Improvisations (le podcast)
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Improvisations (le podcast) episodes

  • « Au fond » : pour un coming out du Soi.
    Etty Hillesum raconte, dans son journal, que, quelques jours auparavant, sa mère lui a dit : "Au fond, je suis croyante". Et Etty remarque que cet "Au fond" était de trop, et qu'il faut arriver à acquiescer directement, immédiatement, à ce que dit, ressent, est, cet "au fond" qui est notre tréfonds, notre soi.
    Certaines personnes ont un accès immédiat à ce tréfonds qui est en eux et savent, d'instinct, qui ils sont et ce qu'ils aiment. D'autres ne se rendent pas compte de la coexistence de ces deux êtres en eux. D'autres enfin la découvrent sur le tard. On voit, dans de nombreux livres, contes, films, ces personnages qui, arrivés au bout de leur vie, réalisent soudain, dans une sorte de soupir de l'âme, que, "au fond", ça n'était pas cette vie qu'ils voulaient vivre, et pas cet être qu'ils voulaient incarner. Ils s'en rendent compte alors, établissant pour la première fois, mais trop tard, ce contact avec eux-mêmes.
    On peut parfois être titillé avant. C'est une sorte de malaise de basse intensité, l'impression que quelque chose ne tourne pas aussi rond que ça le pourrait, le sentiment d'un truc qui cloche. On cherche alors à savoir ce qu'il en est, par mille moyens, qui parfois marchent et qui parfois ne marchent pas. On peut écouter, méditer, écrire, parler, se chercher dans le silence ou dans l'action, tout faire pour essayer d'atteindre enfin ce bout de soi enfoui au fond de soi, probablement depuis l'enfance, et qui est resté inhibé, apeuré, cloîtré, on ne sait pas très bien pourquoi.
    C'est long, souvent décourageant, et sans certitude d'arriver. Le Soi a bien du mal à faire son Coming out, à émerger de son engoncement. On croit parfois en apercevoir un bout, on espère pouvoir l'attraper et, hop ! il replonge sous l'on-ne-sait-quoi dont nous sommes fait et qui s'affiche au tout venant.
    Mais faire effort pour arriver un jour à ne plus avoir à dire "Au fond", c'est un chemin qui vaut la peine d'être suivi. Je crois.
    6 min
  • Construire le monde : ici et maintenant
    J'ai retenu, peut-être à tort, de mon éducation, que le monde était une chose très grosse et peu mouvante, dotée d'une forte inertie, et que je ne pouvais rien y changer par moi même, devant forcément passer par des mouvements collectifs, la politique, les forces sociales.
    C'est plutôt le contraire que je pense aujourd'hui. Je crois que le monde est fondamentalement ce que j'en fais, qu'il se structure comme je le pense, qu'il est tel que je le construis dans ma vie quotidienne, ici et maintenant.
    Je ne veux pas seulement dire que mon bonheur, par exemple, qui me fait me croire sur un petit nuage rose, colore le monde en rose. Ce n'est pas seulement non plus que, si je suis triste, je vois les choses en noir. Non. C'est, très véritablement, que mon bonheur éclaire le monde, le rend plus heureux, comme ma tristesse assombrit le monde et le rend plus triste. Nos façons d'être, nos actions, nos sentiments, nos émotions, ne font pas que traduire le monde ou le revêtir d'un voile, elles le construisent, effectivement.
    Non seulement elles le construisent mais elles sont probablement la seule vraie et efficace manière de le construire : c'est en agissant dans mes abords immédiats, auprès de ceux que je côtoie, dans le quotidien, que je peux vraiment faire quelque chose. Je peux bien aussi, ensuite, signer de grandes pétitions pour sauver Alep ou faire interdire l'exploitation de la forêt amazonienne mais c'est ici et maintenant que je peux vraiment agir, directement, sur les choses, les faire évoluer ou les immobiliser, faire. Ici et maintenant, dans mon comportement de tous les jours, dans mes façons d'être, dans mes manières, dans mes mots, dans l'attention que je porte à mes proches, dans tout ce que je fais.
    C'est en agissant ici et maintenant que j'influence le monde. Très faiblement, très petitement mais vraiment. Comme la gravitation, si faible, si imperceptible mais qui agit partout et construit l'univers.
