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Fréquence Terre episodes

  • Nicolas Hulot, pour une planète durable à grands pas ?
    durée : 00:58:03 - De cause à effets, le magazine de l'environnement - par : Aurélie Luneau - Héros pour nombre de citoyens qui ont investi les rues après sa démission du gouvernement, il revient en personnage de BD pour diffuser sa parole et ses projets pour la planète. - réalisation : Alexandra Malka - invités : Nicolas Hulot Ancien Ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire (2017-2018); Muriel Douru Diplômée de l’école supérieure des Arts appliqués Duperré de Paris, auteure de nombreux livres, illustratrice et citoyenne engagée

    Vous pouvez retrouver "De Cause à Effet" sur le site de France Culture.
    Écouter cette émission :
    0 min
  • Fondation Danielle Mitterrand : « Il faut changer de cette logique financière qui nie tout ce qui est humain »
    Lutter contre toutes les injustices et défendre les libertés de chacun. Depuis 35 ans, la Fondation France Libertés-Danielle Mitterrand œuvre à la construction d'un monde plus solidaire. De la lutte contre l'apartheid au droit à l'eau pour tous, Danielle Mitterrand a été aux côtés des sans parole, des sans papier, des sans terre, pour refuser l'irréparable.

    Avec Jacqueline Madrelle, vice-présidente de la Fondation Danielle Mitterrand.

    "Une insoumise, une rebelle, qui a toujours résisté à toutes les injustices". C'est le portrait de Danielle Mitterrand que vous nous avez dressé la semaine dernière. Elle s'est engagée dans la lutte pour le droit des peuples. C'est une constante de ses combats. On a évoqué avec vous son action aux côtés des enfants d'Afrique du Sud. Mais il y a eu aussi le Cambodge, le Tibet ou encore le peuple kurde.

    "Pour le Tibet, je me rappelle que Danielle Mitterrand était venue à Bordeaux. A l'époque nous avions accueilli Gao Xingjian, un Chinois, qui n'était pas encore prix Nobel de littérature. On l'avait accueilli au Boulevard des Potes, le lieu de SOS racisme. C'est un peintre, un homme de théâtre. Il avait donné une pièce qui s'appelait "Dialoguer, interloquer". J'avoue que cette pièce était quelque peu hermétique. Et Danielle me dit, "décidemment, je ne comprendrai jamais rien aux Chinois". Elle a accueilli aussi souvent le Dalaï-lama, pour défendre tous ces peuples opprimés. Il y a eu aussi les Kurdes. C'est la "mère" des Kurdes. Quand il y avait eu le massacre d'Halabja (en 1988), on avait recueilli à l'époque des sommes très importantes qui étaient données par des mécènes, des grandes surfaces. On les a amené dans le bureau de Danielle au Trocadéro pour aider à la reconstruction des écoles au Kurdistan. Elle a aussi mis en lumière cette nécessaire lutte contre l'apartheid, avec les accords de Marly-le-Roi avec les responsables de l'ANC. On lui doit beaucoup de choses. Il y a eu le Chiapas, le Tibet, les Kurdes et toute l'Amérique du Sud. Danielle Mitterrand est souvent plus connue à l'étranger que dans son propre pays en France. C'est le paradoxe. Et elle en jouait."
    Le combat pour la reconnaissance du droit à l'eau
    Danielle Mitterrand disait vouloir organiser une alternative à la mondialisation capitaliste. Et elle l'a mise en pratique notamment sur sa défense du droit à l'eau pour tous. Comment ce combat est arrivé ? Pourquoi ce choix ?

    "L'eau pour tous, c'est parce qu'elle participait à beaucoup de forum mondiaux dans lesquels on dénonçait que l'eau ne devait pas être une marchandise. Comme elle a toujours dénoncé les ravages de la dictature économique et financière, l'eau en fait partie. C'est la première, à l'époque, qui a dénoncé avant tout le monde qu'il y avait une contradiction entre le statut économique de l'eau et son statut naturel. A partir de cette contradiction, elle a dit que l'eau ne pouvait pas être considérée comme une marchandise et devait échapper à tout statut économique. L'eau est comme l'air qu'on respire. Elle doit échapper à cette marchandise. D'où après l'élaboration de la charte des porteurs d'eau...
    8 min
  • Qui trompe qui ?
    Mon frère, ce zéro est le titre accrocheur du roman de Colin Thibert paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson et qui, en plus, affiche un bandeau en forme de question qui interpelle d’emblée le lecteur : « Qui trompe qui ? »

    Oui, qui trompe qui, au juste ? Colin Thibert, entre autres spécialisé dans la Série noire, explique qu’Antoine Percier, autoproclamé expert en toilettes sèches, le nec plus ultra écologique en ce domaine, casquette vissée sur le crâne, un gars pas très gâté par la nature avec ses dents pourries et son bégaiement, est convaincu d’une chose dans son existence passablement chahutée : son pote Canard, Sylvain Canard de son vrai nom, est sur un coup de plusieurs millions d’euros.

