IT-informatique Archives - Marketing and Innovation

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  • Crise coronavirus : un impact durable sur les méthodes de travail

    La période de confinement actuelle aura-t-elle un impact durable sur les méthodes de travail ? C’est bien possible si on en croit le retour d’expérience de Didier Pawlak, DSI du groupe Pénélope que je viens d’interviewer. J’avais prévu d’interviewer Didier sur le sujet télétravail en général, afin de savoir si celui-ci facilite la vie des DSI. Mais je n’avais pas du tout du tout prévu ce qui est arrivé avec le confinement. Les enseignements tirés de cette interview me paraissent riches, surtout quand on les compare avec les longues et anciennes litanies sur le mauvais usage du mail au travail, et alors que le pratiques et les méthodes de travail sont en train d’évoluer très rapidement sous l’effet de l’éloignement imposé aux salariés

    [MAJ de 2022 : nous avons appris avec beaucoup de tristesse la disparition de Didier en début de cette année, tous les professionnels de l’IT se souviennent de lui, de sa gentillesse se sa volonté d’innover, de sa disponibilité. ] 

    Le confinement aura probablement un  impact durable sur les méthodes de travail

    Pour faire suite à l’interview de la semaine dernière où nous avons pris le point de vue de l’utilisateur, j’ai donc reconfiguré mon interview en plein vol et proposé à mon interlocuteur de changer légèrement le sujet pour revenir sur la façon dont il avait abordé cette crise et y avait répondu, mais aussi pour prendre le pouls des utilisateurs vu d’un DSI.

    En attendant les conférences 3D à la maison auxquelles il ne croit pas, Didier Pawlak nous enjoint de nous concentrer sur les choses simples et à observer les profonds bouleversements que cette crise va apporter dans les méthodes de travail (voir la vidéo en fin d’article pour comprendre cette photo)

    De ce dernier point j’ai retenu deux choses qui sont pertinentes pour les lecteurs de Visionary Marketing : d’une part, les utilisateurs ont profondément changé leurs habitudes de travail et cela pourrait avoir un impact durable dans les méthodes de collaboration entre équipes et la place du sacrosaint email.

    Les salariés s’emparent des outils de collaboration pour révolutionner leurs méthodes de travail

    D’autre part, là où les solutions des grands éditeurs B2B ne satisfont pas les utilisateurs, ceux-ci se pressent en masse sur des solutions plus conviviales pour contourner le problème. Ce qui explique pourquoi les utilisateurs se rueraient sur Zoom en ce moment.

    Visionary Marketing Est-ce que le télétravail facilite la vie du DSI dans les circonstances actuelles créées par la crise du Coronavirus ?

    Didier Pawlak, je dirais que, dans un premier temps, cela ne nous facilite pas le travail parce qu’on est débordés par la mise en œuvre de ce nouveau dispositif. Que ce soit le télétravail via les ordinateurs professionnels que nous donnons à nos collaborateurs ou via certains portails auxquels les collaborateurs peuvent se connecter.

    Le dossier sur l’environnement du travail de demain est réalisé avec Selceon

    Dans un premier temps, je dirais donc qu’au contraire, cela nous cause une surcharge de travail, mais moi, j’y vois quand même deux grands avantages. Le premier, c’est que cela va obliger les utilisateurs à se poser les bonnes questions, à utiliser les outils numériques, à essayer d’être beaucoup plus autonomes que lorsqu’ils sont en entreprise.

    le télétravail permet aux DSI de réaliser de belles avancées

    Didier Pawlak

    Et aussi, ça nous permet aussi, au niveau de la DSI, de vérifier si notre architecture tient la charge, et si on a mis en place les bonnes procédures sur le plan de la sécurité. Alors oui, pour moi, le télétravail permet effectivement de faire de belles avancées au niveau de la DSI, sans pour autant nous faciliter le travail.

    VM Un sondage effectué par Qapa et relayé récemment par Zevillage.net explique que par ces temps de confinement, le télétravail ne conviendrait pas forcément à tous. Ils seraient 48 % selon eux à éprouver des difficultés avec le télétravail. Est-ce que tu retrouves cela sur le terrain ?

    DP Pour l’instant, non. Nous avons commencé à déployer le télétravail mercredi dernier et effectivement, on a eu et on a encore à ce jour un afflux de personnels qui n’arrivent pas à se connecter au VPN, ou qui perdent leurs mots de passe ou autres problèmes similaires.

    Plus de réticences au télétravail observées sur le terrain

    Mais aujourd’hui, il n’y a pas de réticences sur le terrain ni de problèmes concernant l’utilisation des diverses applications.

    Après 7 jours de mise en œuvre, tout se passe bien. Pourtant, comme dans toute entreprise, nos profils sont très variés et les besoins en logiciels également. Que ce soit pour la comptabilité, pour les divers métiers tels que l’accueil, l’événementiel ou l’animation. Globalement, tout se passe bien et j’en suis le premier étonné.

    Nous n’avons pas eu non plus de problèmes d’infrastructures, car celles-ci ont été dimensionnées assez largement en amont.

    Il fallait prévoir l’infrastructure en amont

    Nous avons donc absorbé la charge puisque nous étions en moyenne à environ 30 à 40 % de la limite d’utilisation. Ainsi, depuis mercredi dernier, lorsque la plupart des collaborateurs sont partis en télétravail, l’infrastructure a tenu le coup sans aucun problème.

    On n’a pas de problème de latence ni de connexion au niveau des VPN non plus et ça se passe bien.

    C’est aussi le fait d’avoir choisi certains logiciels qui sont en mode SaaS que les utilisateurs peuvent attaquer directement, sans repasser systématiquement par l’infrastructure de l’entreprise.

    Mais il est clair qu’il fallait avoir prévu l’infrastructure en amont.

    Quand j’ai rejoint Pénélope, 90 % des collaborateurs avaient des PC fixes et peu à peu, nous avons remplacé ces postes de travail par des portables selon les activités des utilisateurs. Ainsi, nous avons toujours anticipé la bande passante et les débits parce qu’on savait qu’à terme, 90 % des employés seraient équipés de portables qui pouvaient se connecter au système. Nous avions donc préparé l’avenir sans le connaître.

    VM Et comment ça se passe pour la minorité qui n’a pas d’ordinateur portable ?

    DP En début d’année on a travaillé sur un portail destiné à ces employés non équipés d’un PC pro. Le portail a été conçu et testé, mais il ne comportait pas les applications métiers. Mais depuis le dernier week-end avant la crise, alors qu’on a senti la crise arriver, l’équipe réseau a travaillé d’arrache-pied pour finaliser ce portail et on a pu le mettre en place pour les employés non équipés d’ordinateur professionnel. C’est dans une situation de crise qu’on arrive à tous se rapprocher et à fournir un effort considérable pour mettre en place un nouveau service alors que, en temps normal, cela aurait nous aurait pris 6 mois pour réaliser ce portail.

    VM Et tous ces gens-là ont déjà des ordinateurs personnels, il n’y a plus de situations où des employés sont en sous-équipement à la maison ?

    À partir de mercredi dernier, nous avons appelé les employés non équipés d’ordinateur professionnel, on leur a envoyé une documentation, puis nous les avons appelés un par un pour les accompagner dans la démarche de connexion : ils ont saisi l’URL pour accéder au portail, ont ensuite entré leur mot de passe, on leur a fourni des explications sur les applications. Nous leur avons également fait une bonne piqûre de rappel concernant les règles de sécurité. Et aujourd’hui, tout le monde est équipé.

    L’avatar 3D projeté par le système HyperVSN (une société française basée à Gennevilliers) dans le hall de StationF (mai 2019) : et si la conférence 3D était possible demain ? (NB : la vidéo, prise avec mon téléphone, fait ressortir un balayage non visible à l’oeil nu)

    VM Alors, ça se passe bien. Ça, c’est plutôt une bonne nouvelle. Probablement que cela pourrait avoir des impacts sur la façon dont les employés vont travailler dans le futur.

