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Cette semaine, Confluents rencontre la communicatrice Sophie-Claude Miller. Née d’une mère allochtone et d’un père cri, et portant fièrement cette double ascendance, Sophie-Claude Miller est membre de la communauté crie de Waswanipi. Elle vit à Montréal et a également passé plusieurs années en Eeyou Istchee – la région de la baie James, la terre des Cris. Sophie-Claude Miller a travaillé notamment dans l’enseignement et comme intervenante psychosociale auprès des clientèles itinérantes, particulièrement autochtones. C’est dans ce contexte qu’elle a participé à la création du refuge de Projets autochtones du Québec.
Depuis plusieurs années, Sophie-Claude Miller s’investit avant tout en communication. Elle a été gestionnaire de l’unité Crie de CBC North de 2020 à 2023 et est maintenant co-animatrice de l’émission de radio Kwé, Bonjour, dont elle assure aussi la sélection musicale.
Au fil de cette rencontre, notre invitée s’exprime en toute sincérité sur son parcours singulier. Elle raconte sans détour sa rencontre, à l’âge adulte, avec son père cri, un ancien pensionnaire du Mohawk Institute de Brantford, en Ontario.
À notre micro, Sophie-Claude Miller dénonce également plusieurs clichés, parfois cocasses, qu’elle entend encore sur les Autochtones et nous expose son point de vue sur le journalisme autochtone : s’adresse-t-on de la même façon aux Autochtones et aux Allochtones? Aborde-t-on les mêmes sujets? Peut-on tout dire aux uns et aux autres?
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Entrevue et montage : Catherine Ego
Musique : Arturo Parra
Portée par Mission chez nous, la production de cette émission est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Confluents se rend à Manawan afin de rencontrer Manon Ottawa, une dynamique arrière-grand-mère qui a consacré une grande partie de sa carrière à l’enseignement. Toujours entourée d’enfants, elle-même garde de ses propres jeunes années le souvenir ébloui d’une immense liberté.
Bien plus tard, en 2010, son père lui demande de retrouver la trace de son petit frère – l’oncle de Manon, disparu dans les années 1950. Encore bébé, le petit Maxime avait été retiré de la communauté pour être hospitalisé et n’est jamais revenu parmi les siens. Au terme de longues années de recherches, Manon a fini par localiser sa dépouille et espère maintenant faire rapatrier le petit Maxime chez lui, à Manawan.
Manon Ottawa évoque aussi la mémoire de sa nièce, Joyce Echaquan, décédée dans des conditions effroyables à l’hôpital de Joliette il y a maintenant près de quatre ans.
Ayant vécu ces deux épreuves, notre invitée comprend bien la méfiance que le système hospitalier peut inspirer à certains Autochtones. Elle choisit cependant de ne pas sombrer dans la colère, et s’appuie sur sa spiritualité pour continuer de défendre les causes qui lui tiennent à cœur.
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Entrevue : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Musique : Arturo Parra
Montage : Catherine Ego
La production de cette émission est portée par l'organisme Mission chez nous et est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Confluents rencontre le père oblat Nnaemeka Ali, lui qui, 10 mois après son ordination au Nigeria, se rendait sur la Côte-Nord, par un très froid 23 décembre 2014, juste à temps pour les célébrations de Noël. Le père Nnaemeka a passé 8 années chez les Innus, peuple auquel il demeure très lié, puisqu’il se rend encore fréquemment dans les communautés d’Ekuanitshit et de Matimekush – Lac-John.
Issu du peuple igbo, situé au sud-est du Nigéria, le père Nnaemeka avait à peine 11 ans quand il a senti l’appel de la mission et de la vie à l’étranger pour œuvrer auprès des personnes marginalisées. Diplômé en philosophie et en théologie, des études qui l’ont amené au Cameroun et en Italie, le père Nnaemeka a décidé en 2022 de retourner sur les bancs de l’université, cette fois à l’Université St-Paul d’Ottawa, afin de faire une maîtrise en théologie pratique sur les spiritualités autochtones.
Dans cette entrevue, Nnaemeka Ali témoigne de la manière dont le peuple innu l’a transformé et nous invite à améliorer notre compréhension des spiritualités autochtones.
