La Story Nostalgie

La Story Nostalgie

By Nostalgie BelgiqueMusicMusic History
Download on the App Store

La Story Nostalgie episodes

  • Great Singer Great Actor : Lady Gaga (Episode 5)
    Même si on l’a peu vue au cinéma, Lady Gaga est aujourd’hui considérée comme une grande actrice, c’est une évidence. Qu’elle soit la partenaire déjantée de Joaquin Phoenix dans le second volet du Joker en est la preuve. Pourtant au départ, il ne s’agit que “entre guillemets” de la chanteuse la plus spectaculaire du XXI° siècle, la plus excentrique des musiciennes dont on se souvient des tenues vestimentaires qui ont plus d’une fois pulvérisé les limites du mauvais goût. Alors qu’elle soit à l’affiche de la cinquième saison de American Horror Story n’étonne personne. Il faut cependant être fan de ce genre de cinéma pour constater que la chanteuse a un don. Elle est certes en plein dans le registre où on l’attend mais n’empêche, c’est pas Schwarzenegger au féminin, si vous voyez ce que je veux dire.

    Et puis, on sait qu’elle peut faire preuve de nuance, comme son duo jazz avec Tony Bennett. Et voilà que ce soir de 2016, l’acteur Bradley Cooper, la nouvelle coqueluche d’Hollywood, le plus sérieux concurrent de Brad Pitt, assiste à une soirée pour la recherche contre le cancer. Grande figure du monde caritatif, Lady Gaga est aussi présente mais sur scène, où elle interprète La vie en rose. Ça vous dit quelque chose, hein ? Et là, en la voyant, Bradley Cooper craque. Car ce qu’on ignore, c’est qu’il tient des mains de Clint Eastwood, producteur, la réalisation d’un énième remake du mythique A star is born. Le son de sa voix, ses gestes, c’est elle ! Bradley tient sa partenaire. Rendez-vous est pris chez elle pour en discuter. Elle lui a préparé un spaghetti bolognese, ils ont tous deux des origines italiennes, ça leur fait d’emblée un sujet de conversation.

    Mais on ne pourra pas jouer ensemble si on n’est pas capable de chanter en duo. Lady Gaga s’installe au piano. Qu’est-ce que tu connais comme chanson ? Et les voilà partis.

    Et alors qu’on croirait que le casting, c’est Bradley Cooper qui est en train de le faire passer, c’est Lady Gaga qui se trouve être impressionnée par la façon de chanter de l’acteur. Mais tu es une vraie rockstar, le public va marcher à fond, ça va être un succès.

    Oui, c’est pour ça qu’on va tout enregistrer en prise directe, dit-il, pas de playback. Mais il y a autre chose, il va falloir que tu tournes sans maquillage. Nature. C’est évidemment le plus dur à faire passer car c’est le travestissement, le costume de Lady Gaga qui permet à Stefani de vaincre sa timidité. Là, elle va devoir être elle-même. Le résultat, vous le connaissez : une véritable révélation. Ce jour-là, une nouvelle star est vraiment née, ce n’est pas Lady Gaga mais bien Stefani Germanotta.
    4 min
  • Great Singer Great Actor : Patrick Bruel
    14 juin 1978, Patrick, en bon ado, regarde la Coupe du Monde de foot à la télé quand un copain arrive chez lui avec un journal. Regarde, c’est pour toi, ça : “Jeune réalisateur recherche garçon de 18 ans avec accent pied noir pour donner la réplique à Roger Hanin“.

    Patrick soupire. Bien sûr que c’est un de ses trucs favoris de prendre l’accent pied noir mais de là à faire ça devant une caméra ... Mais qu’est-ce que ça te coûte d’y aller ?

    Ben tout justement. Car Patrick s’est déjà rendu à un casting pour un film intitulé Hotel de la plage et on lui a demandé de revenir pour un bout d’essai. Retour à la maison en sautant de joie. Au bout d’essai, on lui demande de revenir avec les cheveux coupés pour un deuxième essai. Là, c’est bon, c’est dans la poche. Il en parle à tout le monde au lycée, hé je vais jouer dans un film, à la mer, en plus ! J’espère que tu vas rouler des pelles à des filles. Et puis boum, on lui préfère un autre ! Imaginez la désillusion et la honte, d’autant que le film fait un carton. Alors non. Le copain, que Patrick n’a sûrement pas oublié, dit alors : t’as qu’à prendre ma mobylette, c’est à Montmartre !

