Disiz, ex Disiz La Peste, signe vingt-cinq ans de carrière, quatorze albums et mille vies artistiques. Son envie d’explorer, de tester vient se confirmer dans cette nouvelle production “On s’en rappellera pas” et qui arrive trois ans après “L’Amour”, disque d’or et tournant pop dans sa trajectoire. Ce nouvel album est dense, élégant et d’une sincérité désarmante. Il réunit vingt titres où l’ancien rappeur qui pète les plombs explore ce qu’il appelle la mémoire des émotions.
Disiz y chante beaucoup plus qu’il ne rappe, avec une voix plus directe, parfois fragile, toujours expressive. Musicalement, le projet mélange pop mélancolique, électro douce, rock atmosphérique et ballades. L’ensemble crée une atmosphère fluide, évolutive presque narrative, comme si l’auditeur traversait différents états d’esprit.
Au cœur de ce disque, il y a une idée simple : ce que l’on retient et ce que l’on oublie. Disiz parle d’amour, d’amitiés, de souvenirs, de fatigue, de doutes, de reconstructions. Il évoque les gestes du quotidien autant que les grandes émotions. Le ton est posé, sincère, souvent touchant. Il ne cherche pas l’effet, mais plutôt la justesse. Et c’est ce qui donne à cet album une force particulière.
Le projet accueille aussi plusieurs invités, choisis pour leur complémentarité avec son univers. Ces collaborations apportent de nouvelles couleurs, de nouvelles textures, et contribuent à l’équilibre global du disque. Elles montrent aussi à quel point Disiz aime croiser les genres et confronter sa musique à d’autres sensibilités.
Avec “On s’en rappellera pas”, Disiz propose finalement un album très abouti, à la fois accessible et profond. Un album où l’on entend un artiste en pleine maturité, qui assume ses choix, ses émotions, et son envie de raconter autrement. C’est un disque généreux, attachant, qui prend son temps et qui laisse une trace.
Un projet qui confirme que, plus de vingt ans après ses débuts, on se rappellera toujours de Disiz.