J'ai récemment eu le plaisir d'interviewer Attila Pongor, un entrepreneur Hongrois connaissant une réussite exceptionnelle dans son pays et parlant très bien français, pour qu'il réponde à la question suivante : Comment AVOIR l'état d'esprit d'un entrepreneur et qu'est-ce que ça APPORTE concrètement ?
Voici sa réponse que vous pouvez consulter en vidéo, en MP3 pendant que vous faites autre chose, genre prendre la voiture, le métro ou un poney, et au format texte pour ceux qui adorent lire :) :
https://www.youtube.com/watch?v=1zTnF3ZK4Ag&list=PLlNaq4hbeacS3UztC215k0kXWB2Bhi4vW
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Olivier Roland : Bonjour, ici Olivier Roland et bienvenue dans cette nouvelle vidéo. Donc, je me trouve actuellement à Scottsdale en Arizona et je suis avec Attila. Bonjour Attila.
Attila : Bonjour.
Olivier Roland : Salut. Donc, Attila, comme ça ne s’entend pas parce qu’il vient de dire un bonjour parfaitement en français avec un tout petit accent. Et bien, Attila est Hongrois. Donc, à Hongrie, tu es une sorte de super entrepreneur c'est-à-dire que tu apprends aux Hongrois à créer leur entreprise, à faire en sorte que l’entreprise décolle, à vendre mieux en ligne. Et tu vends notamment des livres que tu fais traduire de l’anglais.
Attila : Oui.
Olivier Roland : Et des formations que tu crées sur Internet.
Attila : Tout à fait.
Olivier Roland : Et donc, on a déjà eu l’occasion d’échanger pas mal. Et bien, je me suis dit que ce serait intéressant justement de faire une interview pour avoir un petit peu ton avis, ton point de vue sur comment on peut avoir un esprit d’entrepreneur et qu’est-ce que ça apporte concrètement ? Est-ce que c’est vraiment indispensable pour réussir ?
Attila : Oui. Alors, je suis tellement content que je vais parler français parce que dans les quelques dernières années, j’utilise mon anglais. J’ai fait mes études en France, des études supérieures. Et vraiment, c’est un grand plaisir d’être là.
Quand j’ai fait mes études en France, tout le monde se moquait de moi parce que comme mon nom est « Attila »…
Olivier Roland : C’est vrai que…
Attila : On me disait tout le temps « là où Attila passe, l’herbe ne repousse pas. »
J’en avais ras-le-bol à l’époque. Maintenant, ça va. C’est vrai qu’Attila c’est un prénom assez fréquent en Hongrie et pas en France.
Bon, en ce qui concerne l’entrepreneuriat, pour moi, c’est un amour parce que quand j’ai fait mes études en France et après quand je suis retourné à Hongrie, j’ai commencé à travailler comme cadre, employé, ce que j’ai bien aimé à l’époque.
Ça fait déjà presque 25 ans. J’avais vraiment des missions très importantes. J’ai beaucoup voyagé en Europe.
J’ai bien aimé. Simplement, un jour, je travaillais en me disant que : Oh, oh, mais je travaille pour quelqu’un d’autre !
Et si je prends le poste de mon patron, je serai un patron. C’est bon, super ! Mais je serai aussi stressé que je suis maintenant, même plus stressé qu’assez parce que j’aurai plus de responsabilités, etc.
Et je n’avais à l’époque aucune idée de comment lancer une entreprise, aucune vraiment. Mes parents étaient super sympas, vraiment je suis tellement reconnaissant à mes parents. Simplement, ils étaient employés/cadres. Et chez nous à la maison, autour de la table au dîner, au déjeuner, on n’a pas parlé sur le compta et les fiscs et l’investissement, le retour sur investissement, etc.
Tous ces mots, toutes ces expressions, je les ai appris au fur et à mesure.
Olivier Roland : Mais en dehors de ton cercle familial et d’amis, qui eux, ne connaissaient pas.
Attila : Absolument. Tout à fait.
Olivier Roland : Alors, ça, c’est vraiment quelque chose qui est assez fréquent. Bon, vous pouvez avoir la chance de naître dans une famille d’entrepreneur. Mais pour beaucoup d’entre nous, ce n’est pas le cas.
Attila : Moi, pas du tout. Vraiment pas du tout. Et même mes amis à l’école même à Hongrie et en France sont tellement sympas, je les adore simplement.
Olivier Roland : Mais ils ne sont pas entrepreneurs.
Attila : Il y avait très peu. Peut-être en France, il y en avait plus.
Olivier Roland : Ah oui.
Attila : Voilà, j’ai fait l’école supérieure de commerce d'Angers. Là, il y en avait pas mal. Mais c’est rare. C’était rare. Ça faisait 25 ans.
Mais une des leçons les plus importantes que j’ai appris, c’est que pour avoir entrepreneur, pour devenir entrepreneur, malheureusement ou pas, il faut changer d’amis.
Il faut changer de personnes avec qui on passe du temps. Et c’était douloureux au début.
Olivier Roland : Oui, tu l’as fait consciemment ?ou inconsciemment ?
Attila : Non, dès le début, ce n’était pas vraiment consciemment. Simplement, je n’ai pas aimé passer du temps avec eux.
Olivier Roland : D’accord.
Attila : Parce qu’ils vivaient tout le temps dans le passé. Et moi, j’étais quelqu’un qui voulait penser au futur, qui avait des projets, qui avait des rêves.