    Il tente même de convaincre Jean-Jacques, le viking blond, grand, baraqué, autre membre du trio, mais celui-ci n’est pas du tout enclin à braquer une banque, un fourgon blindé, un commerce de produits de luxe, genre bijouterie.

    Alors, Canard, tatoué, percing, crâne rasé, l’œil perpétuellement aux aguets, explique posément en enfilant les cannettes de bière, que Thibault Dastry, un milliardaire, patron de journaux, de stations de radio et de télévision, a un frère, Julien.

    Jusqu’ici, rien de bien spécial dans la trame du polar, je vous l’accorde, mais, le lecteur doit savoir que le magnat de la presse cache soigneusement son parent à raison de 7.580 euros par mois dans un asile, car le pauvre est « taré » et que cela ferait mauvais genre que la planète entière l’apprenne.

    Alors, le plan de Canard est de révéler au monde entier cette situation, tout bonnement. Enfin, c’est ce qu’il croit.

    Voilà. Vous en connaissez déjà assez sur ce qui vous attend dans ce roman qui, vraiment, sort de l’ordinaire.

    Allez ! Un tout dernier indice : Thibault Dastry avait magouillé avec des banques monégasques pour rebondir dans des paradis fiscaux et davantage éluder le fisc et, surtout, qu’à un moment donné, il dut choisir entre son frère et ses secrets bancaires.

     
    3 min
  • Qui trompe qui ?
    Mon frère, ce zéro est le titre accrocheur du roman de Colin Thibert paru aux Éditions Héloïse d’Ormesson et qui, en plus, affiche un bandeau en forme de question qui interpelle d’emblée le lecteur : « Qui trompe qui ? »

    Oui, qui trompe qui, au juste ? Colin Thibert, entre autres spécialisé dans la Série noire, explique qu’Antoine Percier, autoproclamé expert en toilettes sèches, le nec plus ultra écologique en ce domaine, casquette vissée sur le crâne, un gars pas très gâté par la nature avec ses dents pourries et son bégaiement, est convaincu d’une chose dans son existence passablement chahutée : son pote Canard, Sylvain Canard de son vrai nom, est sur un coup de plusieurs millions d’euros.

    Il tente même de convaincre Jean-Jacques, le viking blond, grand, baraqué, autre membre du trio, mais celui-ci n’est pas du tout enclin à braquer une banque, un fourgon blindé, un commerce de produits de luxe, genre bijouterie.

    Alors, Canard, tatoué, percing, crâne rasé, l’œil perpétuellement aux aguets, explique posément en enfilant les cannettes de bière, que Thibault Dastry, un milliardaire, patron de journaux, de stations de radio et de télévision, a un frère, Julien.

    Jusqu’ici, rien de bien spécial dans la trame du polar, je vous l’accorde, mais, le lecteur doit savoir que le magnat de la presse cache soigneusement son parent à raison de 7.580 euros par mois dans un asile, car le pauvre est « taré » et que cela ferait mauvais genre que la planète entière l’apprenne.

    Alors, le plan de Canard est de révéler au monde entier cette situation, tout bonnement. Enfin, c’est ce qu’il croit.

    Voilà. Vous en connaissez déjà assez sur ce qui vous attend dans ce roman qui, vraiment, sort de l’ordinaire.

    Allez ! Un tout dernier indice : Thibault Dastry avait magouillé avec des banques monégasques pour rebondir dans des paradis fiscaux et davantage éluder le fisc et, surtout, qu’à un moment donné, il dut choisir entre son frère et ses secrets bancaires.

