La Story Nostalgie

La Story Nostalgie

By Nostalgie BelgiqueMusicMusic History
Download on the App Store

La Story Nostalgie episodes

  • Kate Bush: La voix des fantômes et le secret de « Babooshka »
    Dès ses premières compositions d'adolescente, Kate Bush se distingue par une maturité et une approche artistique singulières : elle ne se contente pas de tenir un journal intime en musique, mais écrit ses chansons comme si elle se glissait littéralement dans la peau de personnages. Son univers est peuplé de voix, de silhouettes et d'êtres qui semblent parler à travers elle, une caractéristique qui puise ses racines dans la maison familiale où les livres et la poésie comptaient autant que la musique. Imprégnée d'une vieille culture britannique faite de fantômes et de récits gothiques, et peut-être influencée par le goût de sa mère irlandaise pour les histoires et le mystère, elle ne se contente pas d'être une lectrice d'Emily Brontë. Pour son premier succès mondial, elle choisit de chanter depuis l'intérieur des pages des Hauts de Hurlevent, incarnant totalement l'héroïne.

    Cette capacité à créer des fictions sonores théâtrales et incarnées explique pourquoi Kate Bush continue de toucher les adolescents de toutes les générations : elle sait donner une forme aux émotions qui les dépassent. Son audace l'amène à traiter des thèmes d'une grande complexité, bien loin des préoccupations habituelles de la jeunesse. C'est le cas du titre « Babooshka », où elle se met dans la peau d'une femme mûre testant la fidélité de son mari par une lettre anonyme. Par son interprétation fulgurante et son sens du jeu, elle apporte à ces récits de vie intenses une jeunesse insolente qui a définitivement marqué l'histoire de la pop.
    5 min
  • Kate Bush: Son incroyable métamorphose dans l'ombre avant l'éruption pop
    À 16 ans, Kate Bush possède déjà une voix et un univers singulier, peuplé d'ombres et d'émotions, mais il lui manque encore la méthode pour faire entrer ses créations dans la vie du public. Contrairement aux pratiques habituelles de l'industrie musicale des années 70, qui cherche à vendre rapidement des visages et des silhouettes, la maison de disques EMI prend une décision déterminante pour sa carrière : comprendre la rareté de son talent et refuser de se précipiter. Au lieu de l'envoyer immédiatement en studio ou devant un objectif au risque de "l'abîmer", le label choisit de financer son attente.

    Cette période de retrait, loin d'être une frustration, devient pour la jeune fille un véritable chantier de création monacal. Entre son piano familial et sa grange dans le Kent, elle continue d'accumuler des chansons, mais elle réalise surtout qu'une œuvre ne doit pas seulement être chantée, elle doit être habitée. C'est là qu'intervient une rencontre fondamentale avec Lindsay Kemp, danseur et chorégraphe de renom ayant notamment travaillé avec David Bowie.

    Sous la direction de ce maître du mouvement et du théâtre, Kate Bush apprend que le corps raconte autant que les mots. Elle consacre alors ses journées à un entraînement rigoureux — la danse le matin, le mouvement l'après-midi et le piano le soir — pour se fabriquer un langage complet. Grâce à ce travail intensif dans l'ombre, elle ne surgira pas sur la scène pop comme une simple chanteuse prometteuse, mais comme une artiste totale, possédant une grâce et une manière d'apparaître absolument inédites.
    4 min
  • Kate Bush: Le pari fou de David Gilmour pour lancer une icône
    Dans les années 70, la famille Bush utilise un enregistreur deux pistes pour capturer les créations de la jeune Cathy, qui possède déjà un répertoire impressionnant de 50 chansons originales à seulement 13 ans. Convaincu de son talent, un ami de la famille, Ricky Hopper, tente de faire écouter ces bandes aux professionnels, mais se heurte à l'incompréhension des labels. À l'époque, l'univers de l'adolescente est jugé trop singulier par rapport aux standards de David Bowie ou des Jackson 5, et le fait qu'une jeune fille écrive ses propres textes est perçu comme une totale nouveauté par l'industrie.

    Le destin de l'artiste bascule lorsque Ricky Hopper sollicite son ami David Gilmour, le guitariste de Pink Floyd. En plein enregistrement de The Dark Side of the Moon, Gilmour prend le temps d'écouter la jeune fille et comprend immédiatement que le problème réside dans la qualité technique des micros familiaux et non dans la composition. Sur ses propres deniers, il organise une session professionnelle au Air Studio pour permettre à Kate, alors âgée de 15 ans, d'enregistrer une bande de qualité.