    Quand il entre dans la salle d’attente pour le casting, il voit une cinquante de paires d’yeux se tourner vers lui.Oh la la, aucune chance, tout Paris a couru ! Il reste debout, attendant la première occasion de ressortir, et justement, une porte s’ouvre sur un homme qui regarde toute l’assistance et désigne le seul garçon debout. Patrick se retrouve devant le réalisateur et d’autres personnes, on lui tend un texte qu’il lit avec cet accent qui fait tant rire ses copains et les gens du casting, Très bien ! dit le réalisateur Alexandre Arcady, on te rappellera. Haha, je connais, réplique Bruel, on m’a déjà fait le coup. Ah bon ? Bruel raconte sa mésaventure avec Hotel de la plage et là, le réalisateur lui répond : Ecoute, si tu avais joué dans Hotel de la plage, tu ne serais pas là.

    Patrick retourne à ses examens et … plus de nouvelles du film. Alors il postule pour le Club Med, auditionne et est engagé pour six mois. La plage de Cancun, tous frais payés, c’est pas beau ça ? Quelques semaines plus tard, Patrick est sur le trottoir avec sa guitare et ses bagages quand il se rend compte qu’il a oublié un truc. Il remonte, le téléphone sonne dans l’entrée de l’appart, il décroche. A l’autre bout de la ligne, l’assistant au téléphone s’adresse à Arcady en disant : Il dit qu’il part pour le Mexique. Le réalisateur saisit le téléphone et insiste pour qu’il passe par son bureau. Voilà Bruel qui débarque avec ses sacs pour lui dire qu’il est resté des semaines sans nouvelles et qu’il a fait son choix, il part. Bon ok, dit Arcady, mais l’année prochaine quand tu verras chez Drucker l’acteur qui t’aura remplacé, tu auras une bonne mine tout seul chez toi, avec ton sombrero. Ainsi débute la carrière de Patrick Bruel, d’un coup de Sirocco.
    4 min
  • Great Singer Great Actor : Madonna (Episode 3)
    On connaît la Madonna impériale d’Evita, magnifique dans le Dick Tracy de Warren Beatty ou encore prodigieuse dans le génial Ombre et brouillard de Woody Allen. Et on regrette le fait que, comme David Bowie, elle n’ait pasaccordé plus de temps au cinéma car quand elle veut, elle nous enchante. Depuis cette fameuse année 1984, celle où elle prenait la place de Susan dans un film qui a marqué toute une génération, imposant une mode vestimentaire à toute la planète.

    Recherche désespérément Susan est censée lancer la carrière de Rosanna Arquette qui doit y tenir le premier rôle. La Susan qu’on recherche, c’est elle. Ce n’est pas une production à grand budget, loin s’en faut, c’est un film de filles avec une réalisatrice, autant dire qu’en 1984, on est très loin des centres d’intérêt des producteurs d’Hollywood qui sont en plein dans les films de mecs genre Indiana Jones ou Rambo.

    Madonna qui a rencontré un certain succès avec son premier album se met sur les rangs du casting au grand bonheur de la réalisatrice Susan Seidelman, qui est fan. Mais voilà qu’en plein tournage, le triomphe du suivant, Like A Virgin, conduit les producteurs à revoir leur copie. Ce doit désormais être un film de Madonna qui non seulement apparaît en pied sur l’affiche aux côtés de Rosanna Arquette mais en plus provoque des changements dans le script. Et oui, plus le tournage avance moins Susan apparaît au centre de l’action. Rosanna Arquette voudrait quitter l’aventure mais elle ne le peut pas contractuellement. Bien lui prend de ne pas provoquer la chance, en 1985 le film devient un des plus grands succès de la saison et la notoriété de l’actrice franchit les océans. Le monde est désormais coupé en deux : ceux qui sont amoureux de Rosanna et ceux qui le sont de Madonna. Seule différence : les filles veulent désormais toutes s’habiller comme Madonna. A ce moment des années 80, alors que David Bowie vient d’imposer un nouveau style, celui des nouveaux romantiques anglais qui s’habillent chic et se font un brushing avant de sortir, il faut que la femme fasse autre chose.

