Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

By Nostalgie+Music
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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • 1966 : Minimax concurrence Salut les Copains sur Radio Luxembourg
    Face à Europe 1, RTL n'a pas la cote auprès des jeunes. Donc Président Rosko est attendue comme le messie. Le Hit Parade change de nom et devient Minimax, émission diffusée de 16 à 18 heures, dans un format dynamique et assez novateur. C'est un hit-parade avec un minimum de paroles, entrecoupé de nombreux jingles. C'est à ce moment-là qu'on commence à entendre à la radio "minimum de bla-bla, maximum de musique", qu'on entend toujours...

    Rosko apporte ainsi un style DJ américain, très rythmé, influencé par les stars de l'époque comme Wolfman Jack, avec un ton provocateur et une énergie complètement dingue. En studio, il est assisté de Sam Bernett, dans ce qui est le tout premier studio automatique de RTL.

    Rosko va jusqu'à fabriquer lui-même certains jingles.

    Et c'est bingo. L'émission réussit à attirer un public plus jeune, ce qui redynamise RTL qui peinait face à la popularité d’Europe 1. Minimax va pourtant durer moins de temps qu'on l'espérait, puisque l'émission s'arrête (accrochez-vous) en mai 1968.

    Après son passage sur RTL, il rejoindra BBC Radio 1. Dans les années 1980, il animera aussi des émissions spéciales sur la RTB en Belgique...

    Rosko marquera durablement l’histoire de la radio française par son style et son influence sur les programmations futures. On dit de lui qu'il est peut-être l'un de pères de la radio musicale en France et en Belgique.
    3 min
  • 1970 : "L'aveu" de Costa-Gavras au cinéma
    Le sujet est grave. C'est un drame politique franco-italien basé sur un récit autobiographique. Celui d'Artur London, un haut responsable du régime communiste tchécoslovaque accusé à tort d'espionnage. Le personnage principal est interprété avec intensité par.... Yves Montand.

    L'histoire se déroule en janvier 1951 à Prague, où London, après avoir été enlevé, est soumis à la torture psychologique et physique. Contraint, il finit par avouer des crimes qu'il n'a pas commis sous la pression. Le film dénonce puissamment les pratiques staliniennes d'exaction et de manipulation au sein des régimes communistes d'Europe de l'Est, en insistant sur la destruction morale des accusés et les procès politiques truqués.

    Le réalisateur Costa-Gavras choisit Yves Montand, qui a été lui-même proche du Parti communiste dans sa jeunesse, pour incarner Artur London. Le film est considéré comme anti-stalinien, mais pas vraiment anti-communiste.

    Yves Montand est la figure parfaite de l'homme brisé, traqué dans une atmosphère anxiogène. Le film est long, très long : 140 minutes.

    Aux côtés d'Yves Montand, un autre monument, Simone Signoret...

    Montand est déjà une énorme vedette chez nous en Belgique. Ce film puissant et engagé va marquer les esprits. Il reste un classique du cinéma politique européen par sa façon radicale de raconter le poids du système stalinien sur les hommes et les esprits en 1970.

    Et tout ça sur une musique, splendide, signée... Giovanni Fusco
    3 min
  • 1967-1968 : Bonnie & Clyde réunissent Gainsbourg et BB
    Ce film américain raconte l'épopée d'un célèbre couple de braqueurs-criminels du gang Barrow, quelque part dans les années 30.

    À l'affiche de Bonnie et Clyde, un duo de légende, Warren Beatty et Faye Dunaway....

    En 1967, Serge Gainsbourg entame une relation artistique, mais surtout amoureuse avec Brigitte Bardot, pour qui il se met composer. Premier essai : Bonnie et Clyde.

    Serge Gainsbourg puise son inspiration directement du film, mais aussi du poème « The Trail’s End », rédigé par Bonnie Parker alors qu’elle savait sa fin proche. Bardot, passionnée par le projet, se laisse convaincre. Elle encourage même Gainsbourg à écrire ce titre malgré leur relation artistico-sentimentale.

    La voix de Brigitte est fabuleuse, mais sait-elle chanter ? Rien n'est moins sûr. Gainsbourg opte donc pour une narration parlé-chanté, en reprenant la première strophe du poème de Bonnie Parker, installant une ambiance fatale... et terriblement sensuelle... Et ça commence comme ça...