    6 min
  • Peut-on se mettre à la place des autres ?
    L'histoire et les sciences sociales sont fondées sur l'idée qu'on peut se mettre à la place des autres, qu'on peut comprendre leurs motivations et leurs façons d'agir.
    Cela vient notamment du fait que nous partageons, effectivement, avec tous les hommes, certaines émotions, certains sentiments, certaines besoins et contraintes : la peur, la faim, la colère, la compassion, sont partagés et nous pouvons probablement comprendre les individus, les groupes, les peuples, les nations qui sont mus, à un instant donné, par ces grandes passions.
    Mais au delà ? Peut-on vraiment comprendre ce qui motive la personne en face de nous, qui a agi d'une certaine façon ? Nous le croyons, au fond de nous-mêmes. Nous pensons être assez proche de cette personne, assez similaire à elle, pour ressentir ce qu'elle a ressenti, penser ce qu'elle a pensé, être à même de comprendre, par déduction ou intuition, les raisons  de sa conduite. Et c'est du fait de cette croyance que nous pouvons nous-mêmes réagir à son action, la féliciter, la critiquer ou émettre un jugement.
    Mais cette croyance en notre capacité à comprendre l'autre est-elle vraiment fondée ? En fait, ça n'est pas sûr.
    Comme le dit fort justement l'expression, nous croyons pouvoir comprendre l'autre en nous mettant à sa place. Mais c'est nous que nous mettons à sa place. Nous et non lui. Or, s'il y a bien une chose qu'on finit par comprendre avec le temps, c'est que, en dépit de nos nombreux points communs, nous sommes différents les uns des autres. Nous n'avons pas la même sensibilité, la même façon de percevoir les choses, la même façon d'y réagir. Et quand nous nous mettons à la place de quelqu'un, c'est notre façon de voir les choses que nous utilisons, et non la sienne.
    Ce que nous faisons, du coup, c'est plaquer sur cette personne notre propre sensibilité. Et si, comme c'est souvent le cas, c'est un reproche qui pointe derrière notre analyse, et un défaut qui est ainsi désigné, c'est le plus souvent notre propre défaut que nous révélons. A sa place, expliquons-nous en fait, nous aurions agi ainsi, avec pingrerie, paresse, peur, colère. Et c'est parce que nous-mêmes aurions agi ainsi que nous reprochons à notre interlocuteur d'avoir agi ainsi - alors que nous n'en savons, au fond, strictement rien.
    On peut se mettre à place des autres. Mais se mettre à place des autres, ça n'est pas forcément les comprendre.
    8 min
  • Aimer la liberté et les règles : la condition humaine
    Nous aimons, très profondément, la liberté, et cette sorte de liberté supplémentaire, fondamentale qu'est le jaillissement continu et imprévisible du temps. A chaque instant, le monde renaît, riche de toutes ses potentialités, et jamais nous ne pouvons savoir de quoi demain sera fait.
    Nous aimons cette liberté fondamentale et élémentaire qui est comme le sel de la vie parce qu'elle rend chaque instant unique, irrémédiable et précieux.
    Mais nous aimons aussi les règles, les certitudes et les points fixes. C'est pourquoi nous aimons répliquer, au cœur des relations humaines et de toutes les choses inachevées et incertaines qui sont le flux même de nos existences, les quelques rares grandes lois qui paraissent régir le monde : nous voudrions bien que, dans nos relations aux autres et dans l'histoire, existe une sorte de gravitation universelle.
    Nous voulons toujours que, de l'instable et de l'imprévisible, émerge malgré tout du fixe et du sûr, qu'une réponse univoque soit donnée à une question équivoque : M'aimes-tu ou ne m'aimes-tu pas ? Est-ce autorisé ou est-ce interdit ? Est-ce comme ceci ou est-ce comme cela ? Nous devinons bien, au fond de nous mêmes, que la vraie réponse à ces questions n'est jamais simple ou pérenne, et que si une réponse simple peut être donnée à un instant, elle ne saurait, sans mentir, être considérée comme éternelle. Et c'est tant mieux. Car, pour ne parler de l'amour, il ne vaut évidemment qu'en tant qu'il est recréation perpétuelle, renouvellement de chaque instant, promesse de chaque matin.
