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By Littérature Sans Frontières – Fréquence TerreScienceNature
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  • Cabu, l’homme qui dessinait librement
    Cinquième année que Cabu nous manque (et tous les autres de Charlie Hebdo abattus le 7 janvier 2015). Fécond dessinateur de presse, amoureux inconditionnel du jazz, militant pacifiste, son ami Jean-Luc Porquet, auteur de Cabu, une vie de dessinateur paru chez Gallimard, écrit qu’il « était toujours du côté ensoleillé de la rue », néanmoins qu’un an avant sa tragique disparition, il avait confié « être optimiste mais qu’il pensait tous les jours à la mort ».

    Dès les années soixante-dix, j’ai apprécié Cabu (1938-2015) qui, avec Cavanna, Reiser, Wolinski et d’autres, firent l’essence même de Charlie Hebdo et lui donnèrent une dimension jamais égalée, selon moi.

    Avec le recul, je me rends compte de hasards ( ?) de l’existence qui me firent mettre mes pas dans ceux de Cabu puisque, objecteur de conscience et coopérant technique de 1969 à 1971 à Bejaïa, cité de Kabylie, ce fut précisément là que Cabu fit partie d’un régiment semi-disciplinaire en 1958, et écrivit à sa sœur : « Je suis entouré d’abrutis, aussi bien gradés que deuxième classe. »

    Invité à décorer une école maternelle de Constantine, il y glissa un éloge à la désobéissance en pleine Guerre d'Algérie, une façon de s’élever contre le rôle « criminel et non pacificateur » de l’armée française, alors qu’il clama aussi qu’il comprenait le désir d’indépendance « parfaitement légitime » des Algériens, allant jusqu’à en faire part à un gradé en lui spécifiant que les autochtones étaient chez eux.

    Son antimilitarisme se forgea également à la vue d’un hélicoptère français balançant dans le vide des résistants algériens « pour s’en débarrasser » et, parce qu’il était dans la colonne de troufions en montagne obligés de la gravir et d’apporter des jerrycans d’eau au sommet sous le cagnard car, un hélico ne pouvait s’y poser… sauf pour un général apportant au colonel qui dirigeait les soldats une bouteille de champagne frais !

    En 1976, dans la canicule, Cabu et moi faisions partie des centaines de participants à la « Marche internationale non violente pour la démilitarisation » entre Metz et Verdun durant une semaine et nous scandions « Plus jamais ça » en passant près des milliers de tombes et autre ossuaire sous les cris de nervis nous traitant de « poules mouillées », « gonzesses », « dégonflés ». Ce qui fit dire à Cavanna : « Ce qu’ils nous reprochent, c’est de ne pas aimer tuer ; la guerre est leur grande fête de la virilité ».

    Près de trois décennies plus tard, Cabu tombaient sous les balles et Jean-Luc Porquet releva qu’il avait été assassiné « pas par un braqueur ou un fou, mais très exactement pour ce qu’il était, un homme qui dessinait librement ».

    Dessins : Cabu (armée et champagne), couverture de Cabu, une vie de dessinateur et Xavier Lambours (Marche Metz-Verdun).

    Musique : Robot de Michaël Mathy, http://www.michaelmathy.be/#music.

    Très intéressante émission sur Radio Libertaire :

    https://www.youtube.com/watch?v=ufWKSKB7M70

    4 min
  • Cabu, l’homme qui dessinait librement

    Cinquième année que Cabu nous manque (et tous les autres de Charlie Hebdo abattus le 7 janvier 2015). Fécond dessinateur de presse, amoureux inconditionnel du jazz, militant pacifiste, son ami Jean-Luc Porquet, auteur de Cabu, une vie de dessinateur paru chez Gallimard, écrit qu’il « était toujours du côté ensoleillé de la rue », néanmoins qu’un an avant sa tragique disparition, il avait confié « être optimiste mais qu’il pensait tous les jours à la mort ».

    Dès les années soixante-dix, j’ai apprécié Cabu (1938-2015) qui, avec Cavanna, Reiser, Wolinski et d’autres, firent l’essence même de Charlie Hebdo et lui donnèrent une dimension jamais égalée, selon moi.

