"Machins, Machines" d'Hélène Maquet : L’histoire de Lena, la « première dame d’internet »...
Patrick Boudet pour son docu. "La vie de Brian Jones", à voir ce 18 février à 22h30 sur Arte.
Il fut le premier ange (blond) déchu du rock. En disparaissant à 27 ans, noyé dans sa piscine le 3 juillet 1969, Lewis Brian Hopkins Jones, dit Brian Jones, inaugurait la liste macabre des étoiles filantes du rock : Jimi Hendrix, Janis Joplin, Jim Morrison, Kurt Cobain, Amy Winehouse..., tous décimés au même âge par un mode de vie trop toxique. Pour ce natif de la station thermale anglaise de Cheltenham, coincé entre un père ingénieur et une mère prof de piano, l’adolescence annonçait toutes les transgressions à venir. Il délaisse l’école pour se consacrer au jazz et au blues, devient père par deux fois à 15 ans. Monté très tôt à Londres, celui qui compte parmi les premiers joueurs de slide guitar du Royaume-Uni ne tarde pas à s’intégrer dans le Swinging London. Il recrute des débutants nommés Mick Jagger, Keith Richards ou Charlie Watts, choisit le nom "Rolling Stones", définit le son garage et blues, et inspire le côté mauvais garçon du groupe. Mais doté d’un tempérament timide, peu sûr de lui, Brian Jones est peu à peu écrasé par la puissance créatrice du binôme Jagger/Richards. Chronique d’une disparition annoncée... Trop fragile, trop romantique et instable, cet esthète chic et décadent n’était pas de taille pour le grand "rock’n’roll circus" qu’il avait contribué à faire émerger. "L’âme des Stones", comme le dit le bassiste Bill Wyman, en est devenu le fantôme blafard et encombrant. Sous la caméra de Patrick Boudet, acteurs de l’époque, amis, fins connaisseurs (le photographe Gered Mankowitz, le prince Stash Klossowski, le rockeur Elliott Murphy...) ou encore le propre père de Brian Jones racontent la descente aux enfers, lestée d’une addiction à l’alcool et aux drogues, de celui qui a pourtant illuminé la discographie des Stones de ses intuitions musicales. Le portrait sensible et nuancé d’une personnalité complexe.
Le "Boing Boum Tchak" de Sébastien Ministru : "L’Apocalypse heureuse" de Stéphane Lambert (Arléa). Les grands bouleversements s’opèrent dans la légèreté. Comment oserions-nous sinon les affronter ? Seule l’écriture parvient à dire le chaos d’une enfance. Stéphane Lambert a dix ans lorsqu’un ami de la famille abuse de lui. Tout vole alors en éclats. Au hasard des jours, il se retrouve, trente ans plus tard, dans l’immeuble de son ancien abuseur. De là il remonte le fil de ce qu’on a voulu taire, en mesurant avec quelle force le passé imprégnait sa vie présente. Mais la dévastation peut aussi engendrer la beauté. Dans la solitude d’une île grecque, l’auteur apprend à surmonter ses peurs. Et quand survient la mort du père, c’est un homme serein qui y fait face. Car le temps du livre est celui de l’apaisement. L’apocalypse est heureuse.