    Nous le savons, et pourtant nous posons la question et sommes en attente de ces règles, de ces sûretés, de ces assurances, que la réalité du monde ne saurait nous donner. Et nous sommes même prêts, comme l'observait le Grand inquisiteur des Frères Karamazov, à abdiquer, pour un peu d'assurance et de certitude, de cette liberté que nous chérissons tant.
    Nous sommes ainsi ballottés, tout au long de notre existence, entre l'amour de la liberté et celui des règles, et recherchons à tour de rôle la joie de l'inconnu et le plaisir du certain.
    Cet écartèlement est la condition humaine. Et c'est ainsi que les hommes vivent.
    8 min
  • Sales petites habitudes
    Nous bavardions, l'autre jour, avec les enfants, de ces gens qui, quand on leur dit "Bonjour", répondent "Bonsoir", pour signifier que la journée est déjà bien avancée et pour marquer leur maîtrise de la langue française, supérieure à la nôtre.
    Nous nous accordions sur le fait que l'attitude de ces personnes était peu amène, voire franchement désagréable et qu'ils constituaient un exemple à ne pas suivre.
    J'en suis le premier convaincu.
    J'en suis le premier convaincu, et pourtant, je sais qu'il m'arrive d'agir ainsi, qu'il m'arrive, à moi aussi, de répondre, probablement avec une certaine morgue, "Bonsoir" à des gens qui m'ont salué d'un aimable "Bonjour".
    Je pense le faire sans méchanceté particulière mais je le fais. Je le fais alors même que je me mords les lèvres à chaque fois que je le fais, marquant un "punto", comme Lafcadio, dans le recoin secret de mon esprit où se dressent les comptes.
    Il y a, comme ça, plein de sales petites habitudes que j'ai, que je considère comme des défauts ou des attitudes déplacées, que je voudrais chasser mais dont je n'arrive pas à me débarrasser et que je traîne, pendant des jours, des semaines, des années.
    Rien de bien méchant, dans ces habitudes, pour ce que j'en perçois. Rien qui doive me conduire en prison, me désigner à la vindicte ou même susciter une honte profonde. Mais un tas de petits tics, de petits grains de sable qui, à force de nombre, font masse et restent là, me collant à la peau.
    L'aimée, quand on lui fait prendre conscience de quelque chose de ce genre, met quelques jours à s'en débarrasser. Moi, je n'y arrive pas, ou peu, et je traîne ce machin par devers moi, échouant à l'extirper.
    C'est extraordinaire et lassant ce peu de pouvoir qu'on a sur soi-même.
    6 min
  • La bonne conscience
    J'étais hier à vélo - occupation combien propice à la philosophie ! - et traversais le pont Alexandre III. Il y avait devant moi, sur la voie cyclable, un autre cycliste qui s'est arrêté au bout du pont, le feu étant rouge, puis est venu s'interposer entre nous un scooter et son conducteur. Et l'autre cycliste de se tourner alors vers le conducteur de scooter pour, visiblement, lui faire la leçon et le sermonner, lui expliquant que les voies cyclables étaient faites pour les vélos et les cyclistes, non pour les motos, les scooters et leur conducteurs.
    Ce genre d'attitude m'horripile. Mon cycliste aurait-il été gêné par le scooter, j'aurais pu comprendre. Mais tel n'était pas ici le cas : le scooter étant derrière le vélo, il ne le gênait en rien.
    D'un autre côté, je conçois bien que ne critiquer les gens que lorsque leurs faits et gestes nous gênent directement n'est pas forcément non plus une bonne politique et que ce peut être même la grande voie vers la lâcheté.
    L'autre jour, confronté au même genre de choix, j'avais penché vers la solution consistant à dire que, en cas d'hésitation, un bon guide peut être l'inconfort procuré : si j'hésite entre deux attitudes, c'est  celle qui me procure de l'inconfort qui est sans doute la bonne.  Dans ce cas précis, l'application de cette règle conduirait, au rebours de mon impression, à gourmander le conducteur de scooter car c'est évidemment plus inconfortable que se taire.
    Et pourtant, non. Non, parce que même si le cycliste sermonneur avait sans doute fait preuve d'un petit courage en se retournant vers le scooter pour lui faire la leçon, il n'était pas dans l'inconfort. Il avait, au contraire, tellement bonne conscience, il était tellement sûr de son fait, de son bon droit et du fait qu'il incarnait une sorte de justice immanente que le petit inconfort qu'il avait peut-être ressenti était, dans l'action, complètement submergé par le sentiment de bonne conscience et par la sorte d'autosatisfaction que ce sentiment traîne avec lui.