    Avec le recul, je me rends compte de hasards ( ?) de l’existence qui me firent mettre mes pas dans ceux de Cabu puisque, objecteur de conscience et coopérant technique de 1969 à 1971 à Bejaïa, cité de Kabylie, ce fut précisément là que Cabu fit partie d’un régiment semi-disciplinaire en 1958, et écrivit à sa sœur : « Je suis entouré d’abrutis, aussi bien gradés que deuxième classe. »

    Invité à décorer une école maternelle de Constantine, il y glissa un éloge à la désobéissance en pleine Guerre d’Algérie, une façon de s’élever contre le rôle « criminel et non pacificateur » de l’armée française, alors qu’il clama aussi qu’il comprenait le désir d’indépendance « parfaitement légitime » des Algériens, allant jusqu’à en faire part à un gradé en lui spécifiant que les autochtones étaient chez eux.

    Son antimilitarisme se forgea également à la vue d’un hélicoptère français balançant dans le vide des résistants algériens « pour s’en débarrasser » et, parce qu’il était dans la colonne de troufions en montagne obligés de la gravir et d’apporter des jerrycans d’eau au sommet sous le cagnard car, un hélico ne pouvait s’y poser… sauf pour un général apportant au colonel qui dirigeait les soldats une bouteille de champagne frais !

    En 1976, dans la canicule, Cabu et moi faisions partie des centaines de participants à la « Marche internationale non violente pour la démilitarisation » entre Metz et Verdun durant une semaine et nous scandions « Plus jamais ça » en passant près des milliers de tombes et autre ossuaire sous les cris de nervis nous traitant de « poules mouillées », « gonzesses », « dégonflés ». Ce qui fit dire à Cavanna : « Ce qu’ils nous reprochent, c’est de ne pas aimer tuer ; la guerre est leur grande fête de la virilité ».

    Près de trois décennies plus tard, Cabu tombaient sous les balles et Jean-Luc Porquet releva qu’il avait été assassiné « pas par un braqueur ou un fou, mais très exactement pour ce qu’il était, un homme qui dessinait librement ».

    Dessins : Cabu (armée et champagne), couverture de Cabu, une vie de dessinateur et Xavier Lambours (Marche Metz-Verdun).

    Musique : Robot de Michaël Mathy, http://www.michaelmathy.be/#music.

    Très intéressante émission sur Radio Libertaire :

    4 min
  • Internet : le chaos général ! (4/5)
    Poursuivons la lecture attentive de l’essai Psychologie de la Connerie écrit par un collectif de spécialistes aux Éditions Sciences Humaines.

    « La connerie à l’ère des réseaux sociaux, c’est la formulation de jugements sans appel réduisant la vie à l’apparence » et, justement, qu’en pense Howard Gardner, professeur en cognition et en sciences de l’éducation, quand on lui demande si Internet est la défaite de l’intelligence. Il répond qu’Internet c’est le "chaos général créant la confusion dans une quasi absence de réflexion », alors que l’objectif principal de l’éducation, outre l’alphabétisation, est de procurer les outils permettant de distinguer le vrai du faux, de juger ce qui est beau en art, dans la nature…, et de pouvoir justifier ses préférences, enfin d’orienter son jugement et son action dans les domaines moraux et éthiques. »

    Pour Sébastien Dieguez, neuropsychologue, « la connerie n’est pas, ou pas seulement, le contraire de l’intelligence, on peut être très intelligent et très con : il suffit pour s’en convaincre de mettre n’importe quel intellectuel à un poste politique ou d’encourager tel expert à s’exprimer sur un sujet qu’il ne connaît pas, ce qui produira de la bêtise intelligente dont l’essence est une indifférence à l’égard de la vérité.

    Alain Roger, auteur du Bréviaire de la bêtise est tout aussi formel : la connerie est la suffisance à l’état pur : « Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis et si je ne suis pas d’accord avec quelque chose, c’est bien la preuve que c’est faux… »

    Nous lisons encore sous différentes plumes que l’imbécile, du fait qu’il est imbécile, ne dispose pas des ressources mentales qui lui permettraient de s’apercevoir de son imbécillité.

