Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • 1975 : l'émission "Apostrophes" sur Antenne 2
    Nous sommes le 10 janvier 1975. Happy Day pour Bernard Pivot. Il quitte son émission Ouvrez les guillemets pour lancer un nouveau magazine sur la 2e chaîne, Antenne 2. 

    Apostrophes, c'est le titre, va durer longtemps, très, très longtemps...

    C'est une émission littéraire diffusée en soirée, et que Pivot définit comme "un magazine d'idées à partir des livres".

    Son générique est, lui aussi, de haut vol. C'est le concerto numéro 1 en fa mineur de Rachmaninov...

    Apostrophes ! Ce nom, il l'a trouvé presque par accident. Quelques mois plus tôt, lors d'un enregistrement, son invitée Françoise Giroud lui lance : "Mais monsieur, vous m'avez apostrophée !" Pivot sourit. Apostrophe. Un terme d'imprimerie, on reste dans les livres. Et puis c'est un échange vif, parfois tendu. Exactement ce qu'il a en tête.

    La formule est simple. Trois, quatre, cinq auteurs autour d'une table. Des livres qui viennent de paraître. Et Pivot qui relance, qui provoque, qui met les invités en regard les uns des autres. Pas de cours magistral. Pas de révérence. Les écrivains se coupent la parole, se contredisent, s'énervent parfois.

    La littérature devient vivante. Et c'est très nouveau à la télé !

    Et parfois, c'est un peu épicé, surtout quand on invite Charles Bukowski...

    Le contexte compte aussi. En 1975, Antenne 2 est toute neuve. L'ORTF vient d'éclater, la chaîne cherche sa personnalité. Pivot hérite d'une case en première partie de soirée. À une époque où parler de livres à la télévision, c'est presque improbable. Presque ringard.

    Il ne va pas gâcher ça.

    Et très vite, les éditeurs comprennent. Un auteur chez Pivot un vendredi soir et le lundi matin, les librairies sont dévalisées. On appellera ça l'effet Apostrophes.

    Mais ce soir, personne ne le sait encore. Ni Pivot, ni ses invités, ni les téléspectateurs qui ont allumé leur poste. Apostrophes, ça va durer quinze ans. 724 émissions. Jusqu'au 22 juin 1990.
    3 min
  • 1964 : Johnny Hallyday et "Les Mauvais Garçons"
    Nous sommes le 19 juin 1964.

    Happy Day pour Johnny en studio. Eddy Vartan et lui viennent d'écrire un 45 tours qui va marquer l'année. Deux fois de suite.

    D'abord en super 45 tours. Puis sur un plus grand format...

    Le titre est tout trouvé : "Les Mauvais Garçons".

    Petit rappel. Un super 45 tours, c'est quoi ?

    C'est un disque de 17 cm de diamètre. Entre le 45 tours classique et le 33 tours. Quatre titres. Deux de chaque côté. Un format né dans les années 50 pour proposer plus de musique sans passer au 33 tours complet.

    On revient à notre sujet principal et à notre studio. Le 19 juin 1964, "Les Mauvais Garçons" sort donc sur un super 45 tours Philips.

    Avec trois autres titres. "Ça fait mal" (adaptation de "It Hurts Me"). "Pour moi tu es la seule" (adaptation de "Sweet Loving Mamma"). Et "Mais je reviens" (adaptation de "I'm the Lonely One"). Bref, on fait le compte : 3 adaptations et puis, une chanson originale.

    La chanson est écrite par Ralph Bernet, Johnny Hallyday lui-même, et Eddy Vartan (qui est le frère de Sylvie). Elle est produite par Lee Hallyday.

    "Les Mauvais Garçons" raconte une histoire simple. Celle d'un rebelle. D'un voyou au grand cœur. 

    Objectif : donner une image plus positive des mauvais garçons...

    C'est du Johnny pur jus. Année 1964.

    Et comme on peut s'en douter... 

    Le succès est immédiat. Ce n'est pas un numéro 1, mais on en est pas loin.

    Numéro 3 en France. Numéro 7 chez nous en Belgique. 

    Quatre mois plus tard, le 25 octobre 1964, "Les Mauvais Garçons" ressort. Cette fois sur un 33 tours intitulé "Le Pénitencier".

    En 1965, Johnny l'interprète à l'Olympia. La version live sera incluse dans un medley. 

    Ce fameux album public ne sortira qu'en 2011....
    3 min
  • 1969 : le Woodstock belge à Amougies
    Nous sommes le 24 octobre 1969. Happy Day pour le petit village d'Amougies, près de Tournai. Il accueille aujourd'hui un festival qui va marquer les esprits... mais un peu contre l'avis de la population. Bienvenue au festival d'Amougies. Festival Actuel, pour les intimes.