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Entrevue : Mathieu Lavigne
Musique : Arturo Parra
Montage : Antonin Wyss
La production de cette émission est portée par l'organisme Mission chez nous et est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Photo : Pascal Huot/MCN
Confluents rencontre Renée Dupuis, avocate spécialiste des droits de la personne et du droit relatif aux Autochtones. Profondément attachée au droit à l’égalité pour tous et toutes, Renée Dupuis a lutté notamment pour la parité homme-femme, la justice sociale et la reconnaissance des droits des Autochtones, qu’elle a défendus dès le début des années 1970 en tant qu’avocate, consultante auprès d’instances provinciales et fédérales et conseillère juridique auprès de différents groupes autochtones.
Renée Dupuis a été notamment commissaire à la Commission canadienne des droits de la personne (1989-1995), présidente de la Commission des revendications particulières des Indiens (2003-2009) et vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec (2011-2016). Elle a également participé aux travaux de la Commission royale sur les peuples autochtones mise sur pied à la suite de la crise d’Oka (1992-1995) et a été nommée témoin honoraire par la Commission de vérité et réconciliation du Canada (avril 2013). Membre de l’Ordre du Canada depuis 2005, elle a été nommée sénatrice indépendante au Sénat du Canada en novembre 2016.
Renée Dupuis faisait récemment paraître deux titres majeurs aux Éditions du Boréal. Son autobiographie intitulée Ce chemin sous mes pas relate des événements et des rencontres qui ont marqué son parcours professionnel, et qui dessinent en filigrane l’histoire des luttes des Autochtones pour leurs droits. Dans La Question des Premières Nations au Canada, l’autrice rappelle les jalons historiques qui ont façonné au fil des siècles les relations entre Allochtones et Autochtones, dresse le portrait des Premières Nations aujourd’hui et récapitule leurs principales revendications.
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Entrevue et montage : Catherine Ego
Musique des génériques : Arturo Parra
Portée par Mission chez nous, la production de cette émission est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Confluents reçoit Linda Sioui, membre de la Première Nation huronne-wendat de Wendake, près de Québec. Linda Sioui détient une maîtrise en anthropologie de l’Université Laval (2011). Elle a notamment travaillé dans le tourisme, l’éducation, la culture et le patrimoine, par exemple au Conseil de la nation huronne-wendat, au Musée canadien de l’Histoire et au Musée du Quai Branly à Paris.
Déterminée à faire mieux connaître l’histoire et la culture des Wendats, notre invitée est conférencière, consultante, chercheuse, professeure au Cégep de Rivière-du-Loup… et traductrice depuis plus de 30 ans. Elle faisait d’ailleurs paraître récemment aux Presses de l’Université Laval sa traduction du livre de Kathryn Magee Labelle intitulé Les filles d’Aataentsic : histoires de vie de sept générations.
Dans cette entrevue, Linda Sioui nous explique qui sont les Wendats et les Wyandots et relate leur dispersion au 17e siècle. Décimés notamment par la variole et la grippe, ils ont alors dû quitter la baie géorgienne, dans la région des Grands Lacs, pour aller s’établir près de Québec ou aux États-Unis. Notre invitée évoque également les liens qu’ils retissent actuellement pour revitaliser leur culture et leur langue commune.
Linda Sioui s’attache aussi à décrire le processus collaboratif qui a permis de sélectionner les sept personnages féminins wendats/wyandots dont Kathryn Magee Labelle rappelle le parcours singulier dans Les filles d’Aataentsic. Elle trace par ailleurs pour nous le portrait de quelques-unes de ces femmes remarquables.
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Entrevue et montage : Catherine Ego
Musique des génériques : Arturo Parra
Portée par Mission chez nous, la production de cette émission est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Musicologue et ethnomusicologue, Jean-Jacques Nattiez s’intéresse depuis le début des années 1970 à la musique
Fruit d’un long et patient travail de recherche, mais aussi d’édition, cet ouvrage érudit et passionné s’accompagne de nombreuses ressources en ligne constituées d’enregistrements sonores, de vidéos et de documents d’archives. Le livre compte pas moins de 200 illustrations présentant notamment de splendides œuvres d’art inuites – sculptures, dessins, estampes.