    Et voilà que Madonna apparaît sur scène pour interpréter sa nouvelle chanson dans une robe de mariée blanche comme la neige mais courte, jusqu’aux genoux, entre parenthèses, montée par la sœur du photographe parisien Jean-Baptiste Mondino. Et voilà qu’elle se traîne par terre lascivement en robe de mariée (mais non ! entend-on crier en régie des MTV vidéo awards). Ces images de Madonna flirtant avec la caméra et les yeux de tous ceux qui la regardent à travers le monde font d’elle une nouvelle star.
    4 min
  • Great Singer Great Actor : Will Smith (Episode 2)
    Et donc après quatre saisons à succès du Prince de Bel-Air, voilà Will, enfin sur un plateau de cinéma, pour un premier rôle avec un réalisateur dont c’est le premier film. Son nom : Michael Bay.

    Mais voilà, à la première lecture des dialogues, le producteur se lève et tape le script à la poubelle : hors de question qu’on tourne cette merde. On est à trois semaines du tournage : cela veut dire que le projet Bad Boys est par terre. Will et son partenaire Martin Lawrence se regardent, Hé Michael, on va le faire ce film. Improviser des dialogues, recevoir le script cinq minutes avant le tournage, on ne fait que ça à la télé.

    Et de fait, Will et Martin s’en donnent à coeur joie devant la caméra. Michael s’occupe de l’action, eux des dialogues, au point qu’un jour, alors qu’ils lui racontent ce qu’ils comptent dire dans la scène à venir, il les coupe dans leur élan : Écoutez, ça ne m’intéresse pas, contentez-vous de le dire à ma caméra. Michael Bay est par contre beaucoup plus directif concernant les scènes où ça bouge. Ainsi, un matin, il explique à Will Smith qu’il va poursuivre une voiture en courant torse nu. Will refuse mais Michael Bay insiste. Un compromis est trouvé à l’arraché, c’est le cas de le dire : Will Smith aura sa chemise sur les épaules mais bien ouverte.

    Et il se donne à fond dans ce sprint de 200 mètres avec en tête celui de Carl Weathers dans Rocky III ; il finit la scène les bronches en feu, espérant ne pas devoir la retourner. Le torse penché, les mains appuyées sur les genoux, il voit Michael Bay courir vers lui comme un gamin et l’embrasser en lui criant, Mon vieux, je viens de faire de toi une putain de star de cinéma.

    3 min
  • Great Singer Great Actor : Frank Sinatra (Episode 1)
    Sinatra n’a pas attendu la notoriété pour se retrouver devant la caméra : dès le début des années 40 il est dans deux films un chanteur, non crédité au générique, d’un groupe de jazz, celui de Tommy Dorsey, dont il est le soliste. Et bien sûr, ses premières apparitions en tant qu’acteur, ce sont naturellement dans des comédies musicales, un genre alors très prisé à Hollywood. D’ailleurs, à ce moment, on n’envisage pas mettre un chanteur dans un film pour faire autre chose que chanter, certainement pas pour un rôle dramatique. Et justement, au début des années 50, Frank Sinatra, cible de la société puritaine américaine à cause de sa relation adultérine avec la star du cinéma, Ava Gardner, se fait lâcher par la MGM et la Columbia. Plus de films, plus d’émissions de radio, plus de disques, on le trouve d’ailleurs, dépassé. Il a beau se marier avec sa maîtresse, rien n’y fait. C’est là que la solidarité des immigrés italiens joue. Car, si à Los Angeles, il est à présent loin de sa communauté new yorkaise, quelques-uns sont expatriés pas loin, à Las Vegas. C’est la ville des casinos, on s’y fait des sous mais c’est à l’époque franchement ringard, c’est pour les retraités du Midwest. Alors, ils offrent à Frankie 10% des parts d’un des leurs casinos, le Sands. Et tant qu’à faire, Frankie y chante le soir. Oh, c’est pas la foule, Sinatra ne remplit plus mais il gagne très bien sa vie.

    Et en discutant avec ses associés, ben il y a toujours un cousin éloigné italo américain bien placé partout, alors contre toute attente, Frankie se voit offrir un rôle au cinéma. Enfin, un second rôle, dans un film dramatique où il ne chantera pas. Le haut de l’affiche de From to Eternity, Tant qu’il y aura des hommes, en français, est tenu par Burt Lancaster, lui, est en bas mais il remporte l’Oscar 1954 du meilleur second rôle. Sa carrière est relancée, le tout Hollywood vient le voir à Las Vegas au Sands qui affiche désormais complet.