    Une fois la crise finie nous observerons un afflux de demandes pour télétravailler

    DP Oui, c’est aussi une question que je me pose. On voit bien qu’aujourd’hui, malgré le confinement, nous arrivons à utiliser tous les outils de l’entreprise sans être physiquement au bureau.

    Il y avait déjà eu une première épreuve avec les grèves. Durant les grèves, les salariés ont dû du s’organiser et nous n’avons pas souffert d’interruption de service. Avec le confinement, on voit qu’en réalité, toutes les activités fonctionnent normalement. Nous avons su mettre en place une connexion au SI de l’entreprise pour tous les collaborateurs à partir de chez eux, qu’ils aient ou non des PC professionnels. Je pense qu’une fois que la crise sera finie, nous assisterons, dans le domaine RH, à une vague de demandes pour travailler de chez soi deux jours par semaine, comme je l’ai fait en temps de crise.

    VM Est-ce que cette crise a aussi des impacts sur la manière dont les gens travaillent ensemble ?

    Je pense que les salariés, font beaucoup plus de réunions Teams, en visuel, s’échangent beaucoup moins de mails. Ils ont appris à être plus directs.

    VM L’éloignement, finalement, encourage la connexion synchrone alors que quand on est sur le même ou le même lieu, on a tendance à envoyer des mails à quelqu’un qui est en face de soi.

    DP Oui, c’est tout à fait paradoxal. Plus on est éloignés, plus on a besoin de faire des points, même assez rapides.

    VM Quelles innovations peut-on imaginer pour le futur du télétravail ?

    DP Pour l’instant, les gens découvrent encore cette facilité de travailler de chez eux avec tous les outils, ils commencent à maîtriser doucement Teams. Je dirais que pour le poste de travail du futur, il faudra que n’importe quel collaborateur, quel que soit son statut et son activité, soit capable, sans trop se poser de questions, de se connecter facilement au système d’information et après de temps en temps, revenir dans l’entreprise. Il faudra toujours revenir de temps en temps.

    Mais on voit bien qu’aujourd’hui, les débits réseaux ne sont pas un problème, les applications non plus. Même s’il y a un plantage, ce n’est pas grave, on fera une confcall avec Zoom. On a tous les outils pour travailler à distance, mais après, comme toujours, il va falloir que tous les employés avancent dans le même sens.

    Ce qu’on observe, c’est que les outils simples à mettre en œuvre et qui fonctionnent prennent une avance considérable. Zoom est notamment en train de faire une grande concurrence à Teams, car il est simple d’utilisation et qu’il fonctionne bien. Avec cette crise, on voit qu’il y a des logiciels qui fonctionnaient bien, mais qui n’arrivaient pas à trouver leur place là. Tout le monde essaie donc de trouver une solution, et quand ça marche, tout le monde s’engouffre.

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    18 min
  • Le développement viral du télétravail par temps de confinement

    Avec l’arrivée du confinement, le télétravail est sur toutes les lèvres depuis quelques jours. Et même depuis quelques mois car nous avons enchaîné les difficultés : grèves et incidents à répétition, et maintenant cerise sur le gâteau, le coronavirus qui depuis hier soir nous a renvoyé à la maison, et ceci pour une durée minimum de 15 jours. Selon Xavier De Mazenod de Zevillage.net, le télétravail, lui aussi, se répand comme un virus. Une comparaison intéressante et parlante. Mais cette fois-ci son développement est inexorable, il n’y aura pas de retour en arrière.

    Selon Xavier De Mazenod de Zevillage.net, le télétravail, lui aussi, se répand comme un virus (image sur le site du Mouvement Action chômage de Montréal)

    L’essor inexorable du télétravail en France en 2020

    En ces temps de confinement le télétravail devient une obligation d’Etat. Et le Gouvernement nous le rappelle même directement par SMS

    Le télétravail va cesser d’être un gadget, il devient même un dispositif obligatoire et indispensable. Mais comment s’y prendre ? Alors que près des deux tiers de la population active sont peu familier avec les bonnes méthodes pour le pratiquer dans les meilleures conditions

    Les bons conseils de Zevillage.net pour maîtriser le télétravail

    Pour le savoir, j’ai interviewé notre ami confrère et partenaire de Zevillage.net, Xavier de Mazenod, qui intervient régulièrement sur ce sujet dans nos pages depuis plus de 10 ans.

    J’ai réalisé cette interview, en télétravail bien entendu, dans le cadre du dossier  co-produit avec Selceon, sur le thème de l’environnement de travail du futur.

    Nous rentrons dans la phase quatre, le confinement. C’est le décollage, du télétravail, et c’est du sérieux.

    Ça y est, on a passé un cap.

    Je pense qu’il y a eu un basculement il y a 3 à 4 ans. On a vu une accélération. Si on prend la comparaison avec la propagation d’un virus, cela a pris un certain temps. La situation est d’abord stable et n’évolue pas. Puis à un moment, c’est ce que nous sommes en train de vivre, la diffusion s’accélère. Le télétravail, c’est très viral. Tu ajoutes à cela les ordonnances Macron qui ont beaucoup facilité en 2017 la mise en place du télétravail.

    Donc, les entreprises n’avaient plus vraiment d’obstacles ni d’excuses. Celles qui traînaient des pieds ont fini par y aller. Les syndicats qui, il y a 20 ans, étaient plutôt opposés, timides avec le télétravail, qui pensaient que ça isolait les gens, ont compris que c’était un bénéfice pour les salariés en qualité de vie au travail. Donc maintenant, ils poussent plutôt et ils ont même contribué à cadrer la démarche pour mettre en place le télétravail.

    Le dossier sur l’environnement du travail de demain est réalisé avec Selceon

    Avant le confinement, déjà plus de 30% de la population active en télétravail

    Le peu de chiffres dont on dispose sont des projections et des sondages et de plus récentes. C’est une étude de 2019 de Malakoff Humanis, qui chiffre à environ 30 % de la population active le nombre de télétravailleurs, ce qui nous nous semble parfaitement aligné avec nos projections de 2012, une espèce de méta étude de toutes les études qui existaient.

    Et on arrivait à l’époque à environ 20 % de la population active. Cela fait à peu près 4 millions de personnes. Je pense que Malakoff Humanis doit être tout à fait dans le vrai.

    Avant le confinement le télétravail gris, après, le télétravail obligatoire

    Alors pourquoi ce décalage entre les télétravailleurs déclarés et les travailleurs réels ? C’est moins maintenant. Mais on a longtemps eu deux catégories de télétravailleurs, de télétravailleurs déclarés qui avaient signé un accord, un avenant à leur contrat de travail. Et puis, tous ceux qui pratiquaient le télétravail informel, ce qu’on appelle le télétravail gris, et qui n’étaient pas dans les compteurs à ce moment-là.

    Donc, on arrive au chiffre de 30 %.

    Arrivent les grèves de fin d’année 2019-2020. Et là, la semaine dernière, Microsoft a publié une étude avec OpinionWay qu’on a relayée sur Zevillage qui a fait le constat que l’on avait plus de 36 % de nouveaux télétravailleurs. Et puis surtout, fait très intéressant, c’est que 93 % de ces télétravailleurs avaient envie de continuer après la grève.

    Je pense que ça va être encore plus avec le coronavirus, parce qu’on a beaucoup plus de confinement. Les entreprises n’ont plus trop le choix et on l’a vu dès ce matin. Le nombre de gens en télétravail est vraiment étonnant. Dans les pires conditions qui soient d’ailleurs, parce qu’il n’y a pas du tout de préparation. Et en plus, comme les écoles ont fermé, tous les gens qui ont des enfants les ont à la maison. Travailler avec des petits enfants, je l’ai essayé il y a longtemps quand mes enfants étaient petits et ce n’est pas facile.

