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Or


« Êtes-vous un sale con certifié ? », non il ne s’agit pas d’une insulte à nos auditeurs et lecteurs, mais d’une question posée dans l’essai Psychologie de la Connerie paru aux Éditions Sciences Humaines et signé par un collectif de psychologues, neuropsychologues, philosophes, sociologues, auteurs…, dont Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, qui évoque la connerie comme délire et débute fort son propos en clamant : « Il n’y a rien de plus fréquent ni de plus sérieux que la connerie » !
Pour Patrick Moreau, professeur de littérature, « celui qui dit des conneries n’a pas réellement l’impression de tromper ses interlocuteurs. Il dit plutôt n’importe quoi. Certes, sans le moindre souci pour la vérité mais, aussi, avec un sentiment de supériorité de celui qui a tout compris. »
Le psychiatre Jean Cottraux, lui, se base sur une enquête effectuée auprès de cent de ses collègues et médecins d’un hôpital parisien et vingt autres personnalités de la psychiatrie, et il explique que « le con serait quelqu’un qui manque d’intelligence émotionnelle », avec un besoin d’être admiré, avec des éléments possibles d’exploitation, tromperie tyrannique, hostilité, agressivité, exhibitionnisme, séduction, anxiété…, un état se partageant en plusieurs catégories : cela va de jouer au con pour en tirer des avantages sociaux au con glorieux à l’ego en inflation perpétuelle, en passant par le con toxique ou le sale con qui se délecte de la souffrance des autres. La passion de ce dernier est l’humiliation.
Alors, si vous voulez savoir si vous en êtes, un test datant de 2007 peut vous l’indiquer : « Êtes-vous un sale con certifié ? » par Robert Sutton (Vuibert) et la version date de 2012.
Bon test à tous et, surtout, n’oublions pas que dans ce livre la Connerie s’écrit avec un C majuscule !
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Poursuivons la lecture surprenante, parfois décapante, de l’essai Psychologie de la Connerie (Éditions Sciences Humaines) écrit par un collectif de psychologues, sociologues, auteurs, philosophes…
À côté des textes inhérents à la seule Connerie, il y a la relation d’expériences et de tests sur le comportement humain avec, par exemple, le constat que les gens choisiront de voyager avec un avion qui aura 97% de chance d’arriver à destination, plutôt que celui qui aura 3% de malchance de s’écraser, alors que, bien sûr, le résultat est équivalent. Sans conteste, une formulation peut modifier notre jugement.
Mais, revenons au pays de la Connerie avec :
De quoi rendre perplexe, dit Brigitte Axelrad, en citant également un célèbre sociologue qui disait que l’on pouvait croire en des choses folles sans être fou.
Pour notre part, une 3e chronique est prévue car, visiblement, la Connerie, elle aussi, n’a pas de frontières !
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Frederika Van Ingen, journaliste et auteure de l’important et imposant essai Sagesses d’ailleurs (J’ai Lu), résume en quelques phrases une situation s’apparentant à un véritable « génocide » par le capitalisme, sous le couvert d’États, dont la France. Voici, dans son intégralité, cette déclaration :
« Nous avons peu conscience de la violence qu’ont subi ces peuples (racines) et qu’ils subissent encore. En Amazonie, on estime que 50 à 90% des Amérindiens, selon les ethnies, sont morts de maladies apportées par les Européens depuis le XVIe siècle. Un peu partout sur la planète, ils pâtissent de notre développement : destruction de leurs milieux de vie, exploitation minière et industrielle de leurs sols et territoires, pollutions, militarisation, barrages, vols de leurs terres, d’objets traditionnels, tourisme, pillage de leurs connaissances ancestrales…
Mais ils souffrent aussi du racisme, de l’acculturation forcée et de violences.
Rien que pour le Brésil, par exemple, 80 tribus ont été anéanties au XXe siècle. Certaines ont été empoisonnées volontairement à l’arsenic et aux insecticides, une a été dynamitée depuis un avion puis les survivants achevés avec une barbarie inouïe, une autre a été contaminée sciemment par le virus de la variole, une autre alcoolisée puis tirée au fusil…
Actuellement, au Brésil comme dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, les intimidations et meurtres continuent.
Chercheurs d’or, forestiers, agriculteurs, mais aussi mafias et bandes armées convoitent leurs territoires et font peu de cas de ceux qu’ils voient encore comme des archaïques. Quand ce ne sont pas les grandes entreprises internationales (françaises également), en accord avec les États, qui construisent leurs infrastructures (barrages, extractions minières, etc.) au nom du développement, quitte à noyer et détruire leurs terres ancestrales. »
« Manger pour vivre » hurle un mur (photo Fréquence Terre) près de la Communauté européenne, ses lobbies et politiques étroitement unis, mais les peuples racines n’ont souvent même plus de murs pour y exprimer quoi que soit, n’ont plus à manger ou ont été radiés du genre humain.