    Malgré cette première tentative, le succès n'est pas immédiat. Persévérant, David Gilmour « remet le couvert » deux ans plus tard, après sa tournée mondiale, en entourant Kate des meilleurs ingénieurs du son, venus de l'école des Beatles et d'Alan Parsons. Cette fois, à 17 ans, la maturité de l'artiste est telle que le patron d'EMI finit par la signer. Les titres enregistrés lors de cette session se retrouveront sur son premier album trois ans plus tard, dont un morceau qui se vendra à un million d'exemplaires rien qu'en Grande-Bretagne, confirmant l'intuition géniale du guitariste de Pink Floyd.
    5 min
  • Kate Bush: La prodige de 13 ans qui a subjugué le guitariste de Pink Floyd
    Contrairement à la plupart des grands créateurs qui passent leur adolescence à imiter leurs influences, Kate Bush a fait de sa jeunesse un véritable « atelier intérieur ». Dès l’âge de 11 ans, elle commence à chanter et à s’approprier le piano, mais ce qui frappe le plus, c’est la maturité immédiate de ses écrits. À seulement 13 ans, elle compose déjà des chansons qui ne sont en rien des brouillons scolaires ou des textes « mignons » inspirés par la radio de l’époque,. Elle explore des thèmes ambigus et complexes, bien trop adultes pour une jeune fille de son âge.

    L'un des exemples les plus frappants est la chanson « The Man with the Child in His Eyes », écrite alors qu'elle n'avait que 13 ans. Elle y raconte l'histoire d'un homme mystérieux présent dans sa chambre, que personne d'autre ne voit, mais à qui elle confie tout son amour en secret. La qualité inédite de cette composition, de sa voix et de son interprétation a littéralement subjugué David Gilmour, le guitariste de Pink Floyd, alors au sommet de sa carrière avec The Dark Side of the Moon. Ce titre est d'autant plus exceptionnel qu'il fut enregistré par Kate à seulement 16 ans et qu'il réussit l'exploit de devenir son deuxième tube mondial, succédant au phénomène « Wuthering Heights ». Même un demi-siècle plus tard, la force artistique d'une telle précocité continue de paraître presque impossible.
    5 min
  • East Wickham Farm: le secret des murs de 400 ans qui ont forgé la légende de Kate Bush
    Si Kate Bush continue de fasciner les nouvelles générations au XXIe siècle, ce n'est pas seulement le fruit du hasard ou d'une utilisation de ses titres dans des séries télévisées ; c'est avant tout parce que sa musique parle à l'âme profonde de la jeunesse. Pour comprendre comment cette jeune fille de 19 ans a pu imposer un univers aussi mature et décalé en pleine période disco et punk, il faut remonter à ses origines dans la banlieue londonienne, à East Wickham Farm. Cette ferme du XVIIe siècle, acquise par son père médecin, offrait avec ses murs vieux de 400 ans et ses colombages un cadre idéal pour l'éclosion d'un imaginaire digne des romans gothiques anglais.

    Le parcours de Catherine est indissociable d'une atmosphère familiale exceptionnelle. Contrairement à de nombreux foyers où l'on cherche à « redresser » un enfant trop original, la famille Bush a laissé à la jeune fille la permission rare d'être singulière sans jamais chercher à la corriger. Autodidacte au piano dès l'âge de 11 ans, elle jouait également de l'orgue dans une grange derrière la maison, un lieu où elle voyait sans doute des êtres étranges.

    Cet environnement, où le monde invisible circulait librement, a permis à l'adolescente d'écrire, dès l'âge de 13 ans, des chansons peuplées d'ombres et de personnages oniriques. Son univers n'a pas été conçu pour satisfaire l'industrie musicale, mais est né naturellement d'un lieu où l'imaginaire était déjà omniprésent. Il n'est donc pas étonnant que sa famille l'ait d'abord surnommée « Cathy », en référence à l'héroïne des Hauts de Hurlevant, avant que le monde entier ne la découvre sous le nom de Kate Bush.
    4 min
  • «Love Me Tender» : le pari d’un producteur & Elvis à Holywood
    C’est au printemps 1956 qu’Elvis Presley devient célèbre à travers toute l’Amérique. Il vend des disques, les adolescentes s’emballent, mais du côté des adultes, et surtout des décideurs, on regarde tout cela avec une certaine distance, avec suspicion, comme si ce succès n’allait pas durer au-delà de l’été.

