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Marie, tu nous présentes l’un des plus beaux phénomènes pop de ces deux dernières années. Une ancienne candidate de la Star Academy qui sort enfin son tout premier album studio.
Il s’agit de Marguerite. Révélée en 2024 dans la Star Academy. Elle n'a pas remporté la finale pourtant elle a su s’imposer à la sortie de l’émission. Son titre “Les filles, les meufs” est devenu un hymne féministe viral, certifié single de diamant. Un an après la sortie de son premier EP intitulé “Grandir”, la chanteuse de 25 ans franchit aujourd'hui l'étape ultime avec un premier album abouti : “Guérir”.
De quoi veut-elle guérir dans ce disque ?
De ses traumatismes, de ses complexes et des nombreuses injonctions de la société. Marguerite aborde ses douleurs d'enfant, la reconstruction après un trauma, mais elle explore surtout la relation complexe que les femmes entretiennent avec leur corps. Par exemple, avec le titre “Mon ventre”, elle adresse une lettre très poignante à son propre corps face à la pression sociale. Mais la grande force de Marguerite, c'est qu'elle aborde tout cela sans jamais tomber dans le pathos : elle utilise constamment l'humour et l'autodérision comme bouclier.
Musicalement, est ce qu’elle conserve cette pop entraînante et lumineuse qui a fait son succès jusqu'ici ?
Oui, mais une pop qui a gagné en consistance ! C'est un album de contrastes : des textes très profonds et parfois sombres viennent se poser sur des mélodies ultra-solaires. Les guitares flirtent parfois avec le rock "garage" ou la folk. Marguerite puise d'ailleurs ses influences dans la musique anglo-saxonne. Par sa liberté de ton, son impertinence assumée et son refus de chercher à plaire aux hommes, elle rappelle d'ailleurs beaucoup l'énergie d'une certaine Lily Allen.
Ali : Sam Smith vient de dévoiler son cinquième album. Marie, est-ce que c’est la fin des provocations sulfureuses et des rythmes taillés pour les clubs de la période “Gloria” son précédent album ?
Marie : C'est un virage à 180 degrés. Avec “Hazel Eyes”, Sam Smith remise les corsets et l'esthétique choc au placard. Oubliez les boîtes à rythmes froides : l'artiste de 34 ans fait tomber l'armure pour nous livrer une œuvre profondément apaisée, intime et sans aucun artifice.
Ali : Est-ce que ça veut dire qu'on retourne directement aux ballades larmoyantes qui ont fait son succès en 2014 ?
Marie : Pas du tout, c'est là toute la nuance ! À ses débuts, Sam Smith hurlait sa solitude et pleurait des amours à sens unique. Dans “Hazel Eyes”, l'artiste célèbre un amour présent, solide et réciproque. “Hazel Eyes” évoque les yeux noisettes de son compagnon actuel. Dans ce disque, la douleur ne vient plus du rejet, mais de la peur de perdre ce bonheur. C'est l'album de la maturité émotionnelle.
Ali : Et sur le plan du son, on est sur quel type de proposition ?
Marie : Il nous embarque dans un mélange très chaleureux de pop, de folk, de blues et de soul. Les guitares acoustiques, les chorales gospel et les cordes ont totalement remplacé les synthétiseurs de son précédent opus. La chanteuse Feist fait une apparition sur le morceau “Moondance”.
Ali : Si on ne devait écouter un seul morceau pour découvrir cette transformation, tu nous proposes quoi ?
Marie : “When He's Gone” C'est le cœur battant du l’album. Sur une production feutrée et presque blues, Sam Smith y raconte avec une justesse bouleversante la terreur de l'abandon après une banale dispute de couple. C'est brut et ça résume parfaitement le message de cet album.
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