    Quant à la connerie, elle cherche à se faire passer pour de l’intelligence. « Le con n’a pas le moindre début d’idée concernant ce qui lui permettrait d’être moins con. Il ne sait d’ailleurs pas qu’il est con. Ainsi, le dernier des imposteurs peut se faire passer pour un petit génie, un géant de la philosophie ou une pointure des neurosciences. Les théories du complot cherchent à se faire passer pour des investigations sérieuses et soucieuses de faire éclater la vérité, mais sans jamais fournir le moindre effort en ce sens. »

    Musique : Michaël Mathy :http://www.michaelmathy.be/#music



     
    3 min
  • Internet : le chaos général ! (4/5)

    Poursuivons la lecture attentive de l’essai Psychologie de la Connerie écrit par un collectif de spécialistes aux Éditions Sciences Humaines.

    « La connerie à l’ère des réseaux sociaux, c’est la formulation de jugements sans appel réduisant la vie à l’apparence » et, justement, qu’en pense Howard Gardner, professeur en cognition et en sciences de l’éducation, quand on lui demande si Internet est la défaite de l’intelligence. Il répond qu’Internet c’est le « chaos général créant la confusion dans une quasi absence de réflexion », alors que l’objectif principal de l’éducation, outre l’alphabétisation, est de procurer les outils permettant de distinguer le vrai du faux, de juger ce qui est beau en art, dans la nature…, et de pouvoir justifier ses préférences, enfin d’orienter son jugement et son action dans les domaines moraux et éthiques. »

    Pour Sébastien Dieguez, neuropsychologue, « la connerie n’est pas, ou pas seulement, le contraire de l’intelligence, on peut être très intelligent et très con : il suffit pour s’en convaincre de mettre n’importe quel intellectuel à un poste politique ou d’encourager tel expert à s’exprimer sur un sujet qu’il ne connaît pas, ce qui produira de la bêtise intelligente dont l’essence est une indifférence à l’égard de la vérité.

    Alain Roger, auteur du Bréviaire de la bêtise est tout aussi formel : la connerie est la suffisance à l’état pur : « Je dis ce que je pense et je pense ce que je dis et si je ne suis pas d’accord avec quelque chose, c’est bien la preuve que c’est faux… »

    Nous lisons encore sous différentes plumes que l’imbécile, du fait qu’il est imbécile, ne dispose pas des ressources mentales qui lui permettraient de s’apercevoir de son imbécillité.

    Quant à la connerie, elle cherche à se faire passer pour de l’intelligence. « Le con n’a pas le moindre début d’idée concernant ce qui lui permettrait d’être moins con. Il ne sait d’ailleurs pas qu’il est con. Ainsi, le dernier des imposteurs peut se faire passer pour un petit génie, un géant de la philosophie ou une pointure des neurosciences. Les théories du complot cherchent à se faire passer pour des investigations sérieuses et soucieuses de faire éclater la vérité, mais sans jamais fournir le moindre effort en ce sens. »

    Musique : Michaël Mathy :http://www.michaelmathy.be/#music

     

    3 min
  • Une société d’exclusion (8/8)
    Pour cette ultime chronique dévolue à l’essai Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai Lu), qui se base sur des récits de « passeurs de Mémoire» ayant vécu avec des peuples racines, il y a cette mise au point : « Plus vous côtoyez la mort, plus ou aimez la vie, car vous êtes conscient de ce qu’est la vie, de ce qu’est cette énergie dans la matière. »
    Quant à Boris Choleka, professeur de yoga devenu chaman, il explique : « Tu deviens indépendant à partir du moment où tu comprends que tout est connecté et que tu es relié. La liberté, c’est l’expérience vécue de cette reliance à chaque instant. »
    Éric Julien, ancien géographe, à présent responsable de l’École de la nature et des savoirs, côtoya les Indiens semi-nomades de la Sierra Nevada, des Kogis, qui lui déclarèrent : « Avec nos terres, nous pouvons retrouver l’histoire. Une personne sans histoire, sans mémoire, est une personne malade. »
    Si leurs terres furent spoliées et occupées en grande partie par les colons, ils croient avec force que s’ils pouvaient refaire leur travail dans la Sierra, cela permettrait de maintenir l’équilibre du monde.
    « Rien que ça ! » s’exclama Frederika Van Ingen, et de poser une hypothèse valable pour tout son livre : « Il s’agit sans doute de mythes traditionnels à ranger au rayon des croyances naïves, comme on a coutume de le faire quand une idée questionne trop fortement nos certitudes. »
    La réponse vint de la bouche d’Éric Julien : « Pour les Kogis, la Terre est un corps vivant, culture, spiritualité et réalité quotidienne ne font qu’un. Ainsi, quand ils réinvestissent les terres, les forêts refleurissent à une vitesse à faire pâlir le plus brillant des agronomes. »
    Et, cette dernière constatation : « On met nos parents à la maison de retraite, on paie quelqu’un pour élever nos enfants, on n’a plus le temps… Les peuples racines, eux, vivent dans une société d’inclusion, tandis que nous avons créé une société d’exclusion. »