    Avec le confinement, les actifs vont apprendre très vite le télétravail !

    Je pense que les gens vont apprendre très, très vite. Alors il y a ceux que le bain forcé va décourager, va rendre rétifs au télétravail. Il y a toujours des gens qui n’ont pas envie de télétravailler. D’ailleurs, la loi prévoit que le télétravail se passe, dans des conditions normales, sur la base du volontariat. Ces gens-là qui n’ont pas envie de télétravailler y sont un peu forcés. On leur a forcé la main, mais on est quand même dans des conditions extraordinaires.

    Quels sont tes conseils pour le développement du télétravail ?

    Il ne faut pas en faire un drame, du télétravail. On continue à travailler, quand on est salarié, on reste salarié de plein droit, on est juste loin du bureau, ce qui déstabilise un peu. Mais en fait, si on regarde bien les pratiques de tout le monde au bureau, on s’envoie des mails d’un bureau à l’autre, d’un étage à un autre.

    On a la flemme de monter à l’étage du dessus, on prend son téléphone ou Skype… Donc ce sont des pratiques que tout le monde maîtrise à peu près en entreprise, ou dans les administrations. Donc, qu’est-ce qui est difficile ? C’est de garder l’esprit d’équipe. De savoir s’organiser.

    Si on est autonome, cela ne devrait pas poser de problème. Alors, savoir s’organiser, ça veut dire quoi ? Ça veut dire planifier ses journées parce qu’on a plus les collègues qui vous rappellent que c’est l’heure du déjeuner. On n’a plus le rythme des réunions. On est un peu un peu seul.

    Le risque n’est pas de ne rien faire mais de trop en faire !

    Et le risque, contrairement à ce qu’on croit, ce n’est pas de ne rien faire, c’est de trop en faire, de pas faire de pause, d’être concentré sur son boulot et donc d’oublier de manger, surtout se lever.

    Il faut en rajouter sur le formalisme. C’est-à-dire que le grand fantasme du télétravailleur en pyjama, oui, ça existe. Moi, ça m’est arrivé, mais ça ne doit pas être la norme. On doit faire sa toilette, s’habiller et puis faire comme si on se rendait au travail. Cette partie du rituel est assez importante, y compris dans les relations avec ses collègues ou avec son manager ou avec ses collaborateurs.

    Recréer un peu artificiellement les rites du bureau, par exemple. Je connais des gens qui essaient de faire la pause en même temps, puis qui prennent un café ensemble sur Skype. Un café Skype ! Ça permet de remplir la fonction de la machine à café, c’est-à-dire qu’on ne parle pas du boulot, mais d’autre chose. On fait une pause et on reste en lien.

    En télétravail, l’interaction est plus compliquée mais pas impossible

    Il est vrai que l’interaction est plus compliquée, surtout quand on n’a pas l’habitude. Mais elle n’est pas du tout impossible. Le premier outil indispensable aux télétravailleurs, à mon avis, c’est la messagerie instantanée. La messagerie instantanée, c’est de l’échange, tout le temps.

    Pourquoi est-ce important ? Parce que c’est beaucoup moins intrusif que le téléphone. Par exemple, on peut poser une question, on peut être en mode asynchrone, c’est-à-dire qu’on n’est pas obligé de recevoir la réponse tout de suite. C’est moins perturbant que l’email, moins polluant. Et puis, souvent, c’est une question volatile, on n’a pas besoin de l’archiver dans un mail.

    Ce qui est important à apprendre, ce sont les valeurs d’usage de différents outils. Quand est-ce que je vais utiliser le mail ? Quand est-ce que je vais utiliser la messagerie instantanée ?

    Et quand est-ce que je vais utiliser un outil de web-conférence ou de bureau virtuel ? Peu importe le nom qu’on lui donne, pour recréer une présence à distance.

    Aurais-tu un conseil à donner aux personnes qui sont démunies face au télétravail ?

    C’est peut-être moins vrai maintenant, parce que le télétravail s’est développé. Il y a quelques années encore, c’était surtout chez les cadres intermédiaires qu’on rencontrait cela : « Mais alors, qu’est-ce que je vais faire maintenant si n’y a plus besoin de manager les gens ? »

    Sauf que manager des collaborateurs, qu’on soit en présentiel ou à distance, c’est toujours utile. Qu’est-ce qui va changer ? On ne va pas supprimer le management. On va supprimer la présence. Quand on a compris ça, on s’aperçoit qu’il n’y a pas de différence. Les fonctions du manager, elles, sont toujours là. Le manager doit vérifier, contrôler, encourager, motiver, communiquer en présentiel ou à distance.

    C’est exactement la même fonction. Donc, ne rien avoir à faire, c’est faux. On va le faire différemment. Avec des objectifs, et des tâches à accomplir, plus ou moins d’autonomie selon son poste. À distance, il est possible aussi d’avoir un manager qui est assez dirigiste, qui nous donne des tâches à faire.

    J’ai même rencontré dans des administrations des managers qui distribuaient le travail aux employés pour chaque demi-journée. Donc, le manager le matin disait « Voilà, tu vas faire ça ce matin et l’après-midi, il rappelait, et maintenant tu vas faire ça ! »

    Il y a des gens qui ont besoin de ça parce que sinon, ils ne sont pas guidés. Après, ils vont apprendre, je pense. Ça ne pose pas de problème. En attendant, c’est plus difficile pour eux.

    Le télétravail, cela ne peut se faire à plein temps

    À mon avis, on a toujours dit que le télétravail ne peut pas être à plein temps. Pour la plupart des gens, c’est vrai, parce qu’ils ont besoin de temps en présentiel. D’ailleurs, la confiance ne se fabrique qu’en présentiel.

    C’est très dur pour des gens qui ne se connaissent pas de créer un climat de confiance et d’arriver à travailler ensemble. C’est important de se voir, même si ça a l’air idiot. Se voir physiquement. Alors évidemment, on comprend qu’en cas de confinement comme maintenant, c’est compliqué. Mais un bon climat de télétravail se prépare en présentiel aussi.

    Microsoft déjà victime de son succès, dès le premier jour, annonce des restrictions sur son service afin de préserver la qualité du télétravail par temps de confinement. Certains acteurs de la tech français appellent à consommer local.

    Et c’est une alternance, c’est-à-dire que le travail se projette hors du bureau et continue avec des outils. Il y a des moments où on est à distance, des moments où on est en présentiel.

    On parle toujours des outils et de la méthode mais il y a aussi l’infrastructure

    C’est très vrai. Moi, j’habite en pleine campagne dans l’Orne, en Normandie. On a des outils qui ont des qualités de compression d’images qui sont bien meilleures qu’il y a vingt ans. Mais quelquefois, j’ai des problèmes de réseau, tout bêtement. Le débit qui tombe, etc.

    Ça peut poser des problèmes pour travailler. On nous promet la fibre optique pour dans deux ans (plus tard), on parle de cinq jeux, mais on sait bien qu’on ne l’aura pas la semaine prochaine. Donc, c’est quelque chose qui est extrêmement important.

    Tous les télétravailleurs ruraux le savent et s’en rendent compte, et le vivent tous les jours. Peut-être qu’en ville, on est plus habitué à avoir du confort et du débit. C’est peut-être moins visible pour les citadins.

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    15 min
  • Innovation : les utilisateurs ont-ils raison de critiquer les DSI ?