    Mais Sinatra n’en reste pas là car, redevenu une superstar du cinéma et de la chanson, il va renvoyer l’ascenseur à ses amis des Casinos, et de la mafia aussi, en montant un film qui se déroule dans leurs murs et dont le succès va faire exploser le tourisme à Vegas. Le film se nomme Ocean’s Eleven, car oui, le Danny Ocean original, en 1960, c’est Frank Sinatra, et les gars de sa bande, son rat pack, vous les connaissez
    4 min
  • Bashung et la longue route vers la gloire (Episode 5)
    Voilà donc la bande à Bashung dans l’hôtel le moins cher de Londres. Un coin pourri mais rien à voir avec aujourd’hui car depuis la fin des années 70, la situation dans les quartiers déshérités est quasi insurrectionnelle. En cause, un mouvement skinhead qui a viré sa cuti, car autant les skins qui font du ska prônent le vivre ensemble avec toutes les communautés immigrées, autant les skins fascistes cassent tout ce qui est d’origine non british. Autant vous dire que l’accent français de Bashung est particulièrement dangereux à partir d’une certaine heure car à défaut de Pakistanais ou Indiens, les skins se rabattent sur des cuisses de grenouilles pour avoir leur quota de baston quotidienne. Et ce soir particulièrement, les bobbies ont fort à faire et ne peuvent pas être partout en même temps. Le patron d’un restaurant regarde par la fenêtre passer des bandes de skins qui patrouillent comme des chemises brunes. “Restez ici, c’est dangereux de sortir maintenant.” “Oui mais on doit retourner en studio.” “Je vous dirai quand vous pourrez ressortir, à moins que vous ayez envie de finir la nuit en petits morceaux.”

    Le croirez-vous, c’est à cela qu’on doit le plus grand classique de Bashung. Car autant la majorité des artistes arrivent en studio avec des chansons écrites, répétées et parfois enregistrées sous forme de démos, autant Bashung et son compère parolier Boris Bergman, n’ont rien de véritablement fini. Et justement, Boris ne les a pas suivis au restau ce soir, il est resté seul au studio pour tenter de terminer une chanson sur laquelle il bloque. OK, la location n’est pas chère mais quand même, je vous l’ai dit, le budget est hyper serré et à présent, il faut conclure. Et justement, sa dernière chanson, Attention Fragile ! ne colle plus car juste avant partir, Boris a appris que Bernard Lavilliers venait de déposer le même titre à la société des auteurs. Si Alain et le groupe l’avaient rejoint plus tôt, probablement Boris aurait été distrait et n’aurait pas trouvé ces mots qui sonnent si bien dans la bouche de Bashung et qu’on a tous adoptés …

    4 min
  • Bashung et la longue route vers la gloire (Episode 4)
    1981, on n’avait plus vu pareil phénomène en France depuis les années 60 avec Johnny Hallyday : c’est la Bashungmania. On ne parle que de lui dans la presse,  on n’entend que lui à la radio, on ne voit que lui à la télé. Alors mettez-vous dans la tête de cet homme qui depuis près de 15 ans n’a connu que des échecs et des espoirs déçus. Évidemment, il est le premier à créer l’univers qui l’entoure, le Bashung avec son existence dissolue, l’alcool, les virées sans lendemain, une vie en puzzle comme ça, n’encourage pas le bizness et les médias à le suivre.

    Mais n’empêche, passer du type dont on ne veut pas à celui qu’on veut partout, c’est le grand écart. Et le cumul de la promo, les concerts, le tournage de deux films, car là aussi on le demande, couplé avec la réalisation des bandes originales, ça ne fait pas bon ménage avec sa vie de bâton de chaise. Fin 1982, Chantal, sa compagne, fait savoir qu’Alain ne participera pas à l’émission de fin d’année prévue par Antenne 2. Ce qu’elle ne dit pas en raccrochant, c’est qu’il tourne en rond dans l’appartement depuis des jours avec un couteau en main et des délires du genre qu’il va se foutre en l’air.

    Un séjour d’urgence en Normandie puis au soleil d’Afrique pour lui changer les idées n’y font rien. C’est fou, non ? Voilà la reconnaissance tant attendue enfin arrivée, elle se transforme même en triomphe, mais Bashung n’en profite pas, non, il sort de route. Rien d’étonnant, diront certains, il ne chante que ça. Bashung, c’est Tchao Pantin avant la lettre et à lui tout seul.

