Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70

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Happy Days : Musique et souvenirs des années 60 et 70 episodes

  • Frank Alamo : De "Sweets for My Sweet" à l'icône yéyé des années 60
    1er juillet 1963. Happy Day pour Jean-François, un jeune chanteur français qui a fait ses débuts parmi les Petits Chanteurs à la croix de bois. 

    Il est repéré quelques mois plus tôt par Eddie Barclay lors d'un concours de chant. Sa mission, s’il l’accepte : intégrer la vague yéyé qui déferle au début des années 60. 

    Chez Barclay, on mise sur une reprise de "Sweets for My Sweet" des Drifters...

    Sweets for My Sweet est une chanson écrite par Doc Pomus et Mort Shuman. Elle est enregistrée pour la première fois en 1961 par le groupe américain. C'est un petit succès, mais pas non plus un numéro 1. 

    Deux ans plus tard, l'été venu, deux reprises vont se faire face. 

    D'un côté, les Searchers, un groupe britannique dont c'est le tout premier 45 tours. 

    De l'autre, Jean-François Grandin, pour lequel Eddie Barclay doit trouver un nom de scène. Ce sera Frank Alamo, écrit à l'anglaise, tant qu'à faire. On est en plein ye ye, on peut s'arranger avec à peu près tout. 

    Pour en faire un tube, il faut de nouvelles paroles en français. Elles sont écrites par Vline Buggy. La Parisienne trouve ceci : "Biche, oh ma biche, lorsque tu soulignes au crayon noir tes jolis yeux. Moi, je m'imagine que ce sont deux papillons bleus."

    Frank Alamo ne trouve pas les paroles très modernes. Et pourtant, il se laisse convaincre, il chante "Ma biche"... et, roulement de tambour, c'est un succès. 

    Il n'en fallait pas plus pour plaire aux filles. D'autant plus que le garçon est grand, sportif, a lui aussi de jolis yeux malicieux. Bref, Eddy Barclay a de nouveau trouvé une idole.

    Une idole qui sera pourtant éphémère. Frank Alamo enchaîne les tubes et les tournées pendant 5 ans. 

    Puis… sans prévenir, il part, par un beau matin...

    En 68, il abandonne la chanson pour se consacrer à la photo professionnelle. Il va aussi s'occuper du sauvetage de l'usine de télévision de son père. Car oui, Jean-François Grandin est bien le fils du fondateur de Grandin, une illustre marque française de postes de radio et de téléviseurs. 

    Frank Alamo aura donc été chanteur et sauveur de l’entreprise familiale. C’est beaucoup pour un seul homme. 

    Quant au 1ᵉʳ juillet 1963, il restera le Happy Day de Frank Alamo et d’une chanson qui symbolise l'insouciance et la joie de vivre des années 60.... avec ou sans crayon noir sur les jolis yeux de biche ô sa biche...
    4 min
  • Lucien Van Impe : Le jour où la Belgique a conquis le Tour de France
    Nous sommes le 18 juillet 1976. Happy Day pour la Flandre et pour Belgique. Ambiance festive et fanfare de klaxons. Une victoire va faire rayonner la Royaume sur la scène sportive internationale. Ouverture du journal d'Antenne 2 ce soir-là...

    Van Impe s'appelle en réalité Lucien Van Impe. Il est né le 20 octobre 1946 à Mere en Flandre-Orientale. Son talent ? C'est un grimpeur exceptionnel, malgré sa petite taille. 

    Van Impe roule en professionnel depuis 1969. Durant sa carrière, il participe à quinze Tours de France. Il termine chacun d'entre eux, et se classe neuf fois dans les six premiers. 

    Sa spécialité : la montagne. Il a remporté six fois le Grand Prix de la montagne, un record qui n'est pas donné à tout le monde. 

    D'ailleurs, ce soir, du côté d'Erpe Mere, tout le monde l'attend !