    Les critiques des utilisateurs envers les DSI sont-elles justifiées ? L’informatique s’est imposée comme métier de toute entreprise, nous l’avons vu dans un article précédent, et son système d’information est en toute logique devenu un organe vital sans lequel la productivité ne peut être optimale. Cette valeur n’est cependant pas perçue de la même manière par toutes les parties prenantes de l’entreprise.

    Les utilisateurs aiment critiquer les DSI, mais ont-ils raison ?

    Les utilisateurs — que l’on appelle aussi « les métiers » — sont souvent très critiques des informaticiens et des DSI, qu’ils ne gratifient que rarement de louanges. Les marketeurs ne sont pas en reste, notamment, et pour avoir pratiqué la maîtrise d’ouvrage depuis de nombreuses années, et avoir eu un pied dans chacun des deux camps, je peux dire que la méfiance entre les deux populations pas d’hier.

    Le temps a changé la perception de l’IT par les utilisateurs, qui ne la considèrent plus comme un animal étrange (car elle est devenue banale). Ce n’est pas pour autant que les critiques ont arrêté de fuser à l’égard de la DSI. Ces critiques sont-elles justifiées ? C’est l’enquête du jour, réalisée dans le cadre de notre dossier sur l’Environnement de Travail du futur avec notre sponsor Selceon, et l’interview de son co-fondateur Eric Tavidian.

    Le dossier sur l’environnement du travail de demain est réalisé avec Selceon

    3 raisons pour lesquelles les DSI sont critiqués

    Avoir un bon SI ne suffit pas : la valeur perçue du travail effectué par la direction des systèmes d’information (DSI) se fait aussi et surtout au travers de l’environnement de travail dans lequel l’utilisateur évolue. De nombreux facteurs qui ne dépendent pas de la DSI peuvent ainsi entraver la bonne expérience de l’utilisateur et l’empêcher de travailler comme il le souhaite.

    Les critiques vis à vis des DSI toujours acerbes, même aux USA

    L’une des rares études disponibles sur le sujet laisse peu de place au doute. Forrester a posé en 2014 la question à 3200 personnes issues de différents départements (essentiellement des entreprises américaines) : « la DSI vous permet-elle de rendre votre département plus performant ? ».

    Les réponses positives plafonnent à seulement 21% pour la relation client, 22% pour le développement produit, 26% pour les ventes et 31% pour la R&D.

    La fracture entre la DSI et les métiers est bien réelle, les critiques aussi

    Bien réelle, certes, mais comment l’expliquer. Ce phénomène m’a toujours interloqué.

    Sans IT l’entreprise ne vaut plus rien. Il suffit de voir ces entreprises, ou institutions, qui s’arrêtent, car « l’informatique est en panne ». Ainsi, en 2017, 17 hôpitaux publics britanniques furent mis au chômage technique par le Ransomware WannaCry. Et ne croyez pas que la France est à l’abri derrière ses frontières comme au temps de Tchernobyl. Ce n’est pas vrai.

    Alors pourquoi les départements responsables de ces infrastructures, matérielles logicielles et réseau, aussi cruciales soient-elles, peuvent-elles être l’objet de critiques aussi fortes. N’y a-t-il pas une injustice dans ces reproches ?

    Il se trouve que l’environnement de travail est au centre de ces débats et j’ai demandé à Eric Tavidian, co-fondateur de Selceon, de m’aider à comprendre et expliquer ce décalage, et voir comment y remédier, notamment en remettant la DSI à nouveau au service des métiers.

    La fracture entre DSI et utilisateurs est causée par 3 facteurs
    1 – Un environnement de travail peu considéré, au profit du SI

    « La seule interaction entre le métier de l’utilisateur et son SI est son environnement de travail », nous explique Éric Tavidian, « l’utilisateur ne voit le travail de la DSI que par ce prisme, avec un ressenti très subjectif ». Il est ainsi difficile de mesurer la qualité perçue du système d’information par l’utilisateur car elle est directement liée à la manière dont il perçoit son entreprise, ses collègues, son management. Jusqu’à son humeur du moment qui peut déformer son jugement au point de le pousser à donner des « coups de pied au chien » comme on les appelle en psychologie (le fait de reporter ses émotions sur quelqu’un d’autre). Cet environnement de travail doit être flexible, ouvert, sécurisé et permettre de travailler, quels que soient le terminal et la localisation de l’utilisateur.

    Le poste de travail est donc au centre de la perception du SI de l’entreprise par l’utilisateur. C’est lui va conférer à l’employeur une image d’innovateur, de suiveur voire de dinosaure (Moore aurait employé le vocable anglais de « laggard », soit « retardataire »). C’est donc un élément clé de l’image de l’entreprise et même de son attractivité en tant qu’employeur.

    Même si cela n’est pas directement exprimé (ou demandé par l’enquêteur) dans les études sur la marque employeur, cette piste de travail reste valable. Car l’organisation, l’apprentissage, la collaboration, entre autres choses, sont toutes dépendantes de la qualité des outils qu’on met dans les mains des employés. Sans postes de travail à l’état de l’art, aucune innovation ni attractivité ne sont possibles pour l’entreprise du 21e siècle.

    Comment « partager des tâches avec des robots » avec un PC en Windows 7 ? Et ne parlons pas des « nouvelles formes de collaboration » ni même de l’accès aux derniers outils d’e-learning dans le cadre de l’acquisition de « compétences et de connaissances ». Sondage Viavoice et Manpowergroup de 2017 via Les Échos. 

    2 – Un poste de travail qui reste le parent pauvre des entreprises

    Malgré cela, Éric Tavidian affirme que « le poste de travail a toujours été traité par les entreprises comme le parent pauvre », au profit du SI lui-même. « Aujourd’hui, pour que le sujet du poste ou de l’environnement de travail soit traité, il faudrait qu’un métier comme les ressources humaines le prenne en charge, ce qui est rarement le cas », ajoute-t-il

    En effet, si l’on pouvait croire qu’il dépend de la DSI, le poste de travail est en réalité un sujet RH, conditionné par le parcours du collaborateur de l’entreprise en son sein :

    • Arrivée dans l’entreprise : il faut au nouvel arrivant un environnement de travail qui mette à disposition les applications qui vont fonctionner sur plusieurs terminaux ;
    • Changement de poste : comme on change d’environnement de travail, les applications utilisées ne seront plus nécessairement les mêmes. Un transfert de données vers le remplaçant devra être effectué ;
    • Départ de l’entreprise : il faudra couper les accès, sauvegarder les données, récupérer les données personnelles.
    • La réalité du terrain sur le poste de travail et les événements RH

      Ce que j’ai observé sur le terrain est complètement à l’opposé de cela. L’arrivée est parfois bien gérée, il m’est arrivé d’avoir de bonnes surprises et de découvrir, au premier jour de mon installation dans une nouvelle maison, un PC, sinon flambant neuf, du moins disponible et fonctionnel.

      J’ai vu aussi l’inverse, et notamment au sein d’un groupe leader de l’informatique mondiale, où j’ai commencé mon travail en mission au Moyen-Orient. Loin du siège, sans le moindre accès au SI ni à un poste de travail de l’entreprise, j’étais livré à moi-même.

      Heureusement, j’étais à la pointe du progrès et j’avais déjà à l’époque, mon ordinateur portable personnel, que l’ESN en question a bien voulu remplacer par un poste de travail plus standard au bout de 6 mois. Nul besoin de décrire mon impression en tant que nouvel embauché.

      Quant aux autres événements, c’est quasiment toujours la politique de la terre brûlée qui règne, avec des effacements de disques et des reformatages et surtout, si le prédécesseur n’a pas la présence d’esprit de transmettre ses dossiers correctement, un redémarrage à zéro à chaque prise de poste avec une perte quasi totale de la mémoire du travail accompli.

