Il publie son "Dictionnaire amoureux des Îles", qui marie l'Odyssée et le plus contemporain de notre actualité, Thomas More et les archipels menacés par le réchauffement climatique...
Dès 11h30, retrouvez la « Bagarre dans la Discothèque » avec Gorian Delpâture et Xavier Vanbuggenhout.
Et dès midi :
Les sorties BD de Xavier Vanbuggenhout :
- « Les Croques » (3 tomes) de Léa Mazé (Éditions de la Gouttière)
- « Fleur de Tonnerre » de Jean-Luc Cornette et Jürg, d'après le roman de Jean Teulé (Futuropolis)
- « Mangez-le si vous voulez » de Gelli, d'après le roman de Jean Teulé (Delcourt/Mirages)
L'écrivain, cinéaste et éditeur français Hervé Hamon pour son "Dictionnaire amoureux des Îles" (Plon).
Ce n'est pas parce qu'il a bourlingué, du Groenland à la Polynésie, du Japon au Chili, qu'Hervé Hamon est un collectionneur de cartes postales. Et ce n'est pas parce qu'il aime naviguer que les cocotiers et le sable blanc le fascinent.
L'île, avant l'île, c'est le voyage vers l'île. Avec tous les imaginaires inimaginables. Celui du conquérant, de l'exilé ou du migrant, du naturaliste ou du missionnaire, du négrier ou du pirate, celui du déporté, celui de qui se rêve roi d'un monde pur. Celui qui quitte une île pour une autre.
Les îles ne sont pas des navires à l'ancre mais des montagnes émergées, quand bien même elles ne dépassent que de quelques mètres. Elles sont la plaque sensible de notre monde cerné d'eau, elles racontent nos convoitises, nos guerres, nos croyances, nos espoirs. Elles nous parlent d'écologie et de mondialisation autant que de distinction et de solitude.
Pas étonnant que la littérature s'en soit emparée. Melville aux Marquises, Hugo à Guernesey, Tchékov à Sakhaline, Perec à Ellis Island, Albert Londres à l'île du diable, Soljenitsyne à Solovki, Dumas à If, Césaire ou Glissant à la Martinique, et ainsi de suite. Ce dictionnaire amoureux va de Fred et de Philémon sur le A d'océan Atlantique, à Robinson sur Juan Fernandez (où Defoe, du reste, n'a jamais mis les pieds).
Le coup de cœur de Gorian Delpâture : « Une maison faite d'aube » de N. Scott Momaday (Albin Michel).
« Dans un pays très ancien, que l'on disait éternel, il y avait une maison faite d'aube, de pollen et de pluie. La plaine resplendissait des reflets miroitants des argiles et des sables et les collines alentour étaient multicolores. C'était un pays fort et tranquille. Tout y était beau. »
Ce pays, c'est la réserve indienne du Nouveau-Mexique sur laquelle Abel a grandi, où l'on vit au rythme des saisons en accord avec la terre et les rites ancestraux. Mais le jeune homme est comme prisonnier entre deux mondes et n'y retrouve pas sa place lorsqu'il rentre du front en 1945, dangereusement attiré par la modernité de l'Amérique des villes.
Mêlant philosophie et mysticisme, ce roman résolument pacifiste de la littérature américaine, récompensé en 1969 par le prix Pulitzer, résonne aujourd'hui d'une troublante modernité.