    En 1976, un autre nom entre dans la légende. Cyrille Guimard, jeune directeur sportif débutant, mais déjà visionnaire. C'est un peu lui le sorcier derrière la victoire de Lucien Van Impe. 

    Il faut également préciser qu'en 1976, il y a un grand absent au Tour, notre Eddy Merckx national. Principalement en raison de problèmes de santé et de fatigue accumulée après des années de compétition intensive. 

    Et pour cause, Eddy a remporté le Tour à cinq reprises (1969, 1970, 1971, 1972 et 1974). Il a terminé deuxième en 1975. 

    En 76, son équipe décide de ne pas participer au Tour de France. Lui doit se reposer, il songe même à arrêter sa carrière. 

    La légende belge, jusqu'ici, c'est lui, et c'est Léon Zitrone qui le dit ! 

    Mais revenons au héros du jour, Lucien Van Impe. L'absence du grand Eddy Merckx est une chose, mais la concurrence reste féroce. Lucien a face à lui des coureurs comme Joop Zoetemelk ou Raymond Poulidor.

    Le Tour de France 1976 est vraiment très belge. Le parcours passe par chez nous pendant quatre jours, avec des étapes à Bornem, Leuven, Verviers et Bastogne. Tout au long des 22 étapes, Van Impe montre sa régularité et sa maîtrise en montagne. Il prend le maillot jaune lors de la quinzième étape et ne le lâchera plus jusqu'à l'arrivée sur les Champs-Élysées. Sa vitesse moyenne sur l'ensemble du Tour : 34,518 km/h. Sur la BRT, on célèbre le champion !

    Oui, ce 18 juillet 1976 reste comme le Happy Day de Lucien Van Impe, qui devient ainsi le deuxième Belge à remporter le Tour de France après Eddy Merckx. 

    Et s'il ne ne remporte pas le classement par points, ce n'est pas grave, il y a d'autres Belges sur place. C'est Freddy Maertens qui s'adjugera le maillot vert. Vive la Belgique, leve Belgie, le Royaume va chanter et danser jusqu'au bout de la nuit...
    5 min
  • I Heard It Through the Grapevine : Le succès inattendu de Marvin Gaye
    Nous sommes le 30 octobre 1968. Happy Day pour Marvin Gaye. Il n'a déjà plus grand-chose à prouver. MAIS il va s'autoriser une reprise, qui va connaître un tel succès qu'on la confondra ensuite avec lui. 

    Mais comme toujours, une chanson, ça a plusieurs vies. 

    Écrite par Norman Whitfield et Barrett Strong, elle est enregistrée par Smokey Robinson & The Miracles en 1966. 

    Ça commence ainsi...

    Je disais plusieurs vies. C'est vrai, quelques mois plus tard, Gladys Knight & The Pips s'en empare. Pour se démarquer, il faut trouver une nouvelle introduction et un nouveau rythme, plus rapide. 

    Allez, on démarre !

    La musique est déjà bien imprimée dans la tête des Américains. Mais cela ne suffit pas. Marvin Gaye a envie de s'en emparer, lui aussi. Alors il la réenregistre en février 1967. 

    Problème : sa version est initialement mise de côté par la Motown. Motif : elle est beaucoup trop sombre et introspective pour le public. Gladys Knight l'avait dit !

    Mais mais mais, en octobre 1968, la chanson est finalement publiée (comme si de rien n'était) sur l'album "In the Groove". Marvin Gaye jubile. 

    A-t-elle été réarrangée ? Même pas. Comme au bon vieux temps de Smokey Robinson, l'introduction prend son temps...

    Voilà, "I Heard It Through the Grapevine" va devenir un classique et va tellement bien marcher, que l'album "In the Groove" de Marvin Gaye sera renommé (comme si de rien n'était) "I Heard It Through the Grapevine".

    Il ne faut JAMAIS écouter les producteurs. Car le titre va devenir le single le plus vendu de l'histoire de Motown à cette époque, quatre millions d'exemplaires.

