, rencontres avec les équipes des films, débats avec des acteurs du monde de l’environnement, des médias et du monde associatif… ces journées sont gratuites et ouvertes à tous.

    Ces « Rencontres parisiennes Eau et Cinéma » se dérouleront au Pavillon de l’eau, à Paris.

    A Nîmes, la Journée Mondiale de l’Eau se déclinera autour d’ateliers gratuits à destination des scolaires.


    A l’initiative de l’Agora de la ville, ces ateliers veulent attirer l’attention des enfants sur les 1.5 milliard d’êtres humains qui vivent sans eau potable.

    L’eau courante que nous consommons en France reste encore un privilège, et trop peu d’entre nous en sont conscients.

    Cette journée est donc l’occasion pour chacun d’entre nous de faire un point sur sa propre consommation et de tenter de la limiter.

    Expositions photos, projections de films, ateliers faisant appel à la créativité de chacun, le programme de ces ateliers est à découvrir sur [le site de l’Agora>http://www.agora30.org/] ou par téléphone au 04 66 84 30 52.

    Signalons enfin qu’à l’occasion de cette Journée Mondiale de l’Eau, la Fondation France Libertés lancera une grande consultation citoyenne sur internet, en partenariat avec « 60 millions de consommateurs ». Rendez-vous le 22 mars sur le site de la Fondation France Libertés.

    3 min
  • LA MER D’ARAL : de l’anéantissement à la renaissance

    C’était l’une des plus grandes mers intérieures du monde… La mer d’Aral, située aux frontières du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan, en Asie Centrale, a perdu, en 40 ans, plus de la moitié de sa surface et les deux tiers de son volume. Autrefois pivot de l’économie et de l’alimentation locale, cette étendue maritime, aussi grande que le Portugal, a été la victime de l’inconséquence des politiques humaines.

    Dans les années 60, l’Union Soviétique décide d’intensifier la culture du coton dans la région. Pour ce faire, elle détourne alors les cours de deux fleuves afin d’assurer l’irrigation des plantations. Le résultat est l’une des plus grande catastrophe écologique du monde. La mer s’est asséchée et les fleuves se sont taris. Les produits chimiques déversés sur les champs de coton ont empoisonné durablement l’eau et l’atmosphère environnante.

    Les eaux restantes de la mer sont saturées de sel et engorgées de produits toxiques. La faune marine, très diverse avant 1960, a été décimée. Ne subsiste alors qu’une espèce de raie, importée, qui seule résiste à ce changement d’écosystème. En quelques années, les villages côtiers se retrouvent les pieds dans le sable à tel point que les 60 000 familles qui vivaient de la pêche doivent ranger leurs bateaux et quittent la région.

    A cet anéantissement de l’environnent et de l’économie locale, s’ajoutent les conséquences sur la santé des riverains de la mer. Les engrais, les pesticides, les défoliants, ont pollués l’air et l’eau potable. La mortalité infantile est semblable à celle du Bangladesh… 118 décès pour 1000 habitants par an. Et dans le port ouzbek de Mouinak, cancer, tuberculose et maladies sanguines déciment peu à peu la population. Et on ne compte plus les cas d’enfants malformés ou mort-nés.

    Pourtant, un espoir commence à poindre dans cette région tourmentée. En 2005, avec l’aide de la Banque Mondiale, le barrage de Kokaral, au Kazakhstan, a vu le jour, ainsi qu’une série de digues. En 3 ans, la mer est remontée de 6 mètres. Les oiseaux, les poissons reviennent. Des esturgeons sont réintroduits dans la mer, et au marché local, les étals des poissonniers offrent plus d’une quinzaine d’espèces différentes. L’écosystème se renouvelle peu à peu, et les enfants se baignent à nouveau dans la mer.

    Cette renaissance reste fragile. Il faudra réaliser d’autres barrages et d’autres digues pour consolider cette remontée des eaux. Il faudra aussi certainement beaucoup de diplomatie pour coordonnées les efforts des différents pays concernés.

    Car sur l’autre rive, en Ouzbékistan, l’approche environnementale n’est pas la même. Là-bas, il n’est pas encore question de sauver la mer, ni d’abandonner l’exploitation du coton dont le pays est le 4ème producteur mondial.

    C’est pourtant dans ce contexte que les pays riverains de la mer d’Aral ont débattu, ensemble, de la gestion de l’eau face au défi environnemental. Des discussions accueillies chaleureusement par l’ONU, par la voix de son secrétaire général Ban Ki-Moon, qui a souligné l’importance de trouver des coopérations entre Etats pour sauver la mer.

    Diplomatie, soutien des ONG, grands travaux, volonté politique et engagement humain, autant d’ingrédients à fusionner pour sortir de plus de 40 ans de bêtise humaine. Mais il faudra sans doute encore des dizaines d’années avant que la mer d’Aral retrouve son lustre d’antan.

     

    4 min

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