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Le magazine Être plus (www.agendaplus.be) a la particularité d’être indépendant et distribué gratuitement dans des magasins bio, salles d’attente de praticiens de santé naturelle et de contenir une double page d’actualités positives.
Ce mois, dans une rubrique à caractère international, tel que le concept « honte de prendre l’avion » en faveur du train en Suède qui se traduit par une baisse du transport aérien pour une nette augmentation du ferroviaire, on apprend que la petite ville de Saône-et-Loire, Tramayes, serait la première collectivité à être passée à une énergie 100% renouvelable, que le Vanuatu est le premier pays au monde à interdire les couches jetables, les gobelets, emballages, couverts polluants, que le Sikkin, état indien de 600 000 habitants est le premier au monde à être 100% bio, que l’Australie plantera un milliard d’arbres sur son territoire d’ici 2050, qu’Adidas va vendre 5 millions de paires de baskets fabriquées à partir de plastique repêché dans les océans et ne plus utiliser que du plastique recyclé dans ses produits pour 2024, que la population des tigres sauvages au Népal a doublé cette dernière décennie grâce à la protection de l’espèce, eh bien, on en redemande pareilles infos, non ?
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Entre des essais politico-sociaux et des ouvrages dits de « vécu » qui font l’actualité, il n’est pas vain de prendre le temps de lire un roman, même s’il a été édité une ou deux années auparavant, voire davantage. Ainsi, on se recharge l’esprit avec une littérature qui a le grand avantage d’être intemporelle.
Ainsi, en est-il avec L’or du lin la remarquable saga écrite par Joël Raguénès dans l’imposante collection « France de toujours et d’aujourd’hui » des éditions Calmann Levy où l’on retrouve des auteurs bien connus de nos auditeurs, tel le regretté Jean Anglade, mais aussi Françoise Bourdon, Annie Degroote, Jean-Paul Malaval…
Pour apprécier L’or du lin, il faut aimer les récits qui content une transmission. Dans ce cas-ci, c’est celle du négoce de toiles de lin et voiles de chanvre au XVIIe siècle, qu’Yves, 57 ans, quelque peu usé par des décennies de voyages et de contacts avec fournisseurs et acheteurs, a transmis à son fils Melaine par l’exemple : « C’est la méthode la plus simple, la plus sûre et la plus rapide pour inculquer à un débutant les principes de base d’un métier, même si chaque être humain a sa propre façon de l’exercer. »
Cependant, quand son futur successeur lui demanda d’où lui provenait cette bosse du commerce, Yves fut bien obligé de lui parler de son oncle Baptiste, corsaire à Saint-Malo.
Alors, ici, commence réellement ce qui, durant plus de quatre cents pages, va tenir en haleine le lecteur et, dans le fond faire oublier l’actualité socio-politique et les « vécus » !
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Le dilemme quand vous lisez plusieurs fois un même auteur et que vous avez l’apprécié, est de savoir s’il en sera de même avec l’ouvrage que vous débutez, malgré ce qu’en dit la quatrième de couverture.
Ainsi, j’avais adoré Les Trois Chats de Chamasson écrit il y a une paire d’années par Didier Cornaille et allais-je y ajouter Un violon en forêt ?
Certes, comparaison n’est pas raison, mais force de constater que, si ce nouveau récit de terroir relève d’une tout autre histoire, il m’a autant enthousiasmé.
Magie de la plume ? Choix d’un récit qui accroche ? Les deux à la fois ? Allez savoir et, dans le fond, peu importe.
En revanche, la guéguerre que se livraient les villageois de Chausseney et Montfort se partageant les côtés d’une immense forêt et les roches de Montcouvert, ce n’était pas n’importe quoi depuis des générations !
À ce combat de coqs, s’ajoutaient des détails qui donnent la raison que telle famille ne daigne même pas saluer telle autre famille, que l’on change de trottoir, ou, plutôt de chemin afin de ne pas rencontrer tel villageois…
Ajoutons que routes, rails, nouveaux commerces, débuts du tourisme dans l’un de ces villages du Morvan attirent automatiquement la jalousie et l’envie de l’autre, et cela devient une quasi querelle permanente.