    Amougies. Hainaut. Quelques centaines d'habitants. Des champs, de la boue, un automne belge bien gris.

    Et soudain, des milliers de jeunes qui débarquent de partout.

    Le bourgmestre, lui, n'a pas eu peur.

    À l'origine, ce festival devait se tenir en France. Mais on est en1969, l'après-mai 68 est encore tendu, et les autorités françaises ne veulent pas de ça. Trop de bruit. Trop de jeunes. Trop de tout.

    Alors le festival traverse la frontière. Et Amougies, sans vraiment l'avoir demandé, devient pendant cinq jours la capitale pop de l'Europe.

    L'affiche est presque irréelle. Yes. Frank Zappa. Soft Machine. Ten Years After. Le free jazz côtoie le rock psychédélique sous le même chapiteau. On n'est pas à Londres, pas à Paris, pas à New York.

    On est dans le Hainaut. Et c'est juste... parfait.

    Ah oui, j'allais oublier un invité d'honneur, Pink Floyd, oui oui oui !

    Et puis, je le disais, il y a Frank Zappa. Il ne vient pas juste saluer. Il improvise, il dirige, il monte sur scène avec plusieurs artistes. Il est partout. Comme s'il avait compris avant tout le monde que ce petit village belge était en train de vivre quelque chose d'unique.

    Woodstock, c'était deux mois plus tôt. Amougies, c'est la version européenne, moins mythifiée, plus arty, plus libre. Un grand laboratoire à ciel ouvert, dans la boue et le vent d'octobre.

    Les habitants d'Amougies, eux, regardent ça avec des yeux ronds.

    Le festival va durer jusqu'au 28 octobre. Cinq jours. Et puis tout le monde repart. Les champs reprennent leur silence. Mais Amougies aura été, le temps d'un automne, un lieu de... révolution.

    Le boulanger a fait son beurre. Bref, tout le monde est content !
    4 min
  • 1972 : comment Earl Hines a participé à la naissance du son numérique au Japon
    Nous sommes le 10 juillet 1972 au Studio 2 Nippon Columbia, à Tokyo.

    Happy Day pour un pianiste de jazz américain en séjour au Japon. Earl a 66 ans. Et il va, l'air de rien, participer à une petite révolution dans l'histoire de la musique.

    Grâce à la marque Denon.

    Earl Hines est une légende du jazz. L'un des pianistes les plus influents de l'histoire. Il a façonné le jeu de piano jazz dans les années 40 et 50.

    Ce jour-là, il enregistre un album solo. Tout se fait en une heure et demie.Toutes les prises sont des premières prises. Jouées en direct. Pas de répétition.

    Mais ce qui est révolutionnaire, ce n'est pas le pianiste. C'est la machine qui enregistre.

    Le DN-023R. Le tout premier enregistreur numérique PCM utilisable en studio.

    Un monstre. 400 kilos. Trois armoires métalliques. Une bobine d'une heure pèse 10 kilos. Et coûte 500 dollars. Soit près de 4 000 euros aujourd'hui.

    Avant 1972, tous les enregistrements se font sur ruban magnétique analogique. Avec ses défauts. Le souffle. La distorsion. Et des variations de vitesse qui font vaciller les notes.

    L'appareil de Denon change tout.

    Il enregistre en numérique (oui déjà !). En convertissant le son en données binaires. 

    Des chiffres qui sont très proches du standard du CD.

    Le résultat ?

    Silence absolu. Plus de souffle de bande entre les morceaux.

    Stabilité parfaite. Pour les ingénieurs de l'époque, c'est un choc acoustique.

    Le premier album commercial au monde issu d'un master numérique sort en janvier 1971. C'est "Something" du saxophoniste de jazz Steve Marcus.

    À partir de 1972, Denon multiplie les enregistrements. Musique classique. Jazz. Avec le logo fièrement affiché sur les pochettes : "PCM Digital Recording". Si vous chinez des vinyles d'occasion et que vous voyez ce logo sur une pochette des années 70, achetez-le. Ce sont souvent des enregistrements d'une clarté exceptionnelle. Même selon les standards d'aujourd'hui.

    Sans les travaux de Denon dans les années 70, le Compact Disc, sorti en 1982, n'aurait probablement pas vu le jour aussi vite....
    5 min
  • “Calmos” : le film scandaleux de Bertrand Blier qui choque la Belgique en 1976
    Nous sommes le 11 février 1976.