    L’arrangement musical pop psychédélique accentue la tension du récit. C'est du Gainsbourg amoureux pur jus. La voix de Bardot apporte une douceur contrastant avec la gravité de l'histoire. Le succès est immédiat. Cette chanson, c'est comme un film. D'ailleurs, le titre reste, aujourd’hui, l’une des pièces maîtresses du répertoire français, tant elle souligne l’audace littéraire et la parfaite maîtrise syntaxique de Serge Gainsbourg.

    Le couple est très demandé. Gainsbourg et Bardot vont même chanter sur scène, costumés et armés, mimant la complicité dangereuse du véritable couple légendaire...

    En France, le 45 tours entre dans le classement la deuxième semaine de février 1968. Chez nous, en Belgique, au même moment, le single se classe durant huit semaines et fera partie des meilleures ventes de l'année... Il portera l'album Initials BB, qui sortira en juin 1968...
    4 min
  • 1979 : Ottawan cartonne avec "D.I.S.C.O." – Le tube disco français qui a conquis l’Europe
    Nous sommes en novembre 1979. Happy Day un groupe français dont le premier single va connaître un succès presque invraisemblable. C'est un titre disco écrit et composé par Daniel Vangarde et Jean Kluger. Pour l'interpréter, ils font appel au groupe Ottawan, qui est totalement inconnu. La chanson est enregistrée pour l'occasion en français et en anglais. Tant qu'à faire, selon les pays, on met la version anglaise en face A ou en face B.

    Ottawan, c'est évidemment une référence à la ville canadienne. Mais c'est surtout l'union de 2 artistes. D'un côté, Patrick Jean-Baptiste. Né Guadeloupe, il chante dans les églises. Puis il part travailler pour Air France à Paris. C'est là qu'il forme un groupe appelé Black Underground et qu'il rencontre le producteur Daniel Vangarde.

    Je disais donc RENCONTRE. Notre Patrick Jean-Baptiste est rejoint par Annette Etilce, qui est non seulement chanteuse, mais aussi danseuse. Ensemble, ils forment le groupe Ottawan. Parrticularité du duo : son look, qui n'a finalement rien de super original en pleine période de transition disco-funk : une combinaison à paillettes vert fluo et des plumes de perroquets.

    Dès les premières notes, on entend qu'on peut entrer dans la danse... Cette chanson, vous la connaissez par cœur, c'est "D.I.S.C.O.". Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que chaque lettre du mot "DISCO" est utilisée pour décrire une fille Que ce soit en français... ou en version originale... de toute façon, c'est la même crèmerie... C'est juste qu'on dit alors "D AIE S CI O".... L'air de rien, cette version anglaise va rapidement trouver son public et s'exporter. Numéro 1 chez nous. Numéro 3 en Allemagne. Numéro 5 au Royaume Uni. Tête des ventes en Norvège, aux Pays-Bas. Et double disque d'or : 500 mille exemplaires pour la version française et 500 mille pour la version anglaise. Ottawan n'a pas fait les choses à moitié. Seul regret ? L'Amérique n'a jamais vraiment souri au groupe français, ni New York, ni Québec ni même cette bonne ville d'Ottawa...
    3 min
  • 1974 : “La Petite Maison dans la Prairie”, le feuilleton qui a conquis nos cœurs
    Nous sommes le 30 mars 1974. Happy Day pour les familles américaines. Alors que nous dormons paisiblement en Europe, la chaîne NBC diffuse un téléfilm pilote baptisé "The Little House on the Prairie".

    Cette adaptation - d'une série de romans de Laura Ingalls Wilder - raconte l'histoire d'une famille de pionniers, les Ingalls, des fermiers venus s'installer dans le Minnesota, dans une ville fictive, au 19e siècle.

    A priori, ce n'est pas le genre de sujet qui va intéresser les foyers à une heure de grande écoute. Et pourtant, la famille va créer l'événement. Résultat : le 11 septembre 1974, le téléfilm devient une série et la première saison est diffusée.

    Générique !

    L'acteur principal, Michael London, crève l'écran dans le rôle de Charles Ingalls. Autre vedette rapidement : Melissa Gilbert, qui incarne Laura Ingalls Wilder, l'auteure des romans.