Jusqu’au jour où, un jeune de l’entité défavorisée tombe amoureux d’une belle de l’autre côté de la frontière et l’épouse, c’est cependant encore considéré comme une traîtrise, mais, son petit-fils qui adore revenir en week-end se promener avec son cheval dans la région, tombe, à son tour, amoureux, mais d’une jolie violoniste de la ville, Guillermina, squattant une ferme abandonnée Elle trouve l’acoustique de la région exceptionnelle, eh alors, cela va tout changer ! En 300 pages vous allez vivre la métamorphose d’une région sous le splendide label de « convivialité », en somme.
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Les peuples racines, ceux qu’il arrive de mépriser en les appelant « les sauvages », avaient un principe de vie fondamental qui, outre le respect de l’environnement, était l’esprit collectif. Dans l’ouvrage Sagesses d’ailleurs de Frederika Van Ingen[1] qui a rencontré des « Passeurs de Mémoire », il est souligné que l’homme contemporain se doit de puiser la philosophie de sauvetage de notre planète malmenée dans le principe de vie de ces peuples : arrêtons nos individualisme et narcissisme exacerbés pour revivre en collectivité, cela permettra de se débarrasser des dogmes, de différences et autres sectarismes et fera place à la vie, à l’univers, à la perception de l’autre et de soi, à une intelligence collective.
En somme, il s’agit d’un retour aux pratiques de reliance et au langage de la nature, sans pour autant rejeter systématiquement des progrès technologiques et scientifiques.
Carl Gustav Jung (1875-1961) avait parfaitement assimilé certains enseignements de peuples racines quand, en 1925, il se rendit en Arizona et au Nouveau-Mexique et s’intéressa à la pensée des Indiens Pueblos, Navajos, Hopis…, puis au Kenya à la rencontre de peuples indigènes : « Ce fut à partir de ces rencontres qu’il élabora l’idée d’un inconscient collectif à toute l’humanité. »
Mais, l’ouvrage de Frederika Van Ingen est aussi particulièrement instructif en signifiant que pour les Amérindiens contemporains, l’importance vitale de la sauvegarde de la culture originale qui, au fil des décennies, disparaît de plus en plus, se fait de manière dramatique au point que des statistiques dressées en 2009 et 2014 montrent que le taux de suicide est très élevé chez les jeunes Apaches de moins de 25 ans : treize fois plus que dans l’ensemble de la population américaine du même âge.
Deux raisons sont avancées à cet inquiétant constat : ces jeunes ont perdu la fierté d’être apaches et le fait de ne plus pouvoir vivre leurs traditions.
En d’autres endroits, la situation fut partiellement sauvée, ainsi, au cœur de l’Amazonie, les Surui étaient environ 5 000 et en trois ans, de 1969 à 1972, ils sont passés à 242 depuis que débarquèrent les colons coupant leurs arbres et apportant leurs maladies, jusque là inconnues de ce peuple racine.
Après un dur combat pour sauver ce qui pouvait encore l’être, un plan sur cinquante ans de gestion de ce patrimoine a été mis péniblement en place en 2000 pour une adaptabilité au monde industriel et un respect de la Terre-Mère.
La fameuse conscience verte de ces peuples qui, en l’associant à la vision occidentale capitaliste devrait pouvoir sauver un minimum de ce patrimoine humain exceptionnel. Le défi est grand mais il est vital. Pour eux et pour nous.
[1] J’ai Lu, France, 2018.
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
Il y a peu de temps, le Portugal célébrait le 45e anniversaire de la « Révolution des Œillets », c’est-à-dire ce moment historique de 1974 où, pacifiquement, la dictature fut remplacée par la démocratie.
Et tout, ça avec l’aide précieuse d’une chanson : « Grândola vila morena » du poète José Afonso dit Zeca.