    Et c'est cela qui dominait : le confort intellectuel et moral, qui l'emportait sur tout le reste.
    Ce confort que donne la bonne conscience, probablement mieux vaut-il toujours s'en méfier.
    6 min
  • Laïcité
    Parmi les personnes qui travaillent dans mon entreprise, figure une jeune femme, toujours souriante, toujours prévenante, qui, quand on la croise dans la rue le matin ou le soir, porte un voile.
    Cette jeune femme, avec toutes les qualités que j'ai évoquées, montre à quel point le débat sur les signes religieux arborés en public, le voile ou le burkini, est mal posé parce que visant non pas le voile lui-même mais autre chose, notamment la manière de le porter ou l'environnement dans lequel on le porte.
    Mais c'est autre chose dont je voulais parler : l'attitude de cette jeune femme incarne, d'une certaine façon, à mes yeux, ce que peut être, ce que doit être une conception intelligente de la laïcité.
    La laïcité ne consiste pas à cacher sa religion ou à ne la laisser  s'exposer que dans le cadre domestique. Elle consiste à ne pas l'exposer dans le cadre professionnel, dès lorsqu'on est amené à recevoir des gens, à traiter des affaires avec eux, à être en contact avec eux. Elle s'impose donc non pas au public, mais aux professionnels et aux acteurs des services publics, et cela dans le cadre professionnel, et non au delà.
    Il ne doit s'agir en aucun cas d'interdire le port des voiles, des croix, des kippa, que-sais-je ?, aux hommes et femmes qui se promènent dans la rue, ce qui relève évidemment du libre choix de chacun. Il s'agit d'interdire ce port aux personnes détenant une part de pouvoir ou d'autorité, et cela dans la stricte mesure où ils détiennent cette autorité ou ce pouvoir.
    Et encore : le mot "interdire" ne convient sans doute pas : tout est, dans ce débat, question de délicatesse, de compréhension, de finesse. Il y a la règle, et il y a la façon de l'appliquer, avec discernement et intelligence.
    Et on peut, avec le discernement et l'intelligence, accepter de s'écarter de la lettre des règles dès lorsqu'on en respecte l'esprit.
    5 min
  • Un métier intéressant ?
    Je bavardais hier avec un professeur de mathématiques qui me disait - disait à ma fille, plutôt - qu'il fallait choisir son orientation avec soin car il était important d'exercer un métier qui soit intéressant.
    Puis il s'est tourné vers moi et m'a comme demandé mon assentiment, que je lui ai donné.
    A la réflexion, toutefois, je crois que la question est mal posée. Il y a des métiers attrayants et d'autres qui sont rebutants, des métiers reposants et d'autres qui sont pénibles, des métiers faciles quand d'autres sont plus ardus mais quant à l'intérêt du métier, il dépend entièrement de soi : tout métier est intéressant quand on y met soi-même de l'intérêt, cet intérêt étant fondamentalement assimilable à ce que Simone Weil appelle l'attention, qui est une sorte d'éveil continu, de capacité à déceler partout le neuf et l'inconnu, à distinguer la spécificité intrinsèque de l'instant et de ce qui doit être fait à ce moment-là, qui n'est pas identique à hier. C'est, pour reprendre une formule de Bernard Grasset dont j'ai déjà parlé, savoir "dégager de enchevêtrement des faits et des circonstances la question simple qu'on peut résoudre à cet instant-là."
    Dès lors qu'on perçoit que cette réponse évolue ou peut évoluer à chaque instant et que la bonne réponse d'hier n'est donc pas forcément la bonne réponse d'aujourd'hui, l'attention est maintenue, et donc l'intérêt.
    Inversement, si ce qu'on fait est envahi par la routine, l'habitude, la lassitude ; si chaque seconde, chaque minute, chaque journée, se réduit, parce qu'on le voit ainsi, qu'on le sent ainsi, qu'on le vit ainsi, à une sorte de répétition du moment antérieur, et que le "jaillissement imprévisible du temps" se mue en une litanie, le désintérêt s'installe - et cela quoi que soit le métier qu'on exerce.