      Éric propose une explication à ce phénomène : « Le poste de travail est donc bien conditionné par des événements RH alors qu’il est toujours pris en charge par la DSI. Le seul événement de l’environnement de travail qui devrait être géré par la DSI est la réparation de ce poste de travail quand il tombe en panne ».

      3 – Une informatique grand public très (trop ?) en avance

      « Dans un passé pas si lointain que cela, c’est l’émergence de l’IT dans les entreprises qui a accéléré l’IT dans les ménages. Aujourd’hui, on s’aperçoit que le mécanisme est contraire », explique Éric Tavidian.

      Ce changement de paradigme où les outils grand public deviennent plus rapides, complets et performants que les outils professionnels (qu’ils concernent le hardware ou le software), et conduisent au shadow IT, se nomme en anglais «  commoditisation of technology  » (banalisation en français).

      Une étude KPMG/Oracle rapportait en 2019 que sur les 452 professionnels de l’IT interrogés, 50% affirmaient avoir des données accessibles à des personnes non autorisées à cause de matériels ou logiciels utilisés dans le dos de la DSI. Pire encore, 48% ont subi l’introduction de malware et 47% ont perdu des données, pour les mêmes raisons. Les risques du shadow IT sont bien réels, mais l’utilisateur n’en a souvent pas pleinement conscience.

      « L’utilisateur ne prend pas en compte les problématiques de sécurité qu’il peut avoir sur son informatique domestique et ne comprend pas pourquoi il peut y avoir des ruptures de service et des ralentissements de temps de réponse », précise Éric. Cette différence d’attente entre ce qu’est l’informatique pour l’utilisateur et ce qu’elle est selon l’entreprise est source de tensions, l’utilisateur pensant avant tout à la rapidité et à l’ergonomie, ignorant bien souvent les contraintes de la DSI, d’ordres réglementaire, budgétaire et sécuritaire.

      Le métier des DSI a changé et ce n’est pas fini

      La DSI était il y a encore quelques années l’interface unique des métiers dans la conception et la mise à disposition d’un système d’information. « Ce n’est plus le cas désormais », explique Éric Tavidian. « La direction commerciale va choisir son CRM, SalesForce ou Dynamics de Microsoft, ou autre. À quel moment aura-t-elle besoin de la DSI pour le faire ? Aucun  ».

      Restera à la DSI la charge de contrôler la sécurité, maintenir le réseau et piloter les contrats. Des tâches qui s’éloignent du développement pur, comme nous l’expliquions dans un article précédent.

      « La DSI change de métier, ce qui veut dire qu’elle subit plus les changements qu’elle ne les dirige, du fait notamment de la banalisation de nombre de solutions qui sont la plupart du temps opérées par des tiers en mode cloud. Si le CRM utilisé par l’entreprise dysfonctionne, pour un problème de connexion ou de temps de réponse par exemple, la DSI ne pourra résoudre le problème par elle-même et devra ouvrir un ticket de support auprès de l’éditeur. Elle va être beaucoup moins actrice auparavant », conclut Éric Tavidian.

      (Pour plus d’explications sur ce phénomène, lire Chiffres, état des lieux et avenir des métiers de la DSI).

      Bilan : les DSI méritent-ils les critiques des utilisateurs ?

      En conclusion, les DSI méritent-ils d’être critiqués ? Les reproches qui leur sont faits par les utilisateurs sont-ils justifiés ?

      « Dans de nombreux cas, les entreprises sont satisfaites de leur DSI », tempère Éric. « Celles-ci sont bien souvent des « adopteurs précoces”, pour reprendre le vocabulaire de Geoffrey Moore, qui ont tout de suite compris que leur monde changeait et que de nouveaux outils performants s’approchaient de ce que connaissait l’utilisateur à titre privé », précise-t-il.

      Cela n’est cependant que rarement le cas dans les grandes entreprises. La montée à l’échelle au rythme de l’innovation technologique est bien plus difficile et coûteuse dans une entreprise de 150 000 personnes que dans une petite PME agile.

      Historiquement, les DSI de grandes entreprises ne font donc pas partie de ces « adopteurs précoces », ils travaillent sur des temps longs, sur des projets dont les impacts sur les métiers sont moins visibles immédiatement. « Aujourd’hui, ces DSI ont compris que pour continuer à croître ou tout simplement survivre, elles auront besoin de transformer leur approche de l’IT, et très vite ».

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      20 min
    • Pourquoi toute entreprise doit miser sur l’informatique

      L’informatique, qu’on le veuille ou non, est déjà devenue une compétence obligatoire pour toute entreprise, même si des débats enflammés ont eu lieu sur ce sujet par le passé. Le numérique (dans son acception la plus large) s’est infiltré dans les moindres recoins des entreprises, n’épargnant aucun secteur ni aucun métier, comme nous l’avons expliqué en détail dans le livre « le digital expliqué à mon Boss ».

      Pourquoi toute entreprise doit miser sur l’informatique

      L’informatique en entreprise n’est plus l’apanage des seuls informaticiens. Toutes les entreprises doivent maîtriser cet outil indispensable – image en partenariat avec Jumpstory

      Mais depuis le IT doesn’t matter de Nicholas Carr de 2002, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Au point de faire dire à certains que l’informatique est devenue le métier de toutes les entreprises. Voyons ici pourquoi la situation s’est complètement inversée en à peine vingt ans au point de contredire totalement Nicholas Carr. 

      Nicholas Carr en 2003 : en entreprise, « l’informatique n’a aucune importance » (IT doesn’t matter)

      Nicholas Carr a décrit (en 2003) un avantage concurrentiel par l’IT éphémère et friable. 

      Si l’on suit le raisonnement du fameux professeur du MIT Nicholas Carr, au fur et à mesure que les entreprises innovent avec la technologie, la concurrence est contrainte de s’aligner pour ne pas décrocher. Le temps et le coût de développement d’un projet informatique diminuant grâce à l’avancée technologique (cloud computing, Big Data, IA…) et méthodologique (open source, DevOps…). La réactivité des entreprises n’en est que meilleure.  

      Le dossier sur l’environnement du travail de demain est réalisé avec Selceon

      Ce dossier sur l’informatique, l’innovation et l’environnement du travail est réalisé en partenariat avec Selceon, cf. la page du dossier

      Mais le temps ne lui a pas donné raison, l’IT joue un rôle crucial dans le commerce. 

      Au point que, selon  Nicholas Carr dans son livre éponyme « IT Doesn’t Matter ? », déjà vieux de 15 ans, la technologie ne permettait pas de creuser l’écart avec la concurrence puisque celle-ci s’emparera immédiatement des dernières innovations technologiques des leaders pour se remettre à niveau. 

      L’article original de Nicholas Carr sur la HBR

      Pourtant, l’innovation par la technologie est possible, et l’histoire récente a démontré comment des géants de la tech arrivaient à mettre tous les acteurs d’un marché dans le vent par le simple fait de maîtriser une technologie qui paraissait simple à copier. C’est que la logique de plateforme a changé la donne en renversant totalement l’adage de Nicholas Carr : IT does matter pourrait-on dire. Le célèbre professeur du MIT a été démenti dans le temps.  Certes, me direz-vous, la prise d’avantage concurrentiel par la technologie est surtout le fait des fameux « Gafam » (un vocable qu’on aime haïr en France en même temps qu’on en est les plus gros utilisateurs comme le soulignent Calan et Cauchard). Mais d’autres exemples existent, je vais en choisir un qui est contre-intuitif.  

      Un robot mixeur ou un ordinateur qui cuit ?  