    Ce qui fascine le public américain ? La série raconte un peu son histoire. Elle mêle des épisodes dramatiques et plus légers, autour de solides valeurs familiales, de l’entraide, de l’école, de la foi (aussi) et du courage face aux difficultés de la vie rurale du XIXe siècle.

    Le décor, on l'a compris, est le village fictif de Walnut Grove, même si les extérieurs ont, en réalité, été tournés en Californie.

    Chez nous, il faut attendre décembre 1976 pour que TF1 diffuse, pour la première fois, un épisode de la série en version française.

    Dès son arrivée, la série rencontre un incroyable succès chez nous. Si cette histoire n'est pas la nôtre, ce sont en fait les personnages attachants qui nous fascinent : Charles, Caroline, Laura et Mary Ingalls et puis Nelly Oleson et sa diabolique maman.

    Au bout du compte, "La Petite Maison dans la Prairie" comptera 205 épisodes de 50 minutes, étalés sur 9 saisons et déclinée en plusieurs téléfilms. Après TF1, c'est Télé Luxembourg qui adoptera la famille Ingalls.

    Allez, l'heure est est venue de descendre de la colline dans l'herbe merveilleusement verte, avec Laura et son chien... Fermez les yeux….
    3 min
  • 1965 : “Qui est in, qui est out” — Gainsbourg trouve enfin son public
    Nous sommes en décembre 1965. Un 45 tours va ENFIN offrir à Serge Gainsbourg une petite place au soleil. Jusqu'ici, il n'a pas eu beaucoup de chance avec le succès. Sa période jazz et percussions n'a pas vraiment été reconnue par le public.

    D'ailleurs, quelques mois plus tôt, en février 1965, Barbara propose à Gainsbourg de faire une série de concerts avec elle. Devant l'hostilité du public, il choisit de mettre un terme à cette collaboration. Et cette frustration sera tenace : Serge ne remontera pas sur scène avant 1979.

    Son seul fait d'arme, jusqu'ici, c'est Couleur Café, mais à sa sortie en 1964, c'est très, très loin d'être un succès...

    En 1965, Gainsbourg sent qu'il doit changer quelque chose dans sa manière d'écrire et de composer. Dont acte. Il n'a jamais été très ye-ye, mais il sait qu'il faut évoluer de plus en plus vers un son pop, s’éloigner du jazz et des premiers styles plus sensibles de sa carrière.

    Une chanson va lui permettre de s’adresser au public des yé-yé, dont il critique pourtant à la fois le style et les paroles.

    “Qui est « in » qui est « out »” devrait faire l'affaire. Cette chanson, libérée en décembre 1965, marque une étape importante dans sa carrière, puisqu'il se laisse influencer par la scène franco-anglaise de l’époque.

    Le titre reflète d'ailleurs le regard ironique de Gainsbourg, jouant sur les notions “in” et “out” qui marquent la culture pop et la jeunesse des années 60.

    Le disque est enregistrée à Londres. Et cela s'entend...

    Bingo, le 45 tours est adopté par "Salut les copains" et c'est parti pour la gloire. Cette chanson va d'ailleurs le mener à collaborer avec de grandes figures de l'époque comme la magnifique Brigitte Bardot, à qui il va écrire “Harley Davidson” et “Bonnie and Clyde”.

    Serge Gainsbourg devient alors un auteur-compositeur-interprète incontournable de la pop française. Un peu à part, certes, mais seul capable d’allier provocation, style et mélodie dans l'air du temps. Classique et jazz sont rangés de côté.

    Résultat ? Quelques mois plus tard. Serge Gainsbourg est invité, en avril 1966, à participer à la « photo du siècle » avec quarante-cinq autres vedettes françaises du mouvement yéyé... Bref, la boucle est bouclée...
    4 min
  • 1977 : “Ballade pour Adeline”, le prodige Clayderman est né
    Nous sommes le 14 avril 1977. Happy Day pour Philippe Pagès. Ce jeune pianiste de 23 ans s'empare d'un prénom féminin, qui va changer sa vie et fait sa première télé chez Danielle Gilbert.

    Quelques mois plus tôt, le jeune garçon formé au Conservatoire de Paris effectue une audition parmi 20 autres pianistes pour l’enregistrement d’une ballade composée par Paul de Senneville, déjà à l'origine de plusieurs musiques de film.

