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Psychologie de la Connerie (Éditions Sciences Humaines, France, 2018) est un ouvrage collectif d’une trentaine de psychologues, auteurs, philosophes, sociologues… Cet essai a été dirigé par Jean-François Marmion, psychologue et rédacteur en chef de la revue Le Cercle Psy, qui signe l’introduction « Votre con dévoué » et déclare : « Qu’elle suinte ou qu’elle perle, qu’elle ruisselle ou déferle, elle est partout. Sans frontières, et sans limites. Tantôt doux clapotis presque supportable, tantôt fange stagnante écœurante, tantôt séisme, bourrasque, raz-de-marée engloutissant tout sur son passage, brisant, bafouant, salissant, la connerie éclabousse tout le monde. Pire, il se murmure que nous en sommes tous la source. »
J’ai extrait l’un ou l’autre propos marquant d’intervenants et je vous invite à entrer de plain-pied au pays de la Connerie, celui des cons de compétition et en majesté, de la bêtise-crasse et de l’arrogance injustifiée.
Mais, on lit sous le titre du livre « Un monde sans connards est possible »…
Bien sûr, toute ressemblance avec nos auditrices et auditeurs, lectrices et lecteurs, est purement fortuite. Alors, rendez-vous dans une prochaine chronique au pays de la Connerie !
Musique : Michaël Mathy.
Pour terminer cette série de chroniques consacrées aux Geôles d’Alger (Éditions Riveneuve) du journaliste Mohamed Benchicou, directeur et éditorialiste du Matin, auteur du livre « Bouteflika, une imposture algérienne » (photo Le Matin), injustement enfermé deux années au terrifiant pénitencier d’El-Harrach, il me plaît à rendre hommage à ce confrère et à toutes celles et tous ceux qui l’aidèrent dans son combat pour la Démocratie. Ils furent très rares au début, soit ils se taisaient par peur, lâcheté ou copinage avec le Pouvoir omnipotent, soit ils étaient à leur tour enfermés ou, pire, se suicidaient ou étaient suicidés.
Puis, grâce à un Comité de soutien aux journalistes algériens, tout en montrant de la solidarité avec les détenus maltraités dans les prisons et parle système judiciaire, ce Comité, donc, ne cessa de clamer cette situation dictatoriale, a fortiori quand le quotidien Le Matin fut rayé de la carte médiatique sur injonctions de Bouteflika et de ses sinistres acolytes.
Dictatures et censures cohabitent intimement, on ne le sait que trop bien.
Je cite Mohamed Benchicou : « Les démunis, comme tous les exclus que j’ai croisés en ces lieux, les catacombes souterraines du tribunal d’Alger et les geôles d’El Harrach, qu’ils soient chômeurs, délinquants ou catins, ces démunis m’ont pourtant toujours offert leur unique richesse : l’amitié. Ils souffraient visiblement de voir enfermé un journaliste pour ses articles et vivaient cette injustice comme une profanation des derniers espoirs sacrés qui maintiennent dans mon pays, la flamme en des lendemains meilleurs. Les haillons de la misère couvrent d’incroyables vertus. »
Et de citer pour conclure, le privilège de la plume libre, celui d’une réponse d’Albert Camus lorsque, invité à faire le bilan de son expérience à la tête de Combat, le quotidien de résistance, il avait simplement répondu : « Au moins, nous n’avons pas menti ! » et ce propos de Nelson Mandela : « Être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres. »
Albert Camus, Nelson Mandela, Mohamed Benchicou, toutes proportions gardées, sont de la même famille des vrais défenseurs de la Liberté.
Musique : Michaël Mathy.
« Dans la solitude glacée de ma cellule, j’ai souvent médité sur le charme pervers de la plume. Elle aurait pu tout aussi bien me déposer au cimetière. Dans notre société asservie à toutes sortes de religions, le délit d’écrire est réservé aux âmes pécheresses ; celles qui, tôt ou tard, subiront le châtiment de l’impardonnable apostasie. Chez nous, la plume avance au milieu d’une forêt de glaives qui ne rêvent que de la décapiter… »
Chez nous ? C’est en Algérie. La plume ? C’est celle de Mohamed Benchicou, journaliste, écrivain, fer de lance d’Alger Matin, premier quotidien indépendant algérien, fondateur du Matin, auteur de « Bouteflika, une imposture algérienne », ardent militant de la transparence, de la liberté de penser, donc, d’écrire, et de la solidarité.
Sa cellule ? Celle de la terrifiante prison d’El-Harrach, là où croupissent des êtres humains qui, pour beaucoup, ont eu le tort de marcher la tête haute. Ce que détestent le Pouvoir et ses sbires.
