On dit souvent - et on a raison de dire - que l'antifascisme est l'affaire de tou·tes. C'est donc aussi l'affaire des syndicalistes, d'autant plus que les fascistes les haïssent et cherchent toujours, une fois au pouvoir, à briser les syndicats indépendants du pouvoir et du patronat. Dans cet épisode, on réfléchit donc aux enjeux antifascistes de l'activité syndicale et à la dimension syndicale du combat antifasciste. Pour cela, j'ai invité Kamel Brahmi, secrétaire générale de l'Union départementale CGT de la Seine-Saint-Denis (93). Outre les luttes quotidiennes pour défendre les droits des travailleurs·ses, il a contribué à construire dans son département un collectif VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes). VISA rassemble, nationalement et localement, une pluralité d'organisations syndicales prenant au sérieux la menace mortelle que représente par l'extrême droite, pour les conquêtes sociales et démocratiques (dont l'existence même des syndicats, du droit de grève et du droit du travail). Environ deux millions de personnes sont syndiquées en France aujourd'hui : il s'agit là d'une base sociale incontournable pour construire une riposte à la fascisation de l'État et à la montée des forces néofascistes. Avec Kamel Brahmi, on discute de ce que font - et peuvent faire - les forces syndicales au niveau local, ici en Seine-Saint-Denis, des tentatives d'implantation fasciste et des manières d'y répondre, du travail mené au sein même des syndicats pour former à ces enjeux, et on aborde également certaines questions stratégiques qui se posent pour l'ensemble de la gauche sociale et politique. Enregistrement et mixage : Aurélien Thome.