Ebony, la finaliste de l'édition 2024 de la Star Academy, a dévoilé son tout premier album, ”MENELIK”, et c'est une véritable claque. À 21 ans, la jeune chanteuse aurait pu choisir la facilité en sortant un disque pop très lisse, calibré pour le grand public. Mais Ebony a préféré prendre des risques. Le titre de l'album, ”MENELIK”, n'a d'ailleurs pas été choisi au hasard.
Pendant l'émission, Ebony se faisait appeler Queen Sheba, en référence à la mythique reine de Saba. Dans la légende éthiopienne, Menelik, n'est autre que le fils de cette reine. La symbolique est forte, et ce tout premier disque, c'est littéralement son premier bébé, l'héritier d'une identité qu'elle assume désormais à 100%.
Côté musique, n'essayez pas de ranger ”MENELIK” dans une case, c'est impossible. C'est un projet hybride, expérimental et franchement audacieux. Ebony mélange ses influences avec une liberté totale, du R'n'B à l'électro en passant par l'afro, la trap et même le rock synthétique. Des titres comme le très puissant I don't care, côtoient des morceaux plus sombres, créant une ambiance à des années-lumière des standards formatés.
Sur le fond, l'album frappe encore plus fort. Ce long format lui sert d'écrin pour vider son sac. Ebony s'y livre sans aucun filtre et évoque le poids écrasant de la notoriété soudaine, la perte de confiance en soi, mais aussi la violence des attaques racistes qu'elle a subies à sa sortie de l'émission. Dans ses textes, elle refuse d'être la fille docile ou le robot que l'industrie voudrait façonner. C'est un album profondément cathartique. Elle se réapproprie son identité pour affirmer qu'elle est une artiste avant tout.
En bref, avec ”MENELIK”, Ebony ne demande pas la permission d'exister. Elle s'impose avec ses failles, sa colère et son immense talent. C'est un album honnête, mordant et libérateur.