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14 janvier 2011. À l’âge de 12 ans, Saïf est tiraillé entre sa mère et sa grand-mère. L’une est féministe et hostile au régime, alors que l’autre préfère son maintien. Le jour de la fuite de Ben Ali, il* accompagne sa mère - malgré lui - sur l’Avenue. Jusqu’au lendemain matin, il y vivra une expérience qui le marquera à vie. Saïf apporte au récit du 14 janvier son regard d’enfant. Avec beaucoup d'autodérision, de légèreté et une tendresse sous-jacente au sarcasme, Saïf raconte son rapport à la fois tendu et touchant avec sa mère qui, au final, lui aura appris le sens du mot “liberté”.
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14 janvier 2011. Alaeddine Slim, producteur et réalisateur de films, descend sur l’Avenue manifester, il ne rentrera chez lui que le lendemain, après une nuit chargée de bouleversements impensables pour lui et les personnes qui se sont réfugiées dans les locaux d’Exit Production. Ala raconte comment son bureau s’est transformé en refuge pour 57 personnes et comment certain·es d'entre elles et eux se sont retrouvé·es en pleine nuit dans le parking du ministère de l’Intérieur, qui faisait alors office de centre d’arrestation de fortune.
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14 janvier 2011. Malek est sur l’avenue Habib Bourguiba mais n’a aucune idée de ce qui s’y passe. Il est enfermé depuis quelques jours dans les geôles du ministère de l’Intérieur. Le jeune étudiant, opposant au régime de Ben Ali, a passé huit jours entre le sous-sol et le 3ème étage, où se déroulent les interrogatoires et se pratique la torture. Malek décrit les caves du ministère, la violence policière et la notion du temps qui se perd. Il voit des dizaines de manifestants arrêtés, frappés et entreposés comme du bétail, mais entend aussi la panique des policiers, des altercations, des détonations. Le 18 janvier, il est enfin libéré et découvre dehors un pays transformé.
14 janvier 2011. Haikel Hazgui - ou "Nash", comme l'appellent ses ami·es - fuit l'autorité familiale pour affronter celle du régime de Ben Ali. Entre Jebeniana, sa ville natale, et Tunis, il suit les mouvements de révolte de près. Dans cet épisode, Nash raconte les "batailles oubliées", comme celle de Jean Jaurès, à quelques mètres de l'Avenue Habib Bourguiba. De retour à Jebeniana, il assiste aussi à une expérience inédite d'autogestion et de démocratie participative, venue combler le vide politique, après la chute du pouvoir.
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Rabeb Srairi a été révélée au grand public par la série "Nouba". Janvier 2011, elle commence à travailler à la radio Shems FM, alors détenue par la fille de Ben Ali. Pendant les jours qui suivent, elle apprendra ce qu'est réellement le métier de journaliste en couvrant ce qui sera l'un des événements les plus marquants de l'histoire contemporaine de la Tunisie. Après la manifestation du 14 janvier, dans les locaux de la radio, comme au Palais de Carthage, la transformation s'opère. Rabeb revient sur cette expérience qui a changé sa vision des choses et sa vie, que ce soit professionnelle ou amoureuse.
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13 mai 2020. Oussema, l’ingénieur son d’inkyfada, achève les derniers détails du cinquième épisode de la série. Là, entre deux réglages, il commence à raconter son 14 janvier. Les manifestations qui ont précédé, la conscience du danger, l’adrénaline de la lutte ou la solidarité entre les camarades, tout converge contre un seul ennemi : la Police, bras armé d’un système déjà fragilisé. Tunis se transforme alors en un champ de bataille, avec ses butins de guerre, ses tranchées, ses replis, ses victoires, ses blessures et ses victimes. Oussema se prête finalement au jeu et se retrouve à monter, habiller et mixer son propre récit.
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14 janvier 2011. Bakhta El Cadhi, syndicaliste et militante féministe, descend manifester avec sa fille Haïfa Jmour, comme des milliers d'autres. Au moment où les violences policières éclatent, elles sont séparées et se réfugient chacune dans un appartement, à quelques dizaines de mètres l'une de l'autre. Mais leurs expériences seront sensiblement différentes. Derrière les portes des appartements du centre-ville, des moments paisibles ou angoissants seront vécus en ce jour historique et contribuent à leur manière à documenter cette mémoire invisible.
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14 janvier 2011. Une maison à la Goulette qui fait office de QG pour la Révolution, une dizaine d’ami·es et une manifestation à préparer. À 11h du matin, ils et elles se dirigent vers le centre-ville. Séparé·es pendant des heures et après avoir vécu de nombreux rebondissements, ils et elles retournent à la Goulette, chacun·e de son côté. À leur arrivée, le commissariat collé à leur maison est en flammes et le groupe décide d’éteindre l’incendie, à contrecœur. Plus de neuf ans plus tard, en ligne depuis différents pays, Ghazi, Marion, Virginie, Wissal, Boumjida, Tarek, Juliette, Hayder, Charlene et Harzalli se remémorent cette journée et cette nuit inoubliables. Vivant l'expérience autant individuelle que collective du confinement en période d'épidémie du Covid-19, ils et elles comparent aussi cette épreuve présente à la période passée.
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14 janvier 2011. Nedra Ben Smail, psychanalyste, annule toutes ses séances de la journée. Ce jour-là, un appel “intuitif” la pousse à se rendre sur l’avenue Habib Bourguiba, comme des milliers d’autres manifestant·es. Au moment où la police commence la répression, à coups de matraques et de gaz lacrymogène, plus d’une centaine de personnes se réfugie dans son hôtel, le Carlton, situé en face du ministère de l’Intérieur. À l’annonce du couvre-feu, elle va devoir gérer la situation, les visites de la police mais aussi ses angoisses, ses dilemmes et son rapport à la violence. Elle raconte cette soirée où elle est à la fois témoin et protagoniste de moments qui feront “effraction” dans sa vie et qui marqueront un bouleversement à la fois collectif et individuel. Récit sonore d’une nuit à l’hôtel.
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14 janvier 2011. Dans ce deuxième épisode de la série, le photographe Hamideddine Bouali, vient de fêter son 50ème anniversaire lorsque son destin va basculer. Hamideddine le dit lui-même, il n'était pas militant et il avait peur, "comme la plupart des Tunisien·nes". Avant, il prenait des photos de Sidi Bou Saïd ou de la Médina, mais en ce vendredi 14 janvier, il a trouvé le courage de sortir son appareil photo "à bout portant" pour immortaliser cette journée historique, devant le ministère de l'Intérieur ou couvrir par hasard l'enterrement de Helmi, un jeune homme tué la veille. Sur les toits ou les balcons, il observe, multiplie les clichés et se libère. Depuis ce jour, le photographe se sent "faire partie du monde". Récit sonore d'images mémorables.
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