      Tout le monde connaît le fameux Thermomix de Vorwerk (une vénérable maison de la fin du 19e siècle), mais qui sait que cette machine a été inventée dans la filiale française du constructeur allemand en… 1961 ? Elle connut un certain succès dans les années 1970, mais ce qui fit que ce robot mixeur et chauffant a été un véritable hit des têtes de gondoles de ces dernières années est son carnet de recettes, et son écran tactile avec connexion et accès direct aux recettes. La firme d’électroménager a su, au travers de l’informatique et de sa base de données de contenus exclusifs, créer un avantage concurrentiel certain, et le succès est tel que l’usine du centre de la France est encore en pleine expansion.  

      Figure 2 : fabricant d’appareils ménagers, informaticien ? Les deux

      Reprenons depuis le début  

      Le métier des entreprises devient donc l’informatique, cela peut paraître en contradiction avec la logique, et pourtant. Avez-vous regardé une publicité d’Audi récemment ? (Et je pourrais citer bien d’autres fabricants du même type). Vous vend-on l’équipement électronique du véhicule ou le véhicule lui-même ?  

      Figure 3 : Achète-t-on encore des voitures ou des véhicules compatibles avec Apple Carplay ou Android ? — photo et explications sur digital trends

      Si le métier des entreprises s’oriente donc bien vers l’informatique, il est toutefois rare que celles-ci s’y aventurent seules. Les tentatives ratées sont autant de rappels à l’ordre, et s’entourer de spécialistes permet d’opérer ce virage, tout en se concentrant sur son cœur de métier.   Pour ce deuxième billet de notre dossier sur l’environnement du travail, l’équipe de Visionary Marketing a interviewé Éric Tavidian, co-fondateur de Selceon. Éric fait partie, avec Max Petit, l’autre co-fondateur de Selceon, de la petite équipe qui a eu la vision de la virtualisation du poste de travail il y a plus de 20 ans.   Pour lui aussi, le rôle de l’IT dans le business a radicalement changé. IT does matter ! 

      IT DOES MATTER ! (L’informatique est vraiment importante)
      Quand informatique rime enfin avec valeur client 

      L’informatique n’est pas une nouvelle technologie, mais il a fallu attendre plusieurs décennies avant de la voir apporter une véritable valeur et s’imposer comme une nécessité.   « Si l’on regarde en arrière depuis la création de l’informatique, elle n’a seulement fait plus vite ce que sait déjà faire l’homme », explique Éric Tavidian. « La nouveauté dans l’IT, ce que l’on appelle communément la transformation digitale, c’est la prise de conscience des directions générales que l’entreprise peut, avec l’outil informatique, créer de la valeur ».   La combinaison de plusieurs technologies arrivant à maturité a rendu la création de la valeur possible : L’Internet, généralisé depuis presque 30  ans, les Big data et le cloud computing dans les années 2010, et désormais ce que l’on appelle l’intelligence artificielle.  

      Des métiers épargnés qui résistent encore et toujours à l’informatique ? 

      On pourrait penser que ces changements se cantonnent dans des métiers où la technologie occupe une place prépondérante, et que les métiers plus traditionnels (citons par exemple les professions de boucher, de paysagiste, et parmi les professions libérales, les avocats, les comptables etc.) sont peu impactés. Il n’en est pourtant rien. Ces professions, pourtant séculaires, doivent impérativement penser à changer leurs modèles et à utiliser l’informatique pour réinventer leurs métiers.  Ainsi, les petits commerçants peuvent envisager l’avenir différemment, en mettant leurs produits en vente sur Amazon.   Les commerces de proximité, après avoir connu la concurrence des grandes surfaces, vivent désormais avec celle du e-commerce. Certains petits commerçants ont pourtant saisi l’occasion pour proposer au client de nouveaux moyens de consommer ; comme le web-to-store et le click-and–collect.  

      Figure 4 : Même les petits commerçants s’y mettent (ici sur Instagram, mais il y a également une boutique en ligne)

      Redynamiser les centres-villes grâce à Internet 

      Ce qui permet, par exemple à un commerçant breton d’art de la table, de mettre à disposition une vitrine virtuelle relayée sur Instagram pour trouver de nouveaux clients, ou à des boutiques de centre-ville de proposer le click-and-collect. L’intérêt de ces petits commerçants pour le numérique est tel qu’on parle même de redynamiser les centres-villes grâce à l’Internet : loin de se morfondre, le petit commerce montre au contraire depuis quelques années des signes de vitalité.  

      Ces domaines bousculés par le numérique 

      D’autres métiers comme ceux du vin commencent à ressentir les premiers effets du numérique, principalement via l’arrivée de plateformes de vente de vins (Vivino, Winewoo, Wineadvisor…).

      Celles-ci remettent en question le fonctionnement traditionnel de ce secteur et le rôle de chaque acteur, qu’il soit producteur, vendeur, ou intermédiaire.  « On ne va pas demander au boucher ou au producteur de comté de devenir des experts en informatique », nuance Éric Tavidian.

      « Ils doivent néanmoins choisir les bons partenaires qui vont les accompagner et faire en sorte que l’informatique crée de la valeur pour leur entreprise ».  

      Des projets qui s’accélèrent… Pour peu que l’on adopte la bonne approche 

      La valeur apportée par l’informatique se traduit également par une nette accélération du rythme des projets au sein des entreprises. « Si l’on regarde au début des années 80, on mettait en œuvre un système d’information avec des temps d’amortissement de 20 ans », nous rappelle Éric Tavidian. « On a peu à peu atteint des cycles d’amortissement de 10, puis 5 ans, grâce à des technologies comme le client-serveur. Avec les nouvelles technologies de développement et les méthodes dites agiles, la mise en place des systèmes d’information se fait en quelques mois, quelques semaines, voire quelques jours ». Ainsi, plus le temps de la mise en place des systèmes d’information est court, plus ils apportent de la valeur à l’entreprise.  Ainsi, dans les grandes entreprises où on prévoyait toujours de revenir en arrière en cas de défaut à la mise en œuvre d’un nouveau système (« always roll-back »), on a changé complètement de méthode en laissant les défauts et en se donnant du temps pour les corriger en temps réel (« always roll-forward »).  

      Réussir un projet informatique d’entreprise n’est pas qu’une question de moyens 

      La durée des projets informatiques a beau diminuer, encore faut-il les réussir, et cela n’est pas qu’une question de moyens. En effet, selon le Standish Group qui analyse depuis 1994 plus de 40 000 projets informatiques privés et publics, la réussite d’un projet est inversement proportionnelle au montant investi dans celui-ci.   Le dernier rapport datant de 2014 indique que le taux de réussite des projets de plus de 10 millions de dollars ne dépasse pas les 8 %, quand les projets de moins d’un million de dollars atteignent les 70 % de réussite. Par ces résultats, le Standish Group démontre que la solution idéale pour les entreprises n’est pas de tout réinventer par un projet informatique pharaonique, mais de construire brique par brique, petit projet par petit projet.   Le cabinet de conseil annonce également qu’une telle approche est plus que jamais possible, avec notamment DevOps et les architectures orientées service.   

      Comment valoriser son informatique au sein de l’entreprise ? 

      Si le métier de toutes les entreprises est l’informatique, il est important que l’environnement de travail soit à la hauteur. « L’utilisateur, lui, ne jugera la performance et la pertinence de son SI qu’à travers la qualité de son environnement de travail qui est mis à sa disposition, c’est à dire qu’il soit performant, qu’il lui permette une grande ouverture avec de la continuité de service », nous explique Éric Tavidian. « Il doit pouvoir interagir avec son SI, quel que soit l’endroit où il se situe, quelle que soit l’heure et quel que soit son environnement technique ». 