    À Hollywood, particulièrement. Ainsi du grand producteur, Hal Wallis, qui a déjà derrière lui des classiques comme Casablanca. Il en a vu défiler des talents, des vrais, des faux, et tous ceux qui se situent quelque part entre les deux. Et donc, lorsqu’on lui propose de rencontrer Elvis Presley, il accepte, simplement pour voir de ses propres yeux ce phénomène dont tout le monde parle.

    Elvis arrive pour un essai caméra avec ses vingt et un ans, son costume impeccable, sa coiffure déjà reconnaissable, mais aussi avec cette manière un peu maladroite d’être là. Dès qu’il parle, son accent du Sud tranche avec celui des acteurs avec qui Wallis a l’habitude de travailler.

    Alors on lui donne un texte. Elvis le lit avec application, il essaie de jouer, de se tenir comme on l’attend d’un acteur, mais tout cela reste un peu fragile. Ce n’est pas que c’est mauvais, hein, c’est pas ridicule, mais à la fin du bout d’essai, pour Wallis, Elvis Presley n’est pas un acteur.

    Toutefois, il ne ferme pas complètement la porte, car derrière l’absence de métier, il a perçu quelque chose de plus difficile à définir, une présence peu commune, une manière d’occuper l’espace qui n’est pas encore maîtrisée mais qui ne passe pas inaperçue.

    Il compte donc laisser le temps faire son travail, mais voilà, le temps joue en faveur d’Elvis dont la notoriété ne cesse de grandir, notamment grâce à la télévision où chacune de ses apparitions déclenche des réactions de plus en plus fortes, au point que ce garçon que certains prenaient pour une curiosité devient progressivement un sujet qu’on ne peut plus ignorer, même à Hollywood.

    Lorsque son nom revient sur la table, quelques semaines plus tard, le contexte a changé, et Wallis, qui n’est pas homme à passer à côté d’un phénomène qui s’installe, décide cette fois de tenter l’expérience en encadrant les choses, en ne lui donnant pas immédiatement un rôle écrasant, mais en l’intégrant dans un projet qui permettra de tester sa présence à l’écran.

    Ça va tâtonner au départ parmi les scénarios proposés, Elvis demande un rôle à texte, un personnage sombre, il veut qu’à l’écran, on le prenne au sérieux. Mais son manager n’est là que pour vendre du disque, alors, pour qu’Elvis joue, il faut qu’il chante, c’est ça que le public attend.

    Ce film s’appelle Love Me Tender, et il marque le début d’une carrière que personne, à cet instant précis, n’est encore capable de mesurer, pas même Elvis qui rêve de devenir un nouveau James Dean. Il va juste être Elvis Presley, le chanteur d’exception, celui par qui tout est arrivé et qui pouvait tout chanter. Même avec des interprètes nés trop tard pour rêver d’un duo avec lui. Car qui n’aurait pas voulu chanter avec Elvis ?
    5 min
  • Las Vegas, le premier échec d'Elvis Presley, le king
    A la sortie du premier album d’Elvis Presley, son manager Tom Parker a réussi un joli coup en le plaçant à Las Vegas pendant un mois et pour une belle somme d’argent. Le voilà qui débarque, 21 ans tout juste, au New Frontier Hotel avec sa guitare. Impressionnant en effet, cette reproduction de lui en version 4 mètres de haut. Même en noir et blanc, ça le fait.

    Mais bon, malgré que son single soit un tube, le contrat ayant été conclu en dernière minute, Elvis n’est pas en tête d’affiche, il a beau être annoncé comme The Atomic Powered Singer, les gens sont venus dîner en écoutant l’humoriste Shecky Greene et la musique de l’orchestre de variétés de Freddy Martin. C’est une salle de mille places mais avec des tables, nappes blanches, verres qui brillent, et autour des couples endimanchés. Et donc, pendant que Elvis chante, se contorsionne, les conversations continuent, les fourchettes et les couteaux font tinter les assiettes, un type demande du pain, un autre du pinard.