     
    3 min
  • François SARANO: Ce que l’approche respectueuse des cachalots nous enseigne
    François SARANO, plongeur et océanographe, étudie depuis plusieurs années un clan de cachalots au large de l’ile Maurice . La parution d’articles scientifiques couronne les résultats d’une méthode originale,  d’une approche respectueuse, permettant de comprendre la société de ces géants des mers. François SARANO, avec sa passion, nous les fait découvrir.

    une interview de D. KRUPKA

    www.longitude181.org
    5 min
  • François SARANO: Ce que l’approche respectueuse des cachalots nous enseigne
    François SARANO, plongeur et océanographe, étudie depuis plusieurs années un clan de cachalots au large de l’ile Maurice . La parution d’articles scientifiques couronne les résultats d’une méthode originale,  d’une approche respectueuse, permettant de comprendre la société de ces géants des mers. François SARANO, avec sa passion, nous les fait découvrir.

    une interview de D. KRUPKA

    www.longitude181.org
    5 min
  • De la détresse à l’espoir
    Eesra (Photo P.Gf)

    Ce n’est pas à un « Curio guide » ordinaire que je vous invite dans cette rubrique, mais à un voyage dans une exposition[1] mais, surtout, dans les rêves d’une jeune fille de 11 ans.

    À l’instigation de l’association « Entendre leurs voix » fondée par l’Union européenne, la parole est donnée à des réfugiés qui ont fui la guerre et espèrent « un avenir meilleur ».

    Tout enfant réfugié rêve d'un avenir meilleur (Photo P.Gf)

    Le témoignage d’Eesra, une jeune syrienne de 11 ans, est touchant et mérite d’être répercuté.

    Eesra fuit la guerre avec sa famille alors qu’elle n’a que 4 ans et elle se retrouve en Jordanie, loin des massacres, des explosions et autres fusillades. On peut la comprendre quand elle dit : « Je suis vraiment heureuse d’avoir déménagé dans un autre pays… Bien que la Syrie soit mon pays et que je l’aimerai toujours. »

    Au fil du temps, Eesra développe sa passion pour le dessin, elle apprend à peindre, participe à des peintures murales de son école en groupe : « Je n’aime pas dessiner toute seule. Ce que j’aime, c’est que nous nous amusions en dessinant et que nous apprenions de nouvelles choses ensemble. Par exemple, l’une de mes amies peut me montrer comment dessiner une fille et je peux lui montrer comment dessiner une maison. De cette manière, nous nous entraidons. Nous devenons comme les doigts d’une seule main. C’est pour cela que j’aime à ce point quand nous nous entraidons. »

    "Entendre leur voix" (Photo P.Gf)

    Eesra rêve de devenir illustratrice professionnelle et en attendant, elle s’adonne à la poésie :

    « Je dessine, je dessine avec mon cœur ouvert à tous les humains – battant avec amour, battant avec tendresse.

    Je dessine, je dessine un jardin béni de tant de fleurs – à chaque fois plus belles.

    Je dessine, je dessine un arbre si vert – dense, haut et élancé.

    Je dessine, je dessine avec toutes les couleurs qui existent.

    Je dessine tous mes rêves – je les dessine avec amour, je les dessine avec paix… »

    Voyage dans une exposition et les consciences (Photo P.Gf)

    [1] Exposition itinérante dans la capitale de l’Europe. Pour notre reportage : Esplanade Spaak-1150 Bruxelles jusqu’au 30 mars 2021.

     
    3 min
  • De la détresse à l’espoir
    Eesra (Photo P.Gf)

    Ce n’est pas à un « Curio guide » ordinaire que je vous invite dans cette rubrique, mais à un voyage dans une exposition[1] mais, surtout, dans les rêves d’une jeune fille de 11 ans.

    À l’instigation de l’association « Entendre leurs voix » fondée par l’Union européenne, la parole est donnée à des réfugiés qui ont fui la guerre et espèrent « un avenir meilleur ».

    Tout enfant réfugié rêve d'un avenir meilleur (Photo P.Gf)

    Le témoignage d’Eesra, une jeune syrienne de 11 ans, est touchant et mérite d’être répercuté.