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      17 min
    • Quand l’informatique quantique réinventera le marketing par les data

      L’informatique quantique révolutionnera-t-elle le marketing de demain ? Avec les Big Data va sans dire. Telle est la question que j’ai posée – et quelques autres – à Bernard Ourghanlian, CTO de Microsoft et Pape de l’innovation technologique. J’avais assisté à sa présentation remarquable de 2017 à MS Experiences sur l’informatique quantique et j’avais été impressionné par ce sujet que je ne connaissais pas bien (même si nous avons travaillé sur le concept de marketing quantique avec notre client et partenaire GetQuanty et que je connaissais les grands principes). Il m’a semblé intéressant alors que le salon Big Data Paris, dont Visionary Marketing est partenaire média, s’annonce la semaine prochaine, d’interroger Bernard, qui y sera présent en tant que présentateur, afin de savoir si ce monde de l’informatique quantique avait progressé depuis lors.

      L’informatique quantique révolutionnera-t-elle le marketing de demain ?

      Et surtout, de comprendre si cette innovation encore largement méconnue, et largement absente des commentaires, aura un impact et à quel terme sur ce marketing dont on dit sans cesse qu’il va se révolutionner avec la data (et donc avec la puissance de calcul qui permettra de présenter ces données).

      L’informatique quantique était au menu de Ms Experiences 2017 (ci-dessus). Bernard Ourghanlian sera présent cette année au salon Big Data Paris pour nous partager son expertise.

      Qu’est-ce que l’informatique quantique ?

      L’informatique quantique (ou Quantum Computing en anglais) est une approche dans laquelle on essaie, au sein d’un ordinateur qui a des propriétés très particulières, de fonctionner en quelque sorte comme fonctionne la nature.

      Les phénomènes quantiques sont des phénomènes que l’on observe, dont on sait qu’ils fonctionnent, qui permettent à un GPS ou à un laser de fonctionner par exemple, mais qui sont incompréhensibles pour nous les humains car leur échelle ne nous est pas perceptible.

      Un ordinateur quantique n’est pas un ordinateur ordinaire, vu comme ça c’est un peu une usine à gaz, mais nous en sommes encore aux balbutiements (photo Microsoft) d’une discipline prometteuse

      Par exemple, l’ordinateur quantique va reposer sur un phénomène très étrange appelé la superposition. Même si c’est une analogie, on peut imaginer avoir des particules (puisqu’on est à l’échelle atomique) qui sont dans une infinité d’états en même temps. Avec un ordinateur classique on parlera de bits, qui peuvent être soit 0 soit 1. Sur un ordinateur quantique on peut être dans des états qui sont à la fois 0 et 1.

      C’est ce phénomène de parallélisme intrinsèque, d’un ordinateur quantique, que l’on utilise pour permettre de paralléliser des calculs à très grande échelle. Ainsi, on peut obtenir, sur certains types d’algorithmes, une accélération exponentielle.

      C’est l’informaticien Peter Shor qui a permis de populariser l’informatique quantique, en développant un algorithme quantique permettant de casser des clés de chiffrement.

      La protection de nos conversations sur Internet ainsi que le protocole HTTPS utilisent des algorithmes de chiffrement. Ces algorithmes de chiffrement sont incrackables par un ordinateur classique, cela nécessiterait un milliard d’années. Avec un ordinateur quantique, une centaine de secondes suffirait.

      On voit que, au moins intuitivement, la quantique permet de faire des choses qui sont totalement inimaginables sur un ordinateur classique même si on se projette dans 100 ans et qu’on tient compte de la loi de Moore (qui est cette capacité à doubler la performance des ordinateurs tous les dix-huit mois). On se rend bien compte que même en doublant les performances pendant encore 100 ans, on n’arrivera pas à être capable de faire ce qu’un ordinateur quantique serait capable de faire.

      Quelles innovations en informatique quantique depuis 2017 ?

      Paradoxalement peu de choses visibles alors qu’on travaille toujours d’arrache-pied à la fabrication d’un ordinateur quantique capable de passer à l’échelle de notre objectif.

      C’est un objectif qui est difficile à atteindre car on a besoin à la fois de lutter contre les qubits qui peuvent interagir les uns avec les autres et aussi avec l’interaction de l’ordinateur quantique avec le monde qui est autour.

      Un ordinateur quantique fonctionne à très basse température, aux alentours de 15 milli Kelvin donc des températures qui sont très proches du zéro absolu. Pour autant il y a des phénomènes d’interaction avec le monde extérieur qui peuvent entraîner un phénomène de décohérence qui fait que l’état quantique, qui existe à un instant donné, disparaît dès que cette interaction a lieu.

      De notre côté on fabrique des qubits qui sont capables de résister à ces problèmes. Néanmoins, ces qubits sont très difficiles à fabriquer car ils reposent sur la mise en œuvre de nanotechnologies. Les problèmes théoriques sont aujourd’hui résolus. Maintenant il faut construire l’ordinateur quantique capable de fabriquer suffisamment de qubits de suffisamment bonne qualité pour être capable de les mettre ensemble.

      Peut-on imaginer qu’un jour l’informatique quantique aidera le marketing ?

      Bernard Ourghanlian sera un des speakers attendus au Big Data Paris 2019 (photo Microsoft)

      La première question à se poser serait quel scénario utiliser ou mettre en œuvre pour aider le marketing.

      En première analyse, même si je ne suis pas un expert du marketing, je pense que la capacité par exemple d’utiliser l’intelligence artificielle pour faciliter la prise de décision, être capable d’assembler des foules de données et de leur donner du sens en temps réel, font partie des choses qui a priori devraient intéresser le marketing.

      La complexité en termes de perspectives est que l’analyse d’une très grande quantité de données nécessite d’alimenter l’ordinateur quantique d’une très grande quantité de données.

      Donc aujourd’hui imaginer qu’un ordinateur quantique puisse travailler sur des algorithmes d’intelligence artificielle reposant sur de très grandes quantités de données est à mon avis une perspective encore relativement lointaine. Probablement une décennie au minimum.

      Pour autant cela me paraît être une perspective tout à fait imaginable. L’intelligence artificielle fait partie des applications sur lesquelles on travaille, et plus précisément le Machine Learning, cette capacité qu’ont les ordinateurs d’apprendre à partir des données.

      Le futur des Big Data dans le domaine du data marketing passera un jour par ces supercalculateurs quantiques ?

      Ça me paraît être une hypothèse tout à fait raisonnable. Effectivement si on arrive à résoudre tous les problèmes qui sont aujourd’hui les nôtres, on peut parfaitement imaginer que l’on sera capable, dans des délais relativement significatifs encore, de fabriquer un ordinateur quantique suffisamment puissant pour être capable de traiter des données en très grande quantité.

      Mais ça reste encore une fois quelque chose qui n’est pas pour demain matin. Cette innovation n’arrivera pas sur le marché la semaine prochaine.

      Peut-on envisager que dans 15 ou 20 ans, mon directeur marketing sera un ordinateur quantique ?

      Imaginer qu’on puisse totalement éliminer l’humain ne me semble pas réaliste, ni même souhaitable. Je pense que pour la prise de décision il est important que l’humain reste dans la boucle, que l’on utilise un ordinateur quantique, un supercalculateur, une simple tablette ou un PC de bureau.

      Le fait d’utiliser l’intelligence artificielle ne veut pas pour autant dire que l’humain est complètement éliminé de l’interaction. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est extrêmement efficace pour être capable de détecter des corrélations dans des ensembles de données extrêmement vastes, des données qui vont bien ensemble ou qui a priori évoluent de la même façon. Ce que l’humain a des difficultés à faire.

      Pour autant le fait de voir des corrélations entre des données ne permet pas de pouvoir relier cette corrélation à une causalité. Etre capable par exemple d’expliquer, dans le cadre du marketing grand public qui s’adresse à la compréhension des intentions d’achat des consommateurs, le fait qu’il y ait une corrélation entre des facteurs et les intentions d’achat, ça n’est pas pour autant que l’on comprend réellement la cause. Pour comprendre plus finement les grandes tendances de la société, un directeur marketing peut demander l’aide d’un sociologue par exemple. Je pense que cette aide sera toujours nécessaire même si demain on est capable de traiter des algorithmes à très grande vitesse par rapport à ce que l’on est capable de faire aujourd’hui.