    Ah oui, ça veut dire quoi "I Heard It Through the Grapevine" ? La phrase titre signifie littéralement : "Je l'ai entendu par la vigne". Traduction : c'est la rumeur qui me l'a appris.

    Le 30 octobre 1968 restera pour Marvin Gaye un happy day et une petite revanche sur des producteurs qui la trouvaient larmoyante. 

    "I Heard It Through the Grapevine" sortira de nouveau en 1986 pour une publicité Levis. Et ce sera de nouveau un immense succès. Comme quoi, les chagrins d'amour, c'est parfois bon pour le portefeuille...
    4 min
  • Renault 5 : L'icône française qui a révolutionné la voiture populaire
    Moteur. Nous sommes le 28 janvier 1972. Happy Day pour l'automobile française. Les rues de l'Hexagone s'apprêtent à accueillir une nouvelle étoile. Elle veut changer l'image qu'on se faisait d'une voiture familiale. Son petit nom, c’est Renault ))) R5 pour les intimes. On l'appelle aussi la Supercar.

    L'histoire de la Renault 5 commence quelques années plus tôt, à la fin des années 60. Renault a envie de créer une voiture adaptée aux besoins de la société moderne : elle doit être pratique, économique moderne, et si possible amusante. 

    C'est le designer Michel Boué qui imagine les lignes audacieuses de cette citadine. Malheureusement, il ne verra pas le succès de sa création, car il décède prématurément en 1971.

    Surnommée affectueusement "Supercar", la Renault 5 est présentée au public le 28 janvier 1972. Elle se distingue par ses pare-chocs en plastique et par ses formes arrondies qui lui donnent un air sympathique et dynamique. 

    L'agence de pub de Renault veut créer une relation affective entre le conducteur et sa R5. Alors, en utilisant le dessin, on va l'humaniser. 

    Impossible d’y échapper. La R5 s'affiche dans la rue, avec des yeux à la place des phares, une bouche souriante à la place de la plaque d'immatriculation. 

    Sur Europe 1, RTL et Radio Monte Carlo et bientôt au cinéma, la R5 donne de la voix.

    C'est la première fois qu'une publicité pour une voiture est drôle. Publicis a eu du flair ! La R5 est parfaite pour tout le monde, en ville, sur route et à la campagne. 

    Son intérieur est modulable, ses sièges rabattables. Elle incarne l'esprit des années 70 : liberté, mobilité et modernité. 

    C’est une VRAIE révolution, comme l'explique Hubert d'Artemare. 

    La Renault 5 connaîtra plusieurs vies, dont une carrière sportive avec des versions comme la R5 Alpine et la légendaire R5 Turbo.

    Tout cela renforcera un peu plus l'image de Renault, qui fait briller le savoir-faire français, partout dans le monde. 

    À sa sortie, en 1972, le succès est immédiat. En quelques mois, la Renault 5 devient l'une des voitures les plus vendues en France. Elle séduit également à l'international, notamment en Espagne et même aux États-Unis où elle se fait appeler "Le Car".

    Oui oui oui, le 28 janvier 1972 restera comme le Happy Day de la Renault 5, qui va marquer son époque, jusqu’en 1985. 

    Elle cède alors sa place à la Super cinq, non sans humour. 

    La vieille star s'offre même une dernière publicité et disparaît en sanglotant pour laisser la place à la suivante... sans jamais oublier d’où elle vient et combien de familles elle a transportées, sous le soleil de France...
    5 min
  • Isabelle Aubret : De l'Olympia à l'Eurovision, une ascension semée d'embûches
    Nous sommes le 1er mars 1963. Comme le grand Jacques, Isabelle Aubret a sans doute le trac. C'est un furieux happy day pour la petite fille du Nord. Elle va faire la première partie du spectacle de Jacques Brel à l'Olympia durant une semaine. Rideau !