    Ah le jeune homme a fini sa chanson, alors on l’applaudit, sans plus, et encore, pas tout le monde. Revenus en coulisses, aucun des musiciens ne pipe un mot, surtout devant Elvis. Voilà qui est radicalement différent du public de jeunes filles auquel ils sont habitués, celui qui vient hurler sur le devant de la scène. Si c’est comme ça tout à l’heure, car oui, il va falloir y aller deux fois par soir, pendant un mois : ça va être long.

    Et de fait, c’est rebelote ! Les gens sont polis mais ils n’en ont rien à battre d’Elvis Presley. Alors voulant rattraper le coup le lendemain, il écoute les conseils de tous les vieux de la vieille qui savent y faire avec le public des casinos : il ralentit le rythme et surtout bouge moins, parle davantage par contre, tente une blague, une imitation. Il essaie de rentrer dans le moule de Vegas. Mais on ne demande pas à un moteur de course de tourner au ralenti. Au bout de quelques jours, le découragement s’installe.

    Entre deux shows, on le retrouve à la piscine de l’hôtel avec ses musiciens. Allongé, discret. Les clients passent à côté de lui sans le reconnaître. Le soir, ils vont manger pendant qu’il chante pour occulter le silence qui règne sur les tables entre les vieux mariés.

    Et pourtant, pendant ce temps-là, Heartbreak Hotel est numéro un. Elvis a fait un saut jusqu'à Hollywood pour signer un contrat mirobolant avec la Paramount, bref l’Amérique commence à basculer. Mais pas ici. Elvis quitte Vegas début mai, avec deux semaines d’avance sur le contrat.

    Faut-il y voir la raison pour laquelle on va désormais avoir droit à un Elvis déchaîné devant les caméras de télévision, choquant l’Amérique des parents, du moins une bonne partie, occupant tous les sujets de conversation : a-t-on déjà vu un type aussi animal, dégradant, avec sa musique de sauvages ?

    En tout cas, il ne s’en laisse pas compter quand, de retour à Memphis, il retrouve ses admiratrices. Un GI vient ainsi l’apostropher dans la rue alors qu’il se trouve dans sa voiture, il frappe la carrosserie des deux poings, exhibant ses biceps et hurlant, alors Elvis, il paraît que tu te tapes ma copine ? Elvis baisse la vitre de sa voiture laissant apparaître le canon d’un revolver. Retraite rapide de l’agresseur mais dépôt de plainte. Voilà Elvis devant le juge qui, se tournant devant le plaignant, blâme le GI de n’être pas capable de faire la différence entre une arme et un jouet. Non lieu. Fin de l’histoire.
    5 min
  • Qui était Elvis Presley avant de devenir une légende ?
    Septante ans, jour pour jour, après la sortie du premier single américain d’Elvis Presley, on mesure le temps, l’abîme qui nous sépare des grands débuts du rock’n’roll. Des grands débuts qui n’étaient pourtant pas ceux d’Elvis qui a bien sûr eu une vie avant, et pas seulement privée, je vous raconte.

    Déjà, il est né une vingtaine d’années plus tôt, en 1935, dans la campagne du fleuve Mississippi alors frappée par la grande récession. Elvis ne vient pas seul au monde d’ailleurs, il a un frère jumeau, Jesse, qui malheureusement meurt quelques heures plus tard.

    Qui pour dire que l’enfant de cette famille pauvre va rendre le nom de la ville de Tupelo célèbre dans le monde entier pour les décennies à venir ? Car c’est là qu’il apprend le chant dans la chorale du temple de l’église pentecôtiste ; Elvis est bercé par le gospel et la country, à cheval sur les deux communautés du sud des Etats-Unis.

    Les choses sérieuses commencent pour lui en 1948 quand il déménage avec ses parents vers Memphis. Le père travaille à l’usine, désormais, on ne se contente plus de survivre mais de vivre, tout simplement. 

    Cinq ans plus tard, Elvis a dix-huit ans. Dans la grande école qu'il fréquente, il a remporté le concours du Nouveau talent en chantant seul avec sa guitare. Chanter est depuis toujours une seconde nature pour Elvis. Même si son rêve est de faire du cinéma. Ayant réussi brillamment ses études, Elvis voudrait aller à l'université mais il doit y renoncer. Ses parents n'en ont pas les moyens. Aussi décide-t-il de travailler comme routier.