    L'intérêt du métier, c'est nous qui le faisons.
    Ça ne vaut d'ailleurs pas seulement pour le métier.
    6 min
  • Savoir qu’on peut se tromper
    J'étais l'autre jour à vélo boulevard  Saint-Germain quand, au niveau de l'église, un piéton s'est mis à traverser sans rime ni raison, ne faisant attention à rien et obligeant chacun à freiner et à se détourner pour l'éviter.
    Au milieu de cela, il affichait un grand sourire et semblait sûr de son bon droit.
    Quant à moi, je sais que cela m'arrive souvent : je fais quelque chose en étant certain de le faire à juste titre et je me rends compte, quelques secondes ou quelques minutes plus tard que, pas du tout !, j'étais dans l'erreur la plus complète et faisais quelque chose que je n'aurais pas dû faire.
    Bien que j'essaie de me corriger, il m'est encore fréquent de commettre ce genre de bévue, et je pense ne pas être le seul dans ce cas : on croit fermement agir à raison mais, en fait, c'est à tort qu'on agit. Parce qu'on a agi en pensant à autre chose, parce qu'on s'est comporté en fonction d'un souvenir, sur le coup d'une émotion qui a faussé le jugement, en tout état de cause en ne considérant pas absolument les choses telles qu'elles étaient et sont mais telles que les idées ou sentiments que nous avons en tête nous les faisaient voir. Et du coup, nous nous sommes retrouvés à côté de la plaque.
    Il ne s'agit pas ici de faire repentance. Mais simplement de conserver, quoi qu'on fasse, une petite place pour le doute et l'humilité. Non pas la grande humilité des sages et des saints mais la petite et quotidienne humilité qui, à chaque instant, nous fait agir en gardant à l'esprit que ce que nous croyons être le vrai est peut-être le faux, que ce que nous croyons être évident est peut-être une illusion, et que notre affirmation doit donc être délicate et légère. La petite humilité qui nous dit, doucement, à l'oreille : "Peut-être te trompes-tu" - et qu'il faut apprendre à gérer en même temps que sa confiance en soi - ce qui est une gageure...
    Ça n'est pas la grande humilité des sages et des saints mais à tout, il faut un début.
    6 min
  • Faute de confiance en ma méfiance, la confiance n’arrive pas à naître
    J'étais hier dans un supermarché quand, comme cela m'arrive souvent, une femme s'est approchée de moi pour me demander de l'argent. Elle n'en avait pas assez pour acheter ce dont elle avait besoin et portait dans ses bras un paquet de couches-culottes.
    Je lui ai immédiatement donné quelques euros mais elle est revenue à la charge, me demandant si je ne pouvais pas lui en donner plus, ce que j'ai fait.
    Elle m'a nouveau demandé si je ne pouvais lui en donner plus encore, et j'ai répondu par la négative.
    Ce genre de situation me met mal à l'aise, et il en va de même de ma réaction, qui traduit une incertitude que je n'arrive pas à dépasser. Car je commence à donner, agissant comme si j'étais confiant, puis vient un moment où la méfiance et où la crainte qu'on ne se moque de moi, qu'on n'abuse de ma gentillesse, l'emporte.
    Mais mon attitude, du coup, n'est pas rationnelle. Si j'ai peur que la personne en face de moi ne cherche qu'à m'exploiter, c'est dès le début que je devrais refuser. Et si au contraire je la crois, c'est tout mon porte-monnaie que je devrais lui verser dans les mains, à l'exception des sommes dont j'ai moi-même besoin.
    Mais je reste dans le mi-chemin, dans un geste qui commence et ne se termine pas, gardant vers devers moi une impression de malaise.
    A la réflexion, je pense que c'est parce que je ne fais pas suffisamment confiance à ma méfiance qu'une vraie confiance n'arrive pas à naître. Et c'est cela que je dois apprendre à développer et à maîtriser : avoir plus confiance en ce que je ressens, en la première impression que j'aie -  qui hier n'était pas positive. Et une fois sûr de moi, agir en conséquence.
    Et apprendre à développer cela tout en conservant, en même temps, une certaine humilité parce qu'on peut toujours se tromper.
    6 min

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Foin des préparations et des textes pensés ! Voici des mots cueillis aux lèvres.