Tout autre commentaire est superflu !
Musique : Michaël Mathy.
Avec Le Rêve de Toinet de Mireille Pluchard paru aux Presses de la Cité, ce fut une véritable découverte. Une remarquable découverte, même, que l’écriture de cette auteure qui, je la cite, « aime raconter les gens ».
Et, pour raconter la destinée de Toinet, jeune chevrier cévenol devenu un brillant potier au XVIIIe siècle, la romancière met plus de 580 pages qui plongent le lecteur dans une fabuleuse épopée ou, effectivement, tous les sentiments humains sont décrits avec une rare observation.
Ainsi, en pleine Guerre des Religions, ce dialogue entre deux sœurs qui se retrouvaient après des années de séparation tramée par des catholiques à l’égard de ceux qui, selon eux, pratiquaient la « fausse religion », les religionnaires :
– Ton mari est-il un homme de parole et de confiance ?
– C’est un sage doublé d’un pacifiste.
– Un « tiède », alors, comme disent les papistes ?
– Un « tiède » est ce qu’on lui reproche, mais j’admire sa tolérance et je bénis sa bonté. Quel homme aurait pris le risque de vous amener ici, toi et ton prédicant de mari ?
Enfant espiègle devenu un homme-enfant à 7 ans, à la mort atroce de son père, Toinet se chargea des siens, mais de « bonnes âmes », un notaire véreux, un curé et un consul, décidèrent que la famille serait éparpillée ; le gamin fut envoyé en apprentissage chez un potier, maître Jean : « Regarde, écoute et tais-toi » lui dit-il d’emblée.
Ce que fit le jeune séparé de sa famille mais, rapidement troublé par Apolline : « Les lèvres de la fillette étaient chaudes et douces… »
Les années passèrent et Toinet poursuivit son apprentissage chez maître Espérandieu à Anduze, là où on parlait plus de gain et de profit que de travail bien fait.
En l’an de grâce 1715, Toinet, 17 ans, devint maître à son tour, son chef-d’œuvre s’apparentant à une géniale œuvre d’art, un orjol. Comme il faisait de l’ombre à son fils, Espérandieu l’obligea à faire le Tour de France durant cinq années. Apolline jura de l’attendre.
Toinet prit comme nom compagnonnique « Cévenol orjolier du soleil » et, à son retour, après maintes aventures, il s’installa à son compte, retrouva la future mère de leurs enfants, devint un bon père mais exigeant, plus spécifiquement avec son aîné. Celui-ci se rebella, car il préférait la Nature aux tour de potier et vernis. D’où une situation familiale particulièrement tendue…
Assurément, depuis longtemps, je n’avais plus été autant scotché au récit et personnages d’un roman !
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Le « dernier » Gilles Laporte est souvent attendu par tous ceux appréciant la plume de cet auteur qui, depuis de nombreuses années, trouve aussi une place de choix dans « Littérature sans Frontières » avec, entre autres, Des fleurs à l’encre violette, La Clé aux âmes, Sous le regard du loup, Un parfum de fleur d’oranger, Les Roses du Montfort…
Avec La Fiancée anglaise, roman paru aux Presses de la Cité, le lecteur quitte les falaises de Douvres, traverse la Manche, voit le Cap Gris-Nez et se retrouve en compagnie de Robert Forester qui est parti à la recherche du passé d’Adolphe Lamesch, marin lorrain sur « La Combattante », un torpilleur des Forces françaises libres qui sauta sur une mine allemande, envoyant par le fond plus de soixante de ses collègues et lui-même.
Robert Forester, très jeune orphelin d’un père, pilote de la Royal Air Force, également décédé lors de la Seconde Guerre mondiale, est fonctionnaire de Sa Gracieuse Majesté et, contre l’avis de sa mère, se lance sur les traces de l’existence de l’artilleur en Lorraine, là, où il est peut-être oublié. Car, lui, il ne l’a pas oublié !
Mais, pourquoi, la mère Forester s’est-elle toujours fermement opposée à ce que son fils se rende en France et, même, à tenter d’entrer en contact avec la famille d’Adolphe Lamesch ? Cette interdiction annonce-t-elle un secret ? Qu’est-ce qui pousse Robert Forester à trahir sa parole et à se retrouver sur les terres d’Alphonse du côté de Châtel-sur-Moselle ? Trouvera-t-il encore des proches du marin, cinquante ans après sa mort tragique ? Pourquoi se sent-il directement « comme chez lui » dans cette Lorraine pourtant inconnue ?
Toutes ces questions, et bien d’autres, ouvrent la voie à un récit riche de faits historiques, de sentiments profonds, d’une forme de suspense au sujet de situations extraordinaires.
Déjà couronné de plusieurs prix littéraires, gageons qu’avec ce nouveau roman, Gilles Laporte ne laissera pas indifférents certains jurys…
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
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