    Musique : Michaël Mathy

    3 min
  • Une société d’exclusion (8/8)

    Pour cette ultime chronique dévolue à l’essai Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen (J’ai Lu), qui se base sur des récits de « passeurs de Mémoire» ayant vécu avec des peuples racines, il y a cette mise au point : « Plus vous côtoyez la mort, plus ou aimez la vie, car vous êtes conscient de ce qu’est la vie, de ce qu’est cette énergie dans la matière. »

    Quant à Boris Choleka, professeur de yoga devenu chaman, il explique : « Tu deviens indépendant à partir du moment où tu comprends que tout est connecté et que tu es relié. La liberté, c’est l’expérience vécue de cette reliance à chaque instant. »
    Éric Julien, ancien géographe, à présent responsable de l’École de la nature et des savoirs, côtoya les Indiens semi-nomades de la Sierra Nevada, des Kogis, qui lui déclarèrent : « Avec nos terres, nous pouvons retrouver l’histoire. Une personne sans histoire, sans mémoire, est une personne malade. »
    Si leurs terres furent spoliées et occupées en grande partie par les colons, ils croient avec force que s’ils pouvaient refaire leur travail dans la Sierra, cela permettrait de maintenir l’équilibre du monde.
    « Rien que ça ! » s’exclama Frederika Van Ingen, et de poser une hypothèse valable pour tout son livre : « Il s’agit sans doute de mythes traditionnels à ranger au rayon des croyances naïves, comme on a coutume de le faire quand une idée questionne trop fortement nos certitudes. »
    La réponse vint de la bouche d’Éric Julien : « Pour les Kogis, la Terre est un corps vivant, culture, spiritualité et réalité quotidienne ne font qu’un. Ainsi, quand ils réinvestissent les terres, les forêts refleurissent à une vitesse à faire pâlir le plus brillant des agronomes. »
    Et, cette dernière constatation : « On met nos parents à la maison de retraite, on paie quelqu’un pour élever nos enfants, on n’a plus le temps… Les peuples racines, eux, vivent dans une société d’inclusion, tandis que nous avons créé une société d’exclusion. »

    Musique : Michaël Mathy

    3 min
  • Confidences d’un manipulateur de médias (5/5)
    Nous voici arrivés au terme de la lecture de Psychologie de la Connerie (Éd. Sciences Humaines), essai écrit par une trentaine de spécialistes, avec cette question : « Qui sont les pires manipulateurs médiatiques ? » La réponse fuse : les médias ! Cette affirmation vient de Ryan Holiday, chroniqueur et auteur de Croyez-moi, je vous mens : confession d’un manipulateur des médias (Globe, 2015).

    Il explique qu’aux États-Unis, quasiment 100% des journalistes utilisent des blogs ou sites pour s’informer or, la majorité de ceux-ci n’ont pour but que de devenir viraux, ou bien, falsifier Wikipedia ou payer des twittos pour qu’ils twittent ce qui les arrange !

    « Je l’ai fait très souvent, avoue-t-il, et certains des actes les plus répréhensibles commis par un gouvernement, s’accompagnent du silence des médias. Le monde bidon influence le monde réel, il existe même des algorithmes écrivant des articles à la place des journalistes. »

    Sa conclusion paraît inattaquable : « Ceux qui écrivent pour le web se réveillent le matin en ne songeant pas à des considérations de morale ou de qualité, mais au nombre de clics. » Alors, la manipulation sur Internet est l’enfance de l’art : se faire passer pour un expert et créer un faux scandale. De nombreux journalistes vont foncer tête baissée puisqu’ils ne contrôlent même pas cette source.

    Sur Wikipedia, Ryan Holyday, le faux expert déclaré, s’y présente comme « manipulateur de médias » ! Alors, où sont les vrais cons dans cette situation ?

