Diseurs de beaux textes

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By Hocine DRISSIArtsBooks
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Diseurs de beaux textes episodes

  • #15 Ecrire, un texte de Pascal Depresle
    Pascal Depresle est né le 15 octobre 1966 à Montluçon. Passionné de lettres et d'écriture, son parcours chaotique l'a amené à traverser la France durant 30 années passées comme manager dans le monde du transport, et à s'enrichir de toutes ces cultures et rencontres de gens authentiques attachés à leur terroir. Après un accident de la vie, cet auvergnat passionné éclectique de musique et de littérature, tels Fallet, Faulkner ou la poésie du moyen-âge comme Brel, Brassens ou Eric Clapton... s'est lancé un nouveau défi, un nouveau projet de vie, qu'il tente de relever aujourd'hui, défi où l'écriture est partie prenante.
    "Du plus loin que je me souvienne, dès que j'ai pu tenir un crayon, j'ai su que c'était pour la vie"
    Pascal Depresle, un auteur à découvrir ou a redécouvrir :
    Editeur : http://editions-sydney-laurent.fr/liv...
    3 min
  • #61 L'arbre un poème d'Émile Verhaeren
    Givres pareils à quelque âpre limaille,
    Toute la haine et toute la bataille,
    Et les grêles de l’Est et les neiges du Nord,
    Et le gel morne et blanc dont la dent mord,
    jusqu’à l’aubier, l’ample écheveau des fibres,
    Tout lui fut mal qui tord, douleur qui vibre,
    Sans que jamais pourtant
    Un seul instant
    Se ralentît son énergie
    A fermement vouloir que sa vie élargie
    Fût plus belle, à chaque printemps.
    En octobre, quand l’or triomphe en son feuillage,
    Mes pas larges encore, quoique lourds et lassés,
    Souvent ont dirigé leur long pèlerinage
    Vers cet arbre d’automne et de vent traversé.
    Comme un géant brasier de feuilles et de flammes,
    Il se dressait, superbement, sous le ciel bleu,
    Il semblait habité par un million d’âmes
    Qui doucement chantaient en son branchage creux.
    J’allais vers lui les yeux emplis par la lumière,
    Je le touchais, avec mes doigts, avec mes mains,
    Je le sentais bouger jusqu’au fond de la terre
    D’après un mouvement énorme et surhumain ;
    Et J’appuyais sur lui ma poitrine brutale,
    Avec un tel amour, une telle ferveur,
    Que son rythme profond et sa force totale
    Passaient en moi et pénétraient jusqu’à mon coeur.
    Alors, j’étais mêlé à sa belle vie ample ;
    Je me sentais puissant comme un de ses rameaux ;
    Il se plantait, dans la splendeur, comme un exemple ;
    J’aimais plus ardemment le sol, les bois, les eaux,
    La plaine immense et nue où les nuages passent ;
    J’étais armé de fermeté contre le sort,
    Mes bras auraient voulu tenir en eux l’espace ;
    Mes muscles et mes nerfs rendaient léger mon corps
    Et je criais :  » La force est sainte.
    Il faut que l’homme imprime son empreinte
    Tranquillement, sur ses desseins hardis :
    Elle est celle qui tient les clefs des paradis
    Et dont le large poing en fait tourner les portes « .
    Et je baisais le tronc noueux, éperdument,
    Et quand le soir se détachait du firmament,
    je me perdais, dans la campagne morte,
    Marchant droit devant moi, vers n’importe où,
    Avec des cris jaillis du fond de mon coeur fou.
    Emile Verhaeren
    6 min

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