    Thérèse Coquerelle, c'est son vrai nom, est née à Lille le 27 juillet 1938. Elle est issue d'une famille ouvrière qui compte 11 enfants. 

    Elle-même sera ouvrière et va commencer à travailler à 16 ans. 

    Ce n'est pas dans la chanson, mais dans le sport qu'elle va d'abord se faire un nom. Elle remporte en 1958 le championnat de France de gymnastique. 

    Lorsqu'elle donne ses premières interviews à la radio, tout le monde remarque sa voix. Et c'est CETTE voix qui va lui ouvrir les portes d'un concours de chant à l'Olympia. 

    On y revient. Elle y rencontre le directeur de la salle, Bruno Coquatrix. De fil en aiguille, elle finit par enregistrer son premier 45 tours, « Nous les amoureux ».

    Tout semble aller presque trop bien pour Isabelle Aubret. Mais, tous les bonheurs sont provisoires, c'est bien connu. Michel Legrand lui propose de jouer le premier rôle d'une comédie musicale qu'il va produire, les Parapluies de Cherbourg. Elle accepte, sans réfléchir, mais le destin va... frapper.

    Isabelle est victime d'un accident de la route. C'est très grave. Transportée à l'hôpital, elle se trouve dans un état critique. Le verdict des médecins est pessimiste. Elle ne pourra probablement plus marcher. Alors, Jacques Brel lui rend visite. En quittant la chambre, il lui cède les droits d'une chanson. C'est "La fanette". 

    Il a en falloir du courage et de la détermination. Une dizaine d'opérations. Plusieurs mois de rééducation. À sa sortie d'hôpital, elle boîte encore. Elle s'aide d'une canne pour marcher. 

    "La source", c'est la chanson qu'elle va interpréter à l'Eurovision en 1968, terminera 3e. 5 ans après l'Olympia, la voilà libérée. Enfin, réparée. Elle n'oubliera jamais le cadeau de Brel, fait en ce happy day du 1er mars 1963, celui de monter sur scène, avant de tomber puis... de se relever...

    Son cri d'espoir aura toujours été celui-ci : 

    "Tout ce qui tremble et palpite

    Tout ce qui lutte et se bat

    Tout ce que j'ai cru trop vite

    À jamais perdu pour moi...

    Que c'est beau la vie..."
    5 min
  • Comment la calculatrice de poche est-elle née? Une révolution technologique de 1972
    Nous sommes le 12 octobre 1972. Happy day pour Texas Instrument. L'entreprise va probablement révolutionner notre quotidien avec une invention a priori banale. Elle s'appelle TI-2500 et permet de compter, compter.

    Quoi de plus banal qu'une calculatrice de poche. Sauf que, pour en arriver là, il a fallu très, très longtemps. Pour comprendre l'histoire de la calculatrice électronique de poche, il faut remonter le temps, jusqu'à la Chine antique.

    Il y a des millénaires, naissait le boulier, un instrument ingénieux qui permettait déjà de réaliser des calculs complexes. Au fil des siècles, nous avons eu de plus en plus besoin de calculs précis et rapides. 

    Avec la révolution industrielle, et le commerce, apparaissent les premières machines mécaniques à calculer, comme celles de Blaise Pascal au 17ᵉ, qu'on appelait la Pascaline.

    Puis, il y a eu celle de Charles Babbage au 19ᵉ siècle. Mais ces machines restent encombrantes et réservées à une élite.

    En 1880, la machine à calculer fait son entrée officielle dans les administrations américaines, grâce à un spécialiste des études statistiques.

    Suivant le principe des cartes perforées, la machine permettait d'établir des recensements de population, trois fois plus vite qu'auparavant. Et c'est cette invention qui donnera naissance, un peu plus tard, à l'entreprise IBM.

    Dans les années 1960, les avancées en électronique ouvrent de nouvelles perspectives. En 1967, Texas Instruments développe le premier prototype de calculatrice électronique de poche.