« Terre de fraternité,
Grândola ville brune
En chaque visage l’égalité
C’est le peuple qui commande »
Dans un livre qui vient de paraître aux Éditions Otium, Grândola vila morena, Mercedes Guerreiro et Jean Lemaître nous retracent, heure par heure, le déroulement de cet extraordinaire instant de libération de tout un peuple qui, durant près de cinq décennies, avait vécu, plutôt survécu, dans le régime de terreur de Salazar et de ses sbires, dont la tristement célèbre PIDE devenue DGS, police politique secondée par les traditionnels indicateurs.
Et, ce fut grâce à la diffusion sur antenne de la chanson de Zeca, que le signal de départ de cette révolution put avoir lieu dans la nuit du 24 au 25 avril. Aussitôt, vingt-quatre unités des armées (marine, aviation, infanterie), réparties dans tout le pays, se mirent en marche et renversèrent la dictature de manière, j’insiste, totalement pacifique.
Inutile de dire que cette opération avait été minutieusement préparée, car les fonctionnaires de la censure, les indics, les policiers en civil, des fidèles du fascisme… quadrillaient le pays et veillaient vingt-quatre heures sur vingt-quatre. D’ailleurs, la « Révolution des Œillets » n’a tenu qu’à un fil, comme il est expliqué dans le livre.
L’auteur, Jean Lemaître, lors d’une présentation de cette nuit exceptionnelle, attira l’attention, entre autres, sur le fait que les jeunes militaires qui avaient réalisé le soulèvement avec le peuple, se sont ensuite retirés dans leurs casernes et qu’actuellement, les forces de l’ordre et armées portugaises défilent lors des commémorations en rangs serrés « fières de ne plus être le bras armé d’une dictature ».
Outre le récit de ce moment d’Histoire, les auteurs s’attardent sur la personnalité de José Afonso et le sens profond donné aux paroles de sa chanson.
En lisant cet ouvrage, on se dit que l’on ne voudrait plus revivre pareille période de terreur et, pourtant, la peste brune semble à nouveau, petit à petit, envahir l’Europe et que l’on s’éloigne insidieusement de cette « terre de fraternité où à chaque coin de rue on rencontre le visage de l’égalité. »
Musique : extrait de « Grandôla vila morena » (youtube)
Le magazine Philosophie vient de rééditer le surprenant ouvrage Gaston, un philosophe au travail. Non, il ne s’agit pas d’un gag digne de Franquin, le père spirituel de ce personnage désopilant de la BD, mais d’un livre qui analyse ce phénomène qui « ne dénonce rien, mais exprime une forme de résistance à l’ordre de l’entreprise ».
En somme, Gaston Lagaffe incarne un peu la désobéissance civile. Et, qui dit désobéissance civile, dit pacifisme dont n’est pas exclu l’humour. Que du contraire !
D’emblée d’ouvrage, le lecteur apprend que ce gaffeur invétéré est « une réponse possible à la question du sens, sinon de la vie, du moins, du travail. »
Alors, sociologues, anthropologue, philosophe des sciences, spécialistes de l’histoire des médias et des sciences, ingénieur, romancier, musicologue… analysent à partir de planches l’existentialisme cher à Gaston Lagaffe qui, dans le fond, est un adepte de la slow attitude, un doux subversif, un amoureux de la musique, un bricoleur qui préfigure le hacker, un activiste pacifiste, un poète, un inventeur…
Tout cela dans une série d’ouvrages aux sujets aussi sérieux que Montaigne, le Coran, Spinoza, l’Iliade et l’Odyssée…, il aurait été intéressant de connaître l’avis de Franquin, l’auteur de centaines de planches dévolues à son cher Gaston, sur toute cette analyse de spécialistes qui ont savamment décortiqué son œuvre que lui, hypothèse plausible, ne désirait produire que pour faire rire suite à une observation pointue de ses contemporains et une imagination fertile.
Peut-être que Gaston, un philosophe au travail, ne fait que corroborer la maxime que « Tout ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », plutôt gaiement, sans chercher midi à quatorze heures !
Musique : http://www.michaelmathy.be/#music
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