    Son toucher délicat et sa technique séduisent immédiatement les producteurs, qui semblent déceler chez ce blondinet impeccable... un immense potentiel.

    Problème : Philippe Pagès, ça sonne très français. Pour faciliter sa carrière internationale, il devient Richard Clayderman.

    Un nom qui n'est pas choisi au hasard. C'est une référence au nom de sa arrière-grand-mère. Et c'est surtout facile à prononcer à Londres et à New York.

    Quelques mois plus tard, le 45 tours est prêt et, dès les premières notes de "Ballade pour Adeline", on comprend qu'on a affaire à une petite bombe...

    Bon, remettons ce piano dans le contexte de l'époque, 1977. Les radios sont dominées par la musique disco, donc rien n'est gagné d'avance. Et c'est précisément ce qui rend son succès d’autant plus remarquable (et singulier).

    Son producteur pense qu’un score de 10 000 exemplaires serait déjà un succès, mais les ventes vont dépasser TOUTES les attentes. Le monde entier s'emballe et, hop, nous voici déjà à 22 millions d'exemplaires !

    La recette ? La simplicité et la pureté de sa mélodie. La ballade suit une structure phrasale classique avec une introduction de deux mesures, un thème principal et une reprise d’octave plus haute. C’est un génie commercial, d'accord, mais du génie !

    Clayderman est prophète en son pays, mais il est surtout invité partout dans le monde... notamment dans des émissions télé aux États-Unis, où il devient une immense star...

    "Ballade pour Adeline" n'est plus une musique, c'est un monument, notamment en Chine où le titre a été omniprésent dans les lieux publics à l’ouverture du pays vers l’Occident.

    Richard Clayderman a souvent exprimé son étonnement face à la carrière que ce morceau lui a offert, avouant qu’il n’avait jamais envisagé une telle destinée. Pour lui, cette composition contient “quelque chose de limpide et d’évident”, une mélodie simple qui (et il a probablement raison) transcende le temps....
    4 min
  • 1975 : Patricia Hearst, la libération qui bouleverse l’Amérique
    Nous sommes en septembre 1975. Happy Day pour Patricia Hearst. Des agents du FBI déguisés / pénètrent dans un appartement à San Francisco. Objectif : la libérer du joug de ses ravisseurs.

    Patricia Hearst, c'est l'héritière du magnat de la presse. Elle est étudiante à Berkeley lorsqu’elle est enlevée le 4 février 1974 par un groupuscule d’extrême gauche, l’Armée de libération symbionaise (ALS).

    L’enlèvement s’est déroulé dans l’appartement qu’elle partageait avec son compagnon Steven Weed. L’ALS cherche d’abord à échanger Patricia contre la libération de prisonniers du groupe. Les autorités refusent. La famille, elle, retient son souffle.

    Oui, Patricia a 20 ans. Elle vivait dans un quartier cossu et sa famille attend son retour. C'est presque un film, mais en 1974, c'est juste la réalité.

    Après un clair refus des autorités, ses ravisseurs exigent que la famille Hearst distribue plusieurs millions de dollars de vivres aux plus démunis de Californie, ce qui entraîne d’immenses distributions chaotiques.

    Les semaines passent et la jeune Patricia apparaît dans des messages audio étranges, diffusés à la presse où elle adopte le discours de ses ravisseurs, critiquant sa propre famille et la société américaine. Elle prend alors le pseudonyme de « Tania » et déclare rejoindre la cause révolutionnaire de l’ALS.

    Patricia participe à un braquage de banque, où elle est aperçue armée. Elle fait alors la Une des médias ; elle sera impliquée dans d’autres exactions de l’ALS sur plusieurs mois. La question centrale demeure : Patricia agit-elle sous la contrainte ou a-t-elle sincèrement rejoint ses ravisseurs ?

    Après la spectaculaire attaque d’un immeuble de Los Angeles par la police, Patricia Hearst reste cachée jusqu’à son arrestation en septembre 1975...

    Son procès passionne le monde entier : elle affirme avoir subi menaces, maltraitances et un enfermement dans un placard pendant 57 jours. Mais voilà, le doute subsiste. Patricia sera reconnue coupable de vol à main armée, condamnée à sept ans de prison, mais libérée après vingt-deux mois grâce à la clémence de Jimmy Carter. Elle sera totalement graciée par Bill Clinton, bien des années plus tard.