    Voici, pour terminer, quelques autres réflexions en ce domaine de la connerie :

    * Emmanuelle Piquet, psychopraticienne : « Que faire contre les connards et leurs homologues féminins ? Il faut prendre un virage à 180° et reprendre le contrôle du cercle vicieux en cessant de se recroqueviller, de ne rien dire, d’espérer que cela passe. En ripostant, répliquant, en se déployant au lieu de subir ces comportements.»
    * Alison Gopnik, professeure de psychologie et de philosophie, évoque un article du New York Times reprochant à Donald Trump, encore lui ! un comportement de gamin de 4 ans, et bien, « c’est très désobligeant pour les enfants de cet âge ! dit-elle. Les connards sont obnubilés par leur propre personne et leurs propres objectifs, tout l’inverse des enfants !»
    * Un clin d’œil de Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, qui explique que « ce qui est très surprenant chez un con, c’est quand il dit une chose intelligente… Mais, la pire des bêtises, c’est de se croire intelligent !»
    * Tobie Nathan, professeur de psychologie, précise à son tour : « Plus on est con, plus on veut montrer qu’on ne l’est pas, c’est une question de fierté. Il n’y a pas de moyen pour combattre la connerie. Il faut se cacher des cons, c’est tout. Les cons n’aiment pas ceux qui ne sont pas cons.»



     
    4 min
  • Confidences d’un manipulateur de médias (5/5)

    Nous voici arrivés au terme de la lecture de Psychologie de la Connerie (Éd. Sciences Humaines), essai écrit par une trentaine de spécialistes, avec cette question : « Qui sont les pires manipulateurs médiatiques ? » La réponse fuse : les médias ! Cette affirmation vient de Ryan Holiday, chroniqueur et auteur de Croyez-moi, je vous mens : confession d’un manipulateur des médias (Globe, 2015).

    Il explique qu’aux États-Unis, quasiment 100% des journalistes utilisent des blogs ou sites pour s’informer or, la majorité de ceux-ci n’ont pour but que de devenir viraux, ou bien, falsifier Wikipedia ou payer des twittos pour qu’ils twittent ce qui les arrange !

    « Je l’ai fait très souvent, avoue-t-il, et certains des actes les plus répréhensibles commis par un gouvernement, s’accompagnent du silence des médias. Le monde bidon influence le monde réel, il existe même des algorithmes écrivant des articles à la place des journalistes. »

    Sa conclusion paraît inattaquable : « Ceux qui écrivent pour le web se réveillent le matin en ne songeant pas à des considérations de morale ou de qualité, mais au nombre de clics. » Alors, la manipulation sur Internet est l’enfance de l’art : se faire passer pour un expert et créer un faux scandale. De nombreux journalistes vont foncer tête baissée puisqu’ils ne contrôlent même pas cette source.

    Sur Wikipedia, Ryan Holyday, le faux expert déclaré, s’y présente comme « manipulateur de médias » ! Alors, où sont les vrais cons dans cette situation ?

    Voici, pour terminer, quelques autres réflexions en ce domaine de la connerie :

    • Emmanuelle Piquet, psychopraticienne : « Que faire contre les connards et leurs homologues féminins ? Il faut prendre un virage à 180° et reprendre le contrôle du cercle vicieux en cessant de se recroqueviller, de ne rien dire, d’espérer que cela passe. En ripostant, répliquant, en se déployant au lieu de subir ces comportements.»
    • Alison Gopnik, professeure de psychologie et de philosophie, évoque un article du New York Times reprochant à Donald Trump, encore lui ! un comportement de gamin de 4 ans, et bien, « c’est très désobligeant pour les enfants de cet âge ! dit-elle. Les connards sont obnubilés par leur propre personne et leurs propres objectifs, tout l’inverse des enfants !»
    • Un clin d’œil de Jean-Claude Carrière, écrivain et scénariste, qui explique que « ce qui est très surprenant chez un con, c’est quand il dit une chose intelligente… Mais, la pire des bêtises, c’est de se croire intelligent !»
    • Tobie Nathan, professeur de psychologie, précise à son tour : « Plus on est con, plus on veut montrer qu’on ne l’est pas, c’est une question de fierté. Il n’y a pas de moyen pour combattre la connerie. Il faut se cacher des cons, c’est tout. Les cons n’aiment pas ceux qui ne sont pas cons.»
    •  