    Happy Day dans les salles obscures. Enfin... pas pour tout le monde. Un film débarque en Belgique. Interdit aux moins de 18 ans. Réalisé par Bertrand Blier. Avec Jean Rochefort et Jean-Pierre Marielle. C'est déjà un goût d'évasion en soi !

    Son titre : "Calmos".

    Scandaleux. Antiféministe. Provocateur. Et totalement délirant.

    L'histoire ?

    Paul est gynécologue. Aigri. Par sa vie professionnelle. Par sa vie conjugale. Un jour, il croise Albert dans la rue. Un quidam qui est, lui aussi, lassé des femmes.

    Ils prennent une décision radicale. Faire sécession de la gent féminine. Pour se consacrer à la seule chose qui compte vraiment : la bonne chère.

    Croûtes de fromage. Madiran. Pâté. Et liberté masculine.

    Sauf que la machine s'emballe. Ces messieurs ne veulent pas juste profiter de la compagnie des hommes. Non. Ils veulent quitter définitivement les femmes. Fuir leurs exigences. Leur monde.

    En 1974, Bertrand Blier vient de triompher avec "Les Valseuses". On est en 1975. L'Année Internationale des Femmes. La loi Veil vient d'être votée. Le féminisme est sur toutes les lèvres.

    Blier change de plan. Le sujet est explosif ? Ils en feront la plus féroce bouffonnerie imaginable.

    Ils reprennent toutes les revendications des militantes féministes. Tous les griefs. Tous les slogans. Et ils les appliquent... aux hommes.

    Les hommes deviennent victimes de violence sexuelle. Objets de concupiscence. Sujets de brimades. Rêvant d'une société utopique où ils échapperaient à la domination féminine.

    Le résultat ? Catastrophique.

    La critique, déjà insensible aux "Valseuses", est cette fois vent debout. 

    Les uns crient à l'agression réactionnaire. Les autres à l'étalage licencieux du vice. Le public s'étrangle et boude. Les militantes féministes reçoivent l'œuvre comme un crachat.

    Un échec cuisant, en tout cas à sa sortie… 

    En 2010, Blier dira : "Calmos est la plus grosse connerie de ma vie."

    Mais c'est peut-être aussi la plus belle.

    Blier lui-même expliquera : "Calmos doit être pris comme une farce énorme, écrite avec la plus entière mauvaise foi et qui, par le biais de cette mauvaise foi, débouche sur l'humour." 

    Une fable. Totalement folle. Totalement libre. Et délicieusement provocatrice, sur une musique de Georges Delerue...
    6 min
  • Claude François et Dannemois : la naissance de “La Ferme du bonheur” en 1964
    Nous sommes en mars 1964.

    Happy Day pour Claude François. Il vient d'acheter un moulin à eau du XIIe siècle dans le petit village de Dannemois, dans l'Essonne, à 60 km au sud de Paris. Un endroit paisible. Pour ses jours de repos.

    Quelques semaines plus tard, il interprète une chanson qui prend la clé des champs.

    Coïncidence ? Pas vraiment.  

    Claude François cherche un refuge. Un lieu loin du tourbillon parisien. Loin des studios. Loin des scènes.

    Il découvre l'ancien moulin au bord de l'eau. Entouré de verdure.

    Il l'achète. Et décide d'y installer sa mère et sa sœur. Elles y retrouvent la sérénité de leur vie en Égypte, avant l'exil.

    L'endroit devient rapidement "Le Moulin". Tout court. 

    Claude François le transforme. Il y met ses idées. Son goût pour le décor. 

    Le moulin devient féerique. Un rendez-vous festif du show-biz. Ses amis viennent. Les journalistes aussi. Les photographes immortalisent les soirées.

    Même si, je vous le rappelle, le but premier était d'en faire un refuge familial, une sorte de ferme du bonheur...

    "La Ferme du bonheur" sort quelques semaines après l'achat du moulin.

    Hasard du calendrier. Ou besoin d'exprimer ce qu'il ressent dans ce lieu.

    Les paroles parlent d'un endroit où l'on vit heureux. Loin du bruit. Loin des soucis. Entouré de ceux qu'on aime. Donc AUSSI ses amis.

    L'été venu, il part en tournée. Une tournée qui donnera lieu à un film de Claude Vernick au titre éloquent : "L'été frénétique".

    Contraste total avec le moulin. D'un côté, la fièvre des concerts. De l'autre, la tranquillité de Dannemois.

    Claude François y restera fidèle jusqu'à sa mort en 1978.
    2 min
  • “Nights in White Satin” : comment The Moody Blues ont créé un slow mythique en 1967
    Nous sommes le 10 novembre 1967.