    Eesra fuit la guerre avec sa famille alors qu’elle n’a que 4 ans et elle se retrouve en Jordanie, loin des massacres, des explosions et autres fusillades. On peut la comprendre quand elle dit : « Je suis vraiment heureuse d’avoir déménagé dans un autre pays… Bien que la Syrie soit mon pays et que je l’aimerai toujours. »

    Au fil du temps, Eesra développe sa passion pour le dessin, elle apprend à peindre, participe à des peintures murales de son école en groupe : « Je n’aime pas dessiner toute seule. Ce que j’aime, c’est que nous nous amusions en dessinant et que nous apprenions de nouvelles choses ensemble. Par exemple, l’une de mes amies peut me montrer comment dessiner une fille et je peux lui montrer comment dessiner une maison. De cette manière, nous nous entraidons. Nous devenons comme les doigts d’une seule main. C’est pour cela que j’aime à ce point quand nous nous entraidons. »

    "Entendre leur voix" (Photo P.Gf)

    Eesra rêve de devenir illustratrice professionnelle et en attendant, elle s’adonne à la poésie :

    « Je dessine, je dessine avec mon cœur ouvert à tous les humains – battant avec amour, battant avec tendresse.

    Je dessine, je dessine un jardin béni de tant de fleurs – à chaque fois plus belles.

    Je dessine, je dessine un arbre si vert – dense, haut et élancé.

    Je dessine, je dessine avec toutes les couleurs qui existent.

    Je dessine tous mes rêves – je les dessine avec amour, je les dessine avec paix… »

    Voyage dans une exposition et les consciences (Photo P.Gf)

    [1] Exposition itinérante dans la capitale de l’Europe. Pour notre reportage : Esplanade Spaak-1150 Bruxelles jusqu’au 30 mars 2021.

     
    3 min
  • Angela Davis : « Je suis optimiste car nous avons généré de nouveaux espoirs »
    Angela Davis d’Éric Fottorino, livre publié en 2020 par Légende (Photo P.Gf), ne peut qu’attirer l’attention en librairie compte tenu de son grand format et des nombreuses photos qui l’illustrent, mais aussi par le sujet consacré à ce célèbre personnage qui reste une icône pour maintes personnes.

    Angela Davis, âgée de 77 ans, militante américaine emblématique des Droits humains, professeure de philosophie à Santa Cruz avec « Histoire de la prise de conscience », continue de défrayer la chronique, non seulement par ses nombreuses publications et apparitions publiques, mais également par son engagement citoyen qui perdure depuis les années 1970.

    À cette époque, elle fut emprisonnée durant près de deux années aux motifs de « meurtre, kidnapping et conspiration » lors d’une action du « Black Panther Party », un mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine.

    Cette arrestation eut un retentissement international et la jeune femme reçut le soutien de personnalités comme Louis Aragon et Jean Prévert et celui de centaines de milliers de manifestants, dont je fus, à travers le monde.

    Après son procès qui se déroula en 1972 où elle fut innocentée, elle poursuivit sans relâche son combat pour la paix, contre le racisme, pour les droits des femmes…

    Si la pandémie au COVID-19 m’empêcha une rencontre prévue l’année dernière avec elle à Bruxelles en « présentiel », comme on dit à présent, après maints contacts et grâce à l’autorisation et l’aimable intervention de Stéphane Decrey du Forum des Droits humains à Genève[1], voici la quintessence d’une « rencontre virtuelle » avec Angela Davis (photo : capture d’écran P.Gf).



    * Jeunesse et ségrégation raciale

    « Le fait d’être entrée dans un mouvement qui désirait transformer l’histoire, est venu de mon enfance en Alabama quand ma mère me disait que la ségrégation raciale n’était pas éthique, que ce n’était pas l’ordre sous lequel nous devions vivre et que nous devions changer cette situation, en somme que nous devions défier le racisme structurel. »

    * Un mouvement collectif

    « J’ai toujours développé la perspective d’une lutte internationale collective pour transformer le monde dans les nombreuses campagnes où je me suis impliquée. Ce fut d’ailleurs une conscience collective qui m’aida à rester en vie et à échapper à la chambre à gaz. »

    * Émergence d’une conscience collective

    « Compte tenu du nombre impressionnant de violences policières à l’égard des Noirs, d’aucuns disent que rien n’a changé. Pour ma part, je constate que de plus en plus de personnes blanches ont rejoint le mouvement antiraciste lors des manifestations ayant lieu suite aux assassinats de George Floyd et d’autres et, ensuite, ma position est que nous devons apprendre à reconnaître nos victoires, même les petites, même si elles n’arrivent pas à transformer les conditions que nous souhaitons changer, nous devons quand même reconnaître que notre activisme radical fait la différence et permet l’émergence d’une conscience collective du caractère institutionnel, systémique et structurel du racisme. »