Dans cette entrevue, Jean-Jacques Nattiez partage avec nous sa passion pour les arts du cercle circumpolaire, qu’il relie à la vision du monde singulière des Inuits. Il exprime aussi sa profonde admiration envers l’inventivité, la virtuosité et la persévérance des hommes et femmes inuits qui ont su enrichir, transmettre et constamment renouveler leur fabuleux patrimoine musical au fil des siècles.
Jean-Jacques Nattiez est membre de l’Ordre national du Québec (2001), de l’Ordre du Canada (1990) et de la Société royale du Canada (1988).
Avec La musique qui vient du froid. Arts, chants et danses des Inuit, il a notamment remporté le Prix de l’Académie Charles Cros, le Prix du livre France Musique–Claude Samuel et le prix Opus du meilleur livre sur la musique – 2023.
Les extraits musicaux cités dans l’émission proviennent de la section «Extraits sonores, vidéos et autres contenus» du site des Presses de l’Université de Montréal accompagnant le livre : https://bit.ly/3PBIjqk
Extrait 1 (07min07sec) – Disque 41,
Extrait 2 (15min37sec) – Disque 15,
Extrait 3 (23min29sec) – Disque 41,
Sélection des extraits musicaux : Arturo Parra
On trouvera ici : https://pum.umontreal.ca/catalogue/la_musique_qui_vient_du_froid/contenusupplementaire, dans le fichier Discographie.pdf, la liste complète des disques recensés dans l’ouvrage, avec une description détaillée pour chacun d’eux.
Conception et réalisation de Confluents :
Entrevue et montage : Catherine Ego
Musique des génériques : Arturo Parra
La production de cette émission est portée
Confluents prend la direction de la communauté Kanien’kehá:ka (mohawk) de Kahnawake, afin de rencontrer l'artiste multidisciplinaire MC Snow, qui nous accueille chez lui, à deux pas du fleuve Saint-Laurent.
Né à Detroit en 1965, MC Snow a également vécu à Sherbrooke, où il a appris le français, en Caroline du Nord et à Ottawa, où il a étudié les beaux-arts. À l’âge de 26 ans, il s’est établi à Kahnawake, communauté d'origine de son père.
Depuis les années 1990, MC Snow aborde dans son art différents enjeux contemporains en s’inspirant de pratiques et de matériaux culturels traditionnels kanien’kehá:ka afin de défendre sa culture et à en favoriser la transmission.
MC Snow a été invité en 2023 à la Biennale des Métiers d’Arts de Paris, qui mettait en lumière des artistes et créateurs autochtones du Québec. Il a également participé récemment à l'ambitieux projet d'art urbain Parcours Peel : nos récits, notre voie et présente actuellement au Musée McCord Stewart, et jusqu'en août 2024, l'exposition Présence du passé. Il sera justement question, dans cette entrevue, de ces deux réalisations majeures qui ont valu une belle reconnaissance critique et publique à l’artiste.
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Musique : Arturo Parra
Montage : Antonin Wyss
La production de cette émission est portée par Mission chez nous et est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Photo : Roger Aziz © Musée McCord Stewart
Confluents rencontre Tania Rock-Picard, Innue de Pessamit. Cette femme de communications dynamique et rassembleuse a parcouru tout le Québec et connaît bien ses différentes communautés autochtones.
Titulaire d’un Diplôme en administration et gestion publique en contexte autochtone de l’École nationale d’administration publique (ENAP), notre invitée a été journaliste à la Société de communication Atikamekw-Montagnais, puis à Radio-Canada. Ces mandats lui ont permis de prendre le pouls des réalités des nations autochtones, mais surtout, de constater la diversité et la beauté de leurs cultures.
Tania Rock-Picard est maintenant directrice générale adjointe de La Boîte Rouge VIF, un organisme autochtone sans but lucratif fondé à Chicoutimi en 1998 pour faire mieux connaître le patrimoine culturel et le quotidien des Premiers Peuples, notamment au moyen de productions multidisciplinaires.