Et eux disaient : "tu te souviens à l’école, on a bien bouffé, on a picolé." Oui, Ok mais, on a rigolé je ne sais pas combien de fois là-dessus. Maintenant, je fais quelque chose de plus important, j'ai un projet, un challenge.
Olivier Roland : Ok.
Attila : Bon, c’est la première chose. La deuxième que j’ai appris c’est que pour apprendre l’entrepreneuriat, on ne peut pas l'étudier à l'école.
Olivier Roland : D’accord. Mais, est-ce que ça s’apprend quand même ?
Attila : Bien sûr que ça s’apprend. Dans mon cas, j’ai appris. Mais j'ai fait beaucoup de fautes, j’ai payé des prix… ouf énormes. Je ne sais pas, je peux te dire une dizaine ou une centaine de milliers d’euros.
Olivier Roland : Donc, voilà. Tu étais jeune. Et tu en avais marre d’être salarié. Tu ne voulais pas être comme ton patron parce que tu voyais qu’il était trop stressé, qu’il avait des responsabilités. Et tu as commencé à fréquenter des personnes qui étaient des entrepreneurs.
Attila : Voilà, j’ai pris un chemin un peu différent. Sans avoir aucune idée de comment lancer une entreprise, j’ai créé une entreprise.
Olivier Roland : Qu’est-ce que tu vendais ?
Attila : J’ai vendu des formations, et des stages de formation en vente et management, etc. parce que je suis tellement commercial. Mon approche, c’était très commercial.
Dans ce cas, c’était très facile d’avoir des clients. J’ai même reçu de l’argent. J’ai envoyé des factures, ils m’ont payé. Super ! La seule chose est que je n’avais pas d’informations et connaissances à l’époque, sur comment gérer l’argent.
Olivier Roland : Ok.
Attila : J’ai gagné beaucoup d’argent.
Olivier Roland : Et tu n’as pas bien géré.
Attila : Absolument pas parce que dans mon esprit dans mon cerveau, comment dirais-je, il n’y avait pas de différence entre la poche de l’entreprise et ma poche personnelle. Je ne sais pas si c’est la même chose en France.
Olivier Roland : On peut avoir ce risque-là, surtout si tu es une entreprise qui ne sépare pas tes deux patrimoines. Oui.
Attila : Tout à fait parce que j’étais la seule personne qui travaillait. Et là vraiment, à la fin de la première année, mon compta disait : écoute, il y a des problèmes.
Et là, j’ai commencé à apprendre que la comptabilité et le fisc et tout ça sont aussi importants. Mois par mois, une année par l’autre, j’ai appris une petite information par ci, une petite information par là. Et cela, non seulement pour la compta, mais aussi le marketing, les ressources humaines et plein d'autres choses.
Toutes ces choses comme dans une grosse société internationale ou même nationale avec des milliers de personnes. Tu as des départements ressources humaines. Tu as des départements marketing, compta, et tout ça. Dans ma petite entreprise, ma petite boîte, moi, j’étais la seule personne. Je gérais tout.
Olivier Roland : Comme beaucoup de petits entrepreneurs.
Attila : Et une année par l’autre, j’ai appris ça. J’ai commis des fautes comme ça. Et après, j’ai réparé. Ça fait déjà 16 ans.
Olivier Roland : 16 ans que tu es entrepreneur ?
Attila : Oui.
Olivier Roland : Là donc, tu as une petite affaire qui tourne bien.
Attila : Oui.
Olivier Roland : Petite, quand je dis petite c’est…
Attila : Oui, elle tourne pas mal… Et maintenant, je fais aussi des fautes. J’ai fait bêtises, franchement, mais j’essaie de ne pas faire les mêmes bêtises que j’ai faites l’année passée parce que c’est le seul moyen de mon apprentissage.
Olivier Roland : Alors, comment tu définirais l’état d’esprit d’entrepreneur ?
Attila : Il y a plusieurs critères pour le définir : avoir accepté la responsabilité pour soi-même, que tout dépend de moi.
Ce n’est pas la faute de l’Etat, ni du gouvernement, ni de mes parents, ni de mon partenaire.
Tout dépend de moi. Du coup je m’entraîne tellement que je peux devenir un entrepreneur avec une grande réussite.
Olivier Roland : Tu t’entraînes, tu veux dire, tu penses ?
Attila : Oui, tout à fait. Mes pensées sont tellement positives.
Olivier Roland : Tu sais que c’est possible.
Attila : C’est possible. Et même alors que je viens du monde des employés. C’est très difficile de changer. Moi, j’ai encore des paradigmes focalisés sur la rareté.
Olivier Roland : Oui, tu veux dire que voilà, ça s’oppose à l’état d’esprit d’abondance où on se dit finalement, il y a de la place pour tout le monde.
Attila : Oui, juste le contraire, il y a des choses en pénurie. Et il faut se précipiter pour en avoir. C’est comme cela que j'étais dans les années 80 et 90.
Olivier Roland : D’accord.
Attila : Et c’est un grand challenge, un défi pour moi, vraiment de changer, de voir qu’il y a des abondances partout dans le monde.
Olivier Roland : Donc, premier critère effectivement : accepter la responsabilité. Un, l’entrepreneur, il est beaucoup plus libre que les salariés. Mais du coup, voilà,