"Comment on fait pour avoir un orgasme”, “Est-ce que c’est normal de pleurer après un rapport”, “Est-ce que la masturbation c’est dégueu ?”. Je ne compte plus le nombre de questions que les femmes me posent sur leur sexualité. Des questions intimes, murmurées presque avec honte, sur leur corps, leur plaisir, leurs ressentis. Et c'est précisément là que tout commence : pourquoi est-ce qu'on chuchote ? Pourquoi le plaisir féminin semble-t-il encore si tabou, si étrange, si secret ? Pourquoi tant de femmes ne connaissent-elles pas leur propre corps ?
La réponse est multiple :
Des siècles de sexualité pensée, construite et racontée autour du plaisir masculin.
Une méconnaissance scientifique et culturelle du corps des femmes — le clitoris n'a été cartographié dans sa totalité qu'en 1998, ce n'est pas anodin.
Une diabolisation historique du désir féminin, relayée par les religions, les traditions, les injonctions sociales.
Sans oublier les traumatismes sexuels, souvent vécus en silence, faute d'accompagnement et d'espace pour en parler.
Le résultat ? Moins on connaît son corps, moins on peut en jouir. Et moins on en jouit, moins on ose en parler. Un cercle vicieux qu'il est temps de briser.