    Mais le 27 juillet 1954, le voilà qui débarque dans les bureaux d’un journal local pour y donner sa première interview en tant que chanteur professionnel. Oh ne nous emballons pas, il est venu sur le temps de midi pendant sa pause chez Crown Electric. Il a en effet enregistré un premier single chez Sun Records, la firme de disques locale, alors il s’entretient avec un journaliste qui se souviendra surtout de sa politesse, de ses “oui, monsieur” et de sa timidité.

    On tire un portrait de lui, Elvis a enfilé un beau costume et porte le nœud papillon du garçon bien comme il faut, seul son regard traduit le feu intérieur qui va bientôt enflammer le monde. Mais de nouveau, qui pour le savoir dans le bureau de ce journal, sur les rives du Mississippi. L’article paraîtra dix jours plus tard, alors que le disque passe régulièrement sur la radio de Memphis, suscitant déjà des premiers émois. Au fil des galas le week-end, de ville en ville, la voix d’Elvis prend de l’assurance pour, en ce printemps 1956, passer la vitesse supérieure, à l’échelle d’un pays grand comme un continent. Car ça y est, cette fois, on entend la voix à la radio et on voit le déhanchement d’Elvis Presley à la télé, d’un océan à l’autre.
    4 min
  • 1956 : Elvis, la première onde de choc
    Que ce soient les Beatles, les Rolling Stones, un président des Etats-Unis, premier ministre britannique, ils se souviennent tous de ce qu’ils faisaient quand ils ont entendu à la radio pour la première fois, Elvis Presley. C’était il y a 70 ans, déjà, Elvis avait 20 ans, eux, 13, 14, 15 et le monde ne serait plus jamais pareil car personne avant lui, n’avait livré une chanson comme celle-là.

    Il n’y a ni violons, ni choristes, le chanteur n’articule pas très bien, il y a un tas de mots que les jeunes Anglais ne comprennent pas MAIS ça sonne ! Même les silences dans ce morceau dépouillé et bluesy, sonne ! Et instantanément, le premier 45 Tours national d’Elvis et puis le premier album font un malheur en le hissant au niveau de Frank Sinatra, Elvis sera bien vite le roi de la place.

    Et pourtant, n’allez pas croire qu’en coulisses, les patrons de sa toute nouvelle maison de disques, RCA, et Tom Parker, son manager, sont surpris de ce qui arrive. Ce qui se passe n’est pas inédit pour eux car il a déjà eu lieu.

    En effet, en ce mois de mars 1956, Elvis n’est pas un inconnu dans le sud des Etats-Unis. Son premier tube local remonte à 1954 et l’année suivante, on en est déjà aux premiers incidents. Car c’est là, sur scène, qu’il se passe quelque chose avec le public, des filles principalement, qui entrent en transe en le voyant onduler sur scène. Ça devient d’ailleurs inquiétant, non ?

    Mais pas pour Elvis, tout juste vingt ans, qui le soir du 13 mais 1955, joue à Jacksonville, en Floride. Après avoir électrisé une bonne partie des 14.000 spectateurs, il les quitte en disant : les filles, je vous attends au vestiaire. Et là, un vaste bourdonnement, obsédant se fait entendre, juste avant la ruée vers la scène et tout ce qui se trouve autour. Tout est submergé !

    Elvis, comprenant la menace, déguerpit mais la marée humaine roule plus vite que lui. Dans la course, des ongles, des doigts tentent de le saisir, la police intervient, le libère et l’enferme dans le sous-sol d’un immeuble où Parker et l’organisateur font les comptes.

    La chemise en lambeaux, sans chaussures, ni chaussettes, Elvis arbore un torse nu et griffé. Ses traits trahissent l’effroi suite à ce déchaînement de passion violente, une frayeur d’autant plus justifiée que la foule en furie est à présent dans le bâtiment, il y a des fenêtres ouvertes, à cause de la chaleur. Et on entend des cris, Elvis !, Elvis !, du brouhaha, des portes qui claquent, des meubles qui tombent, ils sont des centaines à être entrés et à chercher leur nouvelle idole, qui les as invités, il faut le rappeler.