Et l’auteur de clamer : « Dans un pays où la corruption règne sur les hommes et nargue la morale, les dirigeants savent protéger leurs amis délinquants, même les plus encombrants ; et lâcher leurs serviteurs démunis, fils du peuple d’en bas », tout en expliquant que « le pouvoir politique a toujours su disposer de juges aussi talentueux dans l’art d’incarcérer les innocents que dans celui de protéger les vrais coupables. »
Et, comment ne pas approuver Mohamed Benchicou lorsqu’il écrit : « Ne rien dire des subterfuges par lesquels s’éternisent les autocraties dans nos pays, c’est accepter d’en être complice. »
C’est également l’avis à Fréquence Terre que certains tentèrent aussi de faire taire, mais jusqu’à présent, malgré quelques aléas, les « routards de l’écologie » que nous sommes, selon Télérama, on tient le coup. Et qui dit écologie, dit humanisme, bien entendu !
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Depuis la nuit des temps, on sait que ceux qui rampent devant le Pouvoir, quel qu’il soit, se prostituent littéralement par lâcheté, concupiscence ou intérêt et n’hésitent pas à fouler à leurs pieds, voire écraser, les concepts de liberté et de solidarité.
Cette indignité doublée, dans certains cas, d’inhumanité, touche tous les continents et l’Histoire foisonne d’exemples en ce sens, tel celui de Mohamed Benchicou, victime d’une violente injustice, qui a connu « Les geôles d’Alger », titre de son témoignage aux Éditions Riveneuve.
Un homme qui osa tenir tête à ces rampants, tricheurs, manipulateurs, affairistes, corrompus, prétendus puissants prêts à sacrifier leurs propres enfants pour assouvir leur soif de Pouvoir, d’argent et de gloire, l’un n’allant plus sans l’autre, visiblement.
Des journalistes, écrivains, compositeurs, dessinateurs, photographes, poètes, citoyens engagés…, paient encore de leur vie, pour certains, leur volonté de « brocarder la bêtise humaine et l’appétit vorace de potentats de toutes confessions », d’autres, mutilés physiquement ou psychologiquement, en réchappent de justesse, ou s’exilent et, alors, endurent la menace de représailles ou, pire, finissent par se suicider ou sont suicidés !
« Les geôles d’Alger » est plus qu’un livre apportant l’inestimable témoignage d’un journaliste engagé, comme son équipe, pour la liberté d’expression et celle du peuple, ce qui va de pair, mais un devoir de Mémoire sur lequel Fréquence Terre s’appuie aussi dans son inébranlable volonté d’indépendance et de mobilisation pour une société fraternelle.
Le journal Le Matin, quotidien algérien, lui, subit les pires attaques (assassinats de certains de ses journalistes, manigances du Pouvoir pour le discréditer, jusqu’à l’empêcher de paraître…) comme l’explique Mohamed Benchicou : « Dans le monde de l’argent sale, les amitiés sont souvent solides (…) C’est pour toutes ces impertinences dans un monde courtisan, pour ces voiles soulevés sur la tromperie, mais aussi pour toutes nos imprévoyances, c’est pour tout ça qu’a été décapité ‘‘Le Matin’’. Aujourd’hui encore, écrit-il dans son livre, je pense que sa disparition dans l’honneur apporte plus à la cause de la liberté qu’une existence dans l’indignité. »
Et, souvent, trop de ses confrères jouent encore la détestable politique de l’autruche et rechignent à soutenir ceux qui luttent pour une société libre !
Musique : Michaël Mathy.
Lire pour la première fois La Condition humaine d’André Malraux dans l’édition de 1946 parue chez Gallimard, fut pour moi une révélation concrète au-delà des informations ponctuelles glanées durant des décennies, comme je l’ai déjà expliqué dans une première chronique intitulée « Il n’est pas trop tard » au sujet de ce chef-d’oeuvre.
Après trois cents pages de descriptions précises qui fixent avec un luxe de détails la situation dans Shanghai en pleine insurrection, la dernière centaine de pages est un long suspense qui s’amplifie pour donner un profond sentiment de révolte face à la torture et aux gens jetés vivants dans le feu de la chaudière de locomotives.
Et, durant ce temps, des hommes d’affaires évoquaient un Consortium, la politique du risque et la protection de l’épargne !
Quelques propos balisent ces dernières pages de toute leur puissance évocatrice qui fit d’André Malraux, un « grand » de la littérature et qui, rappelons-le, fut un militant antifasciste : « On fait de bons terroristes avec les fils de suppliciés », « Un homme qui va sans doute vous faire tuer ressemble décidément à n’importe quel autre », « L’homme n’a pas envie de gouverner : il a envie de contraindre » et « Il est très rare qu’un homme puisse supporter sa condition d’homme ».
Musique : Michaël Mathy.
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