    Ça cache kékchose, comme il dit au début de son nouvel album qui tourne sur des centaines de milliers de platines en France et en Belgique. Évidemment, sans doute ; il y a ce nom, Baschung, avec un c entre le s et le h, hérité du beau-père qui l’a reconnu, et le doute quant à la nature du vrai père. Fils de boche, a-t-il entendu un jour quand il était môme, sans le comprendre. Mais il n’a pas oublié, comment l’oublier quand on sait ce que ça signifie, Alain est né en 1947. Et sa mère a toujours refusé d’en parler. A présent qu’elle est partie pour toujours, il n’y a plus aucun espoir d’obtenir de réponse à ses questions.
    4 min
  • Bashung et la longue route vers la gloire (Episode 3)
    Retourner à la vie de galère n’est pas un problème pour Bashung mais Baquet est un type formidable, alors, Boris Bergman, son parolier, et lui, vont se fendre d’une chanson qui marche. Mais attention, pas question de baisser son froc, comme ils disent : on va la faire poésie rock, à l’anglo saxonne, des phrases syncopées qui sonnent, truffées d’allusions incompréhensibles, de jeux de mots et de personnages façon Comic books américains, genre Flash Gordon. Ah ben ouais, le footing au fond des récifs et le requin qui rallume sa clope, c’est inédit en français, ça va s’appeler Un après-midi de Max l’Amphibie.

    Pour la musique, Alain est allé chercher un morceau qu’il avait abandonné pour son album et qu’il fait jouer par les musiciens sans leur dire de quoi ça parle, de peur qu’ils soient influencés par le texte, foutu réflexe de musicien français. Et surtout, il fait venir un as du synthé qu’il n’avait pas pu se payer pour son album. Ah c’est clair que Bashung a compris qu’en ce mois de janvier 1980, on a changé d’époque avec la New Wave. Le miracle se produit, la chanson s’appelle désormais Gaby, oh Gaby ! et doit figurer en face B du 45 Tours. Il est fou ! C’est un tube ! Bashung n’a pas son mot à dire sur ce coup-là, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il ne le regrettera pas, en repensant à la session photo avec Jean-Baptiste Mondino, qui a inspiré le changement de titre. Alain porte d’ailleurs un complet bleu branché prêté par sa sœur qui bientôt relookera Madonna pour son Like a Virgin.

    Il faudra quelques semaines pour que les programmateurs des heures de grande écoute de radios périphériques arrêtent de dire Ah non, pas Bashung ! Il est sale et vulgaire et le diffusent sous la pression des ventes de singles. La tête de Gérard Baquet est sauvée chez Philips, l’éditeur de Bashung qui le finance depuis trois ans va être remboursé. Alain, il faut songer à l’album suivant !

    4 min
  • Bashung et la longue route vers la gloire (Episode 2)
    Viré de son label après un premier album qui n'a pas trouvé beaucoup d'acquéreurs, Bashung, douze ans de carrière, déjà, a peu de chances de trouver une autre firme de disques. Il est grillé à cause de son mode de vie, insaisissable, imprévisible. On ne sait pas où il sera demain, dans quel état il arrivera pour l’interview, ni quand il rentrera s’il fait une escapade à pétaouchnok.

    Ainsi en ce mois de janvier 1978 où il fait la fête durant trois jours au Midem à Cannes, ah oui, il y est invité à cause du succès improbable du générique français de la série télé américaine, Racines, qu’il interprète. Mais depuis qu’il est parti avec Jean Fauque, plus de nouvelles, où est-il ? En fait, la vieille Simca 1500 de son compère a rendu l’âme sur le retour à hauteur d’Auxerre. Alain a trouvé refuge dans un routier puis chez sa marraine qui n’habite pas loin, il a quand même un peu de bol dans ses malheurs, le Bashung. Et en parlant de bol, il trouve un allié inespéré chez un éditeur qui croit en lui et propose de lui verser un petit salaire dans l’attente de trouver un contrat. Un de ses contacts sérieux lui vaut de signer avec un directeur artistique de chez Philips qui souhaite sortir de la variété. Bashung, oui j’y crois, mais t’as vu ce que son premier album a vendu ? Rien du tout. Écoute, on va le faire mais budget minimum. Dans des conditions épouvantables, Bashung et sa bande livrent un 33 Tours de première classe, probablement son meilleur, celui qui lui ressemble le plus en tout cas. Il s’intitule Roulette russe, tout le monde y croit chez Philips et tout le monde s’y met, même la pochette signée Jean-Baptiste Mondino est magnifique. Et comme il lui a été reproché de n’avoir pas joué pour soutenir son premier album, Bashung accepte tous les contrats, même des premières parties de Dave, des fêtes d’entreprise où il n’y a même pas d‘électricité et qu’il faut tirer des fils, il remplace des artistes au pied levé car ils se sont désistés dans la journée, joue en matinée le dimanche, toutes les galères, il les fait.