Après avoir longtemps travaillé en communications, Tania Rock-Picard s’est tournée vers l’étude du droit allochtone et autochtone pour bien comprendre le contexte juridique dans lequel évoluent les communautés autochtones ainsi que leurs propres traditions dans ce domaine. Envisagerait-elle une réorientation de carrière en politique?... Affaire à suivre!
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Musique : Arturo Parra
La production de cette émission est portée par Mission chez nous et est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Photo : La Boîte Rouge VIF, https://www.laboiterougevif.com/equipe/
Cette semaine Confluents rencontre Elisapie Lamoureux. Dans cette entrevue réalisée en mars 2023 à Ivujivik (Nunavik), cette jeune orthopédagogue à l’école Nuvviti évoque notamment les Rencontres Action Jeunesse, un événement qui permet à des jeunes de sensibiliser les décideurs québécois à leurs réalités, possibilités et défis. Elle nous parle aussi de ses responsabilités comme membre du Conseil des jeunes Qarjuit, avec lequel elle a participé à une semaine de simulation de négociation de traités, un exercice formateur qui lui a permis notamment de rencontrer certains des négociateurs de la Convention de la baie James et du Nord québécois.
En 2022, Elisapie Lamoureux a participé à la COP27 pour attirer l’attention de la communauté internationale sur les enjeux particuliers du réchauffement climatique dans le Nord et tisser des liens avec d’autres jeunes Autochtones du monde.
Très proche des jeunes du Nunavik, notre invitée exprime leurs principales préoccupations actuelles et s’investit dans le programme «Nurrait - Jeunes Karibus», qui favorise la persévérance et l’estime de soi par les activités de plein air.
Au fil de cette rencontre, Elisapie Lamoureux nous transmet de manière sobre et lumineuse son immense attachement à sa langue maternelle, à sa famille et sa communauté… et ne manque pas de nous mettre en garde contre les ours polaires qui rôdent parfois dans son village d’Ivujivik !
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Musique : Arturo Parra
Chants de gorge entendus dans cet épisode : Louisa Kanarjuak et Velesie Adams (captation sonore : Catherine Ego, Ivujivik, 2023)
La production de cette émission est portée par Mission chez nous et est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
Photo : Page Facebook d’Elisapie Lamoureux
Confluents reçoit la linguiste Marie-Odile Junker. Professeure à l’Université Carleton d’Ottawa, linguiste éprise de diversité linguistique, notre invitée travaille depuis de longues années à la préservation et à la revitalisation des langues autochtones du Canada, particulièrement algonquiennes. Pour ce faire, elle fait notamment appel à la particip-action, un modèle de recherche collaboratif aux antipodes d’une approche «extractiviste» de l’information.
Marie-Odile Junker met également à contribution les technologies de l’information : elle a ainsi développé plusieurs sites Web et dictionnaires en ligne pour les langues algonquiennes (cri, innu, atikamekw) et orchestre la co-création de l’Atlas linguistique algonquien.
Cependant, notre invitée nous met également en garde contre une autre forme d’extractivisme : l’intelligence artificielle et le «pillage», par certains sites ou applications, de l’information linguistique patiemment recueillie par les équipes de recherches et les locuteurs et locutrices dans les communautés.
Au microphone de Catherine Ego, la chercheuse insiste aussi sur la nécessité de pérenniser les résultats des recherches, en particulier l’Atlas linguistique algonquien, qui continue d’être porté à bout de bras par des équipes de recherches dynamiques, mais essoufflées
Soulignant l’importance et l’audace de ses travaux, le Prix du gouverneur général pour l’innovation a été décerné à Marie-Odile Junker en 2017.
Les sites mentionnés au fil de l’entrevue par Marie-Odile Junker sont les suivants :
Conception et réalisation de Confluents : Catherine Ego et Mathieu Lavigne
Musique : Arturo Parra
La production de cette émission est portée par l'organisme Mission chez nous et est possible grâce au soutien financier des Oblates Franciscaines de Saint-Joseph et de la Fondation Lucien-Labelle.
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