
Sign up to save your podcasts
Or


Leïla Martial est une femme du grand air. Originaire des montagnes de l’Ariège, la vocaliste cultive un goût très prononcé pour le relief, le nomadisme et l’horizon dans sa musique. Certaines plumes bien avisées disent d’elle qu’elle n’a rien d'une ordinaire chanteuse de jazz : elles ont raison ! Le scat, les postures de divas… c’est pas tellement son truc ! En solo ou bien accompagnée, de son groupe Baa Box notamment avec lequel elle sortait le disque Warm Canto (Laborie Jazz), ou au sein de l’Orchestre National de Jazz, Leïla Martial invente son propre langage et chante un jazz libre à l’énergie punk, en mêlant avec l’adresse d’une funambule, à l’aise en altitude, pop et avant-garde. Une soif d’aventures récompensée il y a peu par une Victoire du Jazz.
Pour La Potion, Leïla Martial nous emmène avec elle en voyage : chez les Pygmées Aka dont elle a appris les chants enforestés lors d'un récent voyage au Congo, chez les Inuits ou même en Ariège, où se cultive la consoude, plante chouchou de la pharmacopée des communautés hippies ariégeoises.
Visuel © Sylvain Gripoix
Aujourd’hui dans La Potion, un griot-poète nomade aussi sage qu’impeccablement fou : Denis Péan.
Denis Péan, c’est le chef de meute de Lo’Jo, un groupe angevin qui voyage avec la musique pour passeport, une utopie poétique pour horizon, la tribu, la communauté pour mode de vie et le Tout-Monde pour terrain de jeu de New-York au Mali, de la Norvège au Bénin, de la Muraille de Chine à la Réunion, des milliers d’heures de route au compteur depuis les années 80.
Le 4 décembre prochain, Lo’jo sortira un nouvel album, Transe de Papier, un disque traversé d'inquiétudes à l'égard de notre époque, dans lequel on trouve autant d’empreintes rythmiques et mélodiques que de tampons sur un passeport. Bal poussières de la Réunion, chanson française, détours par l’Europe de l’Est, accents jazz et électroniques, instruments d’Afriques du Nord ou encore musique de chambre. De passage par Paris, Denis Péan se dévoile en magie... vous allez être servis ! Transe littéraire et musicale, rythmes chamaniques et langues anciennes sont au programme de La Potion aujourd'hui.
Aujourd’hui dans La Potion, une artiste franco-vénézuélienne, femme sauvage et louve enforestée : La Chica !
Sophie Fustec alias La Chica trace sa route entre l’Amérique Latine et Belleville à Paris, quartier de cœur dont le cosmopolitisme lui donne l’horizon dont elle a besoin pour fonctionner, créer et donner corps à son imaginaire sur le dos de ses claviers. La Chica a grandi entre la France et le Venezuela, dont elle tient les racines par sa maman. Elle le dit elle-même, pas facile de vivre tous les jours avec cette schizophrénie culturelle, mais ça la nourrit et au fil des années, il semble que la Chica se soit trouvée. On l’a découverte en pilier des polyphoniques 3SomeSisters, puis on l’a suivi, choriste ici pour Yaël Naïm, là un EP, Oasis, en 2017 puis un premier album, Cambio, en 2019.
De Ravel à Radiohead, de Tune Yards à Debussy, c’est une mosaïque d’influences qui veille sur La Chica et pour La Potion aujourd’hui, la musicienne déflore son nouvel album, La Loba, dans les bacs le 4 décembre prochain. La Loba, un disque empreint de magie et de rituels, de rage et de pop endeuillée portées par une aura punk à la Juana Molina, un disque fait de mains qui se frottent et de textures électroniques, où cohabitent guerrière, sorcière, l'œuvre de Clarissa Pinkola Estes (Femmes Qui Courent avec Les Loups), rivières et racines…
Dans la Potion aujourd'hui, Jacky Brown et Ben-J aka Neg'Marrons ! Une visite surprise qui rend La Potion du jour encore plus savoureuse.
Depuis 1995, les Neg'Marrons ont traversé les générations avec des tubes à la croisée du hip-hop, du ragga et du reggae : en tête, Le Bilan bien sûr, un classique des années 2000. Le temps passe, beaucoup de choses ont changé oui mais Jacky Brown et Ben-J n'ont rien perdu de leur humour ni de leur bonne humeur, ni de leur esprit critique !
S'ils ont émergé de Garges-Sarcelles, comme tous les membres du Secteur Ä, les Neg' Marrons convoquent pour La Potion leurs racines congolaises et cap-verdiennes, dénoncent les conséquences de la colonisation pour la transmission des pratiques rituelles ou traditionnelles, dévoilent leurs petits secrets de pharmacopée naturelle et musicale aussi... Pour eux, "la musique de Bob Marley peut tout guérir", alors on monte le son et sans modération dans La Potion !
Aujourd’hui dans La Potion, le congorockeur Lova Lova !