    Happy Day pour The Moody Blues. Ce jour-là sort un 45-tours qui va devenir l'un des slows les plus langoureux de l'histoire du rock. 

    Avec, en guest star, un Mellotron qui imite les cordes.

    Allez, on file dans les draps de satin blanc...

    L'histoire commence l'année précédente, en 1966.

    Justin Hayward, jeune guitariste anonyme, répond à une annonce. Eric Burdon, leader des Animals, cherche un nouveau guitariste. Hayward n'est pas retenu. Mais l'histoire ne s'arrête pas là.

    Les Moody Blues viennent de perdre Denny Laine. Ray Thomas met tous les noms dans un chapeau. Tire au sort.

    Le nom qui sort : Justin Hayward.

    Le hasard. Rien que le hasard.

    Les Moody Blues préparent leur deuxième album. "Days of Future Passed". Un album concept qui raconte en sept chansons la journée d'un homme.

    Et il sera écrit à Mouscron. En Belgique. Un album symphonique….

    Justin Hayward racontera plus tard :

    Entre deux histoires d’amour et sans un sou en poche, je ne possédais que des draps de satin blanc. Un luxe inutile qui a donné son titre à la chanson, avec un double sens délibéré.

    Car oui, "Nights in White Satin" peut être entendu de deux façons. "Nuits en satin blanc". Mais aussi "Chevaliers en satin blanc" — "knights" avec son "k" muet.

    Un clin d'œil qu'on retrouve sur la pochette de l'album : le dessin d'un petit chevalier en bas à gauche.

    Un homme entre deux amours. Marchant sur un fil.

    Et puis, à la fin de la chanson sur l'album, un poème.

    Trois stances nostalgiques sur la fin des choses. Sur l'agonie. Sur les couleurs qui se mélangent.

    Car dans le contexte de l'album, la nuit symbolise la mort. 

    Le succès n'est pas immédiat. Mais progressif.

    Numéro un en France. Hit majeur en Europe. Et lors de sa réédition en 1972, succès aux États-Unis.

    "Nights in White Satin" marque les débuts du rock progressif. Un mélange de mélodie pop et d'arrangements symphoniques.
    3 min
  • Mamy Blue : l’histoire bouleversante derrière le tube de Nicoletta né en 1971
    Nous sommes le 1er février 1971.

    Happy Day pour Spagna. Elle a 15 ans. Elle enregistre la toute première version, en italien, d'un titre qui, quelques mois plus tard, va devenir un succès international en anglais et en français.

    Cette chanson, on la doit à Hubert Giraud. Il l'écrit en décembre 1970. Dans un embouteillage parisien.

    Voici la TOUTE première version de Spagna...

    Quelques mois plus tard, Phil Trim, chanteur des Pop-Tops, l'adapte en anglais. Ils vont à Londres pour l'enregistrer. Elle sort en juin 1971.

    Succès international immédiat.

    Hubert Giraud et le label Barclay se dépêchent. Ils veulent absolument faire enregistrer la version anglaise par un Français, Joël Daydé, pendant l'été. Cela se passe aux Olympic Studios, près de Londres.

    Ensuite, ils confient une version française à Nicoletta.

    C'est celle-là qui deviendra la plus populaire.... en France.

    Nicoletta racontera plus tard l'histoire derrière la chanson.

    Car Mamy ne veut pas dire mamie. Mamy, c'est Mommy. Maman.

    Nicoletta avait 19 ans quand elle a appris la mort de sa mère. Par un télégramme.

    Elle avait raconté cette anecdote à son producteur, le bras droit de Monsieur Barclay. Qui en avait parlé à l'auteur.

    Et la chanson est née de cette douleur, dans un embouteillage parisien.

    Avec le temps, "Mamy Blue" a dépassé son histoire personnelle.

    Le public a cru qu'il s'agissait d'une grand-mère aux yeux bleus. 

    Nicoletta dira plus tard : "Mais c'est pas grave, parce que toutes les mamies françaises, qui ont les yeux bleus, on les appelle Mamy Blue. Avoir une chanson comme ça, qui rentre dans les familles, c'est merveilleux."

    Comble de l'ironie, quelques années plus tard, Dalida reprendra la chanson en italien, sur les paroles écrites à l'origine pour la toute jeune Spagna...
    3 min
  • 1978 : Lino Ventura pris au piège dans "Un papillon sur l'épaule"
    Nous sommes le 3 mai 1978.

    Happy Day en deux temps dans les salles obscures de Belgique. C'est un Lino Ventura au sommet de son art qui porte le dernier film de Jacques Deray.

    "Un papillon sur l'épaule".