    Alors oui, ils savent tous ce qui va se passer, à la radio quand les filles vont l’entendre, à la télé quand elles vont le voir onduler lascivement derrière son micro. Une nouvelle époque vient de commencer.
    4 min
  • 1956 : le premier album d'Elvis fait basculer le monde
    C’était un 23 mars 1956, que sortait le premier album d’Elvis Presley. Un portrait en noir et blanc en plein mouvement avec sa guitare, chantant sur scène, son prénom en grandes lettres roses verticales sur la gauche et son nom en vert au bas d’une pochette de 30 cm, l’image va devenir d’autant plus iconique qu’il s’agit du premier album à être N°1 et à franchir la barre du million d’exemplaires.

    Il a été précédé de quelques jours par un 45 Tours intitulé Heartbreak Hotel qui ne figure pas sur l’album, comme on le fait à l’époque. Et les deux disques vont s’épauler dans leur course folle au sommet des classements et des rayons des disquaires.

    70 ans, vous vous rendez compte, que débarquait un homme d’un nouveau genre, le rocker, qui interprétait de manière survoltée, incarnée, la musique que jouaient déjà des Bill Halley ou Chuck Berry. Et cette félinité qui est alors du jamais vu dans l’attitude d’un chanteur va provoquer une véritable déflagration au point de créer un nouveau monde : celui des adolescents.

    Vrai, une véritable folie s’empare des enfants d’Amérique lorsqu’Elvis apparaît à la télévision ou passe à la radio. Et que dire de ses prestations sur scène. On leur avait appris à être sages, à bien se tenir en société et les voilà qui s’agitent et hurlent. Mais quelle horreur ! Ce type est un démon, un moins que rien !

    La rupture est consommée, les jeunes et leurs parents ne se comprennent plus. Les filles sont folles d’Elvis, les garçons veulent l’imiter. De Los Angeles à Paris, en passant par Liverpool et Londres, ils sont des milliers à monter leur groupe de rock ou à l’imiter sur la scène d’un cinéma, une guitare à la main, avant le grand film.

    Paul McCartney, Johnny Hallyday, Michael Jackson, Freddie Mercury, Bruce Springsteen, Bono de U2, ils ont tous chopé le virus à cause d’Elvis, et ça a commencé avec ce premier et incroyable album, paru en mars 56, c’était il y a une éternité, et pourtant c’était comme si c’était hier. Car on est bien d’accord, tout ce qui s’est passé après, de la folie de la Beatlemania aux hordes chantantes des fans d’Oasis, n’est que la conséquence de l’apparition de cette tornade faite homme.

    John Lennon, lui-même, a dit : Avant Elvis, il n’y avait rien. Et ça reste vrai. Même s’il n’a rien inventé, n’a été qu’un interprète et a connu une fin de carrière très discutable, sans Elvis, véritable bombe lâchée au milieu des bien pensantes et proprettes années 50, la musique que nous écoutons aujourd’hui ne serait vraiment pas pareille.

    Alors remettons-nous dans l’esprit de ces années 50, vous le voyez l’électrophone familial au milieu d’un modeste salon ? C’est celui des Dwight, en banlieue londonienne. Ils adorent la musique, le père, c’est le jazz, la maman, tout ce qui sort, c’est pour ça qu’elle a acheté ce disque dont tout le monde parle. Et voilà qu’elle pose l’aiguille sur le sillon avec, se tenant derrière elle, son garçon de neuf ans qui ne va pas en perdre une miette. Dans quelques secondes, la vie du petit Reginald, futur Elton John, va basculer.
    4 min

About La Story Nostalgie

From the publisher's feed

Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en…

More shows like La Story Nostalgie

Laurent Gerra by RTL

Laurent Gerra

127 Listeners

Affaires sensibles by France Inter

Affaires sensibles

239 Listeners

Grand bien vous fasse ! by France Inter

Grand bien vous fasse !

73 Listeners

L'angle éco de François Lenglet by RTL

L'angle éco de François Lenglet

24 Listeners

Les Clés by RTBF

Les Clés

4 Listeners

L'œil de Philippe Caverivière by RTL

L'œil de Philippe Caverivière

57 Listeners

Entrez dans l'Histoire by RTL

Entrez dans l'Histoire

129 Listeners

LEGEND by Guillaume Pley

LEGEND

167 Listeners

Scandales by Madame Figaro

Scandales

24 Listeners

La face sombre de l'Histoire by RTL

La face sombre de l'Histoire

15 Listeners