Kinshasa la bouillonnante enfante bien des talents ça vraiment, ce n’est plus à prouver…
Surnommé Maître Tonnerre pour son rock très musclé, Wilfried Luzele alias Lova Lova n’a ni la langue ni les watts dans sa poche, marchant dans les pas de son aîné Jupiter Bokondji. Cette gouaille électrique, on la découvrait sur Kizobazoba en 2018, une fureur rock dont vous pourrez de nouveau vous saoûler jusqu’à plus soif prochainement puisque Lova Lova s’apprête à sortir un nouvel EP, Mutu Wa Ngozi, le 4 décembre prochain.
Drapé dans une cape rouge de prophète du turfu, Wilfried Luzele dénonce dans ses textes corrosifs, avec sa voix de chanteur de heavy metal, la corruption, la néo-colonisation, la pollution de sa ville chérie Kinshasa, mais aussi les pasteurs qui profitent de la crédulité de leurs ouailles, poussant à la marge les "shégués", les enfants sorciers, souvent jetés à la rue par leur propre famille. Dans son fief de Bandal, Lova Lova les a pris sous son aile, sortant avec eux un disque intitulé Mokili Na Poche. Après s’être illustré au Jazz Kif Festival à Kinshasa en 2019, puis Festival de Cinéma de Douarnenez, au Zorba ou encore à l'exposition Kinshasa Chronique à la Cité de l’Architecture à Paris, Lova Lova est venu faire un petit tour à Nova… en attendant l’heure de son concert, ce vendredi soir à 20h, au FGO Barbara à Paris, dans le cadre de la première édition, hélas digitale, du festival défricheur et curieux Ici Demain.
Aujourd’hui dans La Potion, Judah Roger nous donne la recette du fire wattah de Winston McAnuff : ail, miel et jus de noni fermenté... attention ça décoiffe !
Judah Roger est journaliste, un passeur connexionneur spécialiste des musiques jamaïcaines, reggae en tête, ce qui explique qu'on le retrouve souvent dans Néo Géo de Bintou Simporé, pour des chroniques, des classicos ou encore des world mix parfaits à l’heure du brunch chaque dimanche. Judah Roger est aussi ce qu’on appelle un serial DJ, maître des platines de Chambre Noire, l’émission de live de Radio Nova présentée tous les mercredis par Reza Pounewatchy.
Aujourd’hui dans la Potion, un saxophoniste charismatique, un agitateur du jazz contemporain : Jowee Omicil.
Les racines de Jowee Omicil sont à Haïti, mais le musicien, fils de pasteur, est né à Montréal au Québec. Après avoir étudié et vécu à New-York, où il devient sideman de Roy Hargrove, aujourd’hui Jowee Omicil partage sa vie entre Paris et Miami - et il se murmure, en coulisses, qu’il n’exclut pas tout à fait poser un jour quelques valises du côté de l’Afrique. Jowee Omicil nourrit son jazz nomade de ses racines créoles, de hip-hop, de gospel, de soul, de touches classiques et des folklores du Tout-Monde, se renouvelant au gré de ses rencontres… et elles sont nombreuses ! Après les albums Let’s Bash et Love Matters en 2018, Jowee Omicil se prépare à sortir Y Pati le 11 décembre prochain, un disque conçu en duo avec le pianiste Randy Kerber, rencontré sur le tournage de la série The Eddy de Damien Chazelle sur Netflix. De passage à Nova pour l’enregistrement d’un live avec Randy Kerber pour le Salon de musique de Néo Géo de Bintou Simporé, Jowee Omicil a bien voulu se prêter au jeu de La Potion...
Une Potion faite de racines, de rhum haïtien et de bonne humeur !
Visuel © Renaud Monfourny
Aujourd’hui dans La Potion, une artiste complète, musicienne et comédienne, une sorcière contemporaine : Estelle Meyer !
Récemment, vous avez certainement adoré Estelle Meyer dans le rôle d'Alex, une jeune femme ardente, dans la saison 4 de la série 10% sur France 2. Pharaonne pour Arte, reine des fées ou cheffe de guerre au théâtre, samouraï libre au cinéma ou encore Dracula pour l'Orchestre National de Jazz, Estelle Meyer incarne souvent des femmes puissantes. Musicienne, Estelle Meyer a aussi sorti « Sous ma robe, mon cœur » en 2019, des chansons réunies dans un livre-disque aux éditions Riveneuve Archimbaud et dans un spectacle du même nom.
Pour La Potion, sœur chamane Estelle Meyer se dévoile en magie : depuis l'enfance, elle malaxe les pouvoirs magiques des mots, elle honore le règne animal et le monde végétal, danse pour la lune et caresse l'invisible. Bonus, Estelle Meyer n'est pas venue seule... Grâce à son tambour chamanique et le livre Techniciens du Sacré (ed. Corti), l'artiste nous a offert une Potion généreuse, 100% fait maison !