    Son histoire a inspiré de nombreux débats, des œuvres de fiction et des analyses, mais aussi une chanson, "You Got Your Baby Back"... en 1976...
    6 min
  • 1979 : Dave, entre musique et cinéma dans “L’Esprit de famille”
    Nous sommes le 28 février 1979. Happy Day pour Dave, il fait aujourd'hui ses premiers pas au cinéma dans un long métrage, où le chanteur joue son propre rôle... Il a également accepté de composer la musique. "L'Esprit de famille" est un film signé Jean-Pierre Blanc.

    Avec quelques mises en abime, dont cette émission télé de jeu, animée par André Torrent, avec Dave pour invité et Michel Serrault qui regarde la télé. C'est succulent !

    L'Esprit de famille, c'est une chronique à la française. Un père médecin généraliste, Michel Serrault. Une mère, artiste à ses heures, Nicole Courcel. Et leurs quatre filles, dont Pauline, 17 ans en Terminale qui rêve de devenir romancière. Pauline vit sa première passion amoureuse avec Pierre, un peintre beaucoup plus âgé qu'elle. Problème : elle apprend qu'il est déjà marié et père d'une fillette…

    Dave n'est pas peu fier. Le 4 mars 1979, il est invité sur Antenne 2 pour parler de cette première expérience de composition pour le cinéma... et de son intérêt pour le 7e art....

    Bon, ne nous emballons pas. Le film va faire un grand plouf. C'est un instantané de la production cinématographique familiale française de la fin des années 1970. Et cela ne vole pas très haut. Un détail se démarque, justement, la musique de Dave. En 1979, le chanteur néerlandais profite de cette nouvelle aura pour dévoiler son côté sombre... Il chante : "La vie qui va pas".
    3 min
  • 1964 : Jean Ferrat et “La Montagne”, l’hymne éternel de l’Ardèche
    Nous sommes le 12 novembre 1964. Happy Day pour un auteur-compositeur-interprète français. Ses chansons à texte (poétiques, parfois engagées), font déjà sa réputation à Paris, loin de sa montagne. Un titre amoureux de l'Ardèche va devenir, au fil du temps, son plus grand succès.

    En 1964, Jean Tenenbaum a 34 ans. Il sort son premier 45 tours en 1958 et son premier 33 tours, "Deux enfants au soleil", en 1961. Il reçoit alors le prix de la SACEM.

    Depuis quelques années, Jean Tenenbaum a changé de nom. En voyant sur une carte de France la ville de Saint-Jean Cap Ferrat, il devient Jean Ferrat. En 1962, il fait la connaissance d'Isabelle Aubret. Une rencontre déterminante, mais surtout le début d'une grande complicité artistique. Notamment pour ce titre, "On ne voit pas le temps passer".

    En 1964, Jean Ferrat achète une maison en très mauvais état à Antraigues-sur-Volane, une très ancienne commune française, située dans l'Ardèche. Durant les travaux de rénovation, il loge dans une auberge tenue par une artiste, du nom d'Hélène Baissade. Elle racontera plus tard que Jean Ferrat a écrit les paroles de "La Montagne" dans cette auberge et qu'il y a même composé la musique sur son piano.

    Cette version des faits sera démentie par le biographe Robert Belleret, qui affirmera plus tard qu'il s'agit d'une légende. Ce qui est certain par contre, c'est que Ferrat est amoureux de la montagne.

    La Montagne, la chanson, exprime la nostalgie l’exode rural, un phénomène qui touche déjà profondément la France à cette époque. Les paysans quittent la campagne pour la ville. Jean Ferrat exprime tout simplement SA douleur.

    L'air de rien, l'artiste vient de signer l'une des premières chansons écologistes de l'histoire, même si Ferrat considérait l’écologie comme la vie des hommes dans leur environnement, plus que la nature seule.

    Et c'est un très, très grand succès, de vente, mais surtout sur scène.

    La montagne, Ferra finira par s'y installer en 1973. Depuis lors, les habitants de la commune d'Antraigues-sur-Volane se sont approprié la montagne en la surnommant « notre chanson ».
    4 min

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