      Rendez-vous donc au salon Big Data Paris les 11 et 12 mars 2019. 

       

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      11 min
    • bureautique dans le cloud : ils sont passés à Google docs !

      Passer à Google docs dans une entreprise ? C’est possible et c’est Patrick Barrabé qui m’en a parlé. J’ai rencontré Patrick il y a 2 ans au cours d’un Web 2 Connect où nous échangions via Twitter alors que nous étions assis l’un à côté de l’autre ! Et quand j’ai vu une publicité dans le télérama de la semaine dernière, mentionnant l’entreprise qu’il ne nommera pas mais où il travaille, j’ai couru l’interviewer, ceci d’autant plus que son bureau est sur le chemin du mien.

      Bureautique dans le cloud : ils sont passés à Google docs !

      Bureautique dans le cloud : ils sont passés à Google docs !

      Et j’ai bien fait, car c’était comme dans la publicité, avec près de 5.000 personnes (c’est la taille de sa société de distribution dans le secteur du jardinage), utilisateurs ou utilisiteurs potentiels du service de cloud computing bureautique de Google (à noter que beaucoup d’employés dans la distribution n’ont pas besoin de la bureautique dans le cadre de leur travail). Pour à peine 40€ à l’année (environ) par utilisateur selon Patrick, les utilisateurs ont ainsi accès non seulement à la suite bureautique, au partage de documents, au travail collaboratif et aussi à la messagerie Gmail en version professionnelle.

      « On n’a pas complètement arrêté d’utiliser Microsoft Office » ajoute cependant Patrick, qui précise même que « Outlook a été gardé en frontal de Gmail pour de nombreux utilisateurs ». Les fonctions offertes ne se limitent pas à la bureautique, elles incluent aussi les sites Web et l’Intranet, entièrement hébergé en ligne dans le nuage de Google également. Et la sécurité dans tout cela ? « Il y a [là] moins de dangers qu’à laisser traîner sa clé USB » ajoute philosophiquement Patrick. Il n’a pas tort … Voici une démarche innovante qui méritait d’être soulignée. Plus de détails dans cette interview exclusive de Patrick Barrabé en streaming :

      Transcription de l’interview sur la passage à Google Docs

      Patrick Bonjour, tu travailles pour une grande enseigne jardinerie mondiale 

      Effectivement, je ne peux pas en parler, mais c’est un leader sur le marché.

      Alors cette société fait à peu près 4 à 5.000 personnes dans le groupe.

      C’est ça, entre les intégrés, les franchisés et les affiliés, les magasins qui nous appartiennent et nos magasins franchisés, c’est à peu près le nombre de personnes.

      Et alors? Tu me disais que tu avais fait le choix d’un intranet et d’une bureautique entièrement en ligne sur le cloud?

      Oui, tout à fait. Quand on a changé de DSI, il y a plus d’un an maintenant, le nouveau DSI était assez sensible à toutes les nouvelles technologies. Et dans le cas de la migration d’un intranet.

      Moi, j’ai proposé une solution Google Apps, en l’occurrence au niveau des Google SaaS. Et derrière, tout s’est enchaîné. Le DSI a adhéré à SaaS et il était déjà partie prenante puisque lui, c’est quelque chose qui l’intéressait beaucoup. Il était intéressé par la partie Google Mail, donc on a intégré la totalité de la solution Google Apps au niveau de la communication interne.

      C’est la solution payante. C’est la solution gratuite ?

      C’est la solution payante puisque l’on a plusieurs mis plusieurs centaines de visiteurs. On dépasse les 1800 comptes, je crois créé. Je ne m’occupe pas de la partie, mais c’est le service exploitation informatique qui s’en occupe. Mais c’est la partie payante.

      Oui, et a un coût à l’utilisateur par mois. C’est 40 euros à l’année, c’est très, très faible. Est ce que tu as une idée de l’économie annuelle qui est réalisée grâce à ça?

      Je pense pas qu’on ait fait qu’on ait prévu de faire un effort quand on l’a fait, puisqu’on n’a pas étudié combien nous coûtait avant. Mais on a amélioré de façon sensible la productivité puisque avant, je prends un exemple simple. Mais avant, pour faire remplir des tableaux de charges tableaux de suivi, il fallait envoyer un fichier Excel par mail à 100 magasins. Maintenant, on leur met un document partagé. Les gars le saisissent et le document est envoyé le lundi matin. Le lundi, à 16 heures, il est entièrement rempli. Avant, il fallait une concaténation de personnes qui travaillent dessus et ça mettait 3 jours.

      J’ai une question qui me brûle les lèvres. Est ce que vous avez arrêté complètement d’utiliser la suite Microsoft.

      J’aime bien ce genre de question. Non, nous n’avons pas complètement arrêté d’utiliser la suite Microsoft sur la partie centrale, puisqu’il y a des usages qui font qu’on ne peut pas enlever ça aux utilisateurs. Et même, on a gardé Outlook en frontal de Gmail pour de nombreux utilisateurs pour ne pas les perturber dans leur usage quotidien. Même si derrière, c’est du jamais lassant. Et si un coupe, du coup, subit les contraintes de Gmail ou les avantages de Démé. Par contre, sur la totalité de nos magasins, il y avait déjà eu une amorce de faits sur la partie non direction de l’implantation de d’OpenOffice. Tous les postes qui n’étaient pas des postes de direction, mais on garde quand même le pack Office pour les postes de direction, même si, en pratique, de plus en plus de documents maintenant passent par les Google Docs, notamment tout ce qui est travail collaboratif, documents partagés dans les magasins.

      Finalement, il relativement peu de gens qui utilisent des ordinateurs. Ce n’est pas l’objectif.

      Ou en tout cas, au niveau bureautique. Il y a beaucoup de gens qui utilisent leur ordinateur sur le plan de la gestion des commandes sur toute la partie supply chain SaaS. C’est indispensable pour nous puisque l’on essaie. Justement, on a un gros plan de développement sur cet axe là. Par contre, sur la partie bureautique, assez peu. C’est surtout tout ce qui est les postes de management qui ont accès à ces documents sur lesquels ils font de la saisie. Ils le partage avec les demandes de l’enseigne.

      Alors une dernière chose il n’y a pas que les documents bureautiques et aussi les intranet qui sont carrément en ligne.

      Oui, oui, on est passé d’un intranet propriétaire en PHP MySQL sur des technologies libres que l’on a petit à petit migrer vers les Google. SaaS est alors notre intranet. Il est quasi essentiellement documentaire, avec un peu d’applications dedans. On est en train de développer des applications en utilisant les SDK Google, mais pour l’instant, ça va permettre avant tout documentaire. Et la partie collaborative tient surtout au partage de documents ou l’affichage de comment partager des agendas.

      Alors, le grand intérêt, c’est que n’importe qui peut accéder n’importe où à l’information et n’a pas besoin de VPN et rien Twitter sur Internet. Tu n’a pas peur de fuites d’informations confidentielles?

      Non, parce que de toute façon, les gens sont sensibilisés à l’aspect logging mot de passe. Donc déjà, ils sont vigilants. On a mis un essai SEO au niveau des postes qui nous permet de sécuriser l’ensemble. Et enfin, je pense qu’il est plus sécurisé d’avoir ces informations sur un espace de stockage protégé sur le cloud plutôt que de les avoir sur des ordinateurs ou sur des clés USB ou sur des disques durs qu’on laisse traîner et qu’on oublie et qu’on perd, ou même sur des documents ou des listing que l’on dépose sur un coin de table et qu’on oublie ou dans le TGV.

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