Crédit © Fred Chapotat
Aujourd’hui dans La Potion, nous partons prendre l’air en Italie du Sud à la (re)découverte de la tarentelle, une musique de transe qui vous fera danser comme des possédé.e.s !
Originaire du Golfe de Tarente en Italie du Sud, la tarentelle se danse avant tout : appelée pizzica, cette danse très vive s'accompagne traditionnellement d'un tambourin. Au fil des saisons, la tarentelle a essaimé de la Sicile à Napoli mais, si ses formes sont multiples, elles ont toutes en commun un rythme ternaire, comme c'est le cas dans la majorité des musiques de transe, du gnaoua au maloya réunionnais.
L'Histoire raconte que les tarentelles sont des danses paysannes qui ont émergé dans le sud de l’Italie vers le 14e siècle mais plus que des danses festives, les tarentelles sont aussi des rituels thérapeutiques. Car de tarentelle à tarentule, il n’y a qu’un petit pas à faire… Cette danse extrêmement effrénée sert à exorciser le mal provoqué par les morsures de tarentules. En dansant jusqu’à la transe, en transpirant, le tarantolato - celui qui a été mordu - finit par suer tout le venin de l’araignée. Une danse thérapeuthique donc, qui s’est un peu perdue au fil des générations, comme de nombreuses traditions paysannes.
Heureusement, l’anthropologue italien Ernesto De Martino commence à s’intéresser à la tarentelle à la fin des années 50, un rituel musical que l’ethnomusicologue français Gilbert Rouget désigne carrément comme un culte de possession. Il n’y a pas qu’une tarentelle dans le sud de l’Italie, il y en a toute une famille mais elles ont toutes en commun d’avoir un rythme ternaire, comme la majorité des musiques de transe, du gnaoua au maloya réunionnais. Plus étonnant, certains compositeurs classiques, des pianistes surtout, se sont inspirés de la tarentelle au 19e siècle, c’est ainsi qu’on la retrouve dans les répertoire de Rossini, Chopin, Debussy ou encore Franz Liszt.
Aujourd’hui, le répertoire de la tarentelle est toujours très vivant et largement renouvelé grâce à des groupes locaux tels qu’Officina Zoé mais aussi grâce à un festival, La Notte della Taranta, un festival qui anime chaque année les nuits estivales de Salento au Sud de l’Italie. Depuis 1998, l’évènement est dédié à la redécouverte et à la valorisation de la musique traditionnelle de la région des Pouilles. Le festival confie chaque année à un compositeur la tâche de créer une pièce originale autour de la tarentelle. En 2015, c’est le musicien turinois Ludovico Einaudi qui s’y est collé : il a passé plusieurs mois avec les 90 musiciens de l’Orchestre Populare de la Notte della Taranta pour composer Taranta Project, un album qui nous plonge au cœur d’un monde de mythes et de légendes, tout en restant ouvert sur le monde puisque le compositeur invite notamment le violon riti du griot gambien Juldeh Camara et le maître de la kora Ballaké Sissoko.
La tarentelle, une bonne recette si jamais vous êtes piqué.e.s par une tarentule, également tout à fait recommandée si vous avez envie de vous défouler un bon coup : dans tous les cas, la tarentelle vous fera du bien !
Aujourd’hui encore dans La Potion, je vous propose d’aller prendre l’air en Sibérie, à la découverte du patrimoine musical du peuple Yakoute. Après un premier épisode consacré aux rituels chamaniques des Yakoutes, voyons ce que ces musicien.ne.s des grands espaces fabriquent aujourd'hui !
Les chamanes "musiquants" (selon l'expression de l'ethnomusicologue Gilbert Rouget) se font rares en Sibérie, en fait ils se cachent même selon l'ethnomusicologue Henri Lecomte, traumatisés par les persécutions du régime soviétique qui a notamment affrété des trains entiers pour les envoyer au goulag. Néanmoins depuis la Perestroïka, les rites, les croyances et les musiques chamaniques ont retrouvé un certain droit à l’expression.
Incorporant des sonorités actuelles aux spécificités de leur musique traditionnelle, aujourd'hui la nouvelle génération des peuples sibériens innove : punk-rock chez Yat-Kha, expérimentale chez Sainkho Namtchylak surnommée la "Björk des Steppes", instrumentale chez le maître du khomus Spiridon Shishigin ou encore électronique chez Zarina Kopyrina et son duo Olox... La musique des Yakoutes envoient les watts !
From the publisher's feed
Dans La Potion, Jeanne Lacaille explore les mondes invisibles de ses invité.e.s. Une expérience initiatique, sensorielle et mystique pour découvrir une nouvelle facette de vos artistes…
Au programme de cette formule désormais hebdomadaire et augmentée : spiritualité et magie, musiques rituelles, musiques du vivant et musiques sorcières, rythmes thérapeutiques, transes traditionnelles ou contemporaines, ancestralités, ésotérisme, transmission et pharmacopées alternatives.

227 Listeners

9 Listeners

13 Listeners