    Mais malgré ça, la promo ne se passe pas bien, les grandes émissions nocturnes des radios périphériques le suivent mais pas d’airplay en journée : les textes de Bashung sont trop sombres pour le grand public, c’est formidable mais à se flinguer, on ne peut passer ça l’après-midi ! Et au bout de quelques mois, le triste constat est là : on n’est pas encore arrivé à dix mille albums. C’est fini pour Bashung. D’autant plus qu’en haut lieu chez Philips, on a décidé de se débarrasser des artistes non rentables. Bashung étant le dernier arrivé, il va être le premier à partir.

    4 min
  • Bashung et la longue route vers la gloire (Episode 1)
    12 août 1967, il ne fait pas très beau à Bruxelles, une température minable de 18 degrés mais consolation, elle baisse à peine le soir. Etv c’est tant mieux pour Yves Simon et Alain Bashung qui sont là, côte à côte, à dormir sur un banc de la Gare du Midi, en attendant un improbable train dans lequel ils comptent monter comme des pirates pour rentrer chez eux, à Paris. L’histoire avait pourtant bien commencé avec leur arrivée à Bruxelles une semaine plus tôt pour un concert qui devait être suivi par une tournée de 17 dates.

    Bashung en a bien besoin, aucun des 45 Tours qu’il vient de sortir chez Philips n’a marché. Tout y était pourtant : d’excellents titres produits par un petit génie un peu allumé qui se prend pour le Phil Spector français, Bashung avait même obtenu le soutien de Juliette Gréco, comme elle l’avait fait pour Jacques Brel, quinze ans plus tôt, et puis Serge Gainsbourg. L’horizon semble donc bouché, la situation désespérée pour Bashung, alors cette tournée à l’étranger tombe à pic. Mais voilà, en sortant de scène, l'impresario leur dit qu’il y a un problème, la tournée ne commencera que dans une semaine. D’ici là, il logera chez l’habitant, à bouffer des tartines, chez des gens charmants, là n’est pas la question, mais après huit jours, il est clair que le producteur est un charlot.

    C’est toute l’histoire de Bashung, ça. Mal né, avec des parents, mais où ? Mal grandi chez des grands-parents d’un autre siècle, à la frontière allemande, loin de Paris, avec le rock’n’roll qui passe à la radio et une furieuse envie d’en être. Et puis voilà, Johnny, Eddy, des Chats sauvages, Cloclo qui occupent tout l’espace. Ce n’est pas son univers, la musique qu’il entend dans sa tête ; Bashung n’arrive pas à se faire une place parmi les yéyés, Salut les copains ne veut pas de lui, ou plutôt son public, les Français ne sont pas prêts à le suivre tel Jack Kerouac sur la route, enfin des chemins perdus d’Angleterre et d’Amérique. Bashung est maudit et va le rester durant toutes les années 60 et 70, un parcours incroyablement long de perdant, une éternité de loose pavée d’espoirs déçus.
    4 min

About La Story Nostalgie

From the publisher's feed

Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en…

More shows like La Story Nostalgie

Laurent Gerra by RTL

Laurent Gerra

127 Listeners

Affaires sensibles by France Inter

Affaires sensibles

238 Listeners

Grand bien vous fasse ! by France Inter

Grand bien vous fasse !

73 Listeners

L'angle éco de François Lenglet by RTL

L'angle éco de François Lenglet

24 Listeners

Les Clés by RTBF

Les Clés

4 Listeners

L'œil de Philippe Caverivière by RTL

L'œil de Philippe Caverivière

56 Listeners

Entrez dans l'Histoire by RTL

Entrez dans l'Histoire

129 Listeners

LEGEND by Guillaume Pley

LEGEND

170 Listeners

Scandales by Madame Figaro

Scandales

24 Listeners

La face sombre de l'Histoire by RTL

La face sombre de l'Histoire

15 Listeners