    Un homme. Un hôtel. Un cadavre. Et une mallette dont personne ne sait rien.

    L'histoire est celle de Roland Fériaud, homme d'affaires français, arrivé à Barcelone. Il doit y rester une semaine. À peine arrivé à l'hôtel, il découvre un cadavre dans la chambre voisine. Puis il est assommé. Il se réveille dans une clinique psychiatrique presque déserte. Un médecin, joué par Jean Bouise, le questionne avec insistance sur une mallette. Quelle mallette ? Il n'en sait rien.

    Le médecin lui assure qu'aucun meurtre n'a été commis à l'hôtel. Le lendemain, Roland quitte la clinique. Il retrouve sa femme à la gare. Change d'hôtel sans expliquer pourquoi. Et là, tout s'accélère.

    Nouveau cadavre. Coups de téléphone anonymes. Mallette mystérieuse. Enlèvement de sa femme. Règlement de comptes généralisé.

    Roland ne comprend rien. Il est pris dans une machination qui le dépasse.

    "Un papillon sur l'épaule" est l'une des rares tentatives françaises de rivaliser avec le cinéma paranoïaque américain. Jacques Deray s'inspire de Hitchcock. Le choix de Lino Ventura est inattendu. Presque à contre-emploi. Lui, le héros actif et puissant, devient ici un simple quidam ballotté d'un meurtre à un enlèvement.

    Autour de lui, des seconds rôles formidables. Jean Bouise, doucereux et inquiétant. Paul Crauchet et son papillon imaginaire. Nicole Garcia en épouse enlevée. Claudine Auger en femme à l'imperméable.

    Que contient la mallette ? Qui manipule qui ? On ne le saura jamais.

    À sa sortie, le film ne rencontre pas le succès immédiat. Première semaine : septième place du box-office. Mais la semaine suivante, retournement. Le film monte à la deuxième place. Il cumulera 218 mille entrées. Le bouche-à-oreille a fonctionné.

    "Un papillon sur l'épaule", c'est Lino Ventura à double-tour. C’est Barcelone transformée en espace étouffant... C’est aussi une musique inquiétante signée Claude Bolling.
    4 min
  • 1966 : Eddy Wally et "Chérie"
    Nous sommes le 26 juillet 1966.

    Happy Day pour un chanteur de charme venu de Zelzate. À 34 ans, il va inscrire une chanson et un mot en français dans l'inconscient collectif de toute la Flandre. C'est peut-être même le premier grand tube de la chanson flamande contemporaine.

    Un mot. Un refrain. Et un costume paillettes. Nom de code : "Chérie".

    Eddy Wally est déjà très connu en Flandres. Mais là, on va passer un cap !

    La musique irrigue la famille d’Eddy depuis la nuit des temps. Son père, ouvrier dans une usine de goudron, joue aussi de l'accordéon. Il insiste pour qu'Eddy s'intéresse à la musique. Mais il meurt jeune.

    Eduard Van De Walle (c'est son vrai nom) arrête ses études. Il travaille dans une usine textile. Pendant les pauses, il joue de la guitare et il chante.

    Il se marie en 1956. Devient père en 1957. Quitte son emploi. Travaille dans la maroquinerie avec sa belle-mère.

    En 1959, retour du refoulé : il s'achète un accordéon. Et commence à jouer dans les cafés.

    Premier disque en 1964 : "Oh Gitana". Premier album en 1965 : "Ma Bella". Avec l'argent gagné, il fait construire un café-dancing à Ertvelde. D'abord appelé Eddy Wally's Texas Bar, il va devenir une institution : le Paris-Las Vegas.

    En juillet 1966, tout bascule. La chanson "Chérie" sort en single. 

    Bien que la chanson soit en néerlandais, son refrain "Chérie, chérie, dans met mij de tango d'amoré" lui donne une dimension internationale

    Le succès est phénoménal. Oui oui, double disque de platine.

    Eddy Wally devient une star. Pas seulement en Flandre. Mais partout dans le monde.

    Sur scène, Eddy Wally porte des costumes étincelants. Brillants. Chers. Un style kitsch assumé. À tel point que sa garde-robe extravagante sera acquise en 2004 par le musée de la mode à Hasselt. 115 habits faits sur mesure. Chacun évalué à 5 000 euros.

    "Chérie" restera la chanson signature d'Eddy Wally pendant toute sa carrière. 

    Elle sera rééditée. Et même remixée !

    Eddy Wally quittera la scène et rejoindra les étoiles en 2016... en disant, peut-être... "Chérie, chérie, dans met mij de tango d'amoré"
    3 min

About Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…