Diseurs de beaux textes

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By Hocine DRISSIArtsBooks
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Diseurs de beaux textes episodes

  • #137 Chant d'automne de Charles Baudelaire
    Chant d’automne
    Charles Baudelaire
    I
    Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
    Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
    J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
    Le bois retentissant sur le pavé des cours.
    Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
    Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
    Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
    Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.
    J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
    L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
    Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
    Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
    Il me semble, bercé par ce choc monotone,
    Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
    Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
    Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
    II
    J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
    Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
    Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
    Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.
    Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
    Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
    Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
    D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.
    Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
    Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
    Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
    De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !
    Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
    3 min
  • 25 histoires d'équilibre intérieur, Christophe André, 1ere partie
    Nous aimerions rester toujours sereins... Mais la vie nous bouscule, nos démons intérieurs se réveillent : alors, nous nous angoissons, nous nous désespérons, nous nous éparpillons. Nous souffrons. Au travers de 25 histoires et de leurs enseignements, ce livre vous propose d'avancer, à votre rythme et à votre manière, sur le chemin de l'équilibre et de la sérénité. "Il y a des jours comme ça où ton âme est sereine : tu te sens doucement bien. Tout est clair et calme en toi. Rien, absolument rien ne te manque. Tout ce dont tu as besoin est là..." Christophe André. Une leçon de sagesse au plus près du quotidien ! ?Christophe André est médecin psychiatre à l'hôpital Sainte-Anne, à Paris. Il a notamment publié L'Estime de soi, Imparfaits, libres et heureux, Les États d'âme, Psychologie de la peur ou encore Vivre heureux, qui sont d'immenses succès.
    5 min
  • #135 Réversibilité, de Charles Baudelaire
    ‘’Réversibilité’’ est, par son titre et son contenu, le poème le plus significatif de l’ensemble de ce qu’on
    a appelé le cycle de Mme Sabatier ou de I'amour spirituel. Dans cette somptueuse fresque, qui
    compte parmi les plus hautes, on retrouve, jusque dans cette rêverie enchanteresse sur la grâce
    féminine, I'évocation insistante et douloureuse de la misère humaine.
    Le poème parut le 1
    er juin 1855 dans ‘’La revue des deux mondes’’.
    Dans ‘’Les fleurs du mal’’, il figura dans la partie ‘’Spleen et idéal’’.
    En 1996, il fut mis en musique par Jean-Louis Murat, et figura dans l'album ‘’Dolorès’’.
    3 min
  • #136 Chant d'automne de Charles Baudelaire (Les fleurs du mal)
    Chant d’automne
    Charles Baudelaire
    I
    Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;
    Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !
    J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres
    Le bois retentissant sur le pavé des cours.
    Tout l’hiver va rentrer dans mon être : colère,
    Haine, frissons, horreur, labeur dur et forcé,
    Et, comme le soleil dans son enfer polaire,
    Mon coeur ne sera plus qu’un bloc rouge et glacé.
    J’écoute en frémissant chaque bûche qui tombe ;
    L’échafaud qu’on bâtit n’a pas d’écho plus sourd.
    Mon esprit est pareil à la tour qui succombe
    Sous les coups du bélier infatigable et lourd.
    Il me semble, bercé par ce choc monotone,
    Qu’on cloue en grande hâte un cercueil quelque part.
    Pour qui ? – C’était hier l’été ; voici l’automne !
    Ce bruit mystérieux sonne comme un départ.
    II
    J’aime de vos longs yeux la lumière verdâtre,
    Douce beauté, mais tout aujourd’hui m’est amer,
    Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l’âtre,
    Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer.
    Et pourtant aimez-moi, tendre coeur ! soyez mère,
    Même pour un ingrat, même pour un méchant ;
    Amante ou soeur, soyez la douceur éphémère
    D’un glorieux automne ou d’un soleil couchant.
    Courte tâche ! La tombe attend ; elle est avide !
    Ah ! laissez-moi, mon front posé sur vos genoux,
    Goûter, en regrettant l’été blanc et torride,
    De l’arrière-saison le rayon jaune et doux !
    Charles Baudelaire, Les fleurs du mal
    3 min

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