    Niveau miniaturisation, ce n'est pas encore ça. Le patron de Texas Instrument est furieux. On est proche du but, mais on n'y est pas encore.

    En 1970, Sharp s'y essaie, avec la QT-8D. Ses problèmes ? Elle est limitée à 4 opérations arithmétiques de base. Elle mesure 24 cm et pèse 1400 grammes.

    Ouf, 1972 arrive. Le patron de Texas Instrument respire. La première calculatrice de poche vendue chez nous est la TI-2500 Datamath. Elle est commercialisée le 12 octobre 1972. Son prix, 4 850 francs belges. Ce n'est pas donné.

    Au même moment, c'est un autre Américain qui réplique, Hewlett-Packard. Il lance le modèle HP-35, considéré comme la première calculatrice scientifique du monde. L'histoire retiendra ce second modèle qui, malgré son prix de 20 mille francs belges, se vendra à plus de 300 mille exemplaires.

    On ne sait pas quel modèle a été utilisé cette année-là pour compter les liasses de billets dans le bureau du producteur de Roberta Flack. Avec « The First Time Ever I Saw Your Face », elle culmine en tête des ventes durant plusieurs mois... Mais, c'est bien connu, quand on aime, on ne compte pas.

    5 min
  • Permis de conduire en Belgique : retour sur la révolution de 1969
    En ce premier janvier 1969, tout le monde n'est pas Happy. N'empêche, pour les futures auto-écoles, c'est un super happy day. Le permis de conduire devient obligatoire en Belgique. Il l'était déjà depuis 1967, mais la nouveauté, c'est qu'il faut passer un EXAMEN. 

    Allez, on y va ! Avant 67, pas de besoin de permis. On apprenait avec tonton ou avec le vendeur de voiture, qui y trouvait son avantage. Il y avait beaucoup d'infractions, d'approximations et d'accidents, mais c'était un peu l'école du cirque. 

    En 1967, les choses vont changer. Le permis devient obligatoire. Mais mais mais, il est assez simple à obtenir. Il suffit de se rendre à l'administration communale. Et le tour est joué. D'ailleurs, même si c'est une obligation, tout le monde a une bonne raison en 1969 de ne jamais avoir cherché à obtenir son permis de conduire… 

    Depuis le 1ᵉʳ janvier 1969, il faut passer ce qu'on appelle un permis théorique. Il faut connaître le code la route par cœur, qui n'est pas encore très élaboré, mais c'est déjà un premier pas. 

    Pour empocher le gros lot et le papier magique, il faut obtenir 21 points sur 30. C’est pas très compliqué. Cela dit, tout le monde n'est pas content. 

    Madame n'est pas heureuse, mais elle n'a pas le choix. Et elle n'est pas au bout de ses surprises. Car ce permis théorique ne va pas résoudre grand-chose. La courbe des accidents ne baisse pas. Le nombre de voitures en circulation explose. Le gouvernement doit se résoudre à instaurer une double peine. D'un côté un permis théorique, de l'autre, un permis pratique. Ce ne sera tellement pas évident qu'il faudra attendre 1977 pour appliquer une grande réforme du code de la route, votée en 1975. 

    Alors, franchement, en 1969, on est encore plutôt tranquilles...

    Le 1er janvier 1969 est donc perçu comme un happy day ou un jour noir pour l'histoire de la conduite en Belgique. 

    D'ailleurs, comme tout le monde a attendu la dernière minute, dans les grandes villes, la file est longue pour passer l'examen... Et le pire, c'est que tous les jours, l'administration ferme le guichet avant 17h..
    4 min
  • Arno et Paul : les débuts de Tjens Couter avec l’album « who cares »
    Nous sommes fin 1975. Happy Day pour un duo belge de rock qui deviendra plus tard TC Matic. Il publie son premier album, "Who Cares". Depuis 1974, le groupe porte le nom Tjens Couter.

    Tjens fait référence à Arnold Hintjens. 