    * Optimisme

    « Naguère le racisme était traité comme un défaut individuel. Aujourd’hui, je suis optimiste car nous avons généré de nouveaux espoirs.  Partout, dans le monde avec les images des huit dernières minutes de la vie de George Floyd on a reconnu que le lynchage était toujours un phénomène aux États-Unis, que la Justice ne devait pas se réduire à traduire un individu mais un système structurel où des policiers sont fondamentalement entraînés et formés pour exercer la violence. Or, la sécurité des communautés ne peut pas être obtenue par la violence. »

    * Pollution planétaire

    « Le capitalisme a aussi eu pour moteurs l’esclava...
    7 min
  • Angela Davis : « Je suis optimiste car nous avons généré de nouveaux espoirs »
    Angela Davis d’Éric Fottorino, livre publié en 2020 par Légende (Photo P.Gf), ne peut qu’attirer l’attention en librairie compte tenu de son grand format et des nombreuses photos qui l’illustrent, mais aussi par le sujet consacré à ce célèbre personnage qui reste une icône pour maintes personnes.

    Angela Davis, âgée de 77 ans, militante américaine emblématique des Droits humains, professeure de philosophie à Santa Cruz avec « Histoire de la prise de conscience », continue de défrayer la chronique, non seulement par ses nombreuses publications et apparitions publiques, mais également par son engagement citoyen qui perdure depuis les années 1970.

    À cette époque, elle fut emprisonnée durant près de deux années aux motifs de « meurtre, kidnapping et conspiration » lors d’une action du « Black Panther Party », un mouvement révolutionnaire de libération afro-américaine.

    Cette arrestation eut un retentissement international et la jeune femme reçut le soutien de personnalités comme Louis Aragon et Jean Prévert et celui de centaines de milliers de manifestants, dont je fus, à travers le monde.

    Après son procès qui se déroula en 1972 où elle fut innocentée, elle poursuivit sans relâche son combat pour la paix, contre le racisme, pour les droits des femmes…

    Si la pandémie au COVID-19 m’empêcha une rencontre prévue l’année dernière avec elle à Bruxelles en « présentiel », comme on dit à présent, après maints contacts et grâce à l’autorisation et l’aimable intervention de Stéphane Decrey du Forum des Droits humains à Genève[1], voici la quintessence d’une « rencontre virtuelle » avec Angela Davis (photo : capture d’écran P.Gf).



    * Jeunesse et ségrégation raciale

    « Le fait d’être entrée dans un mouvement qui désirait transformer l’histoire, est venu de mon enfance en Alabama quand ma mère me disait que la ségrégation raciale n’était pas éthique, que ce n’était pas l’ordre sous lequel nous devions vivre et que nous devions changer cette situation, en somme que nous devions défier le racisme structurel. »

    * Un mouvement collectif

    « J’ai toujours développé la perspective d’une lutte internationale collective pour transformer le monde dans les nombreuses campagnes où je me suis impliquée. Ce fut d’ailleurs une conscience collective qui m’aida à rester en vie et à échapper à la chambre à gaz. »

    * Émergence d’une conscience collective

    « Compte tenu du nombre impressionnant de violences policières à l’égard des Noirs, d’aucuns disent que rien n’a changé. Pour ma part, je constate que de plus en plus de personnes blanches ont rejoint le mouvement antiraciste lors des manifestations ayant lieu suite aux assassinats de George Floyd et d’autres et, ensuite, ma position est que nous devons apprendre à reconnaître nos victoires, même les petites, même si elles n’arrivent pas à transformer les conditions que nous souhaitons changer, nous devons quand même reconnaître que notre activisme radical fait la différence et permet l’émergence d’une conscience collective du caractère institutionnel, systémique et structurel du racisme. »



    * Optimisme

    « Naguère le racisme était traité comme un défaut individuel. Aujourd’hui, je suis optimiste car nous avons généré de nouveaux espoirs.  Partout, dans le monde avec les images des huit dernières minutes de la vie de George Floyd on a reconnu que le lynchage était toujours un phénomène aux États-Unis, que la Justice ne devait pas se réduire à traduire un individu mais un système structurel où des policiers sont fondamentalement entraînés et formés pour exercer la violence. Or, la sécurité des communautés ne peut pas être obtenue par la violence. »

    * Pollution planétaire

    « Le capitalisme a aussi eu pour moteurs l’esclava...
    7 min

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