      4 min
    • « Le Voyageur des Bois d’en Haut » de Jean-Guy Soumy (Les Presses de la Cité)
      Camille limousinait comme maçon à la ville à 16 ans, c’est-à-dire que, paysan, il avait quitté ferme, herbages, étables des Bois d’en Haut pour devenir ouvrier durant quelques mois afin d’aider sa mère à rembourser un prêt afin de ne pas hypothéquer ses terres, car son mari était mort dans les eaux tumultueuses du Rhône, l’hiver 1858 avait été très rigoureux et elle avait été obligée de vendre quelques têtes de bétail pour subsister. « Le malheur, c’est comme le choléra, il s’attrape aisément »…

      Voici le décor planté par Jean-Guy Soumy auteur d’un roman qui m’a énormément plu,  Le Voyageur des Bois d’en Haut aux Presses de la Cité.

      À Lyon, le jeune Camille côtoya des ferblantiers, plâtriers, peintres d’ornement, menuisiers et ces limousins maçons où, chaque année depuis des décennies, son père oeuvrait également avec la truelle et le fil à plomb et, malgré l’omerta autour de sa mort, les langues finirent par se délier.

      Petit à petit, Camille qui fréquentait aussi des Maîtres tailleurs de pierre et l’École du Trait, apprit que son père avait une double vie, celle des Bois d’En Haut et celle de Lyon, et il désira ardemment en savoir davantage sur cette situation, au point de se poser la question : « Mon père est-il vraiment décédé ? »

      Au total de ce livre, pas moins de soixante-sept courts chapitres donnant un fameux rythme à une histoire prenante, passionnante, puissante, au point que le lecteur a l’impression de vivre le récit au présent, alors qu’elle se déroula il y a cent soixante ans !

      J’apprécie beaucoup ce genre de récit initiatique qui rend en même temps hommage au monde ouvrier, artisanal et agricole, une sorte de Mémoire du « petit peuple » et, en Jean-Guy Soumy, j’ai découvert un véritable intercesseur de Savoir. (Musique : Michaël Mathy)

      3 min
    • « Le Voyageur des Bois d’en Haut » de Jean-Guy Soumy (Les Presses de la Cité)

      Camille limousinait comme maçon à la ville à 16 ans, c’est-à-dire que, paysan, il avait quitté ferme, herbages, étables des Bois d’en Haut pour devenir ouvrier durant quelques mois afin d’aider sa mère à rembourser un prêt afin de ne pas hypothéquer ses terres, car son mari était mort dans les eaux tumultueuses du Rhône, l’hiver 1858 avait été très rigoureux et elle avait été obligée de vendre quelques têtes de bétail pour subsister. « Le malheur, c’est comme le choléra, il s’attrape aisément »…

      Voici le décor planté par Jean-Guy Soumy auteur d’un roman qui m’a énormément plu,  Le Voyageur des Bois d’en Haut aux Presses de la Cité.

      À Lyon, le jeune Camille côtoya des ferblantiers, plâtriers, peintres d’ornement, menuisiers et ces limousins maçons où, chaque année depuis des décennies, son père oeuvrait également avec la truelle et le fil à plomb et, malgré l’omerta autour de sa mort, les langues finirent par se délier.

      Petit à petit, Camille qui fréquentait aussi des Maîtres tailleurs de pierre et l’École du Trait, apprit que son père avait une double vie, celle des Bois d’En Haut et celle de Lyon, et il désira ardemment en savoir davantage sur cette situation, au point de se poser la question : « Mon père est-il vraiment décédé ? »

      Au total de ce livre, pas moins de soixante-sept courts chapitres donnant un fameux rythme à une histoire prenante, passionnante, puissante, au point que le lecteur a l’impression de vivre le récit au présent, alors qu’elle se déroula il y a cent soixante ans !

      J’apprécie beaucoup ce genre de récit initiatique qui rend en même temps hommage au monde ouvrier, artisanal et agricole, une sorte de Mémoire du « petit peuple » et, en Jean-Guy Soumy, j’ai découvert un véritable intercesseur de Savoir. (Musique : Michaël Mathy)

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