    Couter fait référence à Paul Decoutere. 

    Arnold, ça ne fait pas très rock. Alors, l'Ostendais décide de raccourcir le prénom et le nom de famille, qui devient Arno Tjens. 

    Paul fait la même chose et devient Paul Couter. 

    Sur ce premier album figure une reprise de Willie Dixon, "Little Red Rooster". Avec un son… disons… particulièrement particulier.

    « Who Cares », c'est un mélange de blues et de rock brut. Ce qui ne veut pas dire grand-chose. On y retrouve la voix d'Arno jeune, mais déjà très en forme. Et tout cela associé aux guitares de Couter. 

    Au fil du temps, cela devient un un album clé dans l'histoire du rock belge. Mais en 1975, il ne connait pas vraiment le succès. 

    Arno ne s'en fiche pas, mais il est assez lucide. Il dira plus tard ceci, traduit de l'ostendais, comme on peut : 

    "Oubliez tout ce que vous avez appris à l'école, contentez-vous de faire les choses simplement. Sans être trop polissé, il faut que ce soit sale et réel. Gras. Ça doit sentir. La sueur et les larmes. Et les moules d'Ostende."

    Que cherche donc Arno en faisant de la musique ? Explications.

    La pochette de "Who Cares" est, elle aussi, avec le temps, devenue culte. Elle est signée Danny Willems. Un personnage important dans sa carrière, puisque le photographe collaborera avec Arno durant 50 ans, ce qui fait en tout et pour tout... 21 pochettes d'album.

    Deux ans plus tard, en 1977, le groupe s’élargit avec l’arrivée de Rudy Cloet (batterie) et Ferre Baelen (basse). L'année suivante sort l’album "Plat du jour". 

    Pour réussir l'intégration des 2 nouveaux membres, ce second album contient, sur sa pochette, une nouvelle mention, T.C. Band. 

    Il faudra attendre 1980 et l'arrivée de Serge Feys au clavier pour devenir TC Matic. 

    Au fond, Tjens Couter aura traversé le temps, dix ans, jusqu'à la séparation du groupe en 1986.

    Fin 1975 reste sans doute un Happy Day pour Arno et pour Paul, avec la sortie de leur premier album. Ils y croient, mais la consécration viendra bien plus tard. 

    Lors d'une exposition à Ostende, il dira : "C’est dangereux pour moi de voir tout ça, car j'ai peur de me confronter à un passé dont je ne me souviens pas."

    Et puis cette dernière citation, qui dit à peu près tout de ce qu'Arno a représenté et représente encore : "J'ai eu une vie fantastique. Si vous faites ce que vous aimez, vous n'aurez jamais à travailler. Gandhi, semble-t-il, a dit cela un jour, mais il me l'a sûrement piqué".
    6 min
  • Les bijoux de la Castafiore : Tintin au cœur d’une aventure unique sans voyages
    Nous sommes le 4 septembre 1962. Hergé publie le vingt et unième album des aventures du plus célèbre reporter à la houppette. 

    "Les Bijoux de la Castafiore", en voilà un titre qui intrigue et promet une aventure hors du commun pour Tintin.

    Cette aventure est d'abord publiée dans le journal Tintin à partir du 4 juillet 1961. Mais cette fois-ci, Tintin prend soin de son bilan carbone. Il n’ira pas au bout du monde. 

    Non, l'action se déroule intégralement au château de Moulinsart, la demeure du capitaine. 

    Le capitaine, un personnage fétiche d'Hergé, comme il l'explique à la RTS...

    Cette situation, à Moulinsart, est une première dans la série. Le voyage cède la place à une intrigue plus intimiste. Tout commence par l'arrivée impromptue de la diva, Bianca Castafiore. 

    Elle met rapidement le château sens dessus dessous. En cause : une mystérieuse affaire de bijoux disparus. 

    Cette histoire s'inspire d'un fait divers survenu en 1960. Le vol des bijoux de l'actrice Sophia Loren lors d’un tournage. 

    "Les Bijoux de la Castafiore" est un album à part dans l'œuvre d'Hergé. Ici, pas de méchants menaçants, pas de courses-poursuites effrénées.

    Hergé joue avec les codes du suspense.

    Les bijoux, c'est aussi l'occasion pour Hergé de critiquer avec humour la presse à sensation. On parle, par exemple, de journalistes avides de scoops qui envahissent Moulinsart. Mais aussi des préjugés, avec le campement des gitans installé près du château, pointant du doigt les jugements hâtifs de la société belge des années 60.

    Pour le psychanalyste Serge Tisseron, "Les Bijoux de la Castafiore" représentent une sorte d'accomplissement dans la carrière d'Hergé, comme si ce 21ᵉ album était... la clé ou la fin de l'énigme. 

    Le 4 septembre 1962 restera comme le Happy Day d'un dessinateur belge, qui a peut-être résolu sa propre énigme, mais vient surtout d'offrir un album riche en humour et en finesse. 

    Et une icône vient de naître, qui sera l’héroïne d’un fabuleux dessin animé, une véritable diva, si belle de se voir, en ce miroir.
    4 min
  • Alain Barrière : Le succès d'un chanteur breton en 1964
    Nous sommes le 1er octobre 1964. Happy Day pour un chanteur breton plutôt réservé. Il va produire un TUBE, un an après avoir participé à l'Eurovision pour la France.

    Concours où il terminera 5e sur 16. Pourtant cette chanson…

    En 1964, Alain Barrière a 29 ans. Il est né à La Trinité-sur-Mer. Son vrai nom, c'est Alain Bellec. Oui, il est bien breton, aucun doute.

    Après des études d'ingénieur aux arts et métiers, il se découvre une passion irrépressible pour la musique.

    En 1961, il participe au concours "Les Relais de la Chanson Française". Là, il se fait remarquer avec un prénom….

    Cathy avec un "C". Ne pas confondre avec Kathy de Marc Aryan, Kathy avec un K. 

     En 1964, sa carrière prend un tournant décisif. Alain Barrière écrit et compose une ballade intime où il se livre sans fard. La chanson évoque les joies et les peines, les espoirs et les regrets qui jalonnent une existence.

    Sa sincérité est désarmante. Il raconte SA VIE.

    Le problème de cette chanson, c'est la durée. 4 minutes 16. Les stations de radio la jugent trop longue pour la diffuser. C'est grâce aux juke-box que "Ma vie" deviendra l'un des singles les plus vendus en 1964.

    La chanson atteint la première place des ventes dès le début du mois d'octobre en France. En Belgique, c'est aussi un succès commercial. Troisième meilleure vente en Wallonie et deuxième en Flandre.

    Il a tout pour être heureux et content, mais un jour, Alain Barrière entend "Rêveries" d'Hervé Vilard. Son sang ne fait qu'un tour.

    Alain Barrière poursuit Hervé Vilard, l'accusant d'avoir plagié sa chanson. Le tribunal en jugera autrement. Dans ses mémoires, Vilard raconte ceci : « J’ai démontré que le chanteur breton à la teinture noire n’avait pas le talent de Schubert ou de Bach, deux compositeurs dont je me suis fortement inspiré. Comme lui d’ailleurs ! ».

    Malgré sa notoriété, Alain Barrière restera toujours un homme assez discret, fidèle à ses racines bretonnes. Sa vie, c'est le bord de la mer, pas vraiment le strass et les paillettes du show-business.

    Il va pourtant, en ce happy day d'octobre 1964, obtenir son plus grand succès et se produire seul, en vedette, à l'Olympia, pour raconter SA VIE….
    4 min

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Happy Days, le podcast 100% années 60 et 70, vous replonge dans les souvenirs marquants de cette époque iconique ! Chaque jour de la semaine, redécouvrez